14 -Nilson

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Elle est en pleurs dans mes bras. Je vis un ascenseur émotionnel. Il y a quelque instant, j'étais excité et je lui disais que je l'aimais et maintenant je suis dans le brouillard complet. Est-ce que je lui ai fait du mal ? Est-ce qu'elle s'est sentie en danger ? Qu'est ce qui s'est passé ? Je me sens impuissant tout d'un coup. Je la sers fort contre moi en lui caressant les cheveux, c'est tout ce que je peux faire. Ses sanglots sont de plus en plus forts. Je la laisse pleurer, elle en a besoin. Elle me parlera quand elle se sentira prête.

Et si c'est le fait que je lui dise que je l'aime dans un moment aussi intime ? Ce n'est pourtant pas la première fois que je lui dis. Je ne comprends pas sa réaction. Je ne sais pas quoi en penser. J'espère vraiment qu'elle va me dire ce qui lui passe par la tête.

Quand ses pleurs commencent à se calmer, je décolle d'elle. Je lui prends la main et l'emmène dans la douche. Elle ne dit toujours rien, elle me suit tout en évitant mon regard. Pourquoi ? je ne la juge pas, je veux simplement comprendre. J'allume l'eau au-dessus de nous. Je lui lâche la main. Je prends un gel douche pour le verser dans paume, je la mousse entre les mains et l'applique sur son corps. Je l'ai à peine touchée qu'elle a un mouvement de recul. Elle ne me regarde toujours pas. Comment dois-je le prendre ?

- Est-ce que tu veux que je te laisse ? Je lui demande.

Elle s'empresse de secouer la tête. Ouf ! Elle veut encore de moi. Alors je continue, je mousse le gel sur corps ; les épaules, les bras, le cou, le ventre et les jambes. Je ne m'éternise pas sur ses seins. Je suis là pour la nettoyer et la réconforter. Je finis avec le recto je la tourne sur elle-même pour m'occuper du verso. Je tente d'être doux. Et ça marche ; sa respiration se calme petit à petit. Je rince tout avant de l'envelopper dans une serviette. Puis je l'accompagne dans la chambre pour l'installer sur une chaise. Je ne sais plus comment je dois me comporter. Est-ce que je peux la toucher sans qu'elle se sente agressée ? et je ne peux pas lui poser la question ; j'ai peur qu'elle m'exclu de son intimité. Je frictionne la serviette contre son corps pour la sécher. Je tente de capter son regard mais elle fixe un point derrière moi. Seules ses lèvres contrastent avec son teint blême, on dirait qu'elle a vu un fantôme.

Je m'absente une minute pour prendre son pyjama est ses sous-vêtements. A vrai dire elle n'a pas vraiment de pyjama ; jusqu'ici elle a toujours dormi soit avec mes t-shirt ou tout simplement en sous-vêtements. Du coup je prends juste un de mes vieux t-shirt des Rolling Stone et une culotte. Et je reviens vers elle, je suis étonné de ne pas la retrouver où je l'ai laissée. Je balaye la chambre du regard et la vois dans le lit, allongée sous la couverture, déjà allongée, surement toute nue. Je ne fais aucun commentaire, et la rejoins après avoir enfilé un caleçon. Je m'étends à cote d'elle, elle a les yeux fermés – surement pour éviter toute conversation. Cependant je prends la liberté de lui caresser la joue, je vois ses lèvres esquisser un sourire. Elle est belle, mon Dieu qu'elle est belle ! Ses cheveux noirs éparpillés sur son oreiller, ses pommettes qui ressortent quand elle sourit et ses joues qu'on a juste envie de pincer. J'ai cette femme dans la peau depuis que je l'ai vu la première fois, je n'y peux rien. Nos chemins se croisent quoi qu'il arrive.

- Tu n'as rien à me cacher que je ne pourrais pas accepter, je chuchote.

Elle ouvre les yeux et pour la première fois depuis que j'ai l'impression de l'avoir perdue, son regard se connecte au mien et elle me sourit :

- Je t'aime, Mia. Et je t'aimerai quoi qu'il arrive.

Se yeux s'agrandissent d'étonnement et elle vient se nicher contre moi. Je suis happé par son odeur. Bizarrement je sens enfin mon corps se détendre. Je ne parle plus et perçois le relâchement de ses muscles. Nous nous endormons ainsi.

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