La troupe - 5° partie

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Mon regard balaya nos propres lignes. Malgré l’extrême fatigue, nos soldats semblaient ragaillardis par la bravoure et la réussite inattendues des mercenaires. Si certains tentaient de récupérer, d’autres prenaient de la hauteur pour mieux suivre l’étonnante bataille en cours. Les porteurs d’eau passaient d’un homme à l’autre. Au fond de moi, je souhaitais que cette pause nous permette d’affronter la suite.

Forts de leur victoire, les cavaliers retrouvèrent le gros de la troupe. Continueraient-ils à provoquer l’ennemi ? Comment résisteraient-ils face à des milliers ? Ils semblaient parlementer entre eux. Je cherchai leur chef. Faisait-il partie des quatre qui ignoraient la peur ?

Mes espoirs ne furent pas vains. Une petite moitié s’arma d’épées et de haches. Protégés de leurs boucliers, les Galiens gravirent la colline. Les humains les laissèrent approcher sans réagir. Incapable de suivre les sentiers sinueux, la formation galienne avançait avec difficulté. Sans prévenir, les fantassins alliés s’élancèrent. Les deux blocs se rencontrèrent avec fracas. Parmi eux, les quatre guerriers créèrent une trouée et s’y enfoncèrent.

— Ils rééditent leur exploit, m’exclamai-je. Les archers vont avoir le champ libre.

Le choc fut violent à l’extrême. En équilibre précaire, les Galiens furent repoussés et tombèrent les uns sur les autres. Les archers avançaient, se positionnaient et tiraient. Haches et épées s’abattaient sur les boucliers. Les Quatre déstabilisaient les rangs ennemis. Les flèches fusaient de toutes parts pour les assister.

Les formations rocheuses éparses les empêchant de créer un front large et uni, les officiers Galiens lancèrent une contre-attaque sur leur flanc gauche. Les humains changèrent de tactique. Les archers montaient à cheval, se couvrant les uns les autres. Puis, ce fut au tour des fantassins, protégés par ces derniers. Trois hommes du groupe des quatre décrochèrent également. La monture du quatrième était prête et, malgré son armure, il sauta sur son dos avec légèreté. Une unité de Saliens surgit mais ne parvint pas à couper la retraite des cavaliers. Ceux-ci disparurent à nos yeux.

— Rapides et organisés comme ils le sont, commença le général, je ne serais pas surpris qu’ils n’aient aucun mort à déplorer.

— Si les Morcans n’avaient pas envoyé une seconde division à la rescousse, ils l’auraient remporté, estima Antony.

— Le sol est jonché de cadavres, soufflai-je.

Mes compagnons hochèrent la tête, aussi impressionnés que je l’étais. Bientôt, en inspectant notre aile droite, j’aperçus au loin une formation galoper en direction du bras de mer.

— Là ! dis-je en les montrant du doigt.

— Ce sont bien eux.

— Des chiens les suivent, nota Antony, aussi rapides que les chevaux.

— Connaissons-nous des mercenaires aussi performants ? demandai-je.

— Pas vraiment, répondit le général.

— C’est inespéré en tout cas. Les trébuchets ne pourront plus nous empêcher de dormir.

— Si nous tenons jusqu’à ce soir. Même s’ils décident de nous rejoindre, cela ne changera rien au cours de la bataille. Ils ne sont pas assez nombreux. Chacun des nôtres doit affronter six à sept soldats pour espérer s’en sortir.

— Et s’ils représentaient l’avant-garde de l’armée du roi ? supputai-je.

— Ce n’est peut-être pas le cas. Je t’en conjure, princesse, il est encore temps pour toi de quitter les lieux.

— L’armée ennemie nous tourne le dos, dis-je. On a au moins gagné ça.

— Ils vont reprendre l’assaut très rapidement. Les Morcans se font des signes. Ce n’est pas bon pour nous. Tout à l’heure, nous n’en menions pas large. Ils pourraient percer nos lignes d’un moment à l’autre. Tu dois partir, Sara.

De lourdes volutes de fumée s’élevaient depuis le sommet de la colline. Ils semblaient se mêler aux minuscules nuages de coton blanc qui avançaient paresseusement dans le bleu azur.

— Je reste. Je ne peux pas vous laisser comme cela, avec la brèche qu’ils viennent d’ouvrir dans la muraille. Pour beaucoup ici, je représente le seul espoir de l’arrivée des renforts. Mon père ne me laissera pas tomber.

.oOo.

Le courant n’était pas très puissant et la troupe parvint à atteindre la berge opposée sans encombre. Elle pénétra à l’intérieur des terres et rejoignit le sentier qui l’amena à l’arrière du fort. Elle atteignit le sommet d’une petite colline en surplomb et, de là, chacun put observer la bataille en cours.

— Le temps de faire le tour, les combats ont repris, remarqua Thomas.

— Les Galiens se sont remis de leur frayeur, constata Hector. On ne leur a pas fait assez peur.

— C’est peut-être l’occasion ! suggéra Krys sur un ton assuré.

Il se tourna vers ses amis.

— Nous allons continuer à leur venir en aide, leur dit-il à haute voix. Voici ce que nous allons faire. Nous allons procurer un soutien aux fantassins abrités derrière leurs éboulis. Notre précision de tir leur apportera ce qui leur fait défaut, et le siège pourra se prolonger. Si ce n’est pas le cas, comme je l’ai promis, nous partirons avant la fin.

— C’est peut-être un peu tard, fit remarquer Noah. Un Morcan vient de passer la brèche.

À cette nouvelle, le sang de Krys ne fit qu’un tour. Un signe au corniste et il s’approcha de l’animal chargé de transporter le marteau morcan récupéré sur la colline, près d’un trébuchet en feu. Il empoigna l’arme d’une seule main et se précipita vers le fort en s’écriant : « C’est maintenant ou jamais ! »

Tous se dévisagèrent. Comment leur chef parvenait-il à porter un objet si lourd à lui seul ? Thomas, Hector et Markus lancèrent leur cri de guerre et se précipitèrent à sa suite. Galvanisée par l’événement, la troupe suivit sans retenue.

Au son du cor, un des défenseurs aperçut les cavaliers dévaler la pente et s’empressa d’ouvrir l’accès nord. Descendu de cheval, Krys pénétra dans la cour à grande foulée, son marteau à la main. La situation lui apparut plus alarmante qu’il ne l’avait imaginée. Les Morcans étaient proches. L’un d’eux causait des ravages dans l’enceinte du fort et ouvrait la voie à plusieurs dizaines de soldats. Les défenseurs affrontaient leurs ennemis de tous côtés.

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