6 -Nilson

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- Non, Enzo ! je t'en... pas ça... rien fais. Pas dit à maman. S'il te plait... fais mal.

Je tente tant bien que mal de me retirer de son étau. Ce n'est que quand je ne la touche plus, qu'elle se réveille horrifiée, en pleurs. Elle se jette dans mes bras :

- Je te demande pardon... S'il te plait, pardonne-moi.

Je tente de la rassurer autant que je peux. Mais le fait qu'elle m'est prise pour mon frère, est un choc. Je comprends mieux les incisures sur son fruit. Elle est dans mes bras, je lui caresse les cheveux, elle ne cesse de pleurer en me demandant pardon. Je ne dis rien, je ne sais pas trop quoi dire. Cette situation me met mal à l'aise.

Elle se décolle de moi, elle tente de m'embrasser, de capturer mes lèvres. Je ne réponds pas à ses baisers. Je repense encore à ce qu'il vient de se passer. Elle laisse tomber mes lèvres pour mon cou, je le sens mais mon esprit n'est pas avec elle.

- Chéri, regarde-moi, elle me dit.

Je la regarde sans vraiment la voir :

- Fais-moi l'amour, s'il te plait.

Je suis sonné, je ne comprends pas ce qu'elle veut. Je ne bouge pas.

- Ou punis-moi, elle continue. Mais réagits s'il te plait. Je ne te demanderais jamais assez pardon. Mais fais quelque chose, réagits. Prends-moi, énerve-toi, fais quelque chose.

- Je crois qu'on devrait allez voir un psy, tous les deux. Je lance. Notre couple n'est pas normal, tu n'as pas encore guéri de ce qu'il t'a fait et moi j'arrive dans ta vie. Il faut qu'on aille consulter pour notre bien à tous les deux. Est-ce que tu as déjà vu un psychologue seul ?

Elle se recule et remet correctement la chemise. Elle n'ose plus me regarder dans les yeux. Je lui laisse le temps de trouver ses mots et de répondre. Je sais que ce n'est pas facile :

- Après mon accouchement et que ce cauchemar était censé s'arrêter, je n'ai demandé de l'aide à personne. Et ça s'est empiré ; j'ai perdu ma mère. j'étais au fond du trou...

Elle a été enceinte ? je ne suis pas au courant. Je ne lui pose pas la question, la lassant terminer.

- Jusqu'à il y a quelques mois, je suis partie consulter une femme. Elle était très gentille, elle m'a beaucoup aidé jusqu'à ce qu'elle m'incite d'aller en hôpital psychiatrique pour pouvoir me reposer, prendre du recul et arrêter de me scarifier le ventre. Depuis je ne la vois plus. Je ne suis pas folle... je ne veux pas aller en HP, j'en ai pas besoin. Elle m'a rappelée, il n'y pas longtemps me disant qu'elle s'inquiétait pour moi et que si je ne voulais pas y aller, il y avait d'autres solutions un peu moins efficaces comme les groupes anonymes où je pourrais raconter mon histoire ou trouver une autre activité où je pourrais me défouler à chaque fois que je touche le fond. Mais avec la clause de confidentialité que j'ai signée avec ta mère, je n'ai pas le droit d'en parler et c'est là que Bianca m'a proposé le bdsm. Et ça me convient très bien.

Elle finit de parler en pleurs. Je m'assieds contre le mur et la prends dans mes bras :

- Ça te dit qu'on reparte la voir tous les deux ?

- Oui pourquoi pas... elle murmure.

Elle se repose contre moi sans rien dire.

- Quand as-tu été enceinte ? je demande prudemment.

Elle me regarde étonnée de la question :

- Tu n'es pas au courant ?

Je secoue la tête.

- Quand j'avais dix-sept ans. C'est comme ça que ma mère a découvert que Enzo me violait...

Je la vois chamboulée ; mais je ne dis rien, je suis curieux de savoir ce que m'a caché ma mère. Je la laisse alors continuer.

- Elle m'en voulait de ne pas lui avoir dit plus tôt mais elle a quitté Marius et a voulu attaquer Enzo en justice malgré le fait qu'elle aimait son mari. Elle voulait le faire pour moi. C'est alors qu'elle est tombée gravement malade. Cependant j'ai renoncé à avoir recours à la justice, j'ai préféré accepter le contrat que ta mère nous proposait... pour ne pas causer de tort à Marius. Je l'aimais bien... et puis j'ai fait un déni de grossesse jusqu'à 5 mois avant l'accouchement...

Des larmes perlent sur ses joues. Elle n'ose toujours pas me regarder dans les yeux. Elle préfère triturer les manches de ce qu'elle porte. A mon tour, je ne veux pas la toucher, je préfère qu'elle termine sans qu'elle ne se sente obligée de quoi que ce soit.

- Ta mère m'a proposé d'avorter dans un autre pays ou c'était autoriser... j'ai refusé... j'ai préféré accoucher sous X même si je détestais cet enfant. Il représentait tout ce que j'avais enduré pendant toutes ces années... une association lui avait déjà trouvé des parents d'adoption. Je les ai rencontrés. Je ne leur ai rien dit sur ce qu'il s'est passé. J'ai embelli la vérité pour qu'ils l'aiment.

Je découvre à quel point elle a été plus courageuse que je ne le pensais. Elle pense au bien être des autres avant le sien : elle n'a pas poursuivi Enzo en justice parce qu'elle voulait le bien de Marius et sa mère et elle s'est sacrifiée pour donner naissance à un enfant qu'elle ne voulait pas. Elle a supporté ce que peu de femmes auraient eu le courage de faire. Je ne peux plus me retenir, j'ai besoin de la prendre dans mes bras et de m'enivrer de son odeur. Ce que je fais, elle continue quand même son récit.

- Mais je le détestais... je voulais qu'il sorte de mon corps, je voulais le tuer... c'est comme ça que j'ai commencé à scarifier mon ventre... je suis un monstre.

Elle termine son histoire en sanglots, dans mes bras. Elle ne cesse de pleurer. Je la sers fort contre moi. Je comprends maintenant toutes ces marques sur son ventre. Ce n'est pas Enzo qui les lui a infligés comme ma mère me l'a dit. Je n'en reviens pas qu'elle m'ait menti tout ce temps. Je dois lui mettre les points sur les i. Si elle veut vraiment se racheter, il faut qu'elle me dise toute la vérité. Ce n'est pas pour autant que je lui pardonnerais, il faudra du temps pour cela. Elle devra aussi accepter Mia dans ma vie.

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