*** 27 juillet 2022 - 02h37 *** (01) Une nuit agitée

5 minutes de lecture

C'était le beau milieu de la nuit, j'étais profondément endormie, quand soudain un objet m'est tombé sur la tête, ce qui me réveilla en sursaut en m'occasionnant une belle frayeur. Par réflexe, je me massai le front pile là où le projectile m'avait heurtée. Malgré ma surprise et la douleur ressentie, il ne me fallut pas longtemps pour comprendre qu'il se passait quelque chose d'anormal. Je me frottai les yeux, nerveusement, mais non, je ne rêvais pas ! La maison tremblait bel et bien ! Le contenu de mes étagères vibrait au gré des sursauts et des objets finissaient par tomber sur le sol avec fracas. Je m'extrayais avec grande peine de mon lit et me mis debout sur mes deux pieds. Je vacillais légèrement, mais parvint à garder mon équilibre jusqu'à atteindre enfin le couloir.

Parvenue là, je croisai maman qui tenait ma petite sœur Élise par la main et qui l'entraînait vers la salle à manger. Quand elle me vit, elle me fit signe de les rejoindre et je suivais le mouvement, tant bien que mal, en frôlant le mur que je sentais vibrer sous mes doigts. Nous nous sommes abritées toutes les trois sous une lourde table en chêne qui se trouvait au centre de la pièce. Élise, était complètement paniquée et son visage était baigné de larmes. Quant à maman, elle tentait tant bien que mal de la rassurer, mais en vain. Je devais bien avouer que je n'en menais pas large moi non plus, cependant, en tant qu'aînée, j'essayais de garder mon sang-froid.

L'instant m'imposait une totale introspection et mon cerveau était en pleine ébullition ! Mais que se passait-il, au juste ? Vraisemblablement, nous avions bien à faire à un séisme, mais ce qui était fou, c'était que je n'en avais encore jamais ressenti dans cette région. Et pour être honnête, je n'en avais jamais ressenti de toute ma vie ! J'étais en profonde réflexion sur la chose, quand la vibration s'arrêta. D'un coup ! Nous étions totalement abasourdies par ce qui venait de se produire, et il s'était écoulé un certain moment lors duquel nous étions restées prostrées sous la table, sans oser en sortir.

Maman a finalement été la première à s'extirper de là, suivie de près par Élise qui refusait catégoriquement de la lâcher d'une semelle. Cette dernière pleurait encore, mais elle commençait à se calmer un peu. Quand vint mon tour, j'eus du mal à me mettre debout, mes jambes étaient en coton et elles flageolaient. Appuyée sur l'imposante table, j'attendais que cela passe tout en reprenant lentement mes esprits. D'une voix nerveuse, maman s'enquit de notre état à toutes les deux, puis, lorsqu'elle fut rassurée de constater que nous n'étions pas blessées, elle nous guida vers la cuisine. Parvenues là, elle nous fit asseoir à la table et elle se dirigea vers le frigo.

— Vous voulez du lait chaud, les filles ? Ça vous aidera à vous rendormir. Dit-elle d'une voix rendue légèrement chevrotante à cause du stress.

Élise qui avait presque totalement séché ses larmes sauta sur l'occasion afin de retarder le moment de retourner au lit.

— Oh, oui ! Et tu veux bien mettre un peu de poudre de chocolat dedans, s'il-te-plait ?

Sa réponse fit soupirer maman d'exaspération, et elle lui répondit d'un ton las.

— Oui, euh... D'accord ! Mais avec du chocolat dedans ce n'est plus un lait chaud, ça mademoiselle, c'est juste un cacao déguisé ! Tu connais la règle, pas de sucre entre 20h et 07h du matin. Mais bref, vu ce qu'il vient de se passer, c'est bon pour cette fois.

Élise la remercia en lui offrant son plus beau sourire de canaille, tandis que je sortais enfin de mon mutisme et m'adressais à mon tour à maman tout en glissant d'un geste nerveux, une mèche de cheveux derrière mon oreille.

— Oui, s'il te plaît, je veux bien une tasse de lait chaud moi aussi. Il n'empêche, je ne sais pas vous, mais moi je n'en reviens toujours pas de ce qu'il vient de se passer ! Nous venons d'être terriblement secouées quand même, tu avais déjà vécu ça avant, maman ?

Elle réfléchissait un instant avant de me répondre.

— J'avais déjà ressenti des très légères secousses, mais de cette puissance-là, jamais !

J'allais lui dire quelque chose quand Elise me coupa vivement la parole, de sa petite voix aigüe.

— Moi, en tout cas, j'espère que ça ne se reproduira jamais, car j'ai détesté ça !

Je hochais la tête en signe de compréhension, car je devais admettre que j'avais un peu flippé, moi aussi.

De son côté, maman qui avait terminé de servir nos tasses, nous les déposa sur la table et vint s'asseoir avec nous en ajoutant d'une voix qui se voulait autoritaire.

— J'espère aussi que ça ne se reproduira pas. Et maintenant trêve de bavardages, buvez, puis au dodo ! Il est presque 3 heures du matin et tremblement de terre ou pas, il n'est pas question que nous fassions une nuit blanche, nous devons nous lever tôt demain !

Maman était plutôt à cheval sur les horaires, même pendant les vacances nous devions nous lever tôt quelle que soit l'heure à laquelle on se couchait la veille. C'était la règle. Pourtant, il allait de soi qu'à la suite de cet événement, Élise et moi allions avoir beaucoup de difficulté à nous rendormir. Ce n'était pas tous les jours que l'on assistait à un tremblement de terre d'une telle intensité !

Finalement à force de persuasion dont elle usait à en revendre, ma petite sœur s'était incrustée dans mon lit où, selon ses dires, elle se sentait plus en sécurité grâce à ma présence. Franchement, comme si je pouvais faire quoi que ce soit face à un séisme... J'étais loin d'être une super héroïne ! Bien au contraire !

D'ailleurs, pour être totalement honnête, cela me rassurait un peu, moi aussi, qu'elle soit auprès de moi. Mais bien sûr, ça, je me suis bien gardée de le lui dire ! Je ne voulais pas qu'elle me prenne au mot et squatte mon lit toutes les nuits, pendant les cinq années à venir. Croyez-moi, c'était une pro pour retourner vos paroles contre vous-même.

Elle s'était lovée dans le creux de mon bras et contre toute attente, elle s'était assez rapidement endormie. À la lumière bleutée de sa petite veilleuse de chez Ikea qu'elle avait emportée avec elle, je l'observai attentivement et d'un œil attendri. Elle était tellement mignonne quand elle dormait, ma canaille de petite sœur que j'aimais tant ! Si bien que j'ai finis par m'endormir à mon tour jusqu'au lendemain. 

Annotations

Recommandations

Angelinnog
« Souvent, il s'était amusé à comparer les membres du groupe aux cinq doigts d'une main.

Ekaterina, fière et majestueuse, avait toujours été l'index. C'était celle qui dirigeait, qui ordonnait, qui surplombait tout le monde par son élégance et son regard fier, celle que l'on admirerait toujours. Elle serait celle que le monde retiendrait, bien après que KOBSE se soit éteint.

Dans toute sa passion pour la provocation, Sun Mei incarnait le majeur. En un doigt d'honneur assumé au monde, elle avait fait ses choix sans le concours de rien ni personne. Qui l'aime la suive ou se taise à jamais, tel était son mantra.

En poursuivant l'analogie, Blake, étoile montante du septième art, pouvait prétendre au trône de l'annulaire. Légèrement en retrait derrière notre leader et sa féroce adversaire, elle brillait elle-même, à sa façon, dans un autre domaine.

Soutien inébranlable du groupe, Honor et son amour presque maternel se maquillaient en pouce pour consolider les liens et les amitiés qui se tissaient entre les filles. Bien qu'elle fut issue d'une des plus prestigieuses familles anglaises, jamais son ascendance noble ou la réussite ne lui étaient montés à la tête.

Enfin, Felicia. Certains se demanderont toujours quel était son rôle dans un groupe de femmes influentes et respectées. Elle, si discrète et effacée, semblait ne pas valoir sa place. Pourtant, elle l'avait et elle la méritait. Car sans elle, l'équilibre serait rompu et la balance s'écroulerait. Alors, elle était un auriculaire, dans toute sa modestie, petite de taille et grande de cœur.

Cinq doigts, cinq lettres, cinq filles, si différentes mais tellement complémentaires, reliées par leur passion : le chant. C'était ainsi qu'il les avait toujours vues et qu'il les verrait toujours. »
16
17
30
139
Fred Larsen
C'est un polar commencé il y a plus de 20 ans. Il se passe en 1997, d'où l'utilisation des francs et pas des euros dans les échanges entre les personnages.

Je vais m'atteler à le terminer et je suis preneur de toutes les remarques de votre part, bien sûr
12
45
155
52
Slamity Jane
Cet ensemble de textes est une approche sociale et poétique de notre rapport à l'Autre.
143
42
27
7

Vous aimez lire Triss Thenya ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0