14 -Nilson

3 minutes de lecture

Elle est en pleurs dans mes bras. Je vis un ascenseur émotionnel. Il y a quelque instant, j'étais excité et je lui disais que je l'aimais et maintenant je suis dans le brouillard complet. Est-ce que je lui ai fait du mal ? Est-ce qu'elle s'est sentie en danger ? Qu'est ce qui s'est passé ? Je me sens impuissant tout d'un coup. Je la sers fort contre moi en lui caressant les cheveux, c'est tout ce que je peux faire. Ses sanglots sont de plus en plus forts. Je la laisse pleurer, elle en a besoin. Elle me parlera quand elle se sentira prête.

Et si c'est le fait que je lui dise que je l'aime dans un moment aussi intime ? Ce n'est pourtant pas la première fois que je lui dis. Je ne comprends pas sa réaction. Je ne sais pas quoi en penser. J'espère vraiment qu'elle va me dire ce qui lui passe par la tête.

Quand ses pleurs commencent à se calmer, je décolle d'elle. Je lui prends la main et l'emmène dans la douche. Elle ne dit toujours rien, elle me suit tout en évitant mon regard. Pourquoi ? je ne la juge pas, je veux simplement comprendre. J'allume l'eau au-dessus de nous. Je lui lâche la main. Je prends un gel douche pour le verser dans paume, je la mousse entre les mains et l'applique sur son corps. Je l'ai à peine touchée qu'elle a un mouvement de recul. Elle ne me regarde toujours pas. Comment dois-je le prendre ?

- Est-ce que tu veux que je te laisse ? Je lui demande.

Elle s'empresse de secouer la tête. Ouf ! Elle veut encore de moi. Alors je continue, je mousse le gel sur corps ; les épaules, les bras, le cou, le ventre et les jambes. Je ne m'éternise pas sur ses seins. Je suis là pour la nettoyer et la réconforter. Je finis avec le recto je la tourne sur elle-même pour m'occuper du verso. Je tente d'être doux. Et ça marche ; sa respiration se calme petit à petit. Je rince tout avant de l'envelopper dans une serviette. Puis je l'accompagne dans la chambre pour l'installer sur une chaise. Je ne sais plus comment je dois me comporter. Est-ce que je peux la toucher sans qu'elle se sente agressée ? et je ne peux pas lui poser la question ; j'ai peur qu'elle m'exclu de son intimité. Je frictionne la serviette contre son corps pour la sécher. Je tente de capter son regard mais elle fixe un point derrière moi. Seules ses lèvres contrastent avec son teint blême, on dirait qu'elle a vu un fantôme.

Je m'absente une minute pour prendre son pyjama est ses sous-vêtements. A vrai dire elle n'a pas vraiment de pyjama ; jusqu'ici elle a toujours dormi soit avec mes t-shirt ou tout simplement en sous-vêtements. Du coup je prends juste un de mes vieux t-shirt des Rolling Stone et une culotte. Et je reviens vers elle, je suis étonné de ne pas la retrouver où je l'ai laissée. Je balaye la chambre du regard et la vois dans le lit, allongée sous la couverture, déjà allongée, surement toute nue. Je ne fais aucun commentaire, et la rejoins après avoir enfilé un caleçon. Je m'étends à cote d'elle, elle a les yeux fermés – surement pour éviter toute conversation. Cependant je prends la liberté de lui caresser la joue, je vois ses lèvres esquisser un sourire. Elle est belle, mon Dieu qu'elle est belle ! Ses cheveux noirs éparpillés sur son oreiller, ses pommettes qui ressortent quand elle sourit et ses joues qu'on a juste envie de pincer. J'ai cette femme dans la peau depuis que je l'ai vu la première fois, je n'y peux rien. Nos chemins se croisent quoi qu'il arrive.

- Tu n'as rien à me cacher que je ne pourrais pas accepter, je chuchote.

Elle ouvre les yeux et pour la première fois depuis que j'ai l'impression de l'avoir perdue, son regard se connecte au mien et elle me sourit :

- Je t'aime, Mia. Et je t'aimerai quoi qu'il arrive.

Se yeux s'agrandissent d'étonnement et elle vient se nicher contre moi. Je suis happé par son odeur. Bizarrement je sens enfin mon corps se détendre. Je ne parle plus et perçois le relâchement de ses muscles. Nous nous endormons ainsi.

Annotations

Recommandations

Défi
Lumière d’écrits
J’ai ai pas d’idées de noms d’espèce extra-terrestres.
4
4
0
0
Défi
Nina Wolf

Si vite, en un clin d'oeil. Je roule prudemment, ne connaissant pas cette route où se succèdent les virages tous aussi dangereux les uns que les autres. Ma vitesse est pourtant adaptée aux circonstances, 30/kmh en dessous des 50/kmh et pourtant, voila que je sens mon véhicule partir dans le fausser. Le silence règne, même mon meilleur ami, lui qui a l'habitude de me charier dès que l'occasion se présente, reste silencieux. L'adrénaline s'émisse dans mes veines, le temps s'est ralenti, comme s'il m'offrait la possibilité de nous redresser sur la route. Alors je contre braque avec délicatesse, comme je l'ai souvent fait par le passé, drifter est un jeu d'enfant après tout. La voiture se redresse, elle suit mon raisonnement en se redressant sur la route mais les roues arrières glissent. Sans même avoir freiné, le véhicule traverse la route pour se retrouver en travers dans la voie de gauche. Je comprends mon erreur bien trop tard. L'école primaire se retrouve dans mon champ de vision, je l'observe se retourner, me remémorant mon enfance avant de comprendre. Premier impact sur le flanc droit de ma voiture. Ma mère, va-t-elle se préoccuper de mon absence maintenant que je suis partie de chez elle en claquant la porte : Je me suis démerdée seule jusqu'à présent. C'est ce que je lui avais hurlé avant de partir. La tête en bas, les mains toujours sur le volant. Ma petite soeur ira dans cette école à la fin du week-end. Elle aussi je l'ai abandonné ce jour-là. Deuxième impact du coté conducteur, mon crâne percute le sol ou se trouve les débris de la fenêtre brisée. Ce n'est pas comme si je ne l'avais jamais souhaité, mourir. La dépression me ronge depuis bien des années, entre les coups de mon père, la mort de mon grand-père, le harcèlement, ... Je l'ai souhaité à tant de reprise. Après tout, j'en avais fait le voeu à mon 18ème anniversaire : Ce sera les dernières bougies que je soufflerai. La douleur qui m'habite depuis toutes ces années va enfin pouvoir disparaitre. La voiture arrête ses tonneaux dans un bruit fracassant. Le bout de mes doigts glacé, le regard s'assombrissant, ma force s'échappant. Alors c'est ça . Tout ce que je retiens de ma vie, c'est la souffrance à laquelle j'ai survécu . Mais maintenant que le sommeil me gagne, je me sens triste d'avoir perdu tout ce temps a m'apitoyer sur mon triste sort.
1
0
0
2
Christophe Sparkle
Lorsque la monarchie atteint son paroxysme, que le peuple oiseau n'en peut plus...
2
5
4
1

Vous aimez lire UneHistoiree ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0