Fizran

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— Il n'y a en dehors de mes collègues que deux sortes d'hommes sur terre : ceux que je tue pour de l'argent et ceux qui me paient pour le faire. Vous, vous ne faites partie d'aucune des deux... et pourtant, Thurold mis à part, vous êtes visiblement trop faibles pour que je vous considère comme des collègues.

Jadar interrompit l'examen des traces de sabots et se releva pour faire face à ses hommes de main, ces derniers tournaient vers lui des regards incrédules et stupides. Seul Thurold, l'homme du nord, semblait garder son sang-froid.

Jadar était un assassin du Kytar, habitué à traquer ses proies aussi bien en ville que dans le désert. Il s'était loué au plus offrant, changeant de maître au gré des circonstances, jusqu'à ce qu'un seigneur achète à prix d'or sa loyauté et l'exclusivité de ses services. Et il ne manquait pas de travail. Sa cible actuelle était un autre assassin qu'il traquait dans le désert depuis plusieurs jours et qui lui avait déjà coûté plusieurs comparses. Mais peu importait à Jadar, les hommes de mains se remplacent si facilement.

Quant à Thurold, le seul de ses acolytes à qui il accordait un peu de respect, c'était un guerrier nordique haut de six pieds et doté d'une épaisse crinière rousse. Contrairement à ses compagnons, il était resté en selle, la hache posée sur les genoux. Il semblait stoïque, mais il avait hâte de reprendre la chasse.

— Mais ça pourrait changer, poursuivit Jadar. En particulier pour ceux d'entre vous qui deviendraient plus encombrants qu'utiles.

— De toute façon, fit l'homme du nord, on l'aura à l'oasis. J'ai cru comprendre qu'un autre groupe l'y attendait et j'aimerais autant qu'il soit pour nous.

Jadar se contenta de hocher la tête et rejoignit ses hommes pour prendre des nouvelles du blessé.

— Bien sûr qu'on va l'avoir, soupira-t-il. Je viens de retrouver ses traces. Comment va le petit ?

Le plus jeune des ruffians était allongé, la jambe immobilisée par une attelle qu'un de ses compagnons venait de poser.

— Il n'est pas en état de galoper, fit un des tueurs, mais quelle importance ? Maintenant que le gibier est privé d'eau, il ne peut aller que vers l'oasis, les autres l'y attendent.

— En effet, répondit Jadar. La course est terminée alors ce n'est plus la peine de se dépêcher. Il ne nous reste plus qu'à retourner au petit trot au dernier village et trouver un médecin.

Il s'approcha du blessé et fit mine de s'intéresser à sa blessure.

— Et bien on peut dire qu'il ne t'a pas raté, mais tu t'es bien défendu. Et grâce à toi il est fichu parce que tu as transpercé son outre et qu'il crèvera, soit de soif dans le désert, soit massacré à l'oasis par le second groupe de tueurs. Notre employeur n'a rien laissé au hasard.

— J'aurais préféré lui transpercer le ventre, fit le blessé.

— Et comme je te comprends, répondit Jadar. Mais le résultat sera le même.

Il leva son outre et fit couler dans sa gorge un filet de liquide rouge, puis il s'essuya le menton.

— Rien n'est meilleur que le vin du Kytar, surtout quand on a un ennemi qui meurt de soif… prends une gorgé, tu l'as bien gagnée.

Le blessé prit l'outre et pencha la tête en arrière pour boire. C'est à ce moment que Jadar lui trancha la gorge d'un coup sec de la main droite, et récupéra son outre de la gauche avant qu'elle ne touche le sol.

— Changement de programme ! fit-il. Notre gibier n'a pas envie de mourir tout de suite. Il est parti se cacher dans les rocheuses. En théorie, il n'a aucune chance de survivre sans eau, mais c'est un malin : ça ne m'étonnerait pas qu'il ait quelque part une cache avec des provisions. Les règles sont toujours les mêmes : on ne laisse personne derrière nous pour raconter nos aventures aux curieux... Absolument personne !

Thurold n'avait pas bougé de son cheval, comme si cela ne le concernait pas. Si les autres tueurs furent surpris, aucun n'osa réagir.

— Je vous le rappelle encore : Fizran n'est pas un simple diplomate égaré dans le désert. C'est un bonhomme dangereux, poursuivit Jadar. Vraiment dangereux ! Alors oui, j'ai vu vos cicatrices, j'ai vu vos muscles et je vous ai vus vous battre contre les péquenots de chaque bled traversé, mais aucun d'entre vous n'est de taille face à un assassin professionnel comme le gars que nous poursuivons, sauf peut-être Thurold, et encore. Le petit a commis une lourde faute en l'affrontant de face, ne faites pas comme lui. À part ça, personne d'autre n'a soif ?

— Ça porte malheur de boire dans la même gourde qu'un mort, fit un des tueurs.

— Dans ce cas, je devrais être mort dix fois ! répliqua Jadar en prenant une seconde gorgée. Assez perdu de temps, on a une chasse à finir.


* * * * *


Perdu au beau milieu d'un désert de sable, l'endroit qu'on appelait « les rocheuses » était une sorte de labyrinthe de roches de toutes tailles et de toutes formes. Les habitants du désert préféraient l'éviter. Le bruit courrait qu'il s'agissait des ruines d'une cité disparue depuis des millénaires et que les esprits de ses anciens habitants hantaient toujours les lieux. Cette théorie était assez discutable, dans la mesure où il ne subsistait rien qui ressemble de près ou de loin aux ruines d'un bâtiment, mais la forme de certaines roches évoquaient curieusement les représentations d'anciennes divinités solariennes.

Pour l'accompagner dans cette « mission », Jadar était accompagnés de mercenaires étrangers afin qu'ils ne se mêlent pas à la pègre locale pour y raconter leurs exploits.

À présent, il avait une raison supplémentaire pour se féliciter de ce choix : aucun Kytar ne l'aurait suivi dans cet endroit.

Au début, la piste était facile à suivre. Le cheval de Fizran avait laissé des traces bien nettes dans le sable. Mais une fois dans le labyrinthe, le sol rocheux ne laissait plus le moindre indice.

— Thurold ! fit Jadar. Prends Grinar avec toi et allez à droite, j'irai à gauche avec les autres. Et n'oubliez pas ce que je vous ai dit : le bonhomme est dangereux, donnez l'alerte dès que vous le voyez et ne vous séparez sous aucun prétexte.

Les deux hommes désignés s'éloignèrent sans rien dire, Jadar poursuivit vers la gauche avec les deux autres.

— Regardez ce rocher, fit l'un d'eux. On dirait un démon géant.

— On l'appelle "l'effrit pétrifié", fit Jadar. Une légende prétend qu'un sorcier visitant ces lieux a conjuré plusieurs serviteurs magiques pour l'assister. Un effrit était du nombre mais il a été changé en pierre par le regard d'une méduse. Naturellement, tout ceci...

Il fut interrompu par le bruit sec d'une arbalète. Le carreau transperça le bras d'un de ses hommes. L'autre désigna une silhouette qui se déplaçait à pieds parmi les rochers.

— Il est là ! On va l'avoir maintenant !

— Non, cria Jadar. Il faut faire le tour, il a laissé son cheval de l'autre côté. S'il se sauve encore, il nous suffira de tuer son cheval pour qu'il soit vraiment fichu.

La silhouette disparut rapidement. Aussi cruel fut-il, le raisonnement de Jadar ne manquait pas de bon sens. Il leur était impossible de poursuivre Fizran à pieds dans les rochers sans abandonner leurs propres montures alors que le fugitif n'aurait aucun mal à récupérer la sienne de l'autre côté.

Fizran bondit sur son cheval et se mit à galoper dans ce labyrinthe qu'il semblait connaître comme sa poche. Pendant sa course, il procéda à un rapide calcul mental :
— Il en restait six, mais l'un était blessé, je viens d'en blesser un second, il reste donc...

Son calcul mental fut brièvement interrompu lorsqu'il tomba nez à nez avec Thurold et son acolyte. Il passa sans ralentir devant eux, frappant au passage de son sabre recourbé.

— …trois hommes valides !

Il prit la première bifurcation, sauta de son cheval et se cacha dans les rochers. Le moment était bien choisi pour en finir : deux shurikens empoisonnés pour se débarrasser de Jadar et les deux autres ne seraient qu'une simple formalité.

Les cavaliers passèrent devant lui, il n'en compta que deux : Thurold et un homme de main. Il se retourna brusquement et para de justesse le coup de sabre de Jadar qui s'était faufilé derrière lui. Son instinct venait de lui sauver la vie… une fois de plus. Mais il n'était pas tiré d'affaire pour autant : les deux cavaliers étaient descendus de cheval et revenaient prêter main forte à leur chef. Thurold armé d'une impressionnante hache de bataille et le dernier homme d'une épée longue. Les deux hommes s'étaient écartés l'un de l'autre pour ne laisser à Fizran aucune possibilité de fuite.

Fizran n'hésita pas, il se rua sur le dernier acolyte et lui ouvrit le ventre avant de se retourner tout aussi rapidement pour faire face à Thurold et sa hache de bataille. L'arme était impressionnante, mais elle avait deux désavantages : il fallait du temps pour ajuster un coup et pour remettre son arme en position. Quelques moulinets permirent à Fizran de tenir l'homme du nord à distance. Mais Jadar allait le contourner, il ne tiendrait pas longtemps face à ces deux hommes qui étaient presque d'aussi bons combattants que lui même.

C'est alors qu'un miracle survint.

Thurold ouvrit la bouche comme s'il voulait crier, mais la seule chose qui en sortit fut un gargouillis incompréhensible et un flot de sang violet. Il s'écroula, un carreau d'arbalète planté dans le dos.

Comprenant qu'il n'avait plus l'avantage, Jadar se précipita vers les rochers pour se mettre à couvert,  mais Fizran ne lui en laissa pas le temps, ses shurikens le cueillirent au vol et l'assassin s'écroula.

L'homme qui venait d'intervenir rangea son arbalète et s'approcha de Fizran. Il portait une épaisse chemise de mailles et sa tête était protégée par un casque conique orné du turban typique des officiers de la marine du Sultan. Pourtant ce n'était pas un Kytar, c'était un homme du nord, comme Thurold. Fizran le laissa approcher, mais resta obstinément sur ses gardes malgré l'apparence amicale de l'homme.

— Messire l'Ambassadeur, je suis bien aise de vous retrouver indemne. Moi et quelques hommes avons été envoyés à votre rencontre pour vous protéger.

Toujours aussi méfiant, Fizran hocha simplement la tête et alla à la rencontre de l'homme. Ce dernier mit la main sur un cor qui pendait à sa ceinture et le porta à ses lèvres. Fizran ne lui en laissa pas le temps, il pointa brusquement son sabre sur la gorge de l'homme.

— Envoyés par qui ? Le sultan vous a-t-il donné cet ordre personnellement ? Et si ce n'est pas lui, qui est-ce ?

— Calmez-vous, Effendi, répondit l'homme. C'est votre précepteur qui nous a envoyé, il a affirmé que vous seriez en danger et nous l'avons suivi.

Fizran hésita quelques instants et observa attentivement le visage de l'homme du nord avant de rengainer son arme. La référence à un « précepteur » l'avait mis en confiance : c'est par ce surnom que son maître se faisait connaître en cas d'urgence.

— Pardonnez-moi, capitaine, fit-il. J'étais effectivement en danger et ça m'a rendu méfiant. Mais dites-moi, est-ce que nous ne nous sommes pas déjà rencontrés ? Votre visage ne m'est pas inconnu.

— Oui Effendi, mais c'était il y a bien longtemps, à une époque ou je n'avais pas encore de barbe.

Ils furent rapidement rejoints par les compagnons de l'homme du nord. Il y avait parmi eux plusieurs guerriers nordiques, armés de hache et équipés de larges boucliers ronds, et un noble Kytar d'une soixantaine d'année que Fizran reconnu. C'était son mentor. Celui qui lui avait tout appris du métier d'assassin et qui l'avait envoyé dans toutes ses missions.

C'était la première fois de sa carrière que son mentor devait se déplacer pour le tirer d'affaire, Fizran ne savait quelle attitude adopter. Le précepteur était souriant et semblait considérer la situation comme tout à fait naturelle, mais il était impossible de savoir ce qu'il pensait vraiment.

— Nous étions une quinzaine, fit le capitaine nordique. Mais il a fallu se battre quand nous sommes arrivés à l'oasis et j'ai laissé les autres sur place pour ne pas laisser les blessés seuls.

— A ce propos, intervint le précepteur, vous et vos compagnons devriez retourner les voir, ils doivent se faire un sang d'encre.

— Je ne peux pas vous laisser seul, répondit le nordique. Il y a peut-être d'autre tueurs.

— Soyez sans craintes, fit Fizran. J'ai bien tenu mes comptes, nous avons eu les derniers.

— Faites ce que je vous dis, reprit le précepteur. Le Seigneur Fizran et moi-même devons discuter d'affaires confidentielles.

— ha ! Si c'est confidentiel ! fit le capitaine.

Il prit de l'avance et fit signe à ses hommes de le suivre.

— Ou avez-vous trouvé ces hommes ? demanda Fizran. Ils sont arrivés bien à point.

— Ce sont les mercenaires qu'on emploie pour protéger la flotte marchande, leur chef ne peut pas s'empêcher de poser des questions et de laisser traîner ses oreilles partout, mais il fait bien son travail et il saura tenir sa langue. Fais-moi ton rapport : le seigneur Celeas est-il mort ou vivant ?

— Il est mort, Maître. Mais ça n'a pas été facile. Le Prince Nassim s'est invité au palais, et il a raconté à toute sa cour que j'étais un des assassins officiels du Sultan.

— Il te déteste depuis longtemps et je me doutais bien qu'il préparait quelque chose. Mais j'ignorais qu'il irait aussi loin. J'en toucherai deux mots au Sultan.

— Peut-être se décidera-t-il enfin à s'en débarrasser, fit Fizran, une lueur meurtrière dans les yeux. Je me ferais un plaisir de lui rendre ce service.

— N'y compte pas trop, mon garçon. Il en faudrait bien davantage pour que le sultan mette en péril la vie du fils unique de sa concubine préférée. Ta vie après tout n'a pas autant d'importance à ses yeux.

— Dans ce cas, fit Fizran avec un geste vague…

— Dans ce cas sois patient, le Prince Ahmed partagera peut-être tes sentiments, mais il n'a pas encore voix au chapitre. Montre-toi patient et reste en vie… A ce propos, comment as tu réglé ton affaire ?

— Un peu de bluff, répondit Fizran. Quand j'ai appris que Nassim faisait courir ce bruit, j'ai ri comme si c'était une bonne plaisanterie et j'ai raconté quelques anecdotes sur les mensonges qu'il racontait étant enfant. Mais le Seigneur Celeas s'est méfié, il m'a interdit l'accès aux cuisines et fait suivre par des hommes de confiance. Alors je me suis fâché… juste ce qu'il fallait pour qu'il se fâche à son tour et me provoque en duel.

— J'aurais préféré que les nobles solariens ne te voient pas te battre, fit le précepteur, mais c'était un cas de force majeure.

— Je n'ai pas eu à combattre. Le seigneur Celeas se battait souvent en duel et il avait l'habitude de prendre un fortifiant le matin même… son apothicaire était moins bien surveillé que ses cuisines.

— Bravo ! Je reconnais bien là mon meilleur élève.

— Le lendemain, poursuivit Fizran, sa première épouse avait déjà remplacé les hommes de confiance de Céleas par ses propres créatures et me convoquait pour signifier mon congé en tant qu'Ambassadeur du Sultan, en s'excusant de l'incident qui l'avait précipité. Elle m'a semblé trop amicale pour être tout à fait honnête…

— Toi aussi tu poses parfois trop de questions, ajouta le précepteur. Mais nous avons tous les deux un sérieux problème à régler : toi tu ne peux plus travailler dans le sultanat, au moins pour le temps que le crédit de Nassim s'épuise auprès de la Cour, et moi je dois te trouver un remplaçant. Mais j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer : le Grand Père des Tueurs Noirs s'intéresse à toi… il a un contrat avec un client exigeant et aucun de ses hommes n'a les dispositions requises pour le remplir. Il propose, tiens-toi bien, de t'enseigner leurs techniques de combat et d'espionnage en échange de cette mission. Certaines de ces techniques relèvent de la magie et tu en auras bien besoin à ce qu'il parait.

— Tout cela me paraît bien étrange, murmura Fizran. Quel genre de mission ? Et quelles sont ces fameuses qualités dont je serais le seul à être pourvu ?

— Ton client est un sorcier, ton gibier, ou plus exactement tes gibiers, le sont également. Je ne peux rien te dire de plus, sinon te donner un excellent conseil et un avertissement, le conseil est de ne jamais leur poser de questions quand tu seras parmi eux, ils ont horreur de ça encore plus que moi.

— et l'avertissement ?

Le précepteur arrêta son cheval. Comme le guerrier qui les précédait d'une centaine de mètres  s'arrêta également, il lui fit signe de continuer et prit une profonde inspiration avant de répondre.

— Ils essaieront de voler ton âme mon garçon.

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