La rumeur court

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On venait de me sauter dessus. Littéralement. Je tombai au sol dans un bruit sourd. J'essayai de me débattre mais je n'y arrivais pas. On bloqua mes deux mains et je n'eus pas le choix. Je donnai un coup de boule au garçon qui me tenait et qui essayait de me maintenir. 

-Espèce de connasse ! Tu m'as encore pété le nez.

Je tâtonnai et j'allumai la lumière. Je vis Brian sur les fesses, au sol entrain de se tenir le nez.
-Mais qu'est-ce que tu fous là putain ? 
Il se releva, il était furieux.
-Tu étais entrain de hurler et tu n'arrivais pas à te réveiller. Je voulais juste te réveiller et tu as commencé à te débattre comme une furie et tu m'as encore filé un coup de boule. Pauvre folle va !

Il ouvrit ma porte et la claqua. J'entendis un Non, ça va ! et une autre porte claquer. La seconde plus tard, je vis mon père arriver.
-Sarah ? 
Il était 5h du matin. Il était habillé avec les cheveux mouillés.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? 
-Je crois que j'ai fait un cauchemar et j'ai tapé sur Brian sans faire attention ? 
-Rendors toi. 
Je me replongeai sous ma couette. Mais je n'arrivais pas me rendormir. Je me levai pour aller dans la cuisine. Nous étions samedi, très tôt. Mary était sortie la veille et vu les talons à trainer près de l'escalier, elle était rentrée il y a peu. Et vu les habits à trainer dans le couloir comme son manteau, elle avait sûrement terminé dans la chambre d'amis.
-Choupi, retourne te coucher.
Je me retournai et je vis Brian avec mon père. Il me fusilla du regard et je reposai la bouteille de lait.
-J'ai pas envie de dormir qu'est-ce que tu fais debout ?

-L'hôpital vient de m'appeler. Il faut que j'y aille. Sarah, présente tes excuses à Brian. 

-Pardon ? Il débarque dans ma chambre sans prévenir et..

-Tu lui as donné un coup de boule. Sarah.

-Okay. Désolée. La prochaine fois je fermerai ma porte à clef.

-La prochaine fois tu passeras chez un psy surtout ! 

-Brian ! gronda mon père.

-Excuse-moi, mais c'est pas normal d'hurler à la mort, de se débattre et d'être violent. Ta fille est folle. C'est tout. Merci pour mon nez. Je retourne me coucher.

Il tourna les talons rapidement. Heureusement parce que j'étais à deux doigts de lui lancer mon verre de lait au visage. Je pris le paquet de céréales et plongeais une cuiller dedans avant d'en manger.
-Prends au moins un bol. Ce sont mes céréales, continua mon père.
Je lui jetai un regard noir. Et lui re-tendit son paquet. Paquet où il plongea une cuiller dedans. 
-Tu te fous de moi ? 
-Pendant mes études et quand il ne restait qu'un fond de céréales, je versais le lait directement dedans. C'est pour dire à quel point je trouve ça kiffant de manger dans paquet de céréales.
Je replongeai ma cuiller dedans.
-C'est normal que je fasse des cauchemars comme ça ? 
-Ça arrive à tout le monde sweetie, surtout quand on a vécu une expérience traumatisante comme la tienne. Tu peux me passer mon Tumbler ? Je vais mettre du café dedans et partir.
-Tu as dit à Mary que tu partais ? Et tu comptes partir pieds nus ? 
Il fit la moue et sortit de la cuisine. Mon père était un gosse. Je lui fis de la mousse de lait. Je versai du café dans son tumbler, mis une bonne dose de mousse de lait avec du coulis de caramel. Une bonne dose de coulis de caramel. Il prit le tumbler en descendant, le porta à sa bouche et sourit.
-Tu es la meilleure fille qui soit. Je t'aime bye.
Il m'embrassa sur le haut du crâne et fila. Brian était un connard. Un vrai connard et ça m'avait saoulé de devoir m'excuser devant mon père. Je remontai dans ma chambre. J'avais hurlé dans mon sommeil. Je touchai ma cicatrice. Ça faisait une semaine. Elle n'était pas totalement guérie. Je m'allongeai sur l'autre côté. J'avais mal. J'allai dans la chambre de mon père et je pris de l'aspirine dans sa pharmacie. Je vis les somnifères. Je me demandai si je devais en prendre un.

-Putain mais c'est pas possible, je te vois vraiment partout.
Je sursautai et je fis tomber la boîte de somnifères au sol.
-Tu es con Brian. Qu'est-ce que tu fais là ? 
-Je suis venu chercher un somnifère. Tu devrais en prendre un toi aussi. Vu ta face de zombie, tu as bien besoin de dormir.
-C'est ce que j'allais faire tête de nœud. 
Il se pencha et m'aida à les ramasser. Il regarda mon pyjama.
-Kermit la grenouille ? T'es sérieuse ? Tu as 3 ans et demi ?

Je me redressai et le bousculai.

-Tu trouves que j'ai un physique d'une gosse de 3 ans ? 

-Non. Tu as le physique d'une pré-pubère, certes, mais tu as le comportement d'une gosse de 3 ans.

Il se redressa et je le poussai des deux mains avant de partir. Je m'arrêtai, fis demi-tour. je retournai dans la chambre parentale et je le giflai avec force. Il ne s'y attendait pas du tout et tomba sur le lit.

-Ta GUEULE espèce de connard imbu de lui-même. J'aime pas du tout quand tu me prends pour une gosse de 3 ans. Je ne suis pas une gosse. 
-Et moi j'en ai marre que tu me donnes des coups dans le visage. Je n'ai pas l'habitude de frapper les filles, mais tu recommences et je t'en colle une. Tu as peut-être assez peu de neurones mais moi j'en ai beaucoup et j'y tiens.
Je le repoussai encore une fois. Je vis qu'il allait mettre sa menace à exécution. En quelques secondes, il me plaqua dans les draps des parents sur le ventre et il tira mon bras en arrière. 
-Excuse-toi.
-Crève pourriture ! 
Il me plaqua la tête dans les draps et je sentis son genou dans mon dos. Je commençai à me débattre. Je réussis à le bousculer et il m'entraina dans sa chute. Je tombai sur le sol et il atterrit sur moi.
-Excuse-toi et je te laisserai partir. 
-Non. Je préfèrerai lécher la cuvette des toilettes plutôt que de le faire.
Il fit quelque chose de sale. Il fit dégouliner un filet de bave de sa bouche.
-Oh putain. Brian.. nooooon.. noooon. hiiiiiiiiiiii ! hurlais-je. 
Je le repoussai in extremis et je m'enfuis dans ma chambre. Du moins j'essayai parce que je me pris les pieds dans un jeu de Tom qui trainait comme toujours dans le couloir. Je m'éclatai dans le couloir, l'un des jeux de Tom s'enfonça dans ma cuisse à l'endroit exact de ma cicatrice. Je commençai à voir trouble et des larmes humidifièrent mes yeux. La douleur était affreuse.
-Tu as eu ce que tu méritais.
-La ferme. Faut que tu m'emmènes aux urgences.
-Petite nature.
-Non. Je déconne pas. Tous mes points de suture viennent de se rouvrir, je pisse le sang là et ta mère est rentrée en taxi, j'ai vu la facture dans la cuisine, elle est pas en mesure de conduire.

Je fermai les yeux prête à me relever. Je sentis quelques temps plus tard Brian me soulever à moitié. Il me prit dans ses bras pour descendre les escaliers. Il ouvrit la porte pendant que je mettais des baskets.

-Tu arrives à marcher ? 
Je levai les yeux vers lui. Il avait enfilé un jean et un blouson en cuir. Il me regarda et s'en alla dans la cuisine. Il revint avec un torchon que j'appliquais sur ma cicatrice. Il m'aida à enfiler un manteau et je pris place dans sa voiture.
-C'est normal que ça pisse le sang comme ça à ton avis ? 
-Je ne sais pas, mon sang est fluidifié par l'aspirine.

Brian roula rapidement et arriva devant la porte des Urgences. Je ne pensais pas tomber directement sur mon père. Il s'arrêta et arriva directement vers nous.
-Qu'est-ce que ? Sarah ? Qu'est-ce que tu as encore fait ? 
-Je me suis viandée dans le couloir sur un jouet de Tom et mes points de suture se sont rouverts. Encore.
Il m'installa sur un lit et il examina. 
-En effet. Je vais.. Wolfy ? Tu peux faire les points de suture de Sarah ? Tu es entre de bonnes mains. Il faut que je retourne travailler. Merci Brian, de l'avoir emmené.
-C'était normal
Il sourit à mon père qui partit, soulagé. Je connaissais ce médecin. Il était chirurgien plastique. J'étais vraiment entre de bonnes mains.
-Vous avez bien fait d'emmener votre petite amie dès maintenant, qui a fait ce travail de sagouin ?
-Heu.. c'est Brian le beau-fils de Papa. Pas mon petit ami. Et c'est un interne qui fait ce travail.
-Attends. Ne bouge pas. Je vais t'anesthésier. Voilààà.
-J'ai pris de l'aspirine avant de me rouvrir, y'a pas de souci, hein ? 
-Mais non Sarah. T'inquiètes. Un interne ? Dis-moi. Tu as encore mal, mais vraiment mal ? Est-ce que tu trouves que c'est normal comme douleur ? Sur une échelle de...
-C'est à la limite du supportable quand je ne suis pas sous analgésique, l'interrompis-je.
-Jeune homme, si j'étais vous, je ne regarderais pas. Allez-vous mettre de l'autre côté de la table pour tenir la main de ma jeune amie.
-Qu'est-ce.. oh la vache ! 
L'ami de mon père sortit un morceau de verre de ma blessure au moment où mon père revint. Il fit une tête pas possible. Sa mâchoire se contracta et il me regarda durement.
-Je hais les internes. Je vais les appeler. Tu te souviens du nom du médecin ? 
-Non je ne sais pas.
-Il t'a laissé un morceau de verre dans la jambe, cet abruti. Tu es sûre que..
-John. Va passer tes nerfs ailleurs et arrête d'embêter ma patiente, s'il-te-plaît. Je vais faire une radio et regarder s'il ne manque rien. 
-Papa ? Je peux garder le bout de verre dans un bocal ? 
-Bien sûr que non.
-J'ai essayé au moins.
-T'es trop bizarre McAllister, sérieux, lâcha Brian en me regardant comme si j'étais un ovni.

Je souris à l'ami de mon père qui commençait à rire tout en me faisant la radio.
-Non c'est bon, il n'y a plus rien. Je vais commencer à suturer. John, tu as sûrement autre chose à faire et je suis certain que ton beau-fils s'occupera de ta fille comme sa sœur.
-Oui oui. Vous rentrez directement à la maison ensuite. 
-Oui John. Retourne bosser, je m'occupe de Sarah. Avec un peu de chance, elle n'aura pas envie de me défoncer le nez.
Je levai les yeux au ciel et 5 minutes plus tard, les sutures étaient terminées. 
-Vous êtes le meilleur Wolf.
Brian me ramena à la maison. J'étais un peu shooté au médoc.

-Je suis désolée pour ton nez. J'hurlais vraiment beaucoup ? 
-Tu m'as réveillé. Mais c'est bon. Laisse courir. Parait que tu sors vraiment avec Marc ? Paul me l'a dit. J'aurais préféré l'entendre de ta bouche.
-Qu'est-ce que ça peut te faire ?

-On vit ensemble. Genre, si un jour j'entends des cris venant de ta chambre et que je sais que Marc est là, au moins je saurais que je ne dois pas venir te sauver, tu seras juste entrain d'ouvrir les cuisses quoi.
-Tu es...Tu es.. dégoûtant.
-Je ne sais pas ce que tu crois. Il ne s'intéresse pas à toi mais seulement à ton.. mizuage.. 
-Mon mizuage ? Je ne suis pas une geisha, tu sais ? 
-Peu importe. Tu vois ce que je veux dire. Dès qu'il t'aura usé, tu finiras dans une poubelle. Et tu en voudras à tous les McDust. Tu en voudras à Paul et ça va me retomber dessus.
-Tu n'es pas le centre du monde Brian. En tout cas, tu es loin d'être le centre de mon monde, tu gravites autour de moi mais c'est tout. Je couche avec qui je veux, quand je veux.
-Sarah. Je suis sérieux. Ça n'a pas intérêt à me retomber dessus et quand tu te feras larguer, tu as pas intérêt à venir faire chier Paul. 
-Qui te fait croire que ce n'est pas moi qui le larguerait ? 
-Tu ne saurais pas faire. Je suis sûr que tu es du genre incapable de dire non.
-Je sais dire non. Je te dis tout le temps non.
-C'est différent.
-Non. Pas du tout
-Si c'est différent. J'essaye pas du tout de te draguer. Si j'essayais, tu ne dirais pas non.
-Tu es tellement vaniteux !!! Sous prétexte que tu sors avec l'une des plus belles filles du lycée, tu penses qu'aucune n'est capable de te résister ? 
-Vois les choses en face Sarah. Aucune fille ne peut me résister. Et si je n'étais pas en couple, je te dirai sur le champs de m'en désigner une et je la ramène dans mes draps d'un claquement de doigts. Comment tu crois que j'ai commencé à sortir avec Alex ? Parce que je suis tombé sous son charme en mode coup de foudre, que les étoiles brillaient dans le ciel ? Et bien non. J'avais sympathisé avec Paul au mariage et quand il m'a vu au lycée, il m'a dit que le moyen d'être populaire c'était de se faire aimer par Alexandra. Je lui ai demandé si elle avait un mec et je lui ai dit que je la mettrais dans mon lit avant la fin de l'année. Ce que j'ai fait. Après les choses en entrainant une autre.. je suis très bien avec Alexandra. mais je peux mettre n'importe qui dans mon lit, si je voulais, je serai un serial fucker. 
-Pourquoi tu l'es pas si tu peux aussi facilement l'être ?
-À cause de ma mère. Parce qu'elle a du respect pour moi et si je ramenais une fille différente chaque soir, elle ne me respecterait plus. Voilà pourquoi.. tu as besoin d'aide pour remonter les escaliers ?
-Je vais me débrouiller. Merci de m'avoir emmenée aux Urgences.
Il hocha la tête. Je remontai dans ma chambre. Brian venait d'insinuer un doute dans mon esprit. Et si Marc ne s'intéressait qu'à ça ? est-ce qu'il avait raison ? J'avais la sensation qu'il disait n'importe quoi juste pour m'embêter. Mais s'il avait raison ? Je n'avais pas envie d'un simple sex friend. Si je voulais un sex friend, j'avais déjà Chuck. Parce que je me rendais compte qu'il était ça. J'avais énormément d'affection pour Chuck. Vraiment beaucoup. Trop peut-être. Je pouvais regarder la télé en pyjama avec lui sans problème. Manger de la pizza avec lui. Danser sur une table avec lui. J'avais pas forcément envie d'être sexy devant lui. Il était mon ami. Je l'adorais mais Marc.. oui lui je l'aimais. J'avais envie d'être féminine avec lui. Je regardai le bracelet de Chuck, que je n'avais pas quitté depuis une semaine. Je le portais tout le temps. Un ami vraiment ? Je secouai la tête. J'avais envie de l'appeler. Il était à Londres. Je pris mon téléphone et il décrocha pratiquement aussi vite.

-Salut ! 
-Salut Chuck. J'avais juste une question à te poser ? 
-Oui bien sûr, je suis tout ouïe.
-Est-ce qu'on est des amis tous les deux ? 
-Bah oui évidemment qu'on l'est.
-Mais on a couché ensemble alors...
-Tu peux me laisser deux secondes Owen s'il-te-plaît ? Écoute Sarah, reprit-il après quelques secondes. On est des amis. Quand on s'est rencontré, on a mangé des tacos ensemble. Si ça c'est pas la définition de l'amitié, je ne vois pas.
-C'est clair que c'est pas glamour les tacos. Mais pas du tout. 
-J'ai réussi à te faire sourire. Je le sens. Écoute. On avait mis les choses au clair à LA et j'ai pas assuré à Seattle. Excuse-moi. En plus tu m'avais dit que tu avais un petit ami. Sur le moment j'ai pensé à autre chose mais ça m'a travaillé moi aussi. Si ça peut te rassurer, je n'essaierai plus de coucher avec toi et j'arrêterai de remettre ta mèche derrière ton oreille ou de te prendre par les hanches ou de poser mes doigts sur ta colonne vertébrale..

Il parlait d'une voix douce et je fermai les yeux avec un frisson qui me parcourut du haut jusqu'en bas. C'était plus fort que moi. J'avais l'impression qu'il était là.

-À partir de maintenant, si tu le veux, je te traiterai comme n'importe qui, conclut-il d'un ton ferme.

-Pas comme n'importe qui quand même. Je veux pas que tu me snobes.

-Okay. À partir de maintenant nous sommes seulement amis. Sans le plus si affinité. Tu es soulagée ? J'ai réussi à remettre de l'ordre dans tes sentiments ?

-Oui. Merci Charles. Tu es un ange. Tu veux bien me chanter une chanson ? 

-Oui, je peux même faire mieux. Owen ? oui tu peux revenir. C'est Sarah. On lui chante une chanson, mademoiselle a le blues.

Ils chantèrent tous les deux. C'était étrangement reposant.

-Merci les garçons. Le petit vient de se réveiller, je viens de l'entendre. Je vais me lever. Bisou bisou. Hey en fait. Avant que j'oublie. Je veux une carte postale.

-Depuis quand on exige mademoiselle Sarah ? rit Chuck.

-Hum.. depuis que vous allez à Londres sans moi. Si vous m'aviez emmenée dans vos bagages, j'aurais pu découvrir l'Europe. Donc..

-Okay, tu auras droit à ta carte postale. En fait tu t'es remis de mon corps d'athlète trempé ? me demanda Owen.

-Je ne pourrais jamais m'en remettre Owen. Jamais de la vie. Je suis totalement et désespérément tombée amoureuse de ton vine. Je pense que je vais me marier avec. 

-Moi aussi je t'adore. Attends y'a notre agent qui arrive. Bonne journée ma belle.

Il raccrocha et je me levai. J'étais claquée. Brian était torse nu dans le couloir. Je passai devant lui sans le regarder. Je sentais une bonne odeur dans la cuisine.
-Vous êtes sortis ce matin ? 
-Oui, mais on ne voulait pas te réveiller. J'ai eu un problème de sutures, Brian m'a emmenée aux Urgences.
-Ah. D'accord. Tu aurais pu me réveiller. Je suis rentrée tard mais j'aurais pu t'emmener. 
-Non c'est bon. Sophie va sûrement venir cet après-midi, sauf si Cameron lui demande d'aller à la fête foraine avec lui.
-Tu ne m'as pas raconté d'ailleurs, ça c'est bien passé son rendez-vous ? 
-Super, il a été gentil et attentionné. Il l'a emmené voir les étoiles en haut d'un toit et ils ont mangé dans un petit restaurant. Et elle a trouvé ça super. 
-Sophie mérite un gentil garçon qui soit comme elle.
J'approuvai et Brian arriva derrière nous.
-Laissez-moi deviner. Vous parlez de la Crevenette. 
-Pardon ? 
-Crevenette ? La Crevette à Lunettes. C'est comme ça qu'on l'appelle au lycée. 
-Ah non, tu ne vas pas commencer Brian ! m'exclamai-je. Tu le laisses tranquille.
-Il est pas de moi le surnom. Je ne fais que répéter. Il parait qu'il a emmené Sophie voir les étoiles et qu'il en a même pas profité ? Si j'avais dû lui trouver un surnom ça aurait été Punette. Le Puceau à Lunettes.
-Brian ! s'écria sa mère. Ça suffit. 
Brian éclata de rire, embrassa sa mère sur la joue et lui piqua un morceau de pomme. Avant de partir, il me passa une main dans les cheveux pour me décoiffer comme si j'avais 3 ans et il me fit un petit sourire qui voulait clairement dire Oui oui tu as 3 ans. J'avais envie de le frapper. Sophie ne tarda pas à arriver. Elle avait un truc très urgent à me dire.
-Tu as regardé les infos ?
-Heu.. à 10h du matin ? Non, j'avoue que.. j'ai eu autre chose à faire. 
Elle m'entraina dans le salon. Brian était là entrain de zapper.
-Désolée, il faut absolument qu'on regarde un truc Brian, dans 3 minutes on te rend la télé.

Elle zappa sur E! et je vis ce qu'elle voulait me montrer. Ray McClunsky : de l'ado charmeur au tombeur compulsif ?
-Naaaaaaaan !! 
m'écriais-je.
-Siiiiiiiiiiiiii !
J'étais abasourdie. 
-Désolée Brian, on te rend pas la télé toute suite, balbutiais-je.
-Sérieusement ? Vous êtes bien des filles. En plus, il est même pas beau ce mec.
-Alors là mon gars, t'y connais rien en beauté, rétorquai-je. Il est vraiment beau.
-Hyper beau, enchérit Sophie.
-Supra Hot.
-Genre le mec il sourit, toi tu buggues pendant une bonne seconde.
-Vous êtes des malades. 
C'est alors que je me vis sur l'écran de la télé. Mon selfie avec lui, le tout premier venait de passer, notre traversée des paparazzis.. Je ne l'avais jamais vu. C'était impressionnant. Les garçons m'enserraient de leurs bras pour me faire entrer dans la voiture.Il y avait aussi le selfie du cinéma avec Clive. Et celui posté par Owen vendredi. Celui où Ray me tenait serrer contre lui alors que je portais ma perruque blonde.
-Oh c'est pas vrai..
Je regardai Sophie qui était hilare. Brian était resté pour observer nos réactions.. ou parce qu'il voulait récupérer la télévision. J'optais plus pour la première des solutions. Je poussai un vrai cri de groupie en voyant celle que je ne pensais jamais voir quelque part. Nous étions tous les deux sur la rambarde de l'hôtel à Seattle. On ne voyait pas mon visage. Mais le sien oui. L'instant avait été capturé, volé même, mais c'était une très belle photo, je devais l'admettre. Il avait passé sa main contre ma hanche pour me coller contre la rambarde. J'avais la tête tournée dans un sens et lui me regardait en souriant.
-On ne sait pas si Maeva était là mais tout ce qu'on peut dire c'est qu'elle ne doit pas être ravie ravie à l'heure qu'il est. Une blonde, une rousse, une brune ? Ray McClunsky serait-il entrain de devenir un serial lover ? 
Page de pub. J'avais l'impression qu'on venait de me rouler dessus. Les journalistes étaient des cons. De vrai con. Ils étaient entrain de ridiculiser Ray et en plus d'utiliser des photos sans la permission de leurs auteurs. Vive la contrefaçon ! Je me tournai brièvement vers Brian.
-Comment allez-vous survivre à cette nouvelle les filles ? 
-Tu ne comprends rien.
-Non j'avoue je ne comprends pas comment on peut avoir une tête aussi dépitée en regardant des infos et.. Elle a quand même un derrière d'enfer Nicki Minaj.. On aurait envie de s'y perdre.
Sophie se tourna vers Brian.
-C'est le genre de fille qui te fait fantasmer ? 
-Qu'est-ce que tu veux dire par genre de filles ? Tu parles de sa couleur de peau ? 
-Heu non, ne me prête pas ce genre de pensées s'il-te-plaît. Je veux dire, le genre de meuf qui dans un clip passe son temps à montrer son derrière et ses boops.

-Clairement Sophie, on me proposerait de coucher avec Nicki Minaj, j'accepte sans souci. J'en ai rien à faire qu'elle ait presque l'âge de ma mère tu vois.
-T'aimes les cougars ? commençai-je à rire.
-Sarah. Quelque soit son âge, une femme est une femme. Bon après, je ne pourrais pas coucher avec quelqu'un qui a l'âge de ma mère, enfin.. à peu près.. ou plus vieux.

-Enfin encore heureux Brian ! résonna la voix de sa mère derrière nous. Je ne t'ai pas élevé pour que tu deviennes un Toy Boy. 

-C'était pas le sujet Maman. Je disais juste que si on me proposait une nuit avec Nicki Minaj j'accepterai.

-Hum. En même temps je serai un homme, rit ma belle-mère, j'accepterai aussi. Mais je pense que je coucherai avec moi-même aussi.

Brian se retourna et fixa sa mère. Il la dévisagea d'un air sérieux.

-Non mais sans rire Maman, je peux te le dire maintenant tu te souviens de notre voisin Raph à San Francisco ? Celui qui habitait sur le pallier juste en face ?

-Oui. Comment oublier Raph ? ironisa Mary.

-Il m'a dit un jour que tu étais son type de femme et que si un jour tu avais envie d'un jeune il était prêt à se dévouer à la tâche. En gros. 

Mary fit une drôle de tête, un peu dégoûtée. 

-Raph ? Mais il avait ton âge ! 

-2 ans de plus en fait. Mais quand il a dit ça, je lui ai quand même collé mon poing dans la figure, j'aime pas qu'on parle de ma mère comme ça.

-Hum. Je comprends mieux pourquoi je le croisais à chaque fois que je remontais des courses. Le petit Raph. En l'occurrence lui il avait vraiment l'air d'un bébé.. Même pas en rêve. Pouah.

-Non mais avoue maman, si j'avais pas été ton fils, j'aurais carrément été ton genre de Toy boy. 

-Malheureusement pour toi Brian, j'ai toujours aimé les hommes faits, qui avaient l'air d'homme faits. 

-Je suis vexé.

-Mais je suis sûre que tu es le genre de beaucoup, je ne t'ai pas fait aussi beau pour rien mon lapin. Mais si tu pouvais éviter d'avoir un comportement à risques avec des vieilles carnes, mon égo en serait ravi. 

-Je t'aime moi aussi Maman. Je pense que je vais aller courir un peu, tu viens avec moi ? 

-J'ai de la cuisine à faire.

-Je ferai la cuisine.

-Brian, j'ai passé l'âge de me nourrir de hamburgers ou de hot dog.
-Je pensais à une omelette aux champignons, mais un hamburger, c'est pas mal non plus. Tu restes manger avec nous ce midi Sophie ?
-Non, je ne vais pas louper tous les repas chez moi, sinon je vais me faire déchiqueter.
Brian se leva et il s'étira dévoilant son torse au passage. Il sourit à Sophie et poussa sans ménagement mes jambes qui lui barraient le passage.
-Alors ça avance avec Cameron ? 
-Il m'a embrassé hier.
-Ah ?
Sophie souriait.

-Il est doux quand il embrasse. On aurait dit qu'il hésitait. C'est chelou. Mais je crois que je l'apprécie vraiment. Il est pas prise de tête. Il est gentil. On va à la fête foraine tout à l'heure ? Tu viens avec nous ? 

-Heu.. non ? Je ne veux pas tenir la chandelle.

-Sarah, s'il-te-plaît ? On y va tous les ans, c'est juste qu'on a quelqu'un d'autres avec nous cette fois ! 

-Okay okay. Mais je resterai pas longtemps.

Je regrettai d'avoir accepté au moment où je vis Cameron arriver. Il embrassa directement Sophie sur la bouche et me salua à peine. J'avais un bonnet enfoncé sur ma tête. Ma seule consolation c'était la barbe à papa pour le moment. Je m'ennuyais à mourir. Quand j'étais seule avec Sophie, on faisait tous toutes les deux, mais là, elle riait tellement avec Cameron que j'avais l'impression d'être délaissée. Je savais que c'était normal en plus. Qu'elle s'occupe plus de son nouveau petit-ami que de moi. Je n'étais pas jalouse. Pas vraiment. Du moins pas de la jalousie amoureuse. J'avais envie que Marc soit là avec moi. Qu'il me prenne dans ses bras. 
-Sarah ? Tu viens ? 
Je tournai les yeux vers Sophie. Elle avait le nez rose à cause du froid et les joues rose à cause de Cameron. 
-J'ai un peu mal à la jambe, je vais prendre mes antalgiques avec un.. vas-y je te rejoins.
Elle acquiesça et partit avec lui. Je me laissai tomber à une table et je pris un painkiller avant d'avaler une gorgée de vin chaud. J'avais l'intention d'attendre là quelques minutes, mais je ne pouvais pas le faire tranquillement.
-Brian est le meilleur, tu ne peux pas le vaincre Paul. Tu as vu la peluche qu'il a réussi à me gagner ?
Alexandra. J'enfonçai plus profondément mon bonnet sur ma tête. J'avais pas envie qu'elle me voit. J'étais en mode fête foraine. C'est à dire, aucun style. Je n'avais pas un rendez-vous comme Sophie qui elle, avait l'air d'une gravure de mode, perchée sur ses bottines à fourrure et à talon. Je me fis toute petite et ça marchait. Et même quand Brian arriva, il ne me remarqua pas.
-Tu sais que je t'aime mon chéri ? 
-Parce que j'ai gagné une peluche au tir de carabine ? demanda Brian circonspect.

-Évidemment, tu penses que je t'aime pour toi ? 

Il éclata de rire. 

-J'ai appris à tirer avec mon père et mon grand-père. J'ai aucun mérite. 

-Tu sais te servir d'une arme ?

-Hum.. oui. De plusieurs en fait. Je sais aussi les démonter et les nettoyer. Mais ne le dis pas à ma mère. Elle est pas vraiment au courant. C'est un secret avec mon grand-père.

-Le Colonel ? Pourquoi ça ne m'étonne pas ? rétorqua Paul. Je pense que ton grand-père sait tuer quelqu'un à main nu. 

-Probablement, mais je préfère pas en faire les frais. C'est pas ton frère là-bas Paul ? 

Marc ? Je me retournai. Oui c'était lui, il était avec une fille. Il avait son bras sur elle. J'ouvris grand les yeux.

-Ah ouais. Je pensais pas qu'il devait revenir ce week-end pourtant. Attends. MAAAAARC !!!!!
J'avais le cœur qui battait et une envie de me cacher sous terre. Il était avec une fille. Une autre fille que moi. J'étais une idiote. Vraiment une idiote.
-Salut les mioches. 
-Qu'est-ce que tu fous là ? 
-Belinda est arrivée sur le campus et comme j'allais pas la laisser avec des étudiants en rut.. on vient d'arriver.
Belinda. Sa cousine Belinda. Je soupirai d'aise. Je me levai pour aller ailleurs. Je n'étais vraiment pas habillée convenablement pour qu'il me voit comme ça. Il allait prendre peur s'il me voyait en mode fête foraine. C'était sans compter sur la capacité de la copine de Paul à me bousculer. Tant et si bien que je me retrouvai avec du vin chaud sur mon manteau.
-Je suis désolée, disait Chris. Je suis.. McAllister ? Ah bah ça va alors. J'ai cru que j'avais brûlé une personne, pas un parasite.
Elle éclata de rire. 
-Tu sais ce qu'elle te dit le parasite ? 
Je laissai tomber le gobelet au sol et je la bousculai avec les deux mains. Elle tomba dans une flaque de boue et elle hurla.
-Retourne dans ta fange porky, lâchai-je.
Je repris le gobelet, le lançai dans la poubelle à 3 mètres de là avant de tourner les talons. Je reçus à l'arrière de mon crâne une chose humide. 
-Non mais pour qui tu te prends ? me hurla Alexandra.

J'avais mal nul part, j'allais lui en coller une mais Marc m'en empêcha. Il me souleva par les hanches.

-Non. Ne t'abaisse pas à leur niveau. Tu vaux mieux que ça. Viens avec moi.

Il retira la boue de mon manteau et de mes cheveux.

-Tu ne devrais pas t'occuper de ce genre de cas Marc, continua Alexandra.

Marc se tourna vers elle froidement.

-Ce genre de cas est le genre de cas que j'aime Alexandra. Ce genre de cas a plus de valeur que tu n'en auras jamais. Et pour ta gouverne. Je sors avec ce genre de cas. Alors pas touche. Tu viens Sarah. Laissons les mioches faire des glissades dans la boue.

Il m'avait défendue. Il venait de passer son bras autour de moi et il avait pris ma défense. Ce qui n'était pas arrivée depuis.. ça ne m'était jamais arrivé qu'un garçon prenne ma défense aussi facilement. 

-Merci Marc, marmonnais-je.

-C'est normal. Tu n'as pas à me remercier. Non mais je rêve, mon petit frère n'a pas bronché quoi. Sa copine t'agresse et lui il..

-Marc. Paul et moi, nous faisons partie de castes différentes. C'est un performer et moi je suis dans la caste loser. Voir la caste en dessous du loser. La caste fantôme parasitaire. On est pas ami au lycée. Après, une fois que tout le monde est absent, on s'entend vachement bien, mais ça n'arrive pratiquement jamais. Ça faisait des années qu'on s'était pas parlé. Ne t'en fais pas. 

-Je compte sur mon frère pour prendre ta défense quand je ne suis pas là. 

-Je ne suis pas son amie. Il n'a pas à prendre ma défense.

-Tu es la petite amie de son frère. Tu es un peu comme ma femme. Il te doit de la considération. Je lui en toucherai deux mots.

Il tourna la tête sur la droite et quand il me regarda de nouveau, il souriait.

-Tu te souviens ? Quand tu étais petite tu avais une peluche qui ressemblait à ça, tu l'emmenais toujours chez nous.
-Exactement.
-Viens. 
Il me la gagna. C'était in extremis d'ailleurs. Il était entrain de rire comme un dingue. Elle était assez grande. Elle faisait 50 cm de haut pratiquement. C'était un gros nounours bleu avec un nœud. Hyper kitch, mais je l'adorais. Vraiment. Je l'adorais. Il était doux. 
-Tu as intérêt à dormir avec.
-Tu devrais l'asperger de ton parfum alors..j'aurais toujours l'impression de t'avoir près de moi. 
Il m'embrassa sur la tempe et me transperça de son regard ardent.
-J'aime l'idée d'avoir une chose qui te fait penser à moi glissée dans tes draps, tout près de toi. On va aller le poser dans ma voiture si tu veux. 
-Oui, je préfère. J'ai mes deux mains prises sinon. 
Nous posâmes Teddy dans la voiture et je pus enfin m'agripper à son cou pour l'embrasser. Nous retournâmes enlacés, à la fête foraine et nous croisâmes Sophie avec Cameron. Elle se détacha de son copain pour embrasser Marc sur la joue.
-C'est cool que tu sois là. J'ai cru entr'apercevoir ton frère avec sa bande de chagasses. 
-Arrête de parler comme mon père So.
-Mais j'adore les expressions de ton père et puis, comme je vais en France cet hiver, il faut que je me familiarise avec ces expressions.
-C'est décidé finalement ?

-Oui !!! Mon père a accepté finalement,on part tous ensemble pour aller voir Henry. Du coup je louperai la dernière demi-journée de cours. 
-Tu vas en France pendant les prochaines vacances ? demanda Cameron.
J'avais envie de lui répondre qu'elle n'allait pas y aller sur la semaine de cours, mais je me retins. Sûrement parce que Marc me donna un léger coup de coude. Il avait dû penser la même chose que moi. Sophie lui répondit super gentiment. Plus le temps passait, plus j'appréciais Cameron. Il était doux avec Sophie. Je ne savais pas comment ça s'était fini avec son premier petit ami mais d'après les bribes que je savais c'était un connard. Elle avait besoin de douceur et de gentillesse parce qu'elle l'était elle aussi. Il me semblait qu'il était comme ça lui aussi. Et puis finalement, il était assez drôle.
-Alors ? me demanda Sophie alors que les garçons s'étaient éloignés pour nous chercher du chocolat chaud.
-Je le trouve adorable et j'aimerai mieux le connaître.
Sophie était contente que je lui dise ça et ses yeux bleus brillèrent. Elle attendait mon approbation et elle l'avait. Marc finit par revenir et il m'entraina à sa suite.

-Heu.. l'animation avec des zombies ? Sérieusement ? Marc. J'aime pas les zombies. On dirait pas comme ça mais la dernière fois..
-Je sais que tu es une warrior Sarah. Et puis tu n'auras qu'à te serrer très fort contre moi.
Je n'osais pas lui dire que la dernière fois que j'avais fait ce manège, j'avais fait des cauchemars pendant 3 jours.. et que c'était y'a deux ans. Je m'accrochai à lui et je m'installai à ses côtés dans le petit chariot. Je détestais ça mais je devais avouer que sentir le gars dont j'étais amoureuse près de moi, ça me rassurait. Quand un truc me sauta dessus, j'hurlai et lui se mit à rire.

Quand il me raccompagna chez moi, je restai un moment avec lui dans sa voiture.

-On se revoit quand ? demandais-je en me mordillant l'intérieur de la joue.

-Hum.. j'ai des examens l'avant dernière et la dernière semaine avant Noël. Alors, ce sera difficile avant Noël. Vous faites quoi d'ailleurs ? Vous partez à Aspen comme tous les ans ?

-Je n'en ai aucune idée.

Je n'avais pas du tout pensé à cela, et je n'avais pas pensé qu'il pouvait y avoir du changement à ce niveau là. 

-Donc en fait, on ne se verra jamais.

-On se parlera tous les jours. Et puis... Tu peux toujours venir à Stanford si tu en as envie mais je pense qu'avec le coup du ferry, ton père ne te laissera pas partir aussi facilement. 

-Attends.. tu veux que j'aille sur ton campus ? Tu m'accepterais ? 

-Je ne te laisserai pas toute seule dehors, enfin. C'est assez mal me connaître. 

-Je t'aime Marc.

Je ne voulais pas lui dire ça. Je ne voulais pas que ça sorte comme ça. Il ouvrit un peu les yeux et il sourit avant de m'embrasser. Il sortit de la voiture pour m'ouvrir la portière et il me raccompagna devant la porte. 
-Tu sais Sarah, je n'habite pas si loin que ça. Je peux essayer de me libérer et..
-Marc, tu es en première année de médecine. Mon père m'a suffisamment répétée à quel point cela peut être stressant et difficile. C'est juste que.. ça va me faire bizarre. Faut que je m'y habitue, voilà tout. Ne t'inquiète pas.
-Si tu es inquiète, je le suis pas voie de conséquence. Viens par là.
Il m'attira vers lui. Il avait ouvert son manteau pour conduire et là j'étais contre son sweat chaud, son odeur m'emplissait les narines. Il se pencha vers moi pour m'embrasser tendrement. Il avait goût de barbe à papa et d'une pointe lointaine de nicotine. Il avait dû fumer sur la route en revenant de Palo Alto.
-Bon okay, vous mélangez vos salives, mais vous êtes pas obligés de le faire devant la maison et encore moins devant la porte d'entrée. 
Brian ou comment gâcher un moment romantique.
-Tu as un problème avec le fait que je mélange ma salive avec Marc peut-être ? 
-Non, je m'en tape, mais j'aimerai rentrer chez moi en fait.
-Rentre par le garage ? 
-T'es une conne McAllister.
-Je te demande pardon ? hoqueta Marc.
Il se redressa et son regard froid et déterminé affronta l'effronté Brian.
-Ne te mêle pas de ça McDust. Ça ne te regarde pas.
-Quand tu insultes ma petite amie, si, ça devient une affaire personnelle et je ne pense pas que tu veuilles que ça devienne une affaire personnelle Miller. Alors tu vas lui présenter des excuses immédiatement.
-J'ai l'impression que tu aimes régir la vie de tout à chacun en ce bas-monde, mais soyons clair McDust, j'ai pas peur de toi. Peut-être que tu peux te faire obéir, mais pas par moi. Les gens qui ont le droit de me donner des ordres peuvent se compter sur les doigts d'une main et tu n'es pas de celles-ci. Alors ta pseudo menace à deux sesterces, tu te la gardes. Maintenant bouge ton cul du pas de ma porte. Fissa 
-Du pas de ta porte ? Heu sauf preuve du contraire, on est chez moi ici.
-Je..
-Je suis chez moi et je squatte avec qui je veux le pas de la porte. Alors tu passes et tu la fermes. 
Je m'écartai de Marc pour laisser le passage à Brian. Il me jeta un regard froid mais j'étais plus en colère que lui sur ce coup là. Il entra dans la maison sans dire un mot de plus. Est-ce que j'allais payer le fait que Marc venait de le menacer ? Certainement. Mais je m'en fichais. Il était temps que je me défende. Une fois Marc parti, je rentrai chez moi et je vis Brian avec sa mère dans le salon. Ils parlaient à voix basse. Je vis les pieds de Tom dépasser du canapé.

-Salut Mary, alors bonne soirée ? 
-Oui, excellente. Et toi ? Tu t'es bien amusé avec le frère de Paul ?

Je fusillai Brian du regard mais il restait impassible. Clairement à la tête qu'il faisait, ma seule présence dans ces lieux l'embêtait au plus haut point.

-Oui, très bien, merci. Tu veux que je monte Tom dans sa chambre ? 

-Non, ma chérie. Brian va le faire. Tu es blessée. 

Son fils aîné se leva du fauteuil où il avait élu domicile et souleva son petit frère dans ses bras. Il redescendit quelques minutes plus tard, il était entrain d'enfiler son manteau.

-Maman, j'y vais, je suis là dans une vingtaine de minutes.

Je regardais mon quasi-frère partir avec un sourcil levé.

-En fait Mary, comment as-tu su pour ma robe verte à la soirée de Ray, la semaine dernière ? Parce que tu n'étais pas là et je..

-La photo qui a été en tête de gondole aujourd'hui, je l'ai vu lundi quand tu m'en as parlé. Quand tu m'as dit que tu avais été à cette fête et comme je connais l'affection de Ray McClunsky pour toi, j'ai fait le rapprochement. Je ne pouvais rien dire à mes confrères journalistes ma chérie, parce que tu aurais dû dire adieu à ton anonymat, mais si tu veux..

-Non. C'est très bien comme ça. Il est parti où en fait Brian ?

-Me chercher de la glace. Dis-moi, il y a eu un problème ? 

-Avec qui ? 

-Avec mon fils ? Il a eu un problème ? Il est perturbé, je l'ai vu dès qu'il est rentré, tu sais quelque chose ? 

-Non.

Je me levai et je tournai les talons. Brian était...perturbé ? À cause de Marc et de ce qu'il lui avait dit ? Quelle petite nature... J'adhérai parfaitement à ce qu'avait dit Sophie à Paul. Les lycéens manquaient de charisme et si le petit message de Marc prononcé sur un petit ton froid avait perturbé Brian, c'est vraiment que c'était une petite nature. Je pris une douche rapide avant de redescendre au salon. J'entendis un bruit de chute dans la cuisine et j'y vis Brian avec des citrons.
-Tu fais une Margherita ? 
Il ne répondit pas et continua à faire comme si j'étais pas là. Tant et si bien que cela m'énerva. Je finis par le retourner par l'épaule. Il me toisa.
-Je peux savoir ce que tu as ? 
-Tu voulais que je la ferme, non ? C'est exactement ce que je suis entrain de faire en réalité. Je la ferme. Maintenant bouge ton cul cellulitique de là. 
-Je n'ai pas de cellulite.
Brian me regarda de la tête aux pieds et pencha la tête sur le côté doucement.
-Tu penses que tu fais partie du 2% de la population féminine mondiale qui n'a pas de cellulite ? Je te rappelle que je t'ai vu en slip, petit bateau.

Il me bouscula et se rendit rapidement au salon. J'aurais aimé être un mec pour lui faire ravaler sa connerie. Je décidai de laisser courir mais ça me travaillait tout de même; Tant et si bien qu'en me mettant en habit de nuit, je me regardais dans ma psyché. Il avait raison. J'avais grossi depuis qu'on se connaissait lui et moi. J'avais pris un peu de hanche. Je tirai sur ma peau des cuisses. Pourquoi je n'avais pas le physique parfait de Sophie ? Je n'étais même pas surprise en réalité, en constatant les dégâts dans le miroir. Brian m'avait simplement rappelé que j'étais loin d'être un mannequin grand, élégant et d'une finesse sans égale. Je n'étais pas Sophie, ni Alexandra d'ailleurs. J'allai me réfugier sous mes draps. Je ne savais pas pourquoi je m'étais regardée dans ce foutu miroir. Il n'avait fait que me renvoyer la réalité en face. J'étais laide et je devais me mettre sérieusement au sport. Comment Marc avait-il pu s'afficher ouvertement avec un laideron comme moi ? Je ne comprenais pas. Je ne dormais pratiquement pas cette nuit là et le lendemain, j'étais debout vers 7h. Je me lavais et descendis les escaliers. Tout le monde dormait.

Je pris mon téléphone et j'allai courir. Il faisait encore nuit certes mais j'en avais besoin. J'avais les mollets en feu, le souffle court mais je ne m'arrêtais pas pendant un long moment. Je m'arrêtai néanmoins dans un parc et je m'affalai sur un banc. J'étais morte. J'avais froid. Je me redressai et je continuai à courir. C'était assez glauque en fait. Il n'y avait pas grand monde. Je retournai chez moi, j'étais sur les rotules. Je croisais mon père.
-Salut.
-Tu es déjà debout Choupi ?
-J'ai été courir. Tu.. on pourrait aller passer la journée à Santa Monica ? J'ai envie de changer d'air..
-J'aurai adoré mais tu sais que Brian a un match cet après-midi et je lui ai promis que j'irai pour le supporter.
Je ne dis rien mais j'hochai la tête avant de partir dans ma chambre pour prendre une douche. J'appelai Marc.
-Hummmm ?
-Salut ! Désolée de te déranger alors que tu dors. Est-ce que tu crois qu'on pourrait aller à Santa Monica tout à l'heure.
-Avec plaisir.
-Je passe te prendre en voiture alors, dis-je. Je vais demander à mon oncle de m'en passer une, parce que.. la voiture de Mary n'est pas là. Je crois qu'elle l'a laissé à son boulot. Et mon père aura besoin de la sienne donc..
-Vous venez à la messe de toute façon, j'imagine. À la limite, on part tout de suite après.
-Okay. Ça me va.
Une fois le téléphone raccroché, je me sentis bien même si je considérais comme une trahison le fait que mon père préfère aller à un match plutôt qu'à la plage. Je me lavai rapidement et comme la messe ne commençait pas avant une bonne heure, j'enfilai un sweat et un legging avant de descendre.
-Tu ne prends pas de petit déjeuner Choupi ?
-J'ai pas faim du tout.

Mon père leva le sourcil.
-Tu es malade ? Tu as toujours eu un grand appétit.
-Non mais en fait comme j'ai été courir à jeun, je ne sais pas j'ai pas encore faim. C'est peut-être à cause des antalgiques. Après, si ça peut te rassurer, je vais prendre des flocons d'avoine, mais pas avec plaisir quoi.

Je me déplaçai vers lui, pris un petit ramequin en porcelaine, déposai l'équivalent de deux cuillers à soupe dedans et je pris une cuiller de fromage blanc dedans. Mon père me regardait faire et il finit par me tirer par le bras pour me serrer contre lui. Il releva mon menton.
-Ne sois pas fâchée contre moi. Mais Brian me l'a demandé hier et je n'ai qu'une seule parole. J'aurai adoré passer la journée à Santa Monica avec toi mon ange.
-Ce n'est pas grave. J'y vais avec des amis finalement, moi ça ne m'intéresse pas d'aller au Brian Miller Show, tu vois.
-Hum. Okay. Tu feras très très attention à toi. 
-Ouais. Je vais partir après la messe pour profiter un maximum. Tu sais si Éric est par là ?
-Il m'a envoyé un SMS à 6h du matin pour me dire qu'il venait de.. enfin bref. Oui il est là.
J'appelai mon oncle pour savoir s'il pouvait me prêter l'une de ses voitures et j'allais chez lui en vélo. J'arrivai chez lui, crevée. Quand il m'ouvrit la porte, je vis tout de suite que quelque chose n'allait pas. Il avait l'air bouleversé.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? 
-La mère de Giulia a eu un accident de voiture, m'annonça-t-il d'une voix blanche.
-Quoi ?? Et Lia ? elle va bien ?
-Son poignet gauche est cassé. Il faut que j'y aille. Prends la voiture que tu veux ma chérie, tu n'auras qu'à me la rendre un autre jour.

-Tu veux que je vienne avec toi ?

-Non. Je t'adore mais il faut que je traverse le pays, donc non. J'ai un avion dans 3h, j'ai une valise à faire et je..

-Okay, je prends une voiture et je m'en vais, tu m'appelles quand tu atterris à Dallas.

-Évidemment.

Je m'en voulais de le laisser comme ça mais je n'avais pas le choix, je sautai dans sa Audi TTS Coupé grise et je filai à l'église. Je roulai vite. Je n'avais pas l'habitude de conduire toute seule. Pas depuis longtemps et j'adorais ça. Je me garai dans le parking de l'église et je poussai la porte. Ça avait déjà commencé. J'essayai de repérer mon père et je me glissai juste à côté de lui. 

-Hey ? Tu es au courant pour Giulia ? 
-Non, murmura mon père.
-Sa mère et elle ont eu un accident de voiture et Eric est parti en urgences à Dallas.
-Excuse-moi.
Mon père me poussa et sortit de l'église précipitamment. Je me rapprochai de Mary qui était juste à côté de son fils. Je lui pris la main et posai ma tête sur son épaule. Je voulais faire chier Brian. Lui montrer que moi aussi j'étais proche de sa mère. Cela eut l'effet escompté puisque je sentis le regard hostile de Brian se poser sur moi.
-Dans la charité du Christ, donnez-vous la paix.
Je regardai les gens autour de moi s'embrasser, se serrer la main et je sentis bientôt les lèvres de Mary sur ma joue. Je détestais ça, serrer la main à des inconnus en leur faisant croire que j'en avais quelque chose à faire d'eux. C'est alors que je me retrouvai en face de Brian. Est-ce que je devais lui serrer la main ? Lui faire la bise ? Il semblait aussi un peu indécis, mais il finit par s'approcher de moi. Il m'embrassa sur la joue et glissa à mon oreille.
-Tu vas passer à la casserole avec Marc McDust tout à l'heure à Santa Monica. Penses-y quand il glissera sa main comme ça..
Brian dégagea ma mèche derrière mon oreille.
-Et qu'il te dira que tu es belle comme un cœur. On sabrera le champagne à ta virginité perdue à jamais.
Il me lâcha avant que je ne réplique quoi que ce soit et il retourna à sa place. J'étais furieuse contre lui. J'étais encore fâchée contre lui 15 minutes plus tard. Mon père n'était toujours pas revenu et je ne voyais pas les McDust à leur place habituelle. Mon téléphone vibra. C'était de Marc. Je suis désolé, mais je ne pourrais pas venir, il y a eu un décès dans ma famille, je viens de l'apprendre. Je suis vraiment désolé. Passe un bon dimanche.
Le pauvre.. je comprenais mieux pourquoi il n'était pas là. J'appelai tout de suite Sophie après avoir envoyé un SMS à Marc pour lui dire que je ne lui en voulais pas et lui exprimer mes condoléances.. Je voulais savoir si ma meilleure amie voulait venir avec moi à Santa Monica, mais elle refusa. Elle voulait aller voir le match de basket avec Cameron qui adorait ce sport. Ce n'était pas grave. J'allais y aller toute seule. Je remontai en voiture et je démarrai. Je vis Brian et Alexandra. Alexandra ??? Qu'est-ce qu'elle faisait là cette salope ? Je m'arrêtai au niveau de Brian et je sortis de la voiture. Elle fit une tête pas possible en me voyant au volant de cette voiture flambante neuve.

-Tu n'aurais pas de la monnaie sur 5$ ?

-Pourquoi tu demandes pas à ton père ?

-Parce que mon père n'a jamais de monnaie sur 5$. Je vais demander à ta mère.

-Non attends.

Il sortit son portefeuille et me donna ses 5$ contre mon billet.

-Tu veux que je te dépose à la maison Brian ? Ou tu attends que ta maman le fasse ? ajoutais-je après un petit sourire.

Brian glissa un mot dans l'oreille de sa petite amie et il l'embrassa avec ardeur, sa main se glissa sur sa hanche et il colla leurs deux bassins. Je retournai dans la voiture et il monta juste après. Il avait du rouge à lèvre sur le bord de la bouche. Il s'observa dans mon rétro et s'essuya doucement.

-Alors ? Tu es stressée ?

-Pour ? demandai-je.

-Et bien à l'idée d'ouvrir les cuisses pour McDust. D'après les rumeurs de vestiaire, il aime beaucoup les filles soumises et les trips SM. Le truc idéal pour une fille comme toi incapable de dire non à quoi que ce soit. 

-Va te faire foutre.

-Oh arrête de faire ta prude, tu es profondément agaçante.

Je m'arrêtai brusquement sur la route. Il n'y avait pas de voiture derrière nous.

-Je ne veux pas te parler de ma vie sexuelle qu'elle soit active ou non. Ça ne te regarde pas. Je ne rentrerai pas dans ton jeu pervers.

Brian se tut alors que je redémarrai.

-Je voulais juste faire la conversation. Mais évite de chopper le sida avec lui. Juste un conseil. Demande lui la dernière fois qu'il s'est fait dépister avant de faire quoi que ce soit. Je ne fais pas ça pour toi. Mais pour John. Ça le détruirait et impacterait sur ma mère et sur moi. 
-Tu t'es déjà fait dépister ? 
-Ouais évidemment. Je n'étais pas puceau avant Alexandra et il vaut mieux prévenir que guérir. Quand on veut être un adulte, il faut agir en conséquence. J'estime que j'ai le droit d'avoir une vie sexuelle comme un adulte alors il faut que je gère derrière. Pourquoi tu rougis ? Ah oui pardon.. Sarah la Pucelle.. d'ailleurs en parlant de puceau..
-Si tu parles de Cameron, je te laisse sur le bord de la route. 
-Je ne voulais pas parler de lui mais puisque que tu me lances sur le sujet.. Il est vraiment con ce mec. Je ne comprends pas que Sophie qui est un canon sorte avec lui. Je veux dire, j'ai compris qu'elle portait des lunettes pour paraitre intelligente et pour ne pas révéler sa beauté naturelle et sauvage. Elle pourrait sortir avec qui elle veut, alors pourquoi avec le puceau ? 
Je ne répondis pas. Uniquement parce que j'étais, dans le fond, d'accord avec lui sur ce coup là. Je ne l'entendis pas pendant une bonne minute et je vis qu'il était avec son téléphone. 
-Ouais, salut Sophie, je suis avec McAllister et on se demandait pourquoi tu sortais avec Cameron alors que tu pourrais sortir avec n'importe qui au lycée. Rappelle-moi, salut ! 
Je faillis faire une crise cardiaque.
-Oh putain, tu n'as pas fait ça ??? SALLLLLLOOOOPPPPPERIE ! 
Je calai et j'en profitai pour lui taper dessus. Il commença à parer et il finit par saisir mes poignets pour m'empêcher de bouger. 
-Quoi ? Tu te poses, la question, je me pose la question, je demande, je suis quelqu'un d'entier moi madame. Contrairement à toi qui est fourbe. Je vais sortir ici, je peux rentrer tout seul.
Il claqua la portière en sortant et clairement, j'eux envie de l'écraser. À la place je filais en dehors de Los Angeles direction Santa Monica. La voiture High Tech de mon oncle détectait mon téléphone portable sur un écran tactile devant et je pouvais diffuser la musique de mon nouvel iPhone. J'entendis le bruit d'une sonnerie et sur l'écran tactile, je vis Appel de Sophie Harper. Je tapotai sur décrocher et j'entendis la voix de Sophie.
-Tu te fous de ma gueule ? 
-So ! C'est pas ce que tu crois, Brian a décidé tout seul de te t'appeler, je ne sais pas pourquoi, il a grave déconner.
-Pourtant il avait l'air profondément sérieux !
-C'est Brian, dès qu'il dit une connerie, il est hyper sérieux. Je suis désolée qu'il t'ait blessé. Vraiment.
-Je t'entends vraiment mal, tu es en voiture ? 
-Ouais, dans la voiture de mon oncle, je vais à Santa Monica toute seule. J'ai besoin de m'isoler. 
-Je pensais que tu avais changé d'avis, pas que tu allais t'y rendre toute seule. 
-Ce n'est pas grave. Je vais passer sous un tunnel, je te laisse.

Je raccrochai rapidement, alors qu'il n'y avait pas de tunnel. J'augmentai le volume sonore et je filai sur l'autoroute. Lorsque j'arrivai à Santa Monica, il faisait beau et la voiture m'indiquait qu'il faisait 18° dehors. Pour un mois de décembre, c'était plutôt cool. Je me garai sur le parking de la plage de Santa Monica et j'allai m'asseoir sur le sable fin et blanc. Il y avait quelques personnes dont une qui se baignait et une bande qui faisait du surf. J'avais un peu faim. Mais je décidai d'aller me baigner. Je retirai mon manteau, mes bottes, mon jean et mon T-shirt. Je restai en sous-vêtements et je courus vers l'eau. Elle était glacée mais je me jetai dedans tout de même. Je me mis à crier, puis à rire avant de commencer à nager. Je me sentais comme un poisson dans l'eau.. glacée certes, mais dans l'eau quand même. Je me sentais bien. J'allai loin dans la mer, jusqu'à ce que je n'ai plus pieds et là, je restai sous l'eau un moment. Je ne sentais plus le froid, je voyais le soleil briller à la surface. Je fermai les yeux. Ma vie aurait pu être facile. Je serais sortie avec Marc, j'aurais vécu ma petite vie tranquille mais il avait fallu que mon père tombe fou amoureux de Mary. Et que Mary ait eu des gosses avant. Je sentis bientôt des bras me prendre et me ramener vers la surface. J'ouvris les yeux et je vis l'archétype du californien surfeur blond et bronzé, un nez aquilin, une mâchoire carrée, de grands yeux bleus. Il me tenait.
-Ça va ? me demandait-il d'un ton inquiet.
-Ça va.
-On t'a pas vu remonter c'est pour ça. 
Je voyais que la bande de mec s'était rapprochée. 
-Non mais j'essayais de voir combien de temps je pouvais tenir sous l'eau.
-Sans combinaison en plus ? Pas longtemps, sourit-il.

Je savais que j'allais bien m'amuser avec eux et en effet, je m'amusais bien. Je retournai sur la plage en compagnie de ce gars blond. Sauf que j'avais froid pour le coup. Je n'avais pas vraiment l'intention de me baigner en venant. Il me passa sa serviette. C'était sympa. Il était plus vieux que moi, l'âge de Marc environ. Sa petite amie arriva et elle m'aida à me sécher les cheveux. Elle était adorable et native de Santa Monica. Je restai avec eux une partie de l'après-midi. J'avais l'impression d'être une aventurière et d'être une autre. Personne ne me connaissait là. Je pouvais leur dire n'importe quoi, personne ne saurait si c'était la vérité ou pas. C'est pour ça que quand ils décidèrent d'aller dans un bar tenu par le frère de l'un deux, je les suivais. Quand ils mirent une pinte de bière devant moi, je l'avalai. Quand ils me dirent d'avaler une Dame du Lac, composé de bière et de whiskey, je le fis. C'était amusant. Je perdis la notion du temps dans cet univers où j'étais juste Sarah, la fille suffisamment givrée pour se baigner en culotte en décembre. Je dansai sur une table avec des filles, je pris des photos et des vidéos. Je m'amusai comme une folle. Mon téléphone sonna à un moment donné et je répondis.
-Ici Bridget Jones, déesse du sexe et de la débauche, celle qui tient un sale type en ses cuisses.
Toute la bande de joyeux lurons que j'avais rencontré se mit à rire.
-Je peux savoir où tu es Sarah ? 
-Papa ????
Il y avait un bruit monstre derrière moi et leurs rires redoublèrent.
-Oui, je suis ton père. Et je veux savoir où tu es. Ne me force pas à te localiser avec ton téléphone ou la voiture de ton oncle.
-Non mais pourquoi tu t'inquiètes comme ça vieux ? Je serai rentrée à l'heure pour le coucher.
Je fis un clin d'œil à un de mes compagnons et ils hurlèrent de rire. 
-Il est 23h. Tu devrais déjà être rentrée.
23h ? Déjà ? Je regardai la grosse pendule au dessus du bar Ah oui. En effet, il était tard. 
-J'arrive. Je suis toujours à Santa Monica en fait. Je prends la voiture tout de suite et je rentre. Pardon, j'ai rencontré de vieux amis sur le chemin et on a parlé parlé.. j'arrive. J'ai plus de batterie, je la conserve. Salut.
Je raccrochai. J'avais 50% de batterie mais je n'avais pas envie de parler plus que ça à mon père. D'autant plus que l'une de mes chansons préférées venait de commencer. Je remontai sur une table et je commençai à me déhancher avec une autre fille. Je restai encore quelques minutes et après avoir pris en contact tant téléphonique que social, tous mes nouveaux amis avec la promesse de se revoir bientôt, je quittai le bar. Je montai dans la Audi et je démarrai. Je ne pensais pas vraiment que j'aurais dû reprendre le volant. Aussi je roulai doucement pour ne pas me prendre une amende ou me faire arrêter ce qui aurait été pour mon père le pompon. Je me garai plus loin que la maison, sur une place et je continuai le chemin à pieds. Je préférais. D'une parce que j'espérais que m'aérer un peu retirerait l'odeur de la bière que l'un des gars avait renversé sur mon T-shirt pour le concours de T-shirt mouillé. Mais je me trompais. J'appelai mon père pour lui dire que j'étais là dans 5 minutes. Il m'attendait assis dans les escaliers. Il avait l'air furieux.

-Salut.
-Tu te fous de ma gueule ou quoi Sarah Gabrielle McAllister ? 
-Heu..
-Il faut 20 minutes pour arriver ici, je t'ai appelé il y a 1h30.
-Non mais..
-Et en plus tu pues l'alcool. Tu me déçois. 
-Mais Papa...
-Jusqu'à nouvel ordre mademoiselle McAllister, vous êtes privée de sortie. Tu devras rentrer à la maison dans la demie-heure après la fin de ton lycée. Sinon, je m'arrangerai avec ta belle-mère pour qu'on aille te chercher également. Et Sophie n'aura pas le droit de venir à la maison ou toi chez elle.
-C'est une blague ? 
-J'ai l'air de plaisanter ? Sérieusement ? Maintenant tu montes dans ta chambre, tu as cours demain.

Je relevai le menton insolemment et je montai dans ma chambre. Ça aurait pu être pire.. C'est ce que m'aurait dit tout le monde.. Mais il avait dit que je l'avais déçu.. et lui, il ne m'avait pas déçue par hasard ? Il ne voulait plus que je vois Sophie en plus ? Saloperie ! J'arrivai en haut des escaliers quand mon père m'interpella.
-Oh en fait, Sarah, ton ordinateur, tu me le donnes.
-Quoi ??? m'écriai-je. J'en ai besoin pour travailler.
-Justement, pour travailler, tu n'auras qu'à le demander à ta belle-mère ou à moi pour t'en servir. Estime-toi heureuse que je ne te prive pas de portable.
-Tyran, marmonnai-je.
-Je suis peut-être un tyran, mais de toute évidence, j'ai eu une éducation trop laxiste avec toi, si tu penses que tu es autorisée à rentrer à toute heure du jour et de la nuit, sans prévenir de l'endroit où tu te trouves. Ce n'est pas un hôtel ici, mais une maison de famille. Tu me déçois.
-J'avais compris. Ce n'est pas la première fois et tu sais quoi, ce ne sera pas la dernière autant t'y faire maintenant, ironisai-je en me retournant totalement et en descendant 3 marches.
-Dois-je ajouter l'insolence à tout ça ? Tu sais ce qui m'horripile le plus Sarah ? C'est que tu es ivre.
-Je ne suis pas ivre.
-Oh si tu l'es. Et tu as repris la voiture... Ta mère a été percuté par un petit con qui était ivre. Il l'a tuée et il a gâché sa vie et la nôtre. Je ne pensais pas que tu serais capable de ça un jour. Je suis meurtri de constater que tu n'as pas assimilé ça alors que tu as été du côté des victimes. Tu es irresponsable. D'ailleurs, tu n'auras pas le droit de conduire jusqu'à nouvel ordre.
-Donc j'ai pas le droit de conduire, de sortir, j'ai le droit de respirer ou ça aussi tu vas y mettre des limites ? Je vais me coucher.
Je montai dans ma chambre et me carrai sous les draps. J'entendis mon père monter les escaliers, s'arrêter devant ma porte.
-John, disait Mary, viens te coucher. Tu verras ça demain, elle a besoin de se reposer.
-J'arrive mon amour.

Je finis par me lever environ 5 minutes plus tard, je pris mon téléphone, mon ordinateur et je sortis dans le couloir. J'allai directement vers la suite parentale. Je ne frappai pas, mais j'allumai ma lumière. Mary était assise sur mon père, en nuisette et lui était torse nu. Je ne levai pas les yeux au ciel. Ils étaient mariés, ils faisaient ce que bon leur semblait. Je lançai mon Macbook Air et mon iPhone sur le lit, à la place où aurait dû se trouver Mary. 
-Tu peux garder ton téléphone Sarah.
-Je n'en veux pas. Je l'ai accepté pour te faire plaisir, c'est tout. Alors je te le rends. Tu peux en faire ce que tu veux et le donner à une personne responsable. Qui sait ce que ta délinquante de progéniture pourrait faire avec ? 
Je tournai les talons et je retournai dans ma chambre avant qu'il ne dise quoi que ce soit. J'avalai mes antalgiques et je passai une nuit courte. Je voulais me lever plus tôt pour ne pas croiser mon père. J'y arrivai et je laissai un mot sur la cuisine pour leur dire que j'étais partie. Je récupérai la voiture de mon oncle et j'allais chez Starbucks pour prendre un petit déjeuner. J'y croisai Paul McDust. Il avait l'air totalement crevé.

-Salut.

Il leva les yeux vers moi et retira son sac pour que je m'asseye à côté de lui.

-Ça va ?
-Ouais, ça peut aller, je n'en pouvais plus de la famille alors je suis venu me réfugier ici. 
-J'ai appris pour le décès. Toutes mes condoléances. Tu viens au lycée ? 
-Oui oui. C'est juste mon grand-oncle qui est mort. Tu te souviens peut-être de lui, il avait des cheveux roux très très prononcé.
-Ah oui !!! Il nous donnait toujours de l'argent pour les bonbons quand on était gosse. J'en suis d'autant plus peiné.
-Tu as toujours été une fille bien de toute façon. D'ailleurs je voulais te dire, pour samedi soir..
-Ce n'est rien.
-Non. Ce n'est pas rien. Je suis désolé parce que je n'ai pas réagi. Je suis resté beaucoup trop passif durant ces derniers temps. Je voulais te dire que c'était terminé. Tu es mon amie d'enfance Sarah. On se connait depuis l'époque des couches. Qui plus est, tu sors avec mon frère, si ça se trouve dans quelques années, on sera de la même famille. 
-Enfin.. tu vas un peu vite.
-Oui peut-être mais on ne sait jamais. Tu peux compter sur moi maintenant.
Il était sincère. Ses grands yeux bleus étaient écarquillés et brillants. Je me penchai pour l'embrasser sur la joue. Je retrouvais le Paul qui jouait avec moi enfant, cela me faisait plaisir.
-Tu es venu en voiture ? 
-Non, répondit Paul. Marc m'a déposé en partant ce matin pour Stanford. C'est pas loin, j'avais l'intention d'y aller à pieds.
-Je t'emmène, j'ai piqué une voiture de mon oncle Eric. 
Quand il la vit, il resta bouche bée.
-Ah ouais. Ça c'est de la voiture.
-Tu veux la conduire ? lui demandai-je en souriant.

Il se tourna vers moi, on aurait dit un enfant devant un nouveau jouet. Je lui tendis les clefs et il s'installa côté conducteur. Il caressa le volant du bout des doigts.
-Ça se conduit tout seul. C'est un truc de fou. Oh my God, elle a détecté mon téléphone.
-Absolument ! Regarde la route quand même. Elle ne peut pas conduire à ta place.
Il me fit un clin d'œil et quand nous arrivâmes au lycée, il resta assis, les mains rivés sur le volant.
-J'ai pas envie d'aller en cours. 
-Moi non plus, mais autant toi tu as une excuse, autant moi...en plus mon père m'en veut donc.. je vais pas le fâcher en faisant l'école buissonnière ne plus.
-Ouais tu as raison. Merci de m'avoir accompagné.
-Ce n'est rien et..
Il détacha sa ceinture et se tourna vers moi pour poser ses lèvres sur ma joue.
-Merci.
Je me tournai vers lui, nous étions proches. J'avais l'impression de retourner en enfance. Je sortis de là et après avoir récupéré les clefs, je me rendis en cours. Quand je rentrai dans le laboratoire de physique, les gens commencèrent à me regarder bizarrement. Je m'installai et le cours commença. À la fin, j'entendis des murmures sur mon passage. Même Alexandra me regardait bizarrement, sauf qu'elle avait son petit air arrogant sur le visage et qu'elle se mit à pouffer de rire juste après. J'avais un bouton sur la figure ou quoi ? Sophie, qui lors des cours en laboratoire, n'était pas avec moi, arriva vers moi précipitamment.
-Je pensais que j'allais te trouver dans un état pire que ça.
-Pourquoi ? 
Sophie me fixa elle aussi comme si j'étais folle. J'allais lui demander ce qu'elle avait quand je vis mon casier. J'ouvris grands les yeux et je m'y rendis facilement. Il y avait des photos de moi dessus. Des photos de la veille dans le bar de Santa Monica, au moment du concours de T-shirt mouillé à la bière. On voyait ce gars de la veille, verser sa chope de bière sur moi. J'avais l'air d'une grosse fêtarde. D'ailleurs, il y avait écrit sur la photo : Envie de faire la fête, contactez Sarah McAllister, Il y avait un flash code.

-Mais qu'est-ce que tu as fait Sarah ? 
-Qui a mis ça ? m'étranglai-je.
-Bah, moi perso je les ai vu sur ton mur Facebook tout à l'heure en arrivant. Je pense que..
-J'ai pas de téléphone aujourd'hui. Mon père va m'assassiner quand il va voir ça...
Sophie s'arrêta et ouvrit les yeux. Je me tournai dans sa direction, il y avait une autre affiche de moi. D'ailleurs, en regardant, il y en avait à tous les tournants. Je lâchai mon sac au sol pour les arracher avant que les gens les voient. C'est alors que je vis Brian. Avec des affiches en main. Je venais de trouver le coupable. La colère monta en moi. Je rugis et je lui sautai dessus. 

-Espèce de connard !!! 

-Mais LÂCHE-MOI !!

Il me passa par dessus son épaule et je lui fis un croche-pieds. Les gens s'étaient réunis autour de nous. Brian se défendait mais il n'attaquait pas alors que je lui donnais des coups d'ongles. Il finit par en avoir assez que je le frappe parce qu'il me maitrisa en dix secondes et il me plaqua contre un casier. 
-C'est pas de ma faute si tu es une pétasse qui se fait peloter par des mecs dans des bars de Santa Monica le dimanche, lâcha-t-il à voix haute. J'étais entrain d'enlever ces affiches à la con, mais puisque tu le prends comme ça..
Il me lâcha et parla d'une voix distincte, tout en redistribuant les affiches.
-N'oubliez pas que le numéro de Miss t-shirt mouillé est dans l'annuaire du lycée ! Je paye un verre au premier qui la dépucèle.
-Qui te fait croire que je le suis encore, sale pervers ? 
-C'est sûr qu'avec ce que tu fais dans les bars, qui sait si tu te souviens du premier qui a écarté tes cuisses frêles ?

Tout le monde éclata de rire. 
-Tu es un goujat de la pire espèce Brian Miller. Si ta mère te voyait, elle aurait honte de toi. Je suis certaine qu'elle ne t'a pas élevé comme ça.
-Entre mon comportement et le tien, je crois pas que ce soit de moi qu'elle aurait le plus honte. Je veux dire.. c'est toi la fille facile du lot.
Il tourna les talons et je lui jetai l'une de mes chaussures dessus. Il se figea et les gens autour de nous arrêtèrent de respirer. Il la ramassa ouvrit la fenêtre du couloir et avant que je puisse l'arrêter, il la jeta.
-Fille facile et pieds nus. De quoi avoir la renommée que tu as toujours souhaité McAllister.
Il s'en alla sous des applaudissements et des rires. Sophie se précipita vers moi. 
-C'est bon vous dégagez. Le premier qui fait courir cette rumeur stupide, je demande à mon oncle de l'assigner au tribunal, c'est clair !! 
Sophie était remontée. Je retirai ma seconde bottine et je me rendis à mon casier pour prendre ma paire de basket de sport. J'aurai voulu courir dehors pour récupérer mon autre bottine mais je ne pouvais pas, j'avais un cours de français. Clairement, je n'avais pas envie. Mais vraiment pas. Ça me rappelait Brian. 
-Excusez-moi madame, je ne me sens pas très bien, est-ce que je peux sortir, s'il-vous-plaît ?
Je regardai Sophie sans comprendre. Elle se leva et sortit de la salle. Elle revint 10 minutes plus tard et elle me fit un clin d'œil. J'avais compris. Elle était partie chercher ma chaussure. Elle était trop gentille, je ne la méritais pas. À la fin du cours, j'allai à mon casier pour changer de chaussures. C'est alors que je vis un papier coincé dedans : Si tu as envie de passer un bon moment appelle-moi au 310-860-1687. J'hallucinais.. c'était une sorte de mauvais rêve. J'avais l'impression d'être dans Easy A. Sauf que j'avais pas envie d'être comme ça. Les gens me fixaient dans les couloirs. Je ne savais pas où était Sophie. Je la vis arriver avec un sac du chinois juste à côté. Elle savait que l'épreuve de la cafèt aurait été trop pour moi. Pas après ce que m'avait dit Brian. D'autant plus que je sentais dans les regards des mecs qui me suivaient. Brian leur avait jeté un véritable challenge. Je me sentais prise au piège, et encore plus quand j'entendis une fille que je ne connaissais même pas murmurer un paraît qu'elle a participé à une partouze dans un bar. Je me retournai. Vu sa tête, elle était en première année de lycée, soit un an de moins que moi.. Ce n'était pas possible. 
-Tu n'as pas honte de faire circuler des rumeurs dégueulasses ? 
-Je ne fais que répéter ce qui se dit... c'est vrai ? Parce que tu n'as pas nié. 
-Évidemment que je nie, c'est Miller qui..
-C'est ce que m'a dit Jul'. Parait qu'elle l'a largué et que c'est pour ça qu'il s'est vengé dans les couloirs, continua la fille en se tournant vers sa copine.
Je les haïssais. Sophie prit immédiatement le relais.
-Alors tu vas m'écouter, gamine, tu es plus jeune que nous et j'ai les moyens financiers de faire de ta vie un enfer au lycée. Si tu continues à faire circuler cette rumeur dégueulasse, tu vas savoir ce que cela fait d'être un loser, compris ?

La fille fit une moue et nargua ma meilleure amie.

-Ah ouais ? Vu que tu es la meilleure amie de la pute du lycée, je crois que ça en dit long sur toi et je ne vois pas...
-Je te demande pardon ? 
La voix de Paul claqua derrière moi. Je me retournai aussi vite. Il était furieux, pâle et il avait ses affaires de sport sur le dos.
-C'est quoi ton nom ! aboya-t-il en laissant tomber son sac au sol, comme si il allait la boxer.
-Clara Burnett, murmura la fille qui n'en menait plus large.
-Tu vas faire passer un message de ma part, Burnett, vu que répéter bêtement ce que disent les autres, c'est ce qui te fait vibrer. Sarah McAllister n'est pas une pute et toute personne qui le redira sera déclaré personna non grata par la famille McDust. Et personne n'a envie de se mettre notre famille à dos. Maintenant tu dégages ou ta vie au lycée sera tellement un enfer que la seule certitude que tu auras c'est que le seul moyen de m'échapper sera de te coller une balle dans la tête. Dégage ! 
Elle partit en courant avec sa copine. Sophie baissa les yeux et quand elle les releva, ils brillaient.
-Merci Paul. Je suis..
-Je ne l'ai pas fait pour toi Sophie, tu n'as pas à me remercier.
-Je voulais juste te dire que ça faisait du bien de savoir qu'on était pas seule contre le reste du monde et je suis soulagée de voir que l'enfant avec qui on faisait des dérapages dans la boue est toujours là. Je t'ai mal jugé, je suis désolée.

Paul hocha la tête et son téléphone portable sonna. Il s'excusa et s'éloigna vers le gymnase. Sophie et moi allâmes sur les gradins pour manger. Sauf que je n'avais pas faim du tout. Je n'arrivais pas à manger et encore moins à avaler ce que Brian m'avait fait. Il m'avait dit qu'il retirait les affiches mais je ne le croyais pas du tout. Celle qu'il avait en main étaient nettes. Il venait de me faire passer pour une fille facile devant tout le lycée. Dans quelques heures, cela aurait fait le tour du collège aussi. J'allai en cours mais je n'avais plus de motivation. J'avais pris mes médicaments et j'étais un peu stone en plus. J'avais envie de pleurer, de me planquer sous terre. Les rumeurs pouvaient détruire une réputation en quelques secondes. J'étais passée de rien du tout à fille de joie en une demie-journée. J'aurais préféré me passer de cette publicité mais rien ne pouvait arrêter une rumeur. Pas même une bonne volonté.


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