Préparation des vacances

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Pour l’été, Valentine proposa à une partie de son entourage de prendre des vacances ensemble, en famille, durant le mois d’août.

Une villa fut louée dans les Ardennes, quatre belles et grandes chambres, une piscine naturelle et toutes les installations nécessaires pour le confort de chacun. Marianne avait tout organisé en moins d’un mois dès que Valentine lui avait donné le feu vert.

Sur la période de trois semaines de location, les protagonistes devaient arriver un peu en décalé ; les parents de Françoise ouvraient la période en ne restant qu’une semaine et demi, Marianne devait arriver fin de la première semaine et resterait jusqu’à la fin de la location. Françoise et Grégory ainsi que Valentine et Sébastien arriveraient au compte-gouttes, durant la première semaine.

Marcelle et François avaient prévu de passer quelques jours et dormiraient dans la chambre de Marianne qui contenait un divan lit en plus du lit prévu pour elle. Annie avait, elle aussi, répondu oui à l’invitation de Marianne lorsque cette dernière lui avait proposé de passer quelques jours avec eux ; elle allait prendre le relais des parents de Françoise.

De cette façon, Marianne avait réussi à concocter pour chacun des vacances à prix plancher.

— Ta mère est géniale, elle devrait se recycler en organisatrice de voyages !

— Elle a toujours été comme ça, elle organise tout de A à Z.

— Oui, je me souviens, pour le mariage, tout était réglé comme du papier à musique. Personnellement, j’ai trouvé cela reposant… Pour nous.

— C’est vrai que c’était bien pour nous, mais elle ne l’a pas toujours fait de gaieté de cœur, tu sais, Val.

— C'est-à-dire ?

Soucieuse, Valentine fronça les sourcils. Sébastien lui expliqua,

— Quand mon père nous a laissés seuls, ma mère et moi, elle a dû se retourner et trouver de quoi subvenir à nos besoins. Tu sais, j’avais quatorze ans, je ne me rendais pas bien compte de tout cela à ce moment-là. Elle avait arrêté de travailler après ma naissance parce que mon père estimait que sa place était à la maison, à m’élever.

Valentine eut un sourire, et glissa, un peu en boutade,

— Quoi ? Ta mère obligée d’être mère au foyer ?

— Oui, à l’époque, elle était subjuguée par mon père… Il était son époux, elle lui obéissait.

— Mais, ils se sont séparés lorsque tu avais quatorze ans, c’est ça, il l’a plaquée… Et t’as plaqué pour une autre, c’est ça ?

— Oui, exact… Mais bon, ils ne s’entendaient déjà plus depuis deux, trois ans déjà… Je le sentais bien, je suis sûr qu’il était déjà avec Jeanine à ce moment-là.

— Tu as vu des choses ?

— Pas vraiment, j’entendais parfois leurs disputes. Mais bon, tout cela pour te dire qu’elle a dû apprendre à gérer de maigres revenus pour que nous puissions vivre, elle et moi, tout en ayant quand même un peu de plaisir, elle a toujours réussi à trouver des bons plans pour les vacances… Toujours en restant en Belgique, mais la plupart du temps, de chouettes endroits.

— Mais ici, c’est la grande classe la villa qu’elle a dénichée !

— Oui, mais dix personnes adultes interviennent financièrement, ça donne plus de possibilités !

Il lui sourit, son regard partit alors dans ses souvenirs.

— Je me souviens, dans le même genre, une année, quand j’étais plus jeune, on est partis comme ça avec ma tante Marcelle, Vanessa et Axel… Qu’est-ce qu’on s’était amusés entre cousins !

Elle lui caressa le bras qu’il avait posé sur son épaule.

— J’imagine…

Il la regarda et précisa,

— Mais cette fois-ci, ce sera sans mon cousin… Pour le bonheur et la quiétude de chacun.

— Oui, je crois que cela vaut mieux…

— Il sait que nous partons tous ensemble, mais il m’a dit clairement qu’il ne désirait pas se joindre à nous… Avant même de savoir si je comptais lui proposer quoi que ce soit.

Valentine pouffa,

— T’imagines s’il avait voulu venir ? Nous nous serions étripés là-bas, je crois !

— De toute façon, je n’avais nulle intention de l’inviter.

Valentine se leva et ramena sur la table du salon les petits gâteaux à la cannelle qu’elle avait laissés refroidir après les avoir sortis du four.

— Tiens, au fait, tu n’as toujours aucune nouvelle de ton père ?

— De mon père ? Non… Pourquoi ?

— Eh bien, il n’a toujours pas vu sa petite-fille… Elle a six mois demain.

— C’est vrai, mais cela ne m’étonne aucunement de sa part, il n’a jamais eu grand-chose à faire des enfants… Y compris ses propres enfants.

— Oui, tu me l’as déjà expliqué. Et puis, la seule fois où je l’ai croisé… L’espace d’un quart d’heure, j’ai bien vu qu’à part lui-même, peu de choses l’intéressaient ; j’étais enceinte jusqu’aux yeux, mais tout ce qui le préoccupait était de bien claironner à qui voulait l’entendre qu’il allait se remarier pour la troisième fois… Je me souviens de la tête de Marianne, je crois qu’elle lui en veut encore, tu sais.

— Je le crois aussi, c’est sa façon d’être qui lui reste sur l’estomac.

— C’est vrai qu’il semble un peu invivable aussi…

Elle rigola en lançant ça… Sachant quand même qu’elle parlait de son père à lui. Il rigola en confirmant,

— Il est parfaitement invivable, Val ! Il ne l’est pas qu’un peu !

Valentine fondit sur lui et lui dit,

— Heureusement que tu ne tiens pas de lui Seb ! Tiens, goûte-moi ces gâteaux, tu me diras ce que tu en penses, comme ça, s’il fait moche en août dans les Ardennes, j’en ferai sur place !

La bouche encore remplie, il lui dit,

— Tu peux en faire même s’il fait beau… Moi, je les mangerai !

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