13 - Mia

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J'entre à petits pas dans la salle de bain. Il est sous l'eau, les yeux fermés en train de se rincer les cheveux pleins de mousses. La diversion qui me fallait pour installer ma petite scène. Donc complètement nue, je m'installe sur la cuvette des toilettes – celles-ci font face à la douche. Les jambes ouvertes, j'allume Paul à la plus basse des vibrations. Quand l'objet dans mes mains entre en contact avec mon clitoris, je gémis. J'exagére mes cris pour qu'il se retourne. Les yeux fermés, je ne sais pas s'il m'observe, mais je l'ignore. Je pense tout simplement à lui, et tout mon corps s'échauffe. J'entends l'eau cesser de couler, j'en profite pour lâcher encore quelques gémissements.

- Regarde-moi.

Oh ! Sa voix roque me fais frissonner. J'en suis grisée. Il me faut tous les efforts du monde pour me concentrer, j'ouvre les yeux. J'ai devant moi un demi-dieu, métisse. Tout son corps est contracté. Ses yeux me fixent, les pupilles dilatées. Le carré de sa mâchoire est accentué par sa barbe de plusieurs jours. Elle entoure ces lèvres charnues, je donnerais tout pour ne jamais arrêter de les embrasser. Entrouvertes, elles inspirent et expirent rapidement. Ses pectoraux se soulèvent au rythme de sa bouche. Mon dieu ! Contrairement à ses tablettes de chocolat qui lui font office d'abdominaux, elles se resserrent et se relâchent en rythme avec tout autre chose. Et le V juste au-dessous me donnent la direction de son plaisir qu'il caresse lentement. Il est beau.

- Augmente l'intensité au maximum, m'ordonne-t-il.

Je ne comprends pas tout de suite, je suis interrompue dans ma contemplation.

- Paul, il me dit en souriant.

Oh ! Je l'avais presque oublié, il me fait plus d'effet sans me toucher. Je m'exécute, j'appuie le bouton plusieurs fois. Au contact avec mon bouton, je crie. Cette fois-ci, je ne simule plus. Ça y est, il a pris le contrôle. Et il le sait.

- Pénètre toi.

Hmmm... Je dirige Paul jusqu'à mon vagin. Je le sens en moi. Je ne peux m'empêcher de fermer les yeux pour gérer les sensations. Il ne faut pas que je jouisse. Ainsi, je ne l'ai pas vu s'approcher. Je l'entends parler tout près de moi :

- Lève-toi.

Il me dépasse de toute sa hauteur ; j'ai son érection sous le nez. Le gland rouge, gorgé de sang et sa main qui continue à se caresser. Malgré l'objet de mes désirs, je me soumets à ses ordres la main toujours entre mes jambes. Debout, je fais face à mon amant. Plus petite que lui, il se baisse pour m'embrasser. Oh ! Sa bouche part à la conquête de la mienne pendant qu'il lâche son érection pour prendre Paul en moi. Il baisse l'intensité et l'augmente sans aucun rythme. Hm... Il fait avec des va-et-vient, de plus en plus vite. Je suis au bord du gouffre. Mon cœur est le point d'exploser tout comme mon désir. Je perds la tête. Son odeur de musc et sa façon, de manier Paul me rendent folle. Il décolle nos lèvres pour me regarder :

- Jouis, Mia !

Il ne faut que son ordre pour exploser en éclats dans un long cri. Je ne sais pas ce que fait Nilson, mais je me retrouve, les seins plaqués contre le plan près des vasques. Je fais face au miroir qui me permet de voir Nilson mettre un préservatif. Et je le sens s'introduire en moi. Où est Paul ? Cambrée, il me pénètre d'un seul coup en moi. Je lance un cri de surprise.

Tu es à moi.

Non, pas maintenant ! J'ignore cette voix dans ma tête que je connais que trop bien. Il ne peut pas continuer à détruire ma vie. Je tente d'attraper le regard de Nilson à travers le miroir. C'est à lui que je dois penser. C'est sur lui que je dois me concentrer. Ses coups sont sec, il me baise littéralement.

Tu seras toujours à moi.

Non ! Ce n'est qu'une hallucination... Il n'est pas là.

Meme si c'est lui qui te baise, tu es à moi.

Je secoue la tête. Il n'est pas là. Il n'est pas là. Il n'est pas là. Je me répète ce mantra la tête entre mes bras.

- Chérie, regarde-moi, me glisse Nilson à l'oreille.

Oh ! Si seulement il savait que ma tête se joue de moi. Je relève la tête, je le vois, je vois ce qu'il me fait. Ces coups de boutoirs sont plus féroces mais je ne ressens rien. Rien du tout. Pourquoi ? Et je ne peux rien li dire ; je ne veux pas le blesser. Je ne laisserais pas Enzo briser notre relation. Alors je le laisse faire son affaire en simulant du mieux possible. Les voix sont encore dans ma tête. Je tente de les ignorer au possible.

Sa mais sur mon épaule se crispe comme tout le reste de son corps, il doit surement être entrain de jouir. Il est sexy quand il prend son pied. Je simule à mon tour. Je ne voudrais pas atteindre son ego et encore moins lui avouer que je n'étais pas avec lui.

Quand il reprend ses esprits, il se baisse pour embrasser mon dos. Son toucher me brule. Je veux qu'il recule et qu'il parte. Je veux être seule, je ne ressens plus rien. J'ai besoin de revivre.

- Je t'aime, mon amour.

A ces mots j'éclate en sanglots.

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Empreinte d’une sérénité apaisante, clairvoyante et nourrie de bienveillance, elle est un « sage » vivant seule dans son antre de feuillages, respectée et crainte par ses semblables, marginalisée par sa différence, elle s’accommode parfaitement de la situation. Créer ou agencer des beautés offertes par la nature, la sublimer au quotidien patient de ses journées, s’enorgueillir seule de son aptitude et de ses prouesses proches de la perfection, la ravit, simplement.

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Il est pourtant ici aussi des curiosités, des équidés au corps de femme naissent parfois au milieu d’une troupe. Indépendantes, altières et racées, ces athlètes chasseresses des monts et prairies manient l’arc et la flèche avec une adresse inégalée. Pleinement conscientes de leur force de caractère, elles possèdent une autorité naturelle et un aplomb tel qu’elles ne se distinguent plus des mâles que par leurs attributs. Les plus mesurées ou assagies sont toujours des guerrières redoutées mais aussi des âmes en quête d’absolu spirituel, mues par des idéaux transcendants, fondamentalement généreux. Fines observatrices de la nature, ce sont des chamanes qui perçoivent l’intrinsèque où d’autres s’arrêtent au superficiel.

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—Je vais mourir si vous ne m’aidez pas, je sais que je suis trop lourde pour vous, il faut quérir de l’aide au plus vite.

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—Vous portez le signe d’un érudit, vous maitrisez certainement la magie, je la connais aussi. Seule une formule puissante peut vous aider. Mais je ne puis en prendre la responsabilité sans votre accord.
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