Image de couverture de Cette peste de Cendrillon

Elle venait tout juste de finir de ranger la cuisine, quand Cendrillon se laissa tomber sur le canapé en tenant un verre de Brandy entre les mains. Ce dernier ne manqua pas de se renverser et éclaboussa au passage sa demi-sœur Javotte. celle-ci se trouvait assise sur un tabouret.

— Cendrillon ! s’écria cette dernière en colère.

— Désolée ! Je ne t’avais pas vue ! dit-elle en buvant la dernière gorgée qui restait.

— Voilà que tu te mets à boire ! remarqua la belle-mère, assise pas loin, en train de broder.

— Comme toujours, belle-maman… comme toujours ! répondit-elle sans la regarder.

La mère, heurtée par l’insolence de sa belle-fille, agita nerveusement les bras en signe de réprobation. Cendrillon, qui ne vit pas, ou ne voulait pas voir l’inquiétude montante chez sa belle-mère, invita Javotte à s’asseoir près d’elle. Elle retira ses jambes de façon à lui céder de la place. Sa sœur qui avait déjà oublié l’incident, prit place sans plus attendre. Mais aussitôt qu’elle s'installa, voilà que Cendrillon lui posait ses pieds sur les genoux.

—Javotte, aurais-tu la bonté de me les masser ? demanda-t-elle en esquissant un charmant sourire.

—Sont-ils propres ?

—Comme toujours, Javotte… comme toujours ! dit-elle en écartant ses orteils.

Javotte redressa la tête et ouvrit grandement les yeux comme pour les inspecter en détail. Aussitôt qu’elle eut fini de les examiner, elle se mit à les masser avec une énergie que seule Cendrillon pouvait ressentir.

Contrairement à la légende, Cendrillon chaussait du 41 et avait surtout du mal à trouver sa pointure.

Anastasia, qui était assise au coin de la cheminée à lire et qui n’avait pas dit un mot jusque-là, ferma soudainement son livre, le jeta sur la table et s’écria : « Cendrillon, peux-tu nous raconter une histoire ? »

Son intonation sous-entendait qu’elle intervenait uniquement pour rappeler sa présence. La grande sœur fit semblant de ne pas avoir entendu et lui demanda de répéter sa question.

—Je te disais, si c’était possible de nous raconter une histoire ?

—Je ne sais pas trop… je suis un peu fatiguée.

Anastasia avança lentement en direction de ses sœurs, comme une reine qui s’apprête à monter sur son trône et, de sa main, leur fit signe de s’écarter afin de lui céder de la place. Mais comme Cendrillon voulait rester allongée, elle lui expliqua qu’afin de lui raconter l’histoire, il fallait qu’elle, Anastasia, s’installe par terre. Celle-ci fit aussitôt ce qu’on lui demandait et s’installa sans plus attendre dans une posture des plus étranges. En s’apprêtant à écouter sa grande sœur, elle prenait plaisir à défaire les faux plis de sa robe qui apparaissaient au fur et à mesure qu’elle bougeait.

Mais au moment où la conteuse voulut commencer, la belle-mère lui fit remarquer qu’elle n’avait pas préparé un gâteau comme elle l’avait promis.

—Belle-maman, répondit-elle en jouant avec le bout de sa queue-de-cheval, il fallait me le rappeler plus tôt. J’ai déjà nettoyé la cuisine… en plus, je n’ai pas assez d’œufs… pas assez de lait ni de farine !

Clouée par l’argument de sa belle-fille comme elle savait très bien pourquoi tous ces ingrédients manquaient, la mère se rassit en gardant ses remarques pour plus tard. Mais elle ne put rester ainsi bien longtemps, elle avait quelque chose à dire et cela lui brûlait la bouche.

Ce matin-là, quand elle avait reçu la lettre, elle n’avait qu’une envie : l’exposer à tout le monde. Son cœur ne pouvait contenir autant de joie. Mais voyant que Cendrillon ainsi que ses filles étaient occupées, elle décida avec peine de garder tout cela pour elle, au moins, jusqu’au soir.

La belle-mère ne tenant plus assise, se leva, marcha quelques pas puis revint à sa place. Ses filles, absorbées par l’histoire, n’avaient rien remarqué. Quant à Cendrillon, elle l’avait deviné depuis un moment déjà, d’autant plus, que c’était elle qui lui avait ramené le courrier.

La belle-mère n’en pouvait plus, elle n’avait qu’une hâte, que l’histoire finisse. Soudain, la porte du salon s’ouvrit et Persil le chien, fit son entrée. Le visage enfoui sous un amas de poils, il sauta sur sa maîtresse allongée, pour l’engloutir au milieu de sa bave. À sa vue, les deux filles crièrent de joie et le prirent chacune leur tour. Persil, aussi balourd qu’un mouton, n’arrivait pas à tenir en place. Tantôt il galopait en faisant le fanfaron et tantôt, il s’allongeait sur le dos, pour voir tout ce beau monde à l’envers. Amusée par les comportements du chien, la belle-mère ne put se contenir davantage et cracha son secret : « J’ai le plaisir de vous annoncer que, pas ce samedi mais celui d’après nous sommes toutes invitées au bal du roi ! »

S’écria-t-elle d’un trait sans même prendre le temps de respirer

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