7/ Chevauchée

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 Il ne faut pas longtemps à Fitz pour s’accommoder de cette curieuse situation. Il ordonne que l’on monte une expédition vers les pics de Palra’Tai dans les plus bref délais. Il veut savoir ce qu’il se passe là-bas. L’expédition est constituée d'eux cinq, qui se conaissent bien maintenant. Markal, Fitz en personne, Carseb, Thanis et Vrael qui se porte tout de suite volontaire. Elle est heureuse de pouvoir sortir se confronter au monde réel plutôt que de rester à La Guilde.

 Les cinq compagnons se retrouvent donc en route vers la plus haute chaîne de montagne de l’empire.

 Vrael en tête, chevauche Murzond, un destrier tacheté, grande nouveauté pour elle. En effet, elle avait déjà pour habitude de monter mais cet animal n’est pas un simple cheval. A La Guilde, elle a profité des enseignements de Fitz, qui lui a appris certaines choses. Les cœurs suffisamment purs et droits, lui avait-il expliqué, peuvent utiliser une certaine forme de magie : La magie divine. Elle le savait déjà, c’est grâce à cela qu’elle peut détecter les êtres maléfiques. Fitz lui avait enseigné un autre pouvoir qu’elle maîtrise maintenant.

 En se concentrant un cours instant, elle peut appeler un destrier qui arrive directement du plan Céleste. Elle avait déjà entendu parler de ce pouvoir mais ne l’avait jamais vu en exécution et ne l’avait encore moins déjà pratiqué. Mais maintenant que c’est chose faite, elle peut appeler Philippe qui la rejoint dans le monde matériel pour la servir. Elle se sent bien avec ce nouveau compagnon animal. Elle aime le chevaucher et sentir sa présence. Leur lien est fort, hors norme, elle peut communiquer avec sa monture par la pensée pour lui ordonner des choses simples. Avec un peu d’entraînement, lui avait-il expliqué , le lien se consolidera et Vrael ne fera plus qu’un avec sa monture.

 Elle est ravie de ce don qu'elle arrive à maîtriser et caracole en tête tandis que Fitz et Carseb conversent derrière elle. Markal ferme la marche. Le voyage jusqu’aux montagnes est long, très long. Environ un mois de chevauchée. Pour Vrael, c’est l’occasion d'en apprendre plus sur chacun d'entre eux. Le voyage se passe bien, d’un pas rapide au cas où quelqu’un serait en danger. Aucun signe alarmant sur la route ne vient néanmoins troubler la tranquillité de leur voyage. Le groupe se détend donc petit à petit. Un soir de la deuxième semaine, ils se retrouvent autour du feu que Markal a allumé plus tôt, pour la nuit. Carseb a ramené deux beaux lapins attrapés à mains nues, à qui il avait tordu les cous. Aucune trace sanglante ne venait souiller leur pelage. Vrael est impressionnée par la capacité de son ami à se mouvoir sans bruit à une vitesse incroyable.

 Il se retrouve donc autour du feu pendant que Carseb, un peu à l’écart, s’occupe de vider les lapins. La conversation est joyeuse.

 "Dès que Carseb aura fini de préparer le gibier, je les ferai rôtir à la broche, vous m’en direz des nouvelles ! dit Markal. Mon sergent m’a appris à les cuisiner de la sorte quand nous étions en campagne.

 Vrael saisit l’information au vol et continue prestement, curieuse d’en apprendre davantage sur le passé de son compagnon.

 - Tu as fait beaucoup de campagnes au cours de ta carrière militaire Markal ?

 - Trop à mon goût, j’en ai fait sept exactement. Toujours pour le même châtelain qui s’occupait en allant guerroyer à droite à gauche. Je suis né sur ses terres, je me devais de le servir, en plus l’armée me plaisait. J’y ai passé les plus belles années de ma vie, entouré de camarades, nous vivions ensemble, nous ripaillions ensemble, nous riions ensemble, nous souffrions ensembe, nous… combattions ensemble.

 Sa voix est plus faible sur ces derniers mots, il termine sa phrase dans un souffle. Vrael est absorbée par ses paroles, elle veut savoir la suite de son histoire, mais refuse de blesser son ami. Elle se lève et s’assied à côté de lui, elle pose une main sur son bras tandis qu’il s’affaire à tailler un pieux pour rôtir les lapins. Il s’arrête et lui lance un regard, un regard triste mêlé de regrets. Il se ressaisit devant les grands yeux bienveillants de Vrael et recommence à tailler son bâton.

 - Mais enfin c’est ainsi, ça ne sert à rien de s’appesantir sur son passé ! reprit-il. J’ai perdu mon meilleur ami lors d’une campagne contre des gobelins. Fauché par une chaine cloutée, il a perdu ses deux jambes. Je l’ai retrouvé sur le champ de bataille peut avant la tombée de la nuit, sa deuxième moitié à quelques mètres de là. Il vivait encore, il est mort dans mes bras…

Carseb s’approche avec les lapins vidés, Markal s’en saisit et commence à les embrocher avant de les aromatiser avec du gros sel et des herbes trouvées autour du camp.

 - Toujours est-il que cet évènement m’a remué, continue-t-il. A la fin de la campagne, je désertais les rangs de mon régiment pour me lancer sur les routes. Je suis un hors la loi sur les terres du crac'hal... Mais j'avais vu suffisamment de sang et d’horreur pour une vie. Mon ami avait pour rêve de parcourir l’empire, je me sentais obligé de le faire au moins pour lui. Cela fait maintenant quatre ans que je suis sur les routes.

 - C’est une belle manière de respecter la mémoire de ton amie, dit Vrael, heureuse que leur compagnon se soit confié.

Maintenant, elle elle sait d’où lui viennent toutes ces connaissances du combat.

 - Et on peut savoir à quoi est-ce que tu t’employais sur les routes avant de rejoindre La Guilde ? Demande d’un ton moqueur Carseb. Je suis sûr que ça enchantera les oreilles de notre amie ici présente, très à cheval sur la justice et la droiture !

Il appuie ses propos par un large sourire vers Vrael qui ne le lui rend pas. Qu’est-ce que Carseb veut que Markal avoue ? C’est une bonne personne et ne porte pas la marque de mauvaises actions, est ce qu’elle aurait encore échoué à détecter une aura ?

 - Si tu veux tout savoir Carseb, je servais comme mercenaire à qui nécessitait mon aide. Contre monnaie sonnante et trébuchante, je faisais des petits boulots par ci par là. Mais jamais rien qui n’ait été illégal ou immorale, je cherche la bonne fortune et la richesse, mais je suis avant tout un homme de principe et faire du tort à autrui pour arriver à mes fins n’a jamais été dans mes habitudes. Mais parle nous de toi, mon ami, manifestement tu as la langue bien pendue ce soir !

 - Non ça ira merci sourit-il, je n’ai pas pour habitude de me livrer en public de la sorte.

 Même sous les encouragements de ses compagnons à raconter son histoire, Carseb refuse de se dévoiler. Les lapins cuisent et la soirée se passe bien, le groupe discute, plaisante et se détend. La soirée avance et bientôt la nuit devient complètement noire. Fitz décrète le coucher et chacun installe son matériel autour du feu qui éclaire encore bien les alentours. Tous retirent leur armure tandis que Carseb s’installe nonchalamment sur sa couche encore tout habillé. Il va tenir le premier tour de garde et entrer en stase les quatre heures qui lui sont nécessaire ensuite. Carseb peut observer à la lumière du feu cette fois, les étranges tatouages sur Vrael. Il lance, désinvolte :

 - Que sont ces curieux tatouages sur ton corps Vrael ?

 Elle qui n’est absolument pas pudique s’assied sur sa couche face à Carseb. Il commence à se demander s’il n’aurait pas mieux fait de se taire pour ne pas la mettre dans l’embarras. Tous ont tournés la tête vers elle suite à ses paroles. Elle se lève et exhibe ses marques :

 - Ces lignes sont une prière à Pelor, dit-elle en suivant l'inscription avec son index. Je me les suis faites tatouer pour qu’elle me rappelle à quoi et à qui je voue ma vie. Cette prière m’aide dans les moments difficiles et la réciter me permet de prendre du recul sur une situation et ainsi prendre de bonnes décisions. C’est un petit peu ma ligne de conduite en fin de compte. Et les deux tatouages dans mes mains j’ai déjà expliqué à Portuas ce qu’ils représentent. Il fallait être là dit-elle d’un air espiègle, appuyé d’un clin d’œil, que personne ne réussit à discerner excepté Carseb grâce aux facultés inhérentes à sa race.

 Sur ce, Vrael se rassied et se glisse sous sa couverture. Carseb remarque une fois de plus les deux marques sur ses omoplates mais n’ose pas demander en présence du reste du groupe, il se tait et prend le premier tour de garde pendant que tout le monde s’endort.

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