Brixstonk

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À l’origine, les Sonatiens formaient un peuple homogène sans grande nuance entre les individus. Un encéphalogramme relativement plat, une constance pragmatique dans la retenue qui n’encourageaient guère la percée d’un visionnaire ou d’un génie et encore moins l’émergence d’une révolution. Sonate se voulait une planète stable, un modèle classique comme sa forme musicale, une pièce de musique pour quelques instruments, c’est tout. Une harmonie sans faille (une atmosphère rêvée pour tout terrien).

Et pourtant sur Sonate, un certain Brixstonk, pilote interspatial, commençait à ressentir un certain manque dans sa société trop lisse. Ses voyages interstellaires n’étaient pas pour rien dans sa réflexion. Il parcourait l’univers pour l’étudier et du jour où il avait découvert la planète Terre, il se métamorphosa. La beauté de la planète bleue l’avait fasciné et il ressentait une exaltante intensité pour l’aura terrienne. L’idée de visiter cette terre nouvelle ne le quitta plus. Très vite s’empara de lui une volonté de comprendre ses Terriens qui semblaient si différents des Sonatiens. La symphonie terrestre qui se déployait devant ses yeux lui procurait des émotions si fortes qu’il décida de s’y infiltrer. Une action facilitée par sa faculté de prendre l’apparence de quelqu’un d’autre, un don sonatien. De fil en aiguille, il convainquit ses collègues et concitoyens d’examiner le cas des Terriens et petit à petit une infiltration à grande échelle eut lieu jusqu’au cataclysme et le rapatriement in extremis d’échantillons pour un métissage des gènes.

Sur terre, les sonatiens-espions avaient eu le temps de lister les qualités des humains dont ils auraient aimé disposer. Ils citaient en particulier l’empathie, la curiosité, l’humour, mais aussi la frénésie, l’obsession, la mélancolie. Brixstonk avait toujours envié ce penchant insaisissable du terrien à la fois mi-bon, mi-mauvais, sur le fil du rasoir. Il savait qu’au moindre travers, le côté obscur, tapissé en filigrane, n’hésiterait pas à jaillir, mais il avait la foi que l’union des branches terriennes et sonatiennes mènerait à un équilibre parfait et que cela donnerait des Sonatiens au caractère plus trempé et des Terriens plus modérés.

Conscient du dilemme et d’une certaine incertitude quant au résultat final, il avait poursuivi sa mission dans un seul but : extraire l’essence vibrante et aimante de la race humaine et l’associé à la souche sonatienne pour créer sa vision optimale d’une civilisation modèle extrêmement intelligente, animée de sentiments forts, et inébranlables. Un pari sur la nature. Un beau projet. Une utopie, surtout.

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