Chapitre 1 - Une société surhumaine

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Dans les rues éclairées de Musutafu, si vous étiez présent, vous entendriez les passants, leurs éclats de rire et de voix, leurs pas. Mais à travers ces sons, si vous tendiez l'oreille, vous entendriez une sorte de complainte.

À travers les rues sombres de Musutafu, allongé sur le sol derrière une poubelle, un jeune homme avait le sommeil agité.

Des cheveux courts et bruns sur un tête au visage fin, aucun signe distinctif mis à part son grain de beauté sur la joue gauche. Le jeune homme était habillé dans des vêtements soit trop grands, soit trop serrés. La plupart d'entre eux étaient troués, voire déchirés. Ses chaussures usées jusqu'au cuir, toute la saleté qui le recouvrait aurait pu le faire passer pour un sans-abri.

Mais si vous aviez pu plonger dans sa tête, ce que vous auriez pu découvrir aurait dépassé votre entendement...

* * *

La Tour Éternelle commençait à se craqueler de part. La puissance des deux Vérités, celle du Pouvoir et celle de la Connaissance, s'entrechoquaient dans un festival fantasmagorique d'énergies et de lumières, aux couleurs invisibles de l'œil humain.

Au sommet, Yannis fut projeté en arrière par la dernière attaque de son ennemi... et de son ami. Tout son bras droit avait été calciné, et cela prendrait du temps avant qu'il puisse utiliser son Phasage pour se régénérer.

- Tu as fini ? grinça-t-il

De la fumée se dessina une silhouette, et Ugo apparut. Il avait troqué sa barbe fournie pour un bouc caractéristique des généraux de l'Empire Epistimal, son armure, rutilante autrefois, n'était plus que plaques tordues et ternies. Du sang coulait abondamment de son front, tandis qu'il rétorqua avec ardeur :

- Voilà où ça nous mène ! (Ugo désigna la ville d'Eternas qui brûlait, sous les feux nourris des vaisseaux de l'Empire et ceux de Néo-Mourn) Tu aurais pu éviter tout cela si tu ne tenais pas autant au pouvoir !

- C'est l'hôpital qui se fout de la charité, ricana Yannis avant de tousser du sang. Toi qui abhorres la magie, tu l'utilises à des fins personnelles, juste pour te venger d'un acte qui ne trouve nul coupable !

- Maty ne méritait pas ça, hurla Ugo en abaissant sa gatling. C'est moi qui aurais dû me sacrifier...

- Qu'est-ce qui t'en empêche ? ironisa Yannis en tentant de rassembler les derniers kìrrosì restants. Il devait faire vite ; si Ugo devinait son plan...

Ce dernier le regarda avec un air perdu, avant de se tourner vers la ville. Même d'en haut, on entendait les cris des habitants qui brûlaient à cause d'un conflit qui ne les concernait pas. Puis, le général, détenteur de la Vérité, se tourna vers son ancien ami, et lui tendit la main :

- Je ne veux pas te combattre ; s'il-te-plaît, abandonne cet idéal magique et faisons en sorte que la Ferroul Squad renaisse de ses cendres.

- LA FERME ! beugla le magicien brun en s'appuyant sur le Sceptre du Pouvoir. Tu as décidé de ne pas me suivre, ça m'était bien égal, mais... (Yannis sentit son cœur se serrer quand ce souvenir refit surface) Tu l'as TUÉ !

Le visage d'Ugo se décomposa, avant qu'il reprenne la parole avec une voix fêlée :

- J'ai fais ce qui était nécessaire ; comprends moi, ce monstre allait tous nous...

- RAAAAAAH !

Toute la rage accumulée ces cinq dernières années emportèrent Yannis dans un élan fougueux, tandis que toute la magie de l'endroit se rassemblait dans son bâton en vue de l'assaut final. Ugo cria également, mais il semblait libérer non pas sa colère, mais une douleur enfouie.

Le choc ébranla le tissu même de la réalité, balayant les vaisseaux et la ville d'Eternas. La Tour fut engloutie par une lumière jaillissant de son sommet, qui finit par engloutir le monde entier...

...hé...

...Hé...

* * *

- Hé ! Bouge ton sale derche de là !

Yannis sentit qu'on lui donnait des coups de pied. Était-ce à cause qu'il s'était réveillé ? Ou bien était-ce à cause de la fin de son rêve violent ? Il l'ignorait... Cependant, il osa ouvrir les yeux : face à lui, deux personnes possédant des Alters de mutation le dévisageaient avec un air mauvais. Le premier avait son propre squelette qui recouvrait sa peau, lui donnant un air de draugr, et le second avait un mâchoire semblable à celle d'une baleine. Squelette était baraqué, et son comparse faisait danser entre ses doigts un couteau.

- T'as pas pigé, pauv'chiure ? cracha Dents-de-Baleine. Dégage !

Il ne voulait pas s'attirer d'ennuis, alors Yannis obéit sans broncher. Mais sa triste mine et ses manières de soumis ne furent pas au goût des deux voyous, et le plus fort agrippa fermement l'épaule du sans-abri, un air patibulaire collé au visage.

- J'aime pas ta face, je l'ai jamais vu dans le coin... T'es nouveau ?

-...

- Ton silence me l'indique, t'es pas au courant des lois qui règnent ici ?

- Tu nous dois la taxe, ricana Dents-de-Baleine. Sinon tu vas devoir partir illico macias !

-...Combien je vous dois ?

Les deux bandits se dévisagèrent avec un air étonné sous le regard ennuyé de Yannis ; manifestement, les "lois" étaient inventées de toutes pièces afin d'effrayer et de duper les faibles. Plutôt rusé, mais peu efficace face à lui... "Osseux" se racla la gorge et tendit sa main avec fierté :

- Tu nous dois 3000 ¥. Aboule le fric si tu ne veux pas qu'il t'arrive des bricoles...

Un vocabulaire enchanté pour un petit chef de rue pareil... pensa Yannis avec amusement, avant de fouiller dans sa poche et de sortir la somme convenue, sous les deux regards médusés des possesseurs d'Alters. Il les fourra dans la main d'Osseux.

- Voilà. J'espère que la place n'est pas pay...

- En voilà un bon gros pigeon...

Yannis se retourna subitement : derrière lui se trouvait une masse rocheuse humanoïde haute d'au moins mètres. Un vilain... Il se tendit, mais comme d'habitude, son Alter ne répondit pas à sa volonté. La peur de se faire écraser étira l'instant.

Voilà depuis 7 mois qu'il était arrivé dans ce monde. Apparemment, la majorité de la population mondiale possédait des super-pouvoirs, nommés "Alters". Ces derniers ne fonctionnant pas avec de la magie, Yannis avait tenté d'utiliser la sienne, mais sans succès : il n'avait plus eu depuis accès à ses pouvoirs. Même ceux d'Outsider. Alors qu'il avait marché de manière hasardeuse dans les rues de Musufatu, il avait failli être écrasé par une voiture, pour miraculeusement se retrouver sur un toit. Il en avait donc conclut que cela avait été l'action de son Alter. Mais depuis ce jour, ça ne s'était pas reproduit.

Devant ce vilain, il aurait donné son foie et son rein pour pouvoir s'échapper de la même manière, mais on aurait dit que son Alter boudait. La poisse !

- Ah, Berek... (Dents-de-Baleine s'adressa à cette chose avec déférence) On savait pas que tu étais dans le coin... Ta langue va mieux ?

- Content que tu me le demandes, rit la masse rocailleuse en reproduisant le son de pierres qui s'entrechoquent. Je me suis jamais senti aussi bien... Tellement bien que j'ai de nouveau FAIM...

Visiblement, les deux lascars étaient au courant à propos de cette "faim", car ils n'avaient pas l'air ravis. Yannis fronça des sourcils : il avait toutes ses chances de fuir, puisque la créature semblait plus attirée par ses deux agresseurs que par le potentiel contenu de ses poches. Il s'écarta donc discrètement et commença prudemment à marcher dans la direction opposée.

- Dites-moi, les gars... Je me demande toujours si vous êtes assez utiles pour que je vous laisse en vie ? Ou alors c'est que je suis trop bon, ha Ha HA !

- Ouais, hé hé...

La voix fêlée d'Osseux parvint à ses oreilles, et une curieuse sensation envahit Yannis. Quelque chose qu'il n'avait pas ressentit depuis fort longtemps, comme un appel. Ces gens-là étaient des sales voleurs, mais... Se faire dévorer vivant est-il un sort enviable pour qui que ce soit, en fin de compte ?

- Eh, Berek, pourquoi tu m'attrapes par la... Berek, attends une seconde, je... Je peux encore t'être utile !

- Tu seras utile à mon estomac, c'est déjà pas mal...

De toute façon, ça ne servirait à rien ; il n'aurait aucune ouverture, et jamais il ne trouverait le temps de les faire s'enfuir, le vilain prenait toute la largeur de l'allée ! Et puis il se mettrait en colère, ce qui attirerait la police...

- À taaaable !

- NOOOON !!! hurlèrent Osseux et Dents-de-Baleine à l'unisson.

- Eh !

Le vilain s'arrêta dans son acte, pour regarder un pauvre gars qui se tenait juste devant lui. C'était le gamin d'à l'instant qui s'était fait racketté par ses deux sous-fifres périmés... D'un rire amusé, le vilain se pencha vers le petit visage de l'effronté :

- Tiens, tiens... On dirait que quelqu'un d'autre est venu valider son ticket ? C'est bien ! Mon estomac crie famine...

- Relâche-le tout de suite.

- Qu... ah aH... AHAHAHAH !

Berek partit dans un fou rire, au point où il lâcha sa proie. Quelle blague ! Il était clair que ce gamin n'avait pas un Alter impressionnant, voire rien du tout, et il se la jouait héroïque ? Un sans-abris sauvant ceux qui le mettent en difficulté ? Il s'arrêta de rire, puis plongea ses yeux de cristal dans les siens, lui offrant son regard le plus effrayant.

- Haaa... Il semblerait que tu n'ai pas saisi dans quelle situation tu t'es fourré, donc laisse moi t'expliquer : (le vilain écarta ses bras) Tu te trouves dans la zone de Berek le Roc Invincible ! Chaque personne qui passe dans le parc public à côté me prend pour un rocher, mais durant les heures creuses la nuit, je me réveille et va à la chasse !

Il prit délicatement le petit bonhomme comme si c'était une friandise.

- Dis moi... Est-ce que tu as peur ?

Soudain, Berek sentit une drôle de sensation, comme une... pression ? C'était son Alter ? Cette dernière s'accentua, jusqu'au point où il se rendit compte que ça n'était pas le cas.

Un regard.

Il eut suffit d'un regard pour que Berek lâche Yannis avec effroi. L'aura du magicien était si forte que la vision du vilain se déforma sous la terreur, et il recula. Ses yeux... Ils étaient pétris de violence, de répugnance, mais ils avaient l'air également de savoir... Il ne savait pas quoi, et ne voulait pas le deviner.

- T'es...T'es qui ? Un héros ? Dis ! T'es un héros, c'est ça ?

Yannis soupira ; il le sentait au fond de lui. Son Alter. En fait, il n'avait pas voulu faire le rapprochement, car pour lui si il n'y avait pas de magie en ce monde, les règles étaient différentes. Mais c'était la même chose, en fait.

Il leva la main vers Berek le Roc, qui sursauta. Soudain, sa paume commença à luire, de plus en plus fort.

- Je suis le Mage.

Un rayon de pure lumière jaillit de sa paume ouverte, illuminant la rue pour frapper de plein fouet le vilain qui hurla jusqu'à qu son cri s'étouffe dans le son strident de l'énergie libérée. Au bout d'une seconde et demi, la lumière disparut, et il ne restait plus qu'un tas de cendres fulminantes sur le sol. Heureusement, le vilain n'avait perdu qu'une petite partie de sa corpulence, et s'était enfui depuis peu. Mais quelque chose n'allait pas...

Yannis se sentait mal, comme si il avait bu sept shots de vodka d'affilée. Comme si on l'avait vidé de sa substance... Il regarda sa main ; elles ne luisaient plus.

- Tu ne peux plus utiliser ton Alter. Rends-toi sans faire d'histoires.

Quand il entendit cette voix, il vit les deux lourdauds s'enfuir en criant comme des chèvres. Yannis se retourna, pour voir un type en tenue noire, avec un ruban blanc autour des épaules, et une paire de lunettes jaunes striées qui couvraient partiellement ses yeux.

- Vous êtes un... héros ? demanda Yannis avec une voix pâteuse.

Mais celui-ci réagit en un quart de tour, envoyant son ruban qui semblait se mouvoir de lui même enrouler les chevilles du magicien pour le faire tomber sur le sol. Le choc, en plus de la perte de sa combativité, le fit tomber dans les pommes. Pathétique... Un mage de mon acabit...

* * *

-...étrange...petit orteil...

-...sans alter ?...blague...

Yannis entrouvrit les yeux, pour les refermer aussitôt ; une lumière l'aveuglait et il n'arrivait pas entendre correctement les sons autour de lui, bien qu'il ait reconnu deux vois différentes, dont celle du type au ruban. L'autre ? On aurait dit celle d'une jeune femme, mais c'était peut-être son cerveau ravagé qui avait extrapolé des choses idiotes. Des bourdonnements incessants, au coin de son oreille, l'empêchaient de se focaliser sur ces voix.

Il décida d'ouvrir les yeux pour s'habituer à la lumière. Quand ses cristallins furent accommodés, il put distinguer la pièce dans laquelle il se trouvait.

C'était une petite salle d'interrogatoire des plus classiques. Murs gris, miroir sans teint, caméra et haut-parleur, et Yannis était attaché à une chaise. Ses mains dans une espèce de gangue de fer, sûrement pour neutraliser son Alter. Seulement, il ne se sentait plus affaibli comme l'autrefois, donc soit c'était parce que son Alter s'était "rechargé", ou alors c'était une cause extérieure qui avait éteint son Alter...

Il regarda autour de lui, et vit bien évidemment le type au ruban, ainsi qu'une jeune femme à l'allure de squale, mais de manière légère. C'était donc un Alter de mutation et non de transformation. Quand à l'autre type, il le regarda d'un air ennuyé avant de dire :

- Il est réveillé.

- Oh ! (La femme requin sursauta et observa Yannis avec un air curieux) C'est bizarre... T'as vu Eraserhead ?

- Quoi ?

- Elle se demande pourquoi je suis en train de sourire, devina le magicien en haussant ses épaules.

- AH ! M...Mais comment t'as su ça, toi ?

- Laisse tomber, Squalia (le dénommé Eraserhead prit place en face de Yannis, avant de croiser ses mains sur la table, le dévisageant) Tu sais pourquoi tu es là ?

- J'imagine que ça a un rapport avec hier soir... (soudain, il ressentit comme un élan) Ils vont bien ?

- Qui ça ? s'étonna Eraserhead.

- Osseux et Dents-de-Baleine...

- Osseux et Dents-de... Ah ! (Eraserhead grimaça... sourit ?) Tu veux parler des deux complices de Berek ? Ils vont bien, apparemment grâce à toi selon leurs dires. Mais là n'est pas la question.

Il fit un signe de tête à Squalia, qui s'empressa de lui donner une chemise pleine à craquer. Eraserhead l'ouvrit, et commença à piocher ça et là des documents officiels, des rapports et d'autres papiers administratifs.

- On a cherché partout : identité, domaine médical, scolaire, lieu de travail possible... On a épluché pas mal de dossiers, mais on s'est vite rendu compte d'une chose : il n'y avait rien sur toi. Pas le moindre retrait d'argent, pas de famille. Pas d'informations tout court.

Il plaça ses coudes sur la table, ses mains croisées devant son visage. Son regard avait l'air aussi sérieux qu'un Axolot devant un plancton. À tel point que Yannis se désintéressa de la mouche qui bourdonnait auparavant à son oreille.

- C'est que je suis nouveau en ville, répliqua Yannis avec un air innocent.

- Nouveau ? (Squalia avait l'air de vouloir intervenir, au grand dam d'Eraserhead) Es-tu idiot au point de ne pas te rendre compte qu'aucune personne dans ta situation aurait eut l'occasion d'entreprendre un voyage jusqu'à Musutafu sans se faire repérer par les forces de l'ordre ?

- Je ne pense pas qu'il ait voyagé par des voies habituelles, intervint une autre voix d'homme, cette fois à travers le haut-parleur.

- Tu penses à quoi ? répondit le héros au ruban en se tournant vers le miroir.

- Il doit sûrement sa venue à un Alter de téléportation, ou de créations de portails. En tout cas, notre invité ci-présent y est soit pour quelque chose...

-...soit c'est une victime, compléta avec tristesse Squalia.

Une victime, moi ? pensa Yannis avec amusement, en se remémorant ses débuts sur Mourn aux côtés de ses amis, lorsqu'il commençait à peine à se servir de sa magie. J'imagine que j'ai ça dans le sang...

- Je veux un avocat, lança-t-il à Eraserhead, qui lui répondit par une mine désabusée.

- Tu n'en as pas vraiment besoin, expliqua-t-il en remballant les feuilles dans la chemise. Tu es manifestement mineur, et nous ne pouvons joindre tes parents, ce qui fait que tu es sous notre responsabilité.

J'ai 3277 ans et des poussières, soupira le magicien dans son espace mental, avant de commencer une partie de golf avec une autre image de lui-même, tout en s'enquérant :

- Vous allez me garder ici pendant combien de temps ?

- Assez pour que tu répondes à toutes nos questions, et jusqu'à qu'on te trouve un foyer d'accueil en attendant ta majorité. Tu as quel âge, au fait ?

- 18 ans, mentit Yannis en espérant qu'il le mette en prison ; il ne souhaitait pas rester ici. Je suis malheureusement majeur.

- La majorité est effectivement passée à 18 ans, mais seulement pour les droits électoraux. Il te faudra attendre 2 ans avant que tu puisses te considérer comme tel, répliqua avec amusement la voix dans le haut-parleur.

Yannis grogna, avant d'agiter ses doigts pour éviter qu'ils ne s'engourdissent. Soudain, Eraserhead s'approcha de lui, une clé magnétique à la main, et déverrouilla ses menottes. Le prisonnier en sursis frotta ses doigts avec délice pour refaire circuler le sang le plus précieux du Multivers.

- Et ne t'avise pas d'utiliser ton Alter, le menaça le héros.

- Je sais pas comment on fait.

Pour une fois, Yannis fut vraiment honnête.

- Simple question pour commencer : quel est votre prénom ?

Sachant qu'il devait cacher son identité pour éviter les paradoxes métaxiaux, Yannis sortit ce patronyme qu'il n'avait pas utilisé depuis déjà deux siècles :

- Hencherick. Synnaï Hencherick.

* * *

Quelque part dans le sud de Musutafu, dans un bar miteux.

Shigaraki Tomura, tout en regardant l'écran de télévision, se grattait le cou, comme à son habitude ; le stress le démangeait et Sensei ne l'avait toujours pas rappelé. Derrière le comptoir, Black Mist essuyait quelques verres trop propres pour avoir été utilisés.

La presse parlait d'une attaque entre deux vilains : Berek le Roc, un caïd assez craint dans ce côté de la ville, et un inconnu possédant un puissant pouvoir de nature Activation. Apparemment, l'altercation s'était déroulée après les heures de pointes, tard dans la soirée, dans une ruelle peu fréquentable. L'affrontement avait débouché sur la fuite du Roc, et sur la capture de ce mystérieux vilain.

- Tu es sûr que c'est le type que tu cherches ? grinça Shigaraki en se tournant vers son invité.

Le type en question avait l'air assez mûr, mais c'était un jeunot pour sûr. Il avait le visage buriné, et quelques cicatrices tranchaient ses traits durs et tirés, comme si il était un soldat qui avait combattu très, très longtemps. Et un autre signe distinctif peu commun chez les japonais d'ici : il portait un bouc très fin et bien taillé.

Après un instant de réflexion, il finit par prendre la parole. Sa voix, ou plutôt son ton... ressemblait étrangement à celui de Sensei.

- Je suis persuadé que c'est bien cet homme.

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