Danaïde Chapitre 6

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Tout ceci était irréel, j'allais forcément me réveiller. Je m'étais endormi dans les bras de Dana et bientôt, je me réveillerais en sursaut.

Mais la douleur était bien présente. Ses jeunes femmes martyrisaient mon corps, mes parties intimes.

Dana, sauve-moi, je t'en supplie. Viens me réveiller de ce cauchemar.

Je sentais ma raison me quitter et la douleur me faisait perdre connaissance. Mon corps n'avait plus de force, je partais dans les abimes.

Dana était au-dessus de moi, j'étais dans son lit. Elle caressait doucement mon visage.

- Tu vas bien, Marius ? Je suis désolé pour mes sœurs. Nous n'aurions pas dû venir ici.

- Comment ça, que s'est-il passé ?

- Tu ne te rappelles rien ?

- Je t'ai attaché au lit, nous avons fait l'amour et je me suis endormi. J'ai fait un rêve affreux et tu m'as réveillé.

- Ce n'était pas un rêve Marius, regarde toutes ses marques sur ton corps.

Mon dieu mon corps était couvert de griffes plus ou moins profondes, certaines saignaient encore.

- Mais tes sœurs sont cinglées ?!

- Ce ne sont pas vraiment mes sœurs.

- Comment ça, il y avait les jumelles, je les ai reconnues.

- Je t'ai menti Marius, à propos des jumelles et de toutes ses femmes qui vivent avec moi.

- Et j'ai le droit de comprendre ?

- J'aimerais te dire toute la vérité, mais j'ai peur de ta réaction.

- Au vu de ce que je viens de vivre, il me semble que je ne pourrais pas être plus choqué.

- Alors Voilà, je ne m'appelle pas Dana, mais Hypermnestre. J'étais la fille ainée de cinquante sœurs.

- À oui quand même.

- Laisse-moi finir, veux-tu. Mon père s'appelait Danaos et avait un frère qui s'appelait Egyptos. Il avait cinquante fils et nous obligea à tous les épouser. Mon père qui avait peur que son frère prenne le pouvoir de leurs deux peuples, nous ordonna à mes sœurs et moi de tuer nos époux. La nuit de nos noces, mon père nous donna cinquante dagues pour égorger nos cousins. Mes sœurs une à une tuèrent leurs maris, mais j'aimais Lyncée, mon époux et refusais de le tuer. Je l'ai aidé à s'enfuir. Mon père par vengeance me chassa dans les enfers avec mes sœurs. Il savait que ma plus grande punition serait de les voir souffrir. Nous avons été condamnées à remplir pour l'éternité un tonneau percé. Le temps a passé, cent ans, mille ans, trois mille ans, je ne sais pas, mais j'ai réussi à m'échapper. J'ai promis de libérer une à une mes sœurs. Quand je suis arrivée dans ce nouveau monde, où les hommes avaient oublié l'existence même de leurs dieux, je n'avais rien. Pour manger, j'ai dû accepter de vendre mon corps, qui était d'une grande beauté. L'homme qui marchandait mon âme, a voulu abuser de moi un soir. Je me suis débattue et alors qu'il était en moi, mes doigts se sont enfoncés dans son bas-ventre. Sans le savoir, je venais de lui voler sa virilité. Il n'est pas mort, mais il a perdu l'esprit. Neuf mois plus tard, je mettais au monde une enfant. Elle grandit très vite et au bout de trois ans, c'était déjà une femme. Elle ressemblait à la plus jeune de mes sœurs, jusqu'à la cicatrice que je lui avais faite en jouant quand nous étions petites. J'ai compris que c'était par ce moyen que je pourrais les libérer une à une. J'ai donc séduit des hommes et j'ai extrait mes sœurs de leur entrailles. Donc toutes les filles qui vivent avec moi son mes enfants et mes sœurs à la fois. Mais elles n'ont jamais vraiment été normales. Arrachées aux enfers, après plusieurs millénaires, elles sont incontrôlables et aiment la chair fraîche. Je ne m'attache jamais aux hommes que je choisis et j'essaye de les choisir méprisables, mais elles... Elles ont une soif insatiable de sexe et de sang et nous devons sans cesse déménager, à cause des hommes qu'elles agressent. Voilà, tu sais tout, je pense.

- Bon, je ne vais pas te cacher que j'ai l'impression que tu te fous de ma gueule. Et j'apprécie moyennement le " méprisables ".

- Je te rappelle que la première fois que je t'ai croisé, tu étais ivre, dans un bar de strip-teaseuse.

- Bon d'accord, je n'étais pas au mieux de ma forme. Mais ton histoire est un peu dure à croire quand même.

- Veux-tu des preuves ?

- Oui, je veux bien.

Dana me sortit des albums photos dont les plus anciennes étaient en noir et blanc, mais jaunies par les années. Elle avait beaucoup voyagé et c'était fait prendre en photo avec une petite fille devant la Tour Eiffel en construction ou encore sur le quai devant le Titanic. Mais elle avait aussi croisé un certain nombre de femmes célèbres, Marilyn Monroe, Brigitte Bardot ou encore Edith Piaf. À chacune de ses photos, elle était d'une éternelle jeunesse.

- J'ai autre chose à te montrer, mais j'ai peur qu'après tu aies peur de moi.

- Je ne te promets rien Dana, mais je vais faire de mon mieux.

Elle tendit ses mains devant moi et en les refermant pour me montrer ses doigts, je vis ses ongles s'allonger. Ils faisaient dix centimètres maintenant et étaient fins et pointus.

- C'est grâce à mes ongles que j'absorbe la virilité des hommes a qui je fais l'amour.

- Et dire que tu as voulu ma virilité.

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