46 - Samuel 

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Samuel

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   Nous avons à peine passé la porte d’entrée des Cortez que les jumeaux nous assaillent de questions, se ruent sur nous pour savoir de quoi il retourne exactement. Danny pour une fois, est bien plus agité que son frère qui crispé, reste plutôt en retrait.

L’un et l’autre ont déjà leurs chaussures aux pieds.

— Elle est partie où Ariana ?

— On y va ? demande Danny en sautillant sur place.

— On ne va nulle part non.

Ma voix tonne comme une menace qui n’en est pas vraiment une en réalité. Seulement un conseil, quelque chose que j’essaye de moi-même intégrer dans ma tête.

Damian à côté de moi, est tendu comme un arc, et balaye ses petits frères avec un grincement de dents. Puis, il s’écarte de nous, et commence à gravir ses escaliers quatre par quatre.

Comprenant qu’il est parti se préparer à partir, je demande aux jumeaux de nous attendre dans le salon, et monte le rejoindre, le cœur battant à tout rompre.

Je suis bien aux fait que sa sœur soit partie d’elle-même se mettre en danger, pour mener une vengeance en son nom, mais Rafaël nous a demandé de rester tranquilles, de ne pas quitter cette maison.

Lorsque je le rejoins dans sa chambre, seulement quelques secondes après qu’il y soit entré, il est déjà penché sur une boîte en carton de laquelle il sort plusieurs armes à feu, deux couteaux, des sachets de MD.

— Qu’est-ce que c’est que ça ?

— Le kit de bienvenu des Cortez. Attrape ça.

Il me jette une arme, que je rattrape maladroitement. Son poids entre mes mains, me rappelle douloureusement la fête chez Duke où pour la dernière fois, j’ai ainsi tenu une arme entre mes mains. Mon petit ami passe à sa ceinture, le ‘’porte flingue’’ dont je ne connais pas le nom exact, avant de retirer son sweat, enfiler un tee-shirt, puis remettre son sweat.

— Qu’est-ce que tu...

— J’espère que tu as un bon cardio, on va y aller en courant.

— Alors de un je pense que mon cardio est meilleur que le tien et de deux, il en est hors de question. Raf nous a demandé...

— Raf peut aller au Diable. Il aura pas les mots pour arrêter Ariana, moi si.

Il revient vers moi, me somme de m’écarter de la porte pour passer, mais à la façon dont Rafaël l’a fait il y a quinze minutes à peine, je reste figé, ne bouge pas d’un centimètre.

— Sam.

— Donni sera là-bas, c’est trop dangereux.

— J’en ai rien à branler, bouge de là !

Il avance d’un pas, me menace d’un regard, essaye de me contourner. Mais, comme je l’ai prévenu, je ne le laisse pas faire, et reste bien en place, une main sur la hanche, l’autre alourdie par le poids de l’arme dans ma paume.

— Samuel, sérieux !

De sa main, il attrape le col de ma veste, et tente de me déloger : c’est peine perdue. S’il pense pouvoir me faire bouger, il se met le doigt dans l’oeil. Il a peut-être une certaine assurance derrière lui, celle de pouvoir obtenir ce qu'il désire en temps normal mais moi, j'ai mieux. J'ai une taille, une force physique qu'il n'a pas la prétention de dépasser.

Son visage rougit de colère, il rue, me pousse, tente par tous les moyens de se dégager l’accès à la porte, avant de sourdement gronder pour se jeter en avant.

À nouveau, je l’intercepte, le bloque.

— Tu n’as pas le droit de me retenir prisonnier dans ma propre maison !

— Si c’est pour ton bien, si.

— Si tu voulais mon bien, tu me laisserais passer. Sam, Ariana est potentiellement en train de se faire défoncer la gueule par les King. Je suis potentiellement en train d’attendre ici pendant que ma sœur, la seule famille qu’il me reste, est en train de se battre pour moi. Et je refuse de rester ici à ne rien faire ! Si ça avait été Rafaël, ose me dire que tu aurais écouté l’ordre de Ariana.

Il marque un point. Mes lèvres se pressent l’une contre l’autre, je ne sais pas quoi faire.

D’un côté, je ne pourrais pas le retenir indéfiniment ici, si son désir le plus fort est de partir rejoindre sa sœur. D’un autre côté, le laisser partir, c’est prendre le risque de ne jamais le voir revenir.

— Et les jumeaux ?

— Fiona arrive, me rétorque t-il vivement. Samuel putain !

Il brame, et je comprends que si je le bloque, que je l’empêche de passer et que par malheur, il arrive quelque chose à Ariana, il ne me le pardonnera jamais.

Alors, doucement, je commence à m’écarter mais le retiens tout de même d’une main sur le torse. Il tourne vivement la tête vers moi, m’interroge de ses deux grands yeux voilés d’impatience.

— Ça va nous prendre des plombes si on y va à pied.

— ... j’ai une autre solution.

Je hausse un sourcil, mais il ne prend pas le temps de me répondre, et court déjà dans les escaliers. Je le talonne, et lui indique que je vais simplement récupérer quelque chose chez moi avant de partir.

Les jumeaux me hèlent, me demandent ce qui se passe.

J’en sais rien. Je sais simplement que mon corps a décidé de se la jouer grand guerrier et que malgré la réticence évidente de mon cerveau, il part à la guerre.

C’est débile, c’est irréfléchi, je songe en passant la porte de ma maison.

C’est complètement con, on va y laisser notre peau, je pense en grimpant les marches des escaliers.

On risque de se prendre une balle, j’imagine en poussant la porte de ma chambre.

Mais on pourrait peut-être enfin mettre un terme à tout ça, je réalise en attrapant dans le tiroir de ma table de nuit, l’objet de mes maux, et celui qui les règlera sans doute.

Entre mes doigts, je regarde la balle, la munition que les King m’avaient laissé au lycée, accompagnée du joli mot qui me demandait de me tirer une balle. Quelle belle ironie : cette balle va sans doute être tirée aujourd’hui, mais ce ne sera pas contre moi.

Le temps que je redescende, referme la porte et rejoigne Damian, il me jette un regard anxieux, tout en me lançant un casque de moto.

— Ta sœur est pas partie avec ?

— Si. Mais mon père en avait une à l’époque où il vivait ici.

Mon esprit bug un instant, tandis que je réalise que ma première question aurait dû être « Tu ne sais pas conduire de moto, si ? ».

Mon petit ami me conduit à l’arrière de leur maison, et donne un coup de pied dans la porte de la cabane brinquebalante qui leur sert d’abri de jardin. Dedans, la tondeuse, quelques outils mais surtout, une moto recouverte d’un drap poussiéreux.

— Tu sais... ?

— À peu près. Je vais apprendre sur le tas. Ça doit pas être si compliqué...

Mes yeux balayent l’extérieur, je me sens trembler à la simple vue de la fine pluie qui s’est mise à tomber depuis que Rafaël a quitté la maison.

L’eau forme une maigre pellicule sur l’asphalte.

— Allez, se presse Damian en tirant l’engin à l’extérieur.

Je l’aide, l’accompagne dans son mouvement, avant de secouer la tête.

Est-ce qu’on va vraiment faire ça ?

— Tes jambes vont être assez longues ?

— Bien sûr que oui !

Il grimpe, met le contact. Certes, ses jambes sont assez longues, mais il ne lui faudrait pas quelques centimètres de moins : on est loin d’être sur une taille appropriée pour l’énorme engin sur lequel il vient de prendre place.

— Tu viens ?

— Condition : une fois là-bas, tu restes près de moi, on est d’accord ?

— Si mi cariño, maintenant monte !

J'opine, et prends place derrière lui. Mes bras entourent sa taille mince sous son sweat, le serrent contre moi avec force. Je ne suis pas du tout à l'aise, ainsi assis sur une moto que le conducteur ne maîtrise pas.

Nous n'arriverons peut-être jamais au Calvin's hotel.

À la fenêtre, les jumeaux nous font signe d’être prudents, nous encouragent.

Je ne le sens pas du tout.

La moto démarre et étonnamment, Damian semble la maîtriser un minimum.

Ses gestes me paraissent presque... habitués, bien qu’assez erratiques.

La moto vrombit en sautant sur la route, mon cœur s’accélère en accord avec le rythme effréné de la course que nous venons de débuter. Je sens la moindre aspérité de la route sous les roues de l'engin, m'imagine les virages, les glissements, enfouis mon visage dans le dos de Damian. Le casque ne me permet pas de totalement me cacher : c'est ridicule.

Le premier virage me secoue mais bizarrement, nous restons en selle, j'entends même Damian rire - nerveusement - mais rire tout de même.

— Tout va bien derrière ?

— Oui, mais fais attention babe s'te plaît !

Pour toute réponse, il accélère, je le maudis.

   Lorsque nous arrivons aux abords du Calvin’s hotel, notre course est stoppée par un barrage de voitures devant lequel gisent, inertes, deux hommes d’un âge certain. La pluie qui a redoublée depuis notre départ dilue le sang sur le goudron, mais même sans m’en être approché, on voit bien que ni l’un ni l’autre ne se relèvera.

Damian se gare - ou plutôt, essaye de se garer - et saute de la moto avant de jeter son casque par terre. Je l’imite, me satisfais d’être encore en vie malgré la conduite plus que précaire de mon petit ami, et cours à sa suite tandis qu’il rejoint Lu.

— T’étais pas censé être chez toi ?

— Elle est où Ariana ?

— Quelle popularité dis donc, Raf est passé il y a dix minutes et a demandé la même chose que vous.

Je sens mes poumons se contracter. À quelques mètres seulement du barrage automobile, une voiture est en train de flamber. Les vitres ont explosées, et de grandes flammes s’échappent de la carrosserie fumante. La répercution du feu dans les yeux de Damian me fait un drôle d’effet.

J’essaye de ne pas y penser.

Ses doigts s’enroulent autour de mon poignet, tandis qu’il se met à courir sur la route déserte, son arme à la main, prêt à agir. Je tiens également la mienne, fermement, le souffle court.

Je prie, j’espère ne pas avoir à m’en servir.

De coups de feu éclatent un peu partout autour de nous. Il y a des cris, beaucoup de cris, quelque chose de très horrifique. On ne se croirait plus à Soledo, mais au milieu d’une guerre civile.

Mon cœur bat si vite, j’ai l’impression qu’il va finir par percer ma peau et quitter mon corps.

— Dami...

— Hum ?

— Ça craint là.

Il hoche durement la tête.

Le parking est en vue. J’accélère le pas, maintient le rythme que Damian perd peu à peu, sursaute presque lorsqu’au milieu de la foule qui se presse autour de l’entrée du parking, je repère mon frère. Qu’est-ce qu’il fait là ? Pourquoi n’est-il pas auprès de Ariana ?

À ses côtés, plusieurs voitures de police qui, à en croire leur stationnement, sont arrivées par l’autre côté de la route, celui que les Cortez ne bloquent pas de leur barrage.

Notre shérif est en grande conversation avec Rafaël, ponctue son discours de grands gestes, parle dans son talkie-walkie.

Et, alors que nous progressons toujours dans leur direction, Rafaël nous remarque et je constate à son air qu’il n’est même pas surpris de nous trouver là. Bien sûr, il est furieux, mais n’a pas cet air déçu que je lui aurais imaginé. Non, il semble même plutôt... lassé ?

Il nous hurle de le rejoindre, gronde avec colère, et malheureusement, nous n’avons d’autre choix que de les rejoindre.

Une salve de coup de feu éclate, et Damian m’indique de me baisser. Les fenêtres des voitures de police éclatent, le vacarme est assourdissant.

Je déglutis, me relève et reprends ma course pour rejoindre Rafaël. Lui-même abrité derrière la taule des voitures, m’attire vers lui et me fusille du regard.

— Crois-moi, une fois que tout ce merdier sera réglé, tu vas prendre cher.

— Je m’en doute, je marmonne en attirant Damian contre moi.

Mon frère et mon petit ami se jugent d’un long regard, avant que la shérif n’intervienne.

— Toujours pas de visuel du côté de l’hôtel.

— Avec les Cortez aux aguets, c’est même pas la peine d’imaginer une descente de force, gronde mon frère en avisant le parking jonché d’hommes de mains de Monty. Ariana et son père doivent être à l’intérieur.

— Négatif. Montgomery Cortez est juste là, près des escaliers de secours.

Elle lui désigne un recoin du parking, et Rafaël hoche la tête. Dans l’ombre, le père de Damian guette la porte d’entrée de l’hôtel, l’air mauvais.

— On a d’autres King100 dans le périmètre ?

— Oh que oui, ricane la shérif. Bien plus armés que les Cortez d’ailleurs.

— Alors pourquoi ils ne contre-attaquent pas ? s’insurge Damian.

— Parce que pour le moment, ils ne savent pas ce qu'il en est du côté de Donni, mais aussi de Rix, leur chef.

Damian hoche la tête et, alors qu’il s’apprête à relancer, la porte de l’hôtel s’ouvre et Ariana apparaît, méconnaissable avec ses cheveux en bataille et son regard noir.

Elle traîne derrière elle le corps massif de Donni, qui gesticule encore malgré l’état abominable de son visage.

À la main, Ariana tient un club de golf.

Je frémis, et vois mon frère se tendre comme un arc.

Presque immédiatement, les Cortez se mettent en position pour la couvrir d’éventuels tirs avant de hurler comme des animaux lorsque leur ‘’chef du jour’’, jette sans pitié le corps de Donni sur le sol trempé.

— Regardez, s'exclame t-elle avec un sourire au coin des lèvres. En à peine vingt minutes, le fautif de tous nos malheurs a enfin payé pour ses actes odieux. Seulement vingt minutes alors que... la police est sur cette affaire depuis plus d'un mois.

Elle a un air qui me tord l'estomac : son visage n'a plus rien à voir avec la bouille souriante que je lui connais. Elle a juste l'air méchante, et surtout prête à tout.

Monty trépigne - cet homme n’en finira donc jamais de descendre dans mon estime ?

Dans la police, ça s’active et ça s’agite. Faut-il intervenir, et si oui, quand ? Est-ce la bonne solution d’intervenir au final ?

Je les regarde faire d’un œil horrifié, tandis que du coin de l’œil, je constate l’état de plus en plus instable de Damian.

— Elle l’a défoncé, murmure t-il avec horreur.

— Je pourrais plus jamais jouer au golf.

Ma tentative de distraction ne le fait pas du tout rire. Au contraire, il frissonne, avant de sursauter lorsque sa sœur, à seulement quelques mètres de lui, dégaine son arme.

C’est fini. Elle va le tuer, et sous le nez de la police en plus.

— À toutes les unités, on encercle, on neutralise, et on attend mon signal.

La shérif lance des ordres flous à ses équipes tandis que Rafaël, concentré, semble chercher une échappatoire à cette situation pourtant sans issues.

Et, le temps que je porte mon attention sur mon frère, Damian en profite pour s’échapper. Lorsque je me retourne vers lui, il est déjà en train de courir en direction de sa sœur, sous les hurlements de la shérif, mais aussi de son père et d’autres personnes que je ne connais pas.

Rafaël se redresse, lui hurle dessus à son tour.

Et alors, l’impensable se produit.

Mon petit ami vient de s’arrêter, la tête haute et le regard planté dans celui de sa sœur tandis qu’il fait désormais barrière entre le canon de l’arme et Donni, toujours bien assommé.

— Damian reviens ! je m’époumone en constatant le canon de l’arme contre son front.

Ça va mal finir.

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