18

2 minutes de lecture

Hôtel de police, boulevard Carl-Vogt, 5ème étage, mercredi 3 octobre 10h45

Présents : Hans Pfäfi, Alice Noît, Nicolas Vidon, Abdel Chentali, le procureur général Franco Bernardi, la cheffe de la police cantonale genevoise Séverine Mélisse.

Chers six !


En remplacement de l'incompétent George Pendal, je vous suggère chaleureusement, Jean Walder ! Il fera un excellent président du Conseil d'État !

E

Franco Bernardi posa la boule de verre sur la table, dans un cendrier propre et vide, et s'étonna de cette présence ; il était interdit de fumer dans les locaux de la police ! Il sortit un paquet de chewing-gum à la nicotine de la poche intérieure de sa veste. Il en mit deux dans la bouche. Le silence régnait.

Tout le monde attendait que e procureur dise quelque chose. Mais il ne savait absolument pas quoi dire. Ni quoi penser. Tout cela était tellement extravagant. Tellement incroyable. Inédit. Il se trouvait devant quelque chose auquelle il ne s'était jamais trouvé. Comme si, tout à coup, on le mettait dans une fusée et qu'on l'envoyait sur la lune sans toute la série d'entraînement que normalement on fait subir à un astronaute. Et du coup, il partit dans une réflexion intérieure sur ses prochaines vacances, non pas sur la lune donc, mais le fameux tour de Suisse en train avec sa femme. La veille, il était retourné à la gare, et cette fois-ci, il avait pu prendre ses billets. Aucun coup de téléphone intempestif n'était venu interrompre sa démarche. Il se voyait déjà sur les bord de la Limmat, aux Grisons, à Lugano, au Cervin, au bord du lac Léman. Il avait réservé tous les hôtels pour cette escapade de quinze jours. Départ lundi prochain, 8 octobre à 6h30 de la gare Cornavin. De plus, ces vacances, il en avait grandement besoin. Un désir profond, depuis des mois, de décrocher mentalement de ce travail, certes passionnant, mais également usant, insistait depuis les profondeurs de ses propres entrailles, frappait de l'intérieur de tout son être, avec une urgence, celle du temps : Franco ! T'as 57 ans ! T'es pas beaucoup partit en vacances ! Et quand tu partait, tu t'arrangeais pour être parfaitement joignable en tout temps, en tout lieux ! N'est-ce-pas ?! Tu n'es pas immortel, tu n'es pas irremplaçable ! Fait quelque chose pour toi, avec toi et ta femme !

- Franco ! Alors qu'est ce que t'en penses ?

C'était Séverine Mélisse qui l'interrompait dans ces réflexions inavouables. Il soupira bruyamment, puis il dit :

- On n'est pas dans la merde !

Hans acquiesça en hochant légèrement la tête.

- Ouaips, fit Alice en souriant.

On n'allait quand même pas commencer à pleurer semblait-elle penser.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Dam Filip ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0