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Cirya6

Cirya6
Cher candidat,
Tu te sens l’âme d’un héros, prêt à tout risquer pour une cause qui te paraît juste? Notre société te débecte, te fait douter de toi et des autres, te fait penser que parfois, l’humain peut être mauvais? Nous avons une solution.
Si tu as entre dix et vingt-cinq ans, que tu es mort prématurément en agissant de façon héroïque ( sous décision de notre conseil ) et que tu es prêt à tout mettre en œuvre pour changer le monde, nous sommes heureux de t’accueillir à Reborn.
Bravo, tu es officiellement ‘’recruté’’.

N’attends pas ta deuxième vie pour commencer à vivre.

Pour Léo, Lou et Mia, tous trois étudiants au lycée Liberty, la vie n’avait pas toujours été des plus clémentes: entre des relations et des histoires familiales plus ou moins compliquées, assorties à une ligne de vie tumultueuse au sein de leur trio, a à peine dix-huit ans, ils pouvaient déjà se vanter d’avoir vécu bien plus que la plupart des adultes.
Or, ce fut cette nuit, précisément, que leur ‘’vie’’, bascula. Réveillés en pleine nuit par des tirs en dehors de leur bâtiment, ils assistent tous trois, avec le restant de leur internat, à un véritable attentat, sans la barrière rassurante d’un écran de télévision. Et, alors qu’ils pensaient s’en être sortis, avoir réussi à se soustraire à la fatalité qui s’était présentée à eux, ils se réveillent sans vraiment savoir pourquoi, dans un hôpital étrange, où une nouvelle des plus ahurissantes, va leur être communiquée: cette nuit-La, lors de l’attentat, ils n’y a eu aucun survivant
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Cirya6
L’adolescence est un passage compliqué pour tout le monde. On peut y expérimenter l’amitié, l’amour, la découverte de soi et des autres, l’expérience, le passage inévitable à l’âge adulte.
Samuel Portgas et Damian Cortez ont tous deux 14 ans, lorsque leurs chemins se croisent pour la première fois. « Le mec à la salopette » et « El principe », l’un aux prise avec ce qu’il veut devenir, l’autre à quelques étapes de rejoindre le gang le plus influent de leur quartier, dirigé par nul autre que son père en personne.
Le problème étant qu’à 14 ans, on ne devrait pas avoir à gérer la violence, la perte, les armes, l’argent, l’honneur et le sexe. À 14 ans, on ne devrait pas connaître le poids d’une arme entre ses mains.

On ne devrait pas vivre en suspend, en sourdine, le viseur sur le front.
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Défi
Cirya6

On dit que Dieu a créé l’homme à son image. Mais ne serait-ce pas le contraire ? En effet l’homme n’aurait-il pas créé Dieu a sa propre image ?
De nos jours, beaucoup de gens vivent pour et par la religion et dédient leurs actes à une prétendue identité divine qui serait à la base de toute vie sur terre. Est-on sûre de cela ? Est-on sûre que les actes de ces croyants , de ces fervents fidèles ne représentent pas juste leurs propres désirs et non celui d’un dieu incontesté.
Certes, la religion guérit. Elle permet de guider certaines personnes dans le noir. Cependant elle a aussi démontrée au fil des ans, au fil de notre histoire qu’elle peut être à la base des pires drames. Dans beaucoup de faits historiques marquants, douloureux, la religion est le pilier des agissements des acteurs de ces faits. Alors quoi ? Pourquoi continuer à suivre une prétendue identité dont personne ne peut prouver la réelle existence, dont personne ne peut prouver la supériorité en terme d’idées et d’intelligence. Chacun possède, son propre Dieu à sa propre image et à l’image de ses pensées. La religion est une question personnelle, qui peut cependant parfois être influencée par la pensée collective. J’imagine que, si un quelconque Dieu existe, il ne doit pas être fier de ce que nous, humains, sa création sont en train de faire. De ce que nous, humains laissons paraître quant à sa prétendue image. Dieu, n’est pas mort. Il est juste cruellement endolori.
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Défi
Cirya6

Naître, grandir, s’épanouir, rire, vivre, mourir.

L’homme croit en Lui, pas l’inverse.

- C’est trop tard! j’ai hurlé.
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Défi
Cirya6

 Comme chaque matin, routine identique, habitude, lassitude. Je sors de sous la couette, une jambe après l’autre, me défait de la chaleur rassurante de mes draps pour me retrouver à la merci de la morsure du froid, à peine couvert d’un linge de nuit. Image neigeuse au sein d’un paysage tout aussi blanc, je marche un peu jusqu’à arriver à hauteur du lavabo présent dans ma chambre. Les mains de chaque côté de l’évier, j’attends quelques instants, avant de relever la tête pour tomber nez à nez avec ce reflet qui n’est plus le mien.
Mon teint pâle me rappelle ma situation, mes cernes la dureté de mes nuits. Mes lèvres ne sont plus qu’un léger sillon qui n’ont plus l’habitude de se mouvoir, et je vois de jour en jour, la brillance de mes yeux disparaître. Le temps emporte tout, je suis bien placé pour le savoir.
Le miroir ne descend que jusqu’aux épaules : interdiction de satisfaire le regard inquisiteur au-delà du regardable. Du bout des doigts, j’effleure mon reflet, repense à ce que j’étais avant, et me mords les lèvres, comme tous les matins.
Puis c’est la sortie dans les couloirs du centre, la rencontre des morts-vivants, des zombies ambulants, sac d’os et de chair disparues, images à la peinture passée d’un passé ne leur ayant rien épargné. Quelques sourires pour la forme, mais rien de bien chaleureux : qui aurait envie de sourire à son propre reflet dépeint sur quelqu’un d’autre, la copie de soi et en même temps.
 La cuisine avec les pilluliers, les yaourts bien plus caloriques que la moyenne, les mines défaites. Comme chaque jour, les même questionnements : si je mange ça, je vais redevenir comme avant?
Comme avant... C’était comment avant ? Avant, c’était la vie, la liberté, une vision du futur outrement plus belle, un destin dépourvu d’oeillères. C’était une vie peuplée d’images, de représentations, de personnes bien trop parfaites, mais qui m’inspirait tant, moi comme tous les autres au final. De jour en jour, la vie est passé au second plan, laissant place à la balance, aux miroirs devenus mes ennemis, aux biscuits devenus armes blanches pointées sur moi.
Avant, chaque matin, je guettais le gras, la cellulite, tout ce qui pourrait me faire passer d’humain normalement constitué à ‘’personne non-conforme’’, à personne non-désirable. Je vérifiais mon grain de peau, la brillance de mes cheveux, la peau de mon visage lissée par les crèmes et autres produits.
Tout ça pour finir ici au final ? Quel gâchis, quelle perte de temps.
Sous la table, mes genoux s’entrechoquent et une infirmière se présente alors à moi, tout sourire, illusion d’une chaleur qu’elle ne me portera pas.
— Ilias, tu as passé la barre des quarante kilos, il va falloir transfuser.
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Cirya6

Aujourd’hui en classe, la maîtresse, miss Palmaz nous a demandé de éditer un petit texte sur comment s’était passé notre week-end, sur ce que nous avions fait, avec qui, et tout ça. Du coup, j’ai écrit quelques lignes, pour tout lui expliquer, qu’elle se rende compte d’à quel point mes samedis et dimanches sont géniaux. J’ai hâte d’avoir ma note.
« Lew week-end commencent pour moi, par le retour de l’école, le vendredi soir. Je rentre souvent avec Mia, car Léo n’habite pas au même endroit que nous. Et puis, il dit tout le temps qu’en plus de me supporter toute la semaine, il n’a pas en plus envie de me traîner à sa suite pour rentrer chez lui. Du coup, je fais le trajet avec Mia.
Pour rentrer chez nous, on passe toujours devant la boulangerie de monsieur Cortez et de sa femme, alors on s’achète chacun une sucette et un jus de pomme en cannette. La maman de Mia dit que ce n’est que du sucre et que nous aurons des caries si nous continuons de faire ça tous les vendredis, mais on s’en fiche.
Après, on se sépare sur la place du centre-ville, pour chacun rentrer chez soi.
Lorsque je suis arrivé chez moi vendredi, mon père était en train de remplir la piscine gonflable dans le jardin, et maman elle était occupée à arroser les rosiers. Je l’ai aidé avec mon arrosoir rouge - celui que papa m’a offert à mon dernier anniversaire - et après nous sommes rentrés pour manger et regarder un film. Le vendredi n’est jamais trés intéressant, c’est le samedi que ça devient plus cool.
Souvent, le samedi matin me je réveille à neuf heure, car la maman de Mia passe me chercher à dix heure pour aller à la danse. Du coup, il me faut le temps de déjeuner, de m’habiller et de préparer mon sac de danse. Vous savez maîtresse, samedi, j’avais perdu mes baskets de danse, et vous savez où je les ai retrouvées ? Dans la niche de Speedy, notre malinois. Il les avait pris pour jouer avec, et les avait caché dans sa maison. Je pensais que papa allait crier sur Speedy, mais il a juste rigolé et dit qu’un jour, le chien lui volerait aussi ses cravates.
La maman de Mia est arrivé un peu en avance, pour avoir le temps de boire un café avec maman. Mia et Léo étaient déjà dans la voiture, et avaient mis la musique super fort, on l’entendait depuis ma chambre. Lorsque je suis descendu pour les rejoindre, et que j’ai voulu ouvrir la portière, Léo les a verrouillées de l’intérieur. Du coup, je lui ai crié dessus, et Mia a finit par monter à l’avant de la voiture pour déverrouiller les portières. Lorsque Sophie est revenu, elle a un peu disputé Léo, et nous sommes partis à la danse.
En ce moment, nous apprenons une chorégraphie assez difficile, où je suis dans le groupe de Mia, car je suis le seul garçon du groupe à réussir le grand écart. Les autres sont jaloux, car du coup je danse sur les parties les plus rapides avec les filles.
Notre cours dure environ deux heures, et après c’est maman qui vient nous récupérer. On repose Mia chez elle, puis Léo, et on rentre à la maison. Le samedi midi, papa fait toujours du riz aux crevettes avec des poissons panés en forme d’étoiles de mer et d’ancres.
Après, l’après-midi, souvent je vais au square pour retrouver Mia et Léo. Vous savez maîtresse, samedi, papa était venu avec nous au square, et nous a appris à faire du rouler et du skate. Il est super fort mon papa, il est même pas tombé du skate, et il a aidé Léo a tenir en équilibre sur la planche. Après, il nous a emmené au Macdo pour manger une glace, et nous a dit qu’on pouvait tous retournés chez moi, car le soir, les parents de Mia venaient manger, et que Léo devait de toute façon dormir chez elle.
On est donc rentrés à la maison, et on a joué à la guerre dans le jardin, avec mes Nerfs. C’était drôle, car moi j’étais le méchant avec Speedy, et Mia et Léo étaient les gendarmes. Ils ont essayés de m’attraper, mais je me suis caché avec Speedy dans sa niche.
Le soir, quand les parents de Mia sont arrivés, ils avaient apportés le maillot de bain de Mia, et moi j’en ai prêté un à Léo pour qu’on puisse aller se baigner dans la piscine dans le jardin. Les parents nous surveillaient depuis la terrasse en buvant des bières et des mojitos. On s’est baigné longtemps, et vous savez quoi maîtresse? Léo a essayé de me noyer en me tenant la tête sous l’eau. Du coup, pour me venger, je lui ai baissé son maillot de bain devant Mia. Haha.
Après, papa nous a fait des hot dogs super bons, avec une tonne de frites. On na super bien mangé, on a bu plein de jus de pomme, et après on a été regardé un film dans notre sous-sol avec Mia et Léo. C’’était Aladin. J’adore Aladin.
Et vous savez quoi ? On s’est tous endormis devant le film, et du coup, on a tous dormis chez moi ! C’’était trop bien !
Dimanche, on a pas fait grand-chose à part les devoirs - vous donnez beaucoup de devoirs maîtresse...
Bref, c’était un super week-end, dommage que les week-end ça ne dure pas toute la vie !
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Cirya6

 J’espère que ça t’amuse ? toi, si haute, si belle, si majestueuse, face à moi, petit bout d’homme rabougri par le temps que tu égraines, que tu laisses passer sans aucun regret, sans aucun remord. Te rends-tu au moins compte de ce que tu laisses dans ton sillage ? Tu laisse beaucoup de choses, à dire vrai : des bonnes, et des mauvaises. Tu laisses derrière tes ‘’tic’’ et tes ‘’tac’’, la chaleur des naissances, la joie des anniversaires, l’innocence de l’enfance, la folie de la jeunesse, les responsabilités de la vie, le détachement de l’âge, la solitude des vieilles années, la tristesse des deuils. Tant de choses pour toi, qui n’es pourtant qu’un vulgaire objet en bois au bruit si désagréable ! Ta mélodie ne me réjouit plus, elle ne me donne plus envie de danser. De toute façon, comment danser en déambulateur, hein ? Tu n’as pas ce problème-là, toi. Toi tu es toujours là, à observer les générations se succéder, les enfants devenirs adultes puis anciens. Tu as connue ma famille, mais moi, je ne connais pas la tienne. Tu as vu mes enfants grandire, et moi, la seule chose que je pourrais ramener à une éventuelle descendance seraient ces imbéciles de réveils, ces horreurs de téléphones portables. Tu te rends compte ? Tout comme moi, tu auras vu le bois se faire remplacer par l’électronique, dans un voile de douceur pour masquer l’inévitable.
Tu sais ce que c’est, l’inévitable ? C’est ma mort dans quelques années, et la tienne par la même occasion. Ne t’en fais pas que mes enfants ne voudront pas de toi dans leurs maisons ultra-moderne à la décoration minimaliste et à l’apparence impersonnelle. Tu iras mourir avec moi, vieille branche ! Quelle irronie du sort : quand j’étais petit, tu me cassais les oreilles durant mes siestes, et bientôt, tu n’existeras même plus. Pauvre de toi. Pauvre de nous.
Je suis persuadé que tu aimerais retenir ton temps, comme j’aimerais éterniser le mien.

— Papy, papy !
La main de ma petite-fille se referme autour de la mienne, tandis que mes yeux toujours rivés sur le cadran de l’horloge, je récite un monologue inutile dans ma tête. Quel horloge serait à même d’écouter mon long laïus ? Si le temps avait un visage, j’aurais tant de choses à lui dire. A commencer par ce gâteau d’anniversaire sur la table, où se dresse fièrement une bougie aux couleurs pastels : 100 ans, que le temps passe vite.
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Cirya6

De la main, je pousse la porte vitrée du café dans lequel je m’apprête à entrer, et revérifier l’adresse sur mon téléphone, une dernière fois.
Le café de la Renaissance. Ils ont de l’humour tiens.
Rapidement, je dépasse un serveur qui me salue d’un sourire avenant, pour me rendre directement à la table d’où s’élève de grandes exclamations. Quelques rires également, qui ne me sont destinés en aucun cas.
— La voilà ! S’exclame Léo. Pas trop tôt, on a faillit attendre !
— Les aléas des transports en commun, que veux-tu. Oh, suis-je bête, il n’y en avait pas à Sera.
Plutôt embêté d’avoir été rabroué de la sorte, il se tait, se contentant de fixer son café fumant face à lui. À ses côtés, Lou tient une tasse de thé au citron entre les mains, et s’autorise à m’adresser un sourire complice après la petite rebuffade à l’intention de son petit ami.
— Bon, je commence en posant mon sac à mes pieds. Allons-y, qui veut ouvrir les réjouissances ?
— Pourquoi être si pressée ? On a le temps, me lance distraitement Mia.
— Pas tellement. Plus que deux chapitres les gars. Si vous voulez une modification, c’est maintenant.
Ils me scrutent, tous les quatre, sans pour autant relancer. Alors,, je prends les devants en sortant de mon sac les quelques pages correspondant à la fin de leurs aventures.
C’est Léo qui me les arrache des mains pour en spectre le contenu, avant de renifler, dédaigneux.
— Sans déconner ?
— Un problème monsieur Pogbal, je marmonne en parcourant le menu des yeux.
— Plutôt oui, c’est quoi ce....
— Ta gueule Léo. Et les spoils t’en fais quoi ? Le coupe brutalement Elio.
Interrompu et recalé pour la deuxième fois depuis mon arrivé, il se braque complètement, tout en passant le manuscrit à son voisin.
— Alors c’est bientôt fini, vraiment ?
— De toute évidence. Une suite n’est pas dans mes plans.
— Donc, ça veut dire qu’on va bientôt se quitter?
J’acquiesce, et darde mon regard dans les leurs, tour à tour.
— Tu vas nous oublier, et les gens aussi, murmure Lou en tendant le manuscrit à Mia.
— Pourquoi ils t’oublieraient ? Pourquoi moi, je vous oublierais ? On est ensemble depuis novembre dernier, je vous rappelle.
— Tu crois que les auteurs se rappellent à vie des personnages de leur premier roman ?
— Evidemment.
Peu convaincu, il se tourne vers Léo pour tenter de le dépétrer de sa mauvaise humeur habituelle.
— Tu as des idées pour la suite ? M’interroge Elio après avoir terminé sa lecture.
— Quelques unes. Rien de trés précis pour le moment.
— Tu préviendras le prochain casting de tes sauts d’humeur en ce qui concerne l’avenir de tes pauvres personnages.
— Je ne vois pas du tout ce que tu veux dire par là.
— Oh vraiment ?
De la main, il mime un pistolet, et me tire dessus.
— Plus de fusillade, traduit Lou.
— ... je peux rien promettre.
On m’apporte un chocolat chaud, que je touille sans grand intérêt alors qu’ils continuent tous à ma regarder en attendant visiblement quelque chose. Un geste, une parole, je n’en sais rien.
— Bon, en ce qui concerne le bilan, marmonne Elio. On est sur un avis plutôt mitigé entre nous.
— Pourquoi ça ?
— Des choses pas assez éclaircis selon moi, appuie Mia. Tu aurais pu...
— J’aurai pu rien du tout. On en est déjà à cinquante-cinq chapitres, ça va aller là.
Elle hausse les sourcils, agacée, et croque dans un spéculos avant de me relancer.
— Une question toute bête, mais qui me tardait de te poser. Et puis, vu qu’on est à la fin de notre histoire, tu peux bien répondre... Tes inspirations, pour nous je veux dire.
— Oh, euh...
Je me tords pensivement les doigts, tout en réfléchissant à la question. En réalité, des influences, j’en ai toute une flopée, mais qui ne pourraient peut-être pas tous les réjouir.
— J’attends oplutôt de savoir ce que mes lecteurs pensent à ce sujet.
— Tes lecteurs sont pas dans ta tête, remarque Elio.
— Oui, mais l’idée que je me fais de vous, et de vos inspirations, n’est sûrement pas la même que la leur. L’autre jour...
— Et voilà qu’elle va raconter sa vie, soupire Léo en croisant ses bras sur son visage.
— La ferme. Bref, l’autre jour, j’ai demandé à mon petit-frère de remplir une fiche de caractéristique physique pour savoir à quoi vous ressembliez dans sa tête. Et bien, c’était assez surprenant. C’est pourquoi j’ai envie de laisser planer cette question.
— Pfff... chiante jusqu’au bout.
— Je suis pas venue ici pour que vous me critiquez comme ça.
Ils échangent un regard long, trés long, avant de clore cette entrevue.
— Rendez-vous dans dix jours, lorsque la fin sera postée. On pourra plus pleinement en discuter.
— Comme vous voudrez, je répond avec un sourire. En attendant, portez-vous bien.
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Cirya6

Ariana Quel est votre nom et prénom ?
Ariana Cortez, mais mes proches m’appellent souvent Ari. Quelle âge avez-vous ?
Vingt-trois ans ! Bientôt vingt-quatre. enfin bientôt… Avez-vous des pouvoirs ?
Euh... mis à part réussir à gérer ( à peu près ) une bande de sale gamins qui font que me rendre la vie infernale..., non, aucun. Mais c'est déjà pas mal, hein, bande de sales petits cons ! Une relation ou un coup de foudre ?
Une relation, oui. Avec mon voisin - un peu cliché mais bon, on fait avec ce qu’on a ! Couleur de cheveux ?
Châtains. Il y a peu de temps, j’ai voulu essayer la décoloration des pointes, franchement, je déconseille. De yeux ?
Marrons ( ma mère les a vert mais évidemment, moi j’ai hérité de ceux de papa, haha ) Votre couleur préférée ?
Le vert, sans hésiter. Dans une autre vie, j’ai été leprechaun. Meilleur(e) ami(e) ?
Fiona ! Je l’aime d’amour et elle peut s’estimer heureuse car mise à part mi familia, j’aime pas grand monde ! Où habitez-vous ?
À Soledo dans notre vieille maison familiale. D’ailleurs, on compte déménager donc si quelqu’un est intéressé, je lui fais un prix d’amis ! Date de naissance ? (si vous en avez, sinon ce n'est pas grave).
Le trente juillet ! Souvent, mon anniversaire se déroule autour d’un barbecue ! En couple ou célibataire ?
En couple, et il est un peu possessif sur les bords alors... un conseil, restez loin ( il sait se servir d’une arme ) Votre famille ?
On peut éviter cette question ? Non ? Bah, un père en taule et franchement pas recommandable, une mère absolument inutile, un grand-frère chef de gang totalement irresponsable, une sœur morte, un premier petit frère qui j’en suis persuadé, agit souvent dans ‘l’unique but de me contrarier et... Danny ! Mikky ! Posez ça immédiatement ! Ennemis ?
Tout un tas et croyez-moi, vous avez pas envie d’en faire partie !
Damian
Quel est votre nom et prénom ?
... Pourquoi on fait cette interview déjà ? T-t. Damian. Bah Damian Cortez c’est écrit sur mon badge ! Oui c’est ma sœur, bravo petit génie. Des surnoms ? Bah... Dam, Dami, et El principe aussi ! Quelle âge avez-vous ?
Au pire, tu veux pas ma carte d’identité ? Quoi ? Quatorze, oui. Avez-vous des pouvoirs ?
Si j’en avais, je me casserais pas le cul à étudier à Soledo High et aurais déjà rejoint la Justice League ! Trop... jeune ? Bah, les Teen Titans alors ! Si j’en avais un ? J’aimerais vraiment être télékinséiste, ouais ça doit être cool. Une relation ou un coup de foudre ?
Si vous saviez... j’ai une relation oui, stable. Comment ça à quatorze ans c’est que des amourettes ridicules ? Déjà une personne de moins à rayer de la liste des invités de notre mariage... Couleur de cheveux ?
Bruns foncé. Noir hein, clairement. Mes parents sont mexicains, j’allais pas être roux non ?! De yeux ?
Verts. Vraiment magnifique, c’est tout ce que j’ai à dire. Votre couleur préférée ?
Le rouge ! C’est la couleur de l’uniforme de l’équipe et de la majorité de mes vêtements ! Meilleur(e) ami(e) ?
Euh... non. J’ai des potes hein, allez pas croire que je vis une vie de pauvre no-life mais aucun être sur cette Terre ne méritait le titre de ‘’meilleur ami’’. Bon mis à part Sam, et encore. Où habitez-vous ?
Va te brosser, ma sœur te l’a déjà dit ! Date de naissance ? (si vous en avez, sinon ce n'est pas grave).
Le cinq mai ! Du coup tu as déjà mon adresse, pour les cadeaux ? En couple ou célibataire ?
En couple, et ultra-fier de l’être. Comment ça avec qui ? Ça vous regarde ? Votre famille ?
Joker ! Joker ! Ennemis ?
À votre avis ? Au lycée, mes ennemis se comptent par bus entier ! Mais juste Lenni, si tu lis cet interview, quand on se retrouvera, dis bye bye à ta tignasse, hijo de puta.
Samuel

Quel est votre nom et prénom ?
Mon prénom ...? Bah, Samuel. Avec un seul L, oui. Quelle âge avez-vous ?
Bientôt quinze ! Mais euh... oui, quatorze pour le moment. Avez-vous des pouvoirs ?
J’adorerais ! Si je pouvais choisir, je volerais, je parlerais aux animaux aussi et... Quoi ? Comment ça je suis pas Blanche-Neige ? Ferme-là Dami, je t’ai pas embêté pendant ton interview non ? Le slip rouge ça m’irait bien ? T’es qu’un abruti. Une relation ou un coup de foudre ?
Bah du coup je suis plus trop sûr là. Oh gueule pas c’est une blague ! Oui, oui je suis dans une relation. Mon coup de foudre ? Ah, bah quand il a gerbé sur mes chaussures vraiment, la grande classe, j’ai été conquis direct ! Couleur de cheveux ?
Noir, classique. J’ai hésité à me faire blond un jour, mais non. De yeux ?
Bleus. Bleus ciel d’après mon frère. Votre couleur préférée ?
Le bleu aussi. C’est un peu concon comme couleur, mais j’aime bien. Le rouge aussi. Le rouge c’est pas TA couleur, tais-toi Cheryl Cortez ! Vous pouvez le faire sortir le temps que je finisse ? Meilleur(e) ami(e) ?
Chiara. Enfin je pense ...? Où habitez-vous ?
J’ai habité en Nouvelle-Zélande, en France, en Allemagne, dans le nord des states et maintenant... à Soledo. La chute est vertigineuse. Date de naissance ? (si vous en avez, sinon ce n'est pas grave).
Six janvier ! Tu as entendu ? SIX JANVIER ! Oui, note-le dans ton agenda oui. En couple ou célibataire ?
... en couple. Parfois, je e demande pourquoi, comme aujourd’hui par exemple. Des fois, il ose dire que je suis le plus immature de nous deux. Il est culotté, oui. Je dis ce que je veux, c’est mon interview ! Votre famille ?
Rafaël, mon grand frère. Il fait un peu flipper vous verrez, mais il est gentil. Moi je l’aime. Ennemis ?
Bah... pas en tant que tel mais ceux qui touchent à Dam, juste le petit doigt, je les mets dans mon Death Note, ou alors je les frappe. Oui oui. J’ai pas une tête de violent ? Oui je sais. Si, tu as besoin qu’on te défende ! Non mais Raf je plaisantais... oh, coupez c’est bon.
Rafaël
Quel est votre nom et prénom ?
Rafaël Portgas. Non, rien à ajouter non. Quelle âge avez-vous ?
Vingt-six. Comment ça vous voulez vérifier ? Vous pensez que ça m’apportera quoi de mentir sur un truc aussi con ? Non, j’ai pas trente, non. Des... des rides, pardon ? Avez-vous des pouvoirs ?
Si j’avais celui de vous faire fermer votre gueule vous le sauriez. Une relation ou un coup de foudre ?
J’aurais peut-être mieux fait de me casser une jambe, mais oui. Je rigole Ari, je blague, hé ! Couleur de cheveux ?
Noir, pour changer. Quelle originalité, tous les garçons du casting sont bruns, wouah. De yeux ?
Bleu-gris. Petit cadeau de notre mère british. Oui j’aurais pu être blond oui. Ah non j’aurais pas aimé, le style surfer décoloré, ça me donne la gerbe. Votre couleur préférée ?
Le noir. Ça augmente le côté émo que mon frère adore tant. Hein Sam ? Meilleur(e) ami(e) ?
Jay, si on peut appeler ça un meilleur ami. Meilleur ami de beuverie ça c’est sûr mais après... Où habitez-vous ?
Un peu partout et nul part. Ça dépend des humeurs de mon patron mais en ce moment... Soledo. Oui oui, des fois il nous fait des petits coups de pute oui. Date de naissance ? (si vous en avez, sinon ce n'est pas grave).
Trois août. À trois jours de Ariana oui. En couple ou célibataire ?
En couple. She’s mine, okay ? Don’t touch her or i’ll kill you and your family. Votre famille ?
Passable. Franchement, dans le genre grosse douille, la nôtre est pas mal, hein Sam ? Père absent et mère toxico oui, un bon portrait de famille de cassos oui oui. Ennemis ?
Pour des raisons professionnelles, je vais éviter la question, merci.
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   En soit, il ne se sentait pas tellement concerné par le démon. Il n’en avait pas grand chose à faire.
Amalie n’était pas spéciale. Elle avait simplement été la première à le faire voir par-delà les murs de la Haute Cité. Elle était celle qui, sans vraiment l’expliquer, l’avait éloigné de son devoir, de ses responsabilités. L’entraînant toujours plus loin dans ce qu’elle appelait ‘’La vrai vie’’, elle l’a mis dans la panade, et plus d’une fois. Il avait peur d’être associé à ce démon trop vivant pour les immortels, peur de finir par être rejeté, renier, mis au pied pour son mauvais comportement. Elle parlait de choses dont personne n’avait ne serait-ce qu’évoqué l’existence, des choses comme ‘le fun’’, ‘les flemmes’ ou encore ‘les bonheurs’. Ces choses, étaient des choses humaines.
Du moins, c’est ce qu’il pensait.
Ce qu’il savait en revanche, et ce mieux que personne, c’était qu’Amalie était loin, très loin d’être mauvaise. Démon de sang certes, mais bien au-dessus de certains Anges.
C’était pourquoi il se devait de la sortir de là.
Le garde à l’entrée de la prison, le laissa y pénétrer sans plus de questions. En même temps, son rang au sein de la communauté en faisait quelqu’un de relativement important, en trahissait ses ailes plus grandes, plus fortes, et son bien plus élégante que celle des autres Anges.
De plus, il allait sans dire que le ‘pain frais’’ qu’il lui avait offert allait dans son sens - quel garde normalement constitué ne se méfiant pas d’une miche de pain si bravement offerte ? Tous les Anges ne sont pas de parfaits servants de l’angélisme.
En tout état de cause, le somnifère commençait sans doute à faire effet lorsqu’il commença à avancer dans les dédales de couloirs obscurs de la prison.
Son oral le parvenait à éclairer un certain périmètre autour de lui mais, il ne progresserait jamais assez rapidement en se reposant uniquement sur cette dernière. Alors, il laissa sa main courir le long du mur humide, à la recherche d’un interrupteur. Il savait que les Démons par nature, voyaient mieux dans le noir, et que les éblouir en allumant la lumière des couloirs leur causerait éblouissement et douleur. Cependant, à la seule lumière de son auréole, il ne percevait rien d’autre que l’obscurité dans les cellules. Il ne pourrait pas la retrouver ainsi.
C’est pourquoi il alluma la lumière. Presque aussitôt, une vague de gémissement de douleur lui parvint, serra légèrement son cœur.
Ce ne sont que des Démons, pensa t-il cependant en poursuivant sa progression.
Il devait trouver Amalie, et il devait la trouver rapidement. Il ne possédait que très peu de temps : sa mère devait déjà être au fait de sa disparition, et le pain offert au garde ne tarderait pas à perdre de son effet.
Son avancée se faisait sous les regards méfiants, méprisant des détenus. Tous le fixaient sans mot dire, haine et effroi tapis dans leurs yeux. D’autres Anges, d’autres gardiens moins influent que celui de la grande entrée, le regardaient également, avec un certain dédain. Qu’est-ce qu’un Ange de son rang venait-il faire dans la prison de la Haute Citée ? Eux aussi le méprisaient, mais pas pour les même raisons.
Il cherchait, jetait des regards partout autour de lui, manqua appeler Amalie. Cependant, il se retint car, pour peu qu’un autre détenu la connaisse, il pourrait prendre son apparence. Ou pire, Amalie elle-me^me pourrait changer d’apparence, afin qu’il ne la retrouve pas. Car, il allait sans dire qu’elle serait contre le pourquoi de sa visite, et que s’il était possible de lui échapper, elle saisirait sa chance.
Amalie devait accepter la chance qu’il lui offrait.
Sur son passage, certains Démons suppliaient sa pitié, tandis que d’autre crachaient en se couvrant toujours les yeux. Écroue villas dans leurs cellules minuscules spectacle lui serrait le ventre. C’est ainsi qu’il retrouva Amalie, pauvre créature prostrée dans un coin de sa cellule humide, la tête entre les genoux. Ses cheveux avaient poussés depuis deux mois, elle avait aussi énormément maigri.
Malone s’arrêta devant la cellule, et hésita un bref instant. Il se racla la gorge, sentit une boule se former au creux de celle-ci. Il n’avait pas le temps d’être émotif bon sang, le temps lui était compté.
Du bout des doits, il tapota les barrots de la cellule. Presque aussitôt, Amalie releva la tête, lasse, pour écarquillé les yeux à sa simple vue. Son corps se tendit, ses épaules se voûtèrent. Presque invisible dans la blouse sale et trop large qu’elle portait comme un fardeau, elle ne parla pas immédiatement.
— Malone ?
Sa voix était rauque, enrouée, comme s’il ne l’avait plus utilisée depuis qu’ils l’avaient jetée dans cette cellule. Ses lèvres en s’étirant, se craquelèrent, trop sèches pour résister à la torsion soudaine. Elle sourit t cependant, oui, comme Malone l’avait toujours vu.
Elle agita lentement son corps meurtri et maigre, ses ailes battant fébrilement l’air dans son dos. Elle faisait peine à voir. Bien sûr, Malone ne s’était jamais fait de fausses idées sur le traitement réservé aux Démons emprisonnés dans ces cellules, mais il ne pouvait cautionner qu’il tel traitement ai été réservé à Amalie.
Lentement, il extirpa une clef de sa poche. L’objet du délit, la preuve de sa trahison. Volée le matin-même sur le bureau de son père, elle représentait à elle seule, la liberté où la mort.
Il devait faire vite, les utiliser avant que les autres prisonniers ne se rendent compte de la manœuvre. S’ils le démasquaient, nul doute qu’ils hurleraient pour attirer l’attention des gardes.
Il n’avait besoin que de cinq minutes, pas plus. C’était amplement suffisant pour sortir Amalie de ce trou à rat, et courir à travers bois, rejoindre le véhicule qu’il avait caché une semaine auparavant, dans la clairière près de la rivière. Une fois là-bas, il ne leur resterait qu’à partir, rouler en direction de la ville voisine, pour ensuite prendre un bâte au, traverser l’océan, et se faire oublier. Bien sûr, ils seraient poursuivis, il en était certain mais, ils parviendrait à être plus rapides. Il était entraîné, et Amalie était sportive, ils n’auraient aucun mal à rejoindre un lieu sur.
— Non, souffla Amalie.
Le cœur de Malone s’arrêta de battre un bref instant. Il ne se souciât pas tant. du sort du Démon alors pourquoi ce vif éclat de douleur dans sa poitrine ?
— Viens avec moi, murmura t-il.
Il se rapprocha des barrots, les empoigna, et pressa son nez contre le métal froid. Son cœur tambourinait dans sa poitrine trop étroite, il avait le tournis. Elle n’avait rien fait, la mort n’était pas la solution, elle ne l’avait jamais été, surtout pas pour Amalie.
— Viens avec moi, j’ai... j’ai prévu de quoi fuir, un véhicule avec assez d’eau et de nourriture pour réussir à quitter la ville. J’ai...
— J’ai dis non, Malone, répété Amalie.
Ses yeux sombres fixaient le jeune homme en face d’elle. La lumière crue du couloir laissaient apparaître ses cernes noires, proéminentes, quelques bleus le long de sa mâchoire.
Les gardes maltraitaient les prisonniers.
Malone sentit sa bouche s’assécher, son visage rougir de colère.
— Ce n’est pas un test Amalie bon sang, croassa t-il. On a pas le temps, on doit partir maintenant.
Une vague glacée le submergea, tandis que contre la serrure, la clef ne parvenait pas à trouver le trou. Elle claquait contre le métal dans un minuscule bruit sec qui tétanisait Malone. Ses mains tremblaient trop.
Soudain, une main recouvrit la sienne, fine et osseuse. Malone réalisa alors à quel point, il devait avoir l’air stupide, à trembler comme un simple humain atteint de peur, comme un simple mortel tétanisé par la panique. Les mains de Amalie, douces et chaudes sur les siennes, le surprirent. Elle ne le touchait jamais d’habitude.
D’habitude, il ne la laissait pas le toucher.
— Non, répéta Amalie, doucement.
Malone se figea. Comme sait-elle, lui refuser cette chance qu’il lui offrait ? Après tout ce qu’ils avaient traversé, tout le mal qu’il s’était donné pour arriver jusqu’ici, après...
— Tu es innocente, grinça t-il sans la regarder.
Son regard était rivé sur les mains du Démon, resserrées sur les siennes, tremblantes. Il ne pouvait défaire son regard de cette peau trop pâle, de ces os trop voyant.
— Tu es innocente.
Des larmes menaçaient de déborder au coin de ses yeux, il se détestait pour ça.
— La Cour n’est pas de ton avis. Quelqu’un doit payer Malone, répondait-elle calmement.
Malone se mordit la joue, fort. Il ferma les yeux à s’en faire mal, ravala sa salive, ravala un flot d’insulte, un flot de haine pour lequel il n’avait pas le luxe d’accorder du temps.
— Tu n’as pas fais ça, je le sais. Si tu n’était pas un Démon ils... ils ne t’auraient pas enfermée ici.
Jamais Malone n’aurait un jour pensé entendre ces mots sortirent de sa propre bouche. Jamais il n’aurait un jour pensé admettre son amitié avec Amalie.
Les Anges et les Démons, ne se mélangeaient pas. La règle était immuable. Après tout, la croyance voulait que l’Ange soit bon, courageux, et honnête, tandis que le Démon, le stupide Démon,, n’était qu’un poids. Mauvais pour lui-même et mauvais pour l’Humain, dont il ne comprenait de toute manière pas la complexité de l’existence.
Malone pensait ainsi, avant. Et, il avait toujours du mal à admettre que dans une majorité de cas, cette croyance s’avérait fondée. Mais pas Ama. Elle, était intelligente, loyale et bonne. Elle était un Démon qui pouvait aller loin.
Elle aurait pu l’être.
— Malone, murmura doucement Amalie.
Il gronda, et donna un léger coup dans les barrots, ces stupides barrots répugnants derrière lesquels Amalie se trou. À quelques centimètres de lui, si proche et pourtant si loin.
Il se mordit la joue encore un peu plus fort, lorsque les mains de Amalie serrèrent les siennes.
— Malone, ça va aller. Tu sais, j’ai vécu une bonne vie. Avec toi. Je suis heureuse, vraiment. Passer toutes ces années avec toi m’a beaucoup apporté, crois-moi.
Il ne voulait pas entendre ça. Ses mains serrèrent un peu plus fort les barrots, ses dents grincèrent, tandis qu’il baissait la tête. Il tenta à nouveau de rentrer la clef dans la serrure, n’y parvint pas, se heurta à l’atroce réalité de sa situation lorsque doucement, Amalie lui demanda de la regarder. C qu’il fit, le cœur brisé, trahi.
Elle avait le regard infiniment doux, le sourire aux lèvres. Une larme, une seule, Spé son œil, et roula jusqu’à son menton, tandis que Malone lui, fondit en larmes. Incontrôlables, elles dévalèrent ses joues comme un rideau de pluie, vinrent s’échouer sur ses mains entremêlées à celles du Démon.
— Je t’en supplie.
Et il n’avait pas l’habitude de supplier. Amalie le savait, c’est pourquoi un frisson la parcourut, léger, mais perceptible. Malone était effondré face à elle, et elle ne pouvait rein y faire. Le laisser ouvrir sa cellule, était prendre le risque de le voir sacrifié à son tour et ça, elle ne pouvait le concevoir.
— Je pensais ne jamais te revoir, souffla t-elle. C’est bête. J’ai repensé à cette dernière image que tu aurais eu de moi, ou plutôt... cette fausse image, que tu fais eu de moi, et ça m’a brisé. Parce que, les choses auraient pu être différents, j’en suis certaine. Si on avait été plus vieux, si... si on était mieux nés, si... tout aurait pu être différent.
Malone gémit. Pourquoi n’avait-il jamais réellement profité du temps qu’il passait avec elle ? Pourquoi ne jamais avoir osé lui dire à quel point il la trouvait formidable, et à quel point son sang ne le répugnait pas ?
Un jour, il s’était interrogé sur la nature de son sentiment pour le Démon. Il la laissait toujours faire ce qu’elle voulait, et ce malgré les lois et la bien-pensance, il lui accordait toujours son pardon. Il la suivait dans ses fous rires et ses écarts, les yeux fermés, funambuliste sans filet. Il aimait la regarder s’interroger sur le monde des Humains, sur comment ils pourraient y vivre, un jour, et ce malgré l’interdiction formelle de la Haute Cité de ne serait-ce que penser rejoindre les Mortels.
— Un jour, reprit-elle, j’ai imaginé finir ma vie avec toi. Je me suis sentis si... égoïste. Parce que, tu mérites tellement mieux. Tellement plus. Alors, peut-être que c’est mieux comme ça. Je n’aurais pas supporté de vivre en te privant de voler, ça aurait été bête hein, pour un Ange ?
Tu n’as pas le droit de dire des horreurs pareilles, pensa t-il en tremblant.
—Je suis là, ça devrait pourtant te prouver le contraire. Te prouver que je veux... que j’exige que tu viennes avec moi !
— C’est le truc. Pour une fois, je sais quelque chose que toi, tu ne sais pas, ou ne veux pas t’avouer.
Ne le dis pas, songea t-il tremblant, par pitié, ne dis rien.
— Tu m’aimes Malone. Et c’est ok, je t’aime aussi. Mais, je sais aussi et surtout que m’aimer, n’est pas la bonne chose à faire. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour toi et...
— Parce que te laisser mourir et la bonne chose à faire pour moi peut-être ? Persifla t-il.
Amalie sourit.
— Peu importe ce que tu en penses Malone, je sais que c’est la meilleure chose à faire, pour toi et pour moi. Je vais mourir, c’est un fait, mais.... je suis ok avec ça. Je veux dire, on sait tous les deux que lutter contre le destin, ça sert à rien.
Malone se statufia, encore. Comment Amalie sait-elle lui balancer ce genre de chose à la figure ? Comment pouvait-elle affirmer être d’accord avec le fait de mourir, pour la bonne cause ? Elle avait perdu l’esprit. Il ne pouvait le cautionner, ne pouvait même y penser. Un monde sans Amalie, c’est un monde mort. Il s’en fichait des codes et des lois, de toutes ces putains de chose qui n’avaient aucune importance, tant que Amalie était en vie, à ses côtés.
Elle ne pouvait pas mourir. Pas là, pas maintenant.
— Eh bien moi je ne suis pas d’accord ! tonna t-il.
Il frappa les barrots avec une force qu’il ne se connaissait pas, laissant exploser un son lourd et retentissant dans toute la prison. Amalie serra ses mains plus fort, les caressa mais surtout, y serra bien la clef que Malone s’était évertué à enfoncer dans la serrure.
Les gardes ne devaient pas la voir, ils ne devaient pas saisir le pourquoi de la venue de l’Ange.
— Hé ! brama un garde. Il se passe quoi ici ?
— Malone écoute-moi. Juste... ne viens pas à l’exécution. C’est ma seule demande, d’accord ?
Et, sans lui laisser le temps de répondre, elle l’attira un peu plus contre les barrots, et déposa un baiser contre ses lèvres. Malone tressaillit, avant de saisir le goût, la douceur et la perfection de l’échange, avant d’être brutalement repoussé par Amalie. Sous l’impulsion, il trébucha et tomba à la renverse, se retrouva au sol. Un garde en le dépassant, lui jeta un regard inquiet, avant de s’arrêter face à Amalie.
Et, Malone crut mourir. Droite, l’air fier, elle tenait dans sa main la clef, la fameuse clef, qu’il s’était entêté à vouloir rentrer dans la serrure. Elle l’exhibait, sous le nez du garde, un sourire aux lèvres.
— Toi !
Le garde hurla et, sans vraiment comprendre, Malone regarda une foule de garde armés accoururent, l’un d’eux le releva, lui demanda comment il se sentait.
— J’ai vu cet animal agresser ce pauvre garçon, grogna le garde. Tout ça pour lui subtiliser ceci ! Il n’y a plus rien que nous ne puissions faire pour récupérer ce cas, ça suffit.
Le garde qui l’avait relevé, entraîné Malone, en lui agrippant fermement le bras.
— Elle sera exécutée ce soir !
Son cœur se rompit à nouveau. Dans son dos, le garde le réconfortait en lui assurant que tout allait bien, et que l’ignoble Démon ne l’avait pas blessé.
— Merci mon Dieu, murmura le garde, rêveur.
Au loin, Malone entendit Amalie hurler.
— Un Démon de moins pour lequel s’inquiéter.
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