Drame | Policier | Famille

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-          Ils sont couchés ?

-          Tu as vu l'heure ? Bien sûr qu'ils sont couchés. Ils ont voulu t'attendre mais tu n'es pas rentré assez tôt.

-          Je suis désolé, une piste que je devais suivre...

-          Oui encore une. Le coupa sa femme.

-          Mais il s'agit d'un meurtre et la famille de la victime a besoin de savoir ce qui s’est passé pour faire son deuil.

-          Et ta famille à toi, hein ? Tes deux gosses, ta femme, moi en l'occurrence, tu ne me vois pas ? On est là, et nous aussi on a besoin de toi. Tes enfants ont besoins de toi à leur côté pour grandir, moi j'en ai marre de me coucher avec une place vide à côté de moi et de me lever toujours avec cette place vide et froide. Tu rentres tard et tu pars tôt, tu ne vois pas tes enfants, tu m’entraperçois lorsque je t'attends le soir. Moi j'en ai marre, tu es marié avec moi mais tu ne partages pas ma vie, tu partages la tienne avec ton boulot mais pas avec nous. Tu nous as laissé tomber !

-          Mais non enfin, je... Je t'aime et je...

-          Non tu ne m'aimes pas ! Si tu m'aimais vraiment, si tu aimais tes enfants, tu ne considèrerais pas cette maison comme un hôtel qui te nourris et lave tes vêtements ! Je ne vis plus avec toi, tu es invité chez moi et c'est tout ! Et tu sais depuis combien de temps ça dure ? Trois ans ! Trois longues années à attendre que tu daignes prendre soin de nous, t'intéresser à nous, mais non, tu ne vois pas où est le problème ! Tu savais que Tommy c'était mis à faire du tennis, tous les mercredis après-midi, il a une heure et demi de tennis, tu savais qu'Aurore c'était mise à faire de la danse classique et qu'elle était très doué ? Tous les deux adorent les gâteaux au chocolat mais Tommy les préfère sans morceaux de nougatine, ta fille, elle, les aimes fondant ? Elle ne supporte pas la tricherie et la moquerie. Son frère adore la taquiner par contre, mais il serait prêt à tout pour la protéger. Leurs maitresses trouvent que se sont de bons élèves, mais ça tu ne pouvais pas le savoir parce que tu ne parles pas avec eux. Tu ne vas pas voir leur spectacle à l’école. Tu ne vas pas aux réunions parents/profs de chaque début d’année. Tu n’as vu aucun match de ton fils, aucun spectacle de ta fille. Tu ne les as pas vu jouer ensemble. Tu ne joues pas avec eux. Tu es absent de leur vie, tu ne sais pas ce que cela signifie d’être un mari et encore moins d’être un père…

-          Je… je sais… je comprends ta colère, je vais essayer de me rattraper et de…

-          Non, ne prends pas cette peine, je suis à bout. Je te laisse la nuit pour rassembler tes affaires et aller où bon te semble mais loin d’ici. Tu ne fais plus partie de ce foyer.

-          Mais enfin, calme toi, ne précipite pas les choses… je...

-          Je ne précipite rien, cela fait trois ans !

-          Mais, nous sommes mariés, je…

-          Justement à ce propos, je suis allée voir mon avocat aujourd’hui, il m’a remis ces papiers, tu dois les signer et me les ramener. Dit-elle en lui tendant une enveloppe pleine de documents.

-          Ça te prend comme ça ! On divorce ! Pas de signe avant-coureur, un soir alors que je suis crevé et que je rentre du boulot, tu me tombes dessus et m’accuses de tout un tas de truc et pour finir tu me tends des papiers de divorce ! Mais tu sais dans mon travail avant d’accuser quelqu’un, il faut des preuves ! Et depuis quand tu as un avocat toi !

-          Tu veux des preuves ? Prends les albums photos et constate à quel point tu n’es sur aucune photo ! Aucune ! Pas d’anniversaire ! Pas de noël ! Pas de nouvel an ! Ni fête des pères, ni fête des mères ! Pas d’anniversaire de mariage ! Rien ! Tu es absent de nos vies, tu as fait ce choix ? Eh bien, très bien continue dans cette direction et dégage de chez moi ! Tu oses me demander depuis quand j’ai un avocat ? Tu ne te rappelles donc plus ? Il y a deux ans je me suis faite agressé, j’ai porté plainte, j’ai donc eu besoin d’un avocat !

-          Comment ! Mais pourquoi personne ne m’a rien dit ? Je suis de la police, ils auraient pu venir me voir, me prévenir…

-          Oh, mais ils t’ont prévenu, tu leur as répondu que tu irais me voir après avoir fini ce que tu avais commencé, mais tu as surement dû oublié, comme ta famille, entre deux enquêtes tu as surement oublié que tu en avais une ! Et ne viens pas me dire qu’il n’y a pas eu de signes avant-coureur, tout ton commissariat est plus au courant que toi de ce qu’il se passe dans notre famille ! Il y a eu les signes mais tu n’étais pas là, ou alors trop absorbé par ton enquête pour t’en rendre compte ! Alors, je te le dis maintenant et ce n’est pas une décision que j’ai prise à la légère, nous divorçons.

 

Le visage de l’homme se décomposa, il alla dans sa chambre, en ressortit quelques minutes plus tard avec une valise au bout de chaque bras. Il les posa dans l’entrée et alla voir une dernière fois ses enfants avant de quitter la maison pour de bon avec les papiers du divorce coincé sous le bras. Après son départ, la femme ne put retenir ses larmes et elle s’effondra au pied de la porte d’entrée.

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