Le Plan d'Archibald

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Fizran se faufilait silencieusement dans les rues désertes, il s'arrêta soudain pour observer les alentours, reprit sa route et s'arrêta à nouveau...

Où étaient donc passé ces fichus cavaliers ?

C'est alors qu'il aperçut de la lumière provenant d'une riche maison patricienne : un palefrenier faisait des aller-retours vers l'écurie attenante... aucun doute, c'était là que ces cavaliers se rendaient. Fizran était certain qu'ils ne faisaient pas partie d'une patrouille, ils étaient donc en mission. Et il y avait de fortes chances pour que la mission de ces six cavaliers soit précisément de contrecarrer la sienne...

Affronter plusieurs adversaires, y compris des guerriers expérimentés, ne l'inquiétait pas vraiment. Il se savait nettement supérieur à la plupart des combattants qu'il pouvait rencontrer, et si un combat lui semblait trop inégal, il pouvait encore compter sur ses shuriken, ses lames empoisonnées et ses sphères éclatantes qui lui permettraient de s'enfuir dans le pire des cas. Mais six chevaliers, cela faisait vraiment beaucoup… cet Antonius devait être un personnage exceptionnel pour mériter une telle protection.

Des bruits de pas réguliers mirent fin à sa réflexion, une patrouille marchait dans sa direction, il n'avait que quelques secondes pour se décider. Il marcha droit vers le danger, sans prendre la peine de se cacher.

— Halte ! Qui va là !

— Garde de la cité, soldat Gareth de Sarcelle, à vos ordres mon capitaine !

Fizran en portait en effet la tenue. Le mensonge était crédible.

Il se trouvait maintenant face à une troupe d'hommes rangés sur trois files, dont il ne pouvait évaluer le nombre. Au premier rang, un officier et deux hommes armés de bâtons l'observaient avec méfiance et curiosité. Il avait choisi le nom le plus banal possible, Gareth était le prénom d'un célèbre chevalier de la table ronde que les bretons admiraient encore, plus de mille cinq cent ans après sa mort, et Sarcelle une petite ville proche de Brocéliande, d'où certains soldats de la milice provenaient sans doute.

Pour éviter de laisser à l'officier le temps de lui demander des précisions qui pouvaient le mettre dans l'embarras, il enchaîna immédiatement:

— J'ai remarqué des mouvements suspects lors de la dernière patrouille et j'ai suivi jusqu'ici un groupe de cavaliers qui se déplaçait en essayant de se dissimuler. J'attendais l'arrivée de la patrouille suivante pour faire mon rapport... ils sont entré dans cette maison.

— Je suis lieutenant, répondit sèchement l'officier. Dites-moi, depuis combien de temps faites vous partie de la milice ?

— Heu... trois jours mon lieutenant. C'est ma première patrouille de nuit.

— Et bien messire Gareth, en trois jours vous devriez avoir eu le temps d'apprendre qu'il y a certaines maisons dont vous ne devez jamais approcher et certaines personnes à qui vous ne devez jamais demander de comptes. Cette maison est celle de GrandOeil l'Archidevin, un personnage au dessus de tout soupçons... Et très peu susceptible d'avoir un jour besoin de nos services. En outre, vous avez quitté votre patrouille sans autorisation, sans même en aviser votre officier, vous serez sanctionné pour votre insubordination.

— Vous avez raison mon lieutenant. Je retourne de ce pas au poste de garde pour en aviser mon officier, merci mon lieutenant.

Et sans attendre de réponse, le dénommé Gareth disparut dans la nuit.

— Gareth ! Cria le lieutenant, vous devez aussi savoir qu'il est très dangereux de se promener seul en pleine nuit dans cette ville.

Puis il haussa les épaules et se tourna vers les mages.

— Il ne fera pas de vieux os, celui là !


* * * * * *


Le soleil venait à peine de se lever lorsque sire Ulrich, chevalier de l'ordre du Graal au grade de capitaine, sortit de la maison de Grand-Oeil et s'installa dans le chariot fermé. Ces chariots étaient utilisés pour convoyer des prisonniers réputés dangereux. Ils étaient fermés de tous les côtés, à l'exception d'une petite porte à droite et l'intérieur se composait de deux banquettes rudimentaires. Trois personnes s'entassaient déjà à l'arrivée d'Ulrich. Le passager le plus proche de la porte était un chevalier qui, comme Ulrich, portait un tabard aux couleurs de l'Ordre du Graal, le second passager était un inquisiteur portant la robe noire de sa fonction et le troisième était un moine dont la capuche baissée dissimulait le visage.

— En route ! s'exclama Ulrich au moment de fermer la porte.

Au moment où le chariot s'ébranla, quatre chevaliers du Graal se mirent également en route... quel que soit le prisonnier convoyé, il devait être dangereux pour bénéficier d'une telle escorte.

Une fois que le chariot eut quitté les murs et l'ambiance bruyante de la ville, le silence à l'intérieur se fit de plus en plus lourd, ce qui décida le moine à prononcer quelques mots.

— Chevalier Ulrich, je vous suis très reconnaissant d'avoir accepté de m'escorter.

— Si j'avais su plus tôt que c'était vous Messire Archibald, répliqua sèchement le chevalier, je n'aurais jamais accepté de nous prêter, moi et mes hommes, à cette mascarade.

— Pas de nom s'il vous plaît... jusqu'à la dernière minute, il fallait que tout le monde pense, vous y compris, que cette escorte était destinée à Antonius. Notre assassin va nous suivre, chercher une occasion pour frapper. Mais quand il se rendra compte de son erreur, il sera trop tard pour revenir en arrière. Le véritable Antonius sera à l'abri chez son maître ou une autre escorte, beaucoup plus discrète que la nôtre, est en train de le conduire. Prenez donc exemple sur le frère Nicolas qui prend la situation avec beaucoup plus de philosophie.

L'homme en noir lui adressa un salut ironique.

— C'est tout simplement parce que vous escorter de cette manière est un petit plaisir qui va peut-être se répéter prochainement, mon cher… Antonius. Surtout si vous ne faites pas sérieusement le ménage dans vos relations.

— Je suis accroc au jeu je l'avoue. Est-ce de ma faute si ceux qui partagent cette passion mènent rarement une vie bien rangée ?

_ Vous aimez surtout les jeux dangereux… ne croyez pas que j'aie oublié les événements du 9 août.

— A propos de danger, intervint brutalement Ulrich, l'idée que l'assassin pourrait très bien ne se rendre compte de son erreur qu'après vous avoir tué ne vous a pas traversé l'esprit ?

— Grands Dieux ! fit Archibald faussement surpris, je n'avais absolument pas envisagé ce cas de figure... mais vous êtes là pour me protéger, non ?

— Et si, ajouta l'inquisiteur, notre assassin déjoue votre ruse et se lance à la poursuite d'Antonius et de son escorte discrète, sera-t-il aussi bien protégé que vous ?

— Ça, frère Nicolas, cela me semble totalement impossible... mais si ça devait arriver, on pourrait considérer Antonius comme un mort en sursis.

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