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Yiig Drasil

Entre le Cancer et l'équateur, à gauche de la Dorsale..

Hello.

Je suis une lectrice boulimique et une apprentie écrivaine.

J'aime pratiquement tous les styles de lectures et j'avoue être très bon public.

J'ai grandi en lisant des classiques, des comptes des frères Grimm, d'Andersen, du Dickens à Jack London. Plongée dans le romantisme de Baudelaire et l'étrangeté de Théophile Gautier, le fantastique m'a conquise.

Puis il y a eu Harry Potter, L'univers d'Anna Rice et la découverte d'Edmond Feist. La plume d’Amélie Nothomb. Quelles belles enfance et adolescence!

Jeune adulte, j'ai continué à lire, toujours plus. Ce n'était pas toujours de grande qualité, parfois juste par nécessité d'ingurgiter des mots. Jusqu'à ma rencontre avec Dann Simmons et son Hypérion. Son génie m'a envoûtée, et je suis constamment à la recherche des sensations que m'a procurée son oeuvre!

J'ai continué dans la SF, la Fantasy, la Dark Fantasy, en faisant quelques pauses avec des thrillers, histoires d'amour ou des grands classiques.

Ici, j’espère trouver l'aide pour m'améliorer et tenter de vous livrer ces histoires qui germent dans mon cerveau tumultueux.

Amicalement, Yiig.

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œuvres
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défis réussis
69
"J'aime" reçus

Œuvres

Yiig Drasil
Enlevée, torturée, façonnée. Nyla nous raconte comment une organisation à la solde du Vatican a fait d'elle un outil de mort. Dépouillée de son libre arbitre, elle va se battre pour trouver sa place et faire face à son funeste destin. Elle y découvrira l'amour et enfin sa place.
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Yiig Drasil
"Quand les larmes choisiront les enfants. Alors, elles devront se rejoindre et les mondes avec."

Cal est un jeune homme joyeux et chanceux. Il est né et a grandi à Emagiale, la grande citadelle de la Magie.
Kylar, son oncle l'a élevé comme son propre fils. Tout allait pour le mieux jusqu'au jour où elle s'est imposée en rêve et a bouleversé son quotidien.

Cal n'a qu'une obsession retrouver cette petite Renarde, quitte à braver les lois de son monde, à passer un pacte avec l'inconstante Lune.

Il ne sait qu'une seule chose, il doit la retrouver.

Entre Magie, folie et un gros manque de sérieux.
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Défi
Yiig Drasil






La cime des arbres monte si haut que le dense feuillage forme une coupole imperméable aux rais de lumière, si bien que la nuit semble déjà tombée. Il n'est que le milieu de l'après-midi et Gunnar sent la température chuter considérablement. Un début de printemps plus chaud que les années passées avait-on dit à la radio. Il n'en est pas convaincu, le froid lui pique les narines sévèrement tant qu'il doit remonter son cache-nez inlassablement. La polaire en devient humide, car à chaque fois viennent se sécher ses narines enrhumées.
Sous les bois, des craquements inquiétants et des bruissements témoignent d'une vie qui reprend son cours après un long hiver glacé. À l'ombre des géants conifères, de la neige repose, pas encore fondue, mais qui ne tardera pas à disparaître d'ici quelques jours.
Gunnar presse le pas, il doit rejoindre la cabane de chasseur avant la tombée de la nuit. Il s'arrête pour boire à sa gourde tout en levant les yeux sur la voûte végétale. Il doit le faire, il doit fuir les hommes et la civilisation. Depuis l'Événement à Oslo, il a perdu foi en l'humanité. Comment en est-on arrivé là ? Il n'a jamais été très sociable, ni philanthrope, mais ce qu'il a vu l'avait marqué au plus profond.
Ses congénères étaient devenus insensibles. On ne sait comment, ni par quel processus biochimique, mais l'espèce humaine s'était mise à ne plus rien ressentir. Beaucoup ont pensé au début que les gouvernements avaient trouvé une solution pour abrutir le peuple, accusant la nourriture fourrée de conservateurs et d'additifs d'être à l'origine de troubles du spectre autistique. On a aussi accusé l'eau d'être empoisonnée par un neurotoxique, puis se sont succédées toutes les hypothèses les plus farfelues. Mais, une chose est certaine, on a bien perdu la capacité de ressentir quoique ce soit.
Gunnar était enfant lorsque l'épidémie s'était répandue, il avait cru avoir été contaminé lorsqu'on lui avait annoncé son alexithymie, soit l'incapacité de comprendre et d'exprimer ses propres sentiments. Il était devenu un scientifique, un chercheur dans la neurobiochimie. Orientant ses travaux sur la disparition des émotions, il avait longuement étudié les animaux, et le constat qui l'assommait jours après jours, lui révélait que l'homme était devenu une boîte vide. Les Souris et les Chimpanzés étaient capables d'une palette d'émotions supérieure à l'espèce ultime, l'Homo sapiens sapiens.
Sapiens, rien du tout se dit Gunnar en serrant les mâchoires.
Il reprend son chemin et son esprit continue de s'échapper dans le tumulte de ses souvenirs.
Quand Octav, son chef d'équipe, avait identifié le virus responsable de l'infection, il n'avait exprimé aucune joie, mais sa découverte était sans précédent. Car qui dit virus, dit anticorps. Si on arrivait à créer un vaccin, l'homme redeviendrait homme. Mais, Octav était mort dans l'incendie de leur laboratoire. Des hommes en noir étaient venus poser des questions à toute l'équipe. Gunnar avait compris aussitôt. On ne voulait pas que ses recherches aboutissent, on ne voulait pas sauver l'humanité.
Le Virus Octavio, c'est ainsi que la bande l'avait nommé, s'attaquait aux amygdales du cerveau humain ; ces deux petits noyaux forment une sorte de système de traitements des informations émotionnelles primaires, rage, vigilance, extase, adoration, terreur, stupéfaction, chagrin et dégoût. Laissant un cortex préfrontal travailler seul. Résultat, l'homme n'a plus peur, ce qui aurait pu être un avantage, mais toutes les émotions primaires s'étaient envolées avec. Le cerveau humain disposait toujours de sa capacité d'analyse, d'abstraction et de rationalisation, mais plus aucun prisme de l'émotionnel. Plus de colère, de haine, de jalousie, mais plus d'amour, de joie, d'empathie ou de solidarité non plus.
Un hululement de chouette ponctue la tombée de la nuit, Gunnar est enveloppé dans une ambiance bleue, la forêt se transforme en un théâtre grouillant de vies nocturnes. Il allume sa torche avançant toujours imperturbable vers son but. Il trébuche sur un rondin de bois, tombant de tout son long sur la mousse fraîche. Il se redresse brusquement et ouvre son sac à dos pour vérifier que les fioles qu'il a emmenées avec lui sont toujours intactes. Assis les jambes écartées, il souffle de soulagement, rien ne s'est brisé. Il admire un instant le précieux liquide sous le verre. Tant de morts pour quelques malheureux millilitres.
La divine suspension avait été testée sur des souris, elle n'avait rien donné. Logique puisque le virus ne touchait que l'homme. Puis, quand ce fut le tour des primates, la chose s'était produite. Les études in vitro sur les cellules amygdaliennes humaines contaminées étaient probantes, mais l'équipe était de loin de se douter de ses autres effets.
Gunnar est arrivé. Il entre dans la cabane, met le feu à quelques bûches, et se déshabille. Il sort un vieux carnet de son paquetage, s'installe confortablement dans le fauteuil, un whisky à ses côtés, il commence à écrire.
Lorsque les hommes en noirs étaient revenus l'interroger sur les travaux d'Octav, il avait bien évidemment éludé les questions concernant les résultats. Si on avait tué Octav, lui aussi pourrait très bien y passer. L'idée lui avait fait peur, terriblement. La sensation l'avait parcouru du centre de la poitrine jusque dans sa gorge, son rythme cardiaque s'était emballé, il avait alors hurlé en frappant dans les murs et brisant ce qui reposait sur son bureau. Il avait ressenti avec une telle force le désespoir et la colère, qu'il eut un doute. Assez pour que, Gunnar décide de titrer les antigènes du virus Octavio dans son sang. La surprise, puis l'effarement. Rien. Néant. Zéro. Aucun virus ne l'avait infecté. Cette révélation était un coup de tonnerre, mais aussi l'espoir qu'il cherchait depuis des années.
Mais d'où venait son imperméabilité aux émotions, avait-il simplement par mimétisme et par un comportement ressort, tordu sa réponse à l'émotif ? Quoiqu'il en soit, Gunnar n'avait jamais été en contact avec ce virus. Comme les primates du groupe témoin. L'étude cas-témoin était assez basique à mettre en œuvre, des chimpanzés génétiquement modifiés pour être sensibles au virus, versus, les chimpanzés bruts, témoins. Et c'est dans ce groupes que les résultats étaient les plus troublants. Le vaccin fonctionnait chez les malades, mais ce n'était pas tout.
Gunnar s'éveille avec un terrible mal de crâne. Il s'est endormi à même le fauteuil sur son carnet. Le chant des oiseaux l'a réveillé. Il se déplace vers la seule fenêtre et observe l'extérieur. Un biche et son faon se papouillent le museau. Comment est-il possible, que nous ayons même perdu l'amour vers notre progéniture ? Les rares femmes qui tombaient enceinte, n'exprimaient aucune empathie pour le fruit de leurs entrailles. En voyant cette biche protectrice et dévouée, Gunnar se demande si les animaux n'ont pas plus à nous donner.
Le souvenir d'une mère laissant son enfant sur la rame de métro, sans se préoccuper de la rame qui arrive. Il avait fait un pas en direction de la fillette, sans bien savoir comment. Mais déjà il était trop tard, la rame avait déchiqueté l'enfant, qui avait stoïquement regarder sa mort approcher. La mère avait simplement déclaré : "Je vais enfin pouvoir m'occuper de moi ! Une perte de temps et d'énergie, tout ça." Les autres usagers avaient râlé sur le retard que cela occasionner, certains qui avaient été éclaboussés par des bouts de la malheureuse enfant se demandèrent comment se faire rembourser le trajet et leurs de blanchisserie. Gunnar, lui, avait fui la station en courant, et son estomac, révulse, l'avait forcé à vomir dans la première poubelle croisée en surface. C'était il y a deux jours il n'avait pas osé sortir depuis, de peur d'attirer l'attention, s'il devait perdre le contrôle. La veille, il était sorti emportant les restes de ses recherches et le vaccin sur lequel, son équipe et lui avaient tant travaillé. Il s'était rendu dans la forêt en périphérie de la ville, décidé à tester ce qu'il estime être une solution.
Peut-être est-ce l'évolution qui nous a rendu sensible à ce virus ? À force de se croire supérieur, de s'être crus les seules doués de conscience. Mais nous ne sommes pas les seules êtres sensibles. Avons-nous trop joué à Dieu, que voici notre punition ?
Le frêle couple d'ongulés disparaît dans l'épaisse végétation du sous-bois. Gunnar décide que c'est le moment, il va le faire. Il prend la petite boite en métal qui contient les fioles et sort simplement vêtu d'un pull. De toutes façons, il n'en aura plus besoin. La porte s'ouvre et la fraîcheur printanière s'engouffre, il ne referme pas derrière lui. Il se poste au milieu de la clairière qui habite la cabane.
Gunnar se dévêt, il se retrouve nu comme un nourrisson. Nu et fragile, face à cette nature que nous avons abhorrée, maltraitée et oubliée. Il ne peut rien cacher, il est tout offert à celle qui nous a enfanté.
Il aspire le liquide avec une aiguille et une seringue, il hésite. Qu'est-il en train de prouver, que cherche-t-il vraiment ? L'homme a passé les siècles à s'en affranchir, il allait renouer avec elle aussi simplement. Oui, mais après, comment revenir en arrière ? Il deviendra le vecteur et après ?
Avec courage, il enfonce l'aiguille dans son bras et presse le piston. C'est tout. Un simple geste, maintes fois répétés. Automatique. Mais c'est à lui qu'il l'a infligé. Il devient son propre cobaye.
La nature se stoppe un instant, comme pour marquer le moment solennel, un moment discret mais lourd de sens.
Gunnar ne voit aucun changement. Il souffle. Il est déçu. Peut-être que la réponse des Chimpanzés témoins étaient spécifiques à leur espèce.
Puis, il frissonne. L'air parcourt sa peau élevant un par un tous les follicules pileux, il n'a jamais eu aussi froid de sa vie. L'extase des molécules aériques qui passent sur son épiderme, lui rappellent des souvenirs qu'il n'a jamais vécu. Ses pieds, nus, s'ancrent dans le sol humide avec l'assurance de n'avoir jamais été autant présent. Il sait exactement où et comment son corps se place dans l'espace. Émerveillé, il ferme les yeux.
Une brise se lève et transporte à ses narines une myriade d'effluves qui déboule violemment sur son ethmoïde. Il voit par le nez. C'est fou, mais il voit. Il voit les fleurs printanières de la clairière, il voit les oiseaux et les pollens virevoltants dans les airs. Un renard n'est pas loin, sur les pas d'un lièvre moribond. Son organe voméro-nasal, bien que vestigial, lui montre un couple de loup en pleine danse amoureuse. Il voit aussi un aigle arracher le foie d'une pauvre musaraigne, l'odeur du fer. Violent, contre son palais. Amer et légèrement sucré. Il goûte les restes de son whisky au fond de sa bouche, l'acidité remontant de son estomac vide.
Il déglutit péniblement en ouvrant les yeux. Ébloui. La lumière matinale lui agresse les pupilles, qu'il entend se rétracter sous l'impitoyable stimulus. Il accuse le coup, car, il ne savait pas que l'on pouvait voir autant de couleur. Le spectre lumineux était donc si chamarré. Il sent les muscles de ses iris se contracter et bouger, comme un objectif qui cherche continuellement sa mise au point. La mémoire phylogénétique. Voilà, ce qu'il vient de trouver. Il voit loin, les bourdons au fond de la forêt. Il voit près, la mouche sur sa peau, posée sur une lande de squames ponctuée d'arbres pileux, dont les kératinocytes séchés se détachent comme l'écorce d'un bouleau. Il voit les particules d'eau dans l'air ambiant qui réfractent la lumière dans une explosion d'arc-en-ciel microscopiques.
En lui, tout bouillonne, ses systèmes sympathique et parasympathique se lancent dans un tango passionné. Gunnar ressent, perçoit et s'harmonise avec son environnement et son corps.
Gunnar ressent, vivement, tout !
Puis son esprit s'agite. La peur, laisse la haine s'immiscer. Mais quelle bande de grosses merdes ! Nous avions tout, et nous avons tout détruit. Comment avons-nous pu en arriver là ? Pourquoi n'avons-nous aucune compassion pour nos semblables, les animaux, la nature ? Colère ! Colère envers ses congénères et Haine, envers tous ceux qui entretiennent cette hérésie. Un hurlement de rage s'échappe de sa gorge. Un râle rauque et fort. Il entend, sent et voit les animaux s'enfuir éperdument, terrifiés par ce son. Ce son, si humain. La tristesse humidifie ses yeux, il pleure comme il ne l'avait jamais fait. À chaudes larmes, ses épaules tressautent, il se laisse tomber à genou. Sur cette terre où grouillent milles vies, lombrics, araignées et fourmis. Il chiale comme un enfant qui n'existe plus.
Le fumé tellurique le rassure, comme la mère biche avec son petit. Il plante ses mains dans le sol, et apporte la matière à son visage. Ses mains, ses pattes plutôt. Il ne sait plus, tout ce qu'il vit est intense. Il exorcise des millénaires d'évolution, chaque gène porteur d'un passé tu ; il les explore, un par un et tous en même temps. En plongeant sa tête dans ses pattes sales, il rit, si fort. Les larmes se sont stoppées et il rit. Émerveillement, contemplation. Il observe autour de lui, amoureux. Amoureux de la nature et de sa générosité. De sa bienveillance et de sa cruauté. Elle ne triche pas, elle est juste la mère de tout. Elle donne, elle prend. Rien n’est juste, tout est équitable. Il se relève et explose de joie de ressentir tout ce qui fait de lui l'animal complet et conscient de sa chance.
En lui, l'information génétique se déverse comme une torrent infinie, jamais à sec, et ça, continue en boucle.
Il est tout, il est la suite d'un commencement sans fin.
En lui, l'expérience des espèces passés et l'architecte du futur.
Enfin, un espoir.
L'homme redeviendra ce qu'il est.
Animal.
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

Je trouve ça cathartique d'un part et surtout, c'est comme dessiner ou peindre mais avec des mots. Très frileuse à partager mes écrits, j'ai voulu les partager pour les éprouver et peut-être emporter quelques lecteurs dans mon univers.

Listes

Avec Le violoniste, "7ème" -La quête de vérité- (partie 1 & 2), Un jeu de briques hors du commun, ..., Star wars Le retour de la force, Tribulations d'un loser., La disparition de la Dinde de Noël et quelques autres meurtres sanglants, Ëldélaran (roman édité en novembre 2020 ), La petite fée et ses sept morceaux de coeur (conte terminé), Le Dernier Mage Embrasé, Encyclopédie du tout et du n'importe quoi, Œuvre d'art I - La muse, Oeuvre d'art - La jeune prodige, La correspondance de la sorcière Mélula, Une guerre pour la surface, Le Chant des Astres - Tome 1 : Le Verset du Feu...
Avec Une guerre pour la surface, ......
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