Axel de retour chez sa mère

4 minutes de lecture

Sandy contacta Valentine ; elle était inquiète par rapport à Marcelle. Elles se croisèrent en fin de journée, dans la boutique de cette dernière.

— Valentine, il faudrait que tu ailles voir Marcelle, elle ne me semble pas bien depuis qu’elle a repris Axel chez elle, je la trouve soucieuse, mais elle refuse de me dire ce qu’il se passe. Tu en sais plus, toi ?

Valentine soupira,

— Oui, je crois que je sais ce qui la travaille.

Comme Valentine ne semblait pas vouloir en dire plus, elle tenta,

— Et ? C’est quoi qui la travaille ? Enfin, si tu peux le dire…

Valentine eut un demi-sourire puis lui dit,

— Axel voudrait reprendre contact avec son père.

Ebahie, Sandy lâcha,

— Ah ! Et pourquoi ? Qu’est-ce qu’il lui prend tout d’un coup ?

— Je crois qu’il tente de mettre un peu d’ordre dans sa vie. Il n’est pas bien, je crois qu’il remet beaucoup de choses en question dans sa vie pour le moment.

— C’est peut-être une bonne chose, non ?

— Oui, ça l’est, mais il va passer de sales moments, il va devoir faire face à ses démons et à la réalité.

Songeuse, Sandy s’enquit,

— Tu l’as déjà revu depuis qu’il a réaménagé chez Marcelle ? Ça me fait bizarre de le revoir là-bas …

— Oui, nous nous revoyons régulièrement, à peu près toutes les deux semaines, c’est comme ça que je sais qu’il veut revoir son père.

— Et, dans quel but ? Tu le sais ? Quand je t’entends, je me rends compte que je n’ai jamais eu de conversation aussi « intimes » avec lui. C’est dingue, je ne connais de lui que ce que d’autres m’en ont dit…

Sandy lui apparut dépitée ; Valentine lui expliqua les motivations d’Axel en lui relatant l’une des conversations qu’elle avait eues avec lui.

— Tu sais Val, c’est chouette qu’on puisse parler de nous en analysant ce qu’il s’est passé, je crois que ça me fait du bien.

— Écoute, tant mieux, mais, est-ce que tu te sens bien depuis que tu es de retour chez ta mère ? Est-ce que ça se passe correctement avec ta mère et François ?

— Oui, ça se passe bien… Mais je vois bien que ma mère est soucieuse pour moi… Et c’est vrai que ça commence à me peser.

— Comme lorsque nous nous sommes rencontrés.

— Oui, l’impression qu’elle veut tout le temps savoir comment je vais…

— Elle est ta mère, elle s’inquiète pour toi Axel.

Il respira profondément puis souffla,

— Je sais, mais j’ai l’impression qu’elle me couve ! Je n’ai plus douze ans, merde !

Elle fronça les sourcils et lui dit, après avoir levé les yeux au ciel,

— Oui, mais… Axel, tu te laisses un peu vivre aussi, tu ne te comportes pas non plus comme un adulte responsable ; même les courses, tu ne les fais pas spontanément.

Elle fit une pause puis lui dit en lui souriant,

— Donc oui, tu te comportes comme un gamin de douze ans, alors, ne t’étonne pas hein !

Il rigola puis lui dit, un peu boudeur,

— Oui, c’est vrai…

— Effectivement, c’est confortable comme situation ; se faire servir pour les repas, la lessive… Mais assume les conséquences alors !

Il garda le silence en regardant le sol puis lui dit, sans la regarder, le regard perdu dans ses souvenirs,

— Je voudrais savoir Val…

Elle fronça les sourcils. Elle espérait qu’il ne reviendrait pas sur leur relation, ils en avaient rediscuté longuement, elle se dit qu’il avait peut-être enfin compris… Elle lui demanda,

— Savoir quoi Axel ?

— Savoir pourquoi ça s’est passé comme ça.

— Comme ça quoi ?

— Avec mon père.

Valentine respira, il parlait d’autre chose… Il parlait enfin de son père.

Il tourna son visage vers Valentine assise à côté de lui et lui dit,

— Je voudrais comprendre pourquoi il ne m’a pas laissé avec maman, pourquoi il m’a trimballé à droite et à gauche pendant des années.

Valentine le laissa parler, il vidait enfin son sac.

— Avec le recul, je crois que ça se serait mieux passé si j’étais resté chez maman, ça n’aurait pas clashé avec Vanessa parce qu’elle aurait été ma grande sœur, on se serait sûrement mieux entendu. Et puis, maman m’aurait surement mieux élevé, j’en suis sûr. Tu sais, le respect des autres, tout ça… Toutes ces choses qui ont fait que ça a cassé entre nous.

Valentine soupira silencieusement et pensa, arrête de rapporter cela à notre aventure, s’il te plaît ! Un peu agacée, elle lui répondit,

— Oui, l’absence de respect fut l’un des critères de notre rupture, mais pas le seul.

— Je sais Val, mais je voudrais comprendre pourquoi je suis devenu comme ça. Tu sais, j’ai des souvenirs, petit, avec la maitresse d’école en tout début de primaire, je l’adorais et j’étais super gentil, poli et tout, tu vois. Quand je suis revenu chez maman, cette même instit m’a croisée et est venue vers moi avec l’image qu’elle avait de moi six ans auparavant… Et je l’ai choquée ; je lui ai sorti des remarques très vulgaires du style « t’es bonne toi » et d’autres choses du même ordre… J’avais douze ans, Val.

Valentine fit de grands yeux, elle ne savait pas s’il avait déjà parlé de ça à quelqu’un d’autre ; quelques larmes coulaient sur ses joues alors qu’il continuait à parler.

— Je suis un sale type Val, je ne respecte rien…

Il se prit la tête dans les mains pour masquer le sanglot qui le secoua puis il souffla,

— C’est mon père le responsable, c’est lui qui m’a montré l’exemple.

Elle ferma les yeux ; oui, il le comprenait enfin…

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Vous aimez lire Dolhel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0