Le débarquement du Mayflower

38 minutes de lecture

-Je vais être en retard pour le spectacle de Tom pour Thanksgiving. Je vais me faire tuer par Mary. Sérieux. Je vais me faire tuer. Tu peux pas.. doubler la file ?

Sophie me fusilla du regard. Il était 19h et il y avait une circulation de folie.

-Non je ne peux pas. Je te rappelle que j'ai que 16 ans et j'ai pas envie de me taper une contravention alors que je n'ai mon permis que depuis quelques mois. SI tu n'es pas contente, tu n'as qu'à finir le chemin à pieds.

-Tu vas bien ?

Sophie soupira bruyamment tout en donnant un coup de klaxon.

-Excuse-moi. Je suis sur les nerfs. Je n'en peux plus de toute l'agitation à la maison. Ma mère est surexcitée, mon père est sombre. Et mon frère n'est pas là pour m'apporter son réconfort. Désolée, tu n'as pas à supporter ma mauvaise humeur en plus de ce temps de merde là !

Il pleuvait depuis le lundi à grosses gouttes, rien ne semblait vouloir faire cesser ce temps maussade qui commençait à se refléter sur notre humeur.

-On va passer à droite, on va faire un détour mais les gens prennent moins les petites rues.

Elle tourna et elle avait raison. Elle me fit un sourire et elle accéléra. Elle ralentissait à peine dans les virages.

-En fait, maintenant que j'y pense, on a pas eu de nouvelles de la voiture d'Alexandra.

-Tu déconnes ? J'en ai entendu parler pendant trois semaines tous les soirs. La voiture d'Alex par ci par là. Je n'en pouvais plus. Elle est déposée chez le garagiste et la petite fille à son papa à récupérer une autre voiture en attendant : celle de Brian. Il va la chercher tous les matins. Horrible.

Sophie freina brusquement pour laisser passer une vieille dame qui traversait en plein milieu de la route et elle reprit sa route.

-Il reste combien de temps ? demanda ma meilleure amie.

-4 minutes.

-On est laaaaaarge.

Elle fit un dérapage du tonnerre dans le parking, coupa le moteur et prit nos parapluies à l'arrière. Je pensais que nous serions les dernières.. et j'avais raison. Je ne savais pas où était Mary dans la salle mais je la repérai pas très loin du fond. Elle se retourna et me fit signe.

-Il faut un temps pourri dehors, dis-je en l'embrassant sur la joue et en passant devant elle pour me mettre juste à côté d'elle.

-Vous n'avez pas vu mon idiot de fils ? Il est en retard. Il m'a certifié qu'il avait largement le temps de passer à l'aéroport chercher ses grands-parents.

Elle avait l'air fâché. Je jetais un coup d'œil à Sophie.

-Vous avez passé une bonne journée sinon les filles ?

Elle se retourna vers nous en souriant, elle ne voulait pas nous imposer son inquiétude.

-Avoue, tu as flippé Maman.

Brian était là. Je me retournais, il était derrière sa mère et ses grands parents étaient juste à côté de lui. Mary ressemblait énormément à ses parents. Elle avait récupéré les grands yeux bleus de son père et la forme du visage de sa mère. Brian lui ressemblait à son grand-père, il avait la même mâchoire et le même sourire que lui. Je les saluais rapidement. Sophie avait sorti son téléphone et je la voyais taper. Brian est bien un Miller, ils peuvent pas le renier. J'hochais la tête et le rideau s'ouvrit. Au milieu du spectacle qui retraçait l'origine de Thanksgiving, j'entendis quelqu'un s'assoir sur le siège libre de notre rangée, juste à côté de Mary. C'était mon père. Je sursautais et il m'adressa un clin d'œil.

-Tom a déjà fait son entrée en scène ? murmura-t-il.

-Non pas encore, répondit Mary en l'embrassant.

Je pris mon téléphone et envoyai un message à mon père. Il me répondit aussitôt. Je me suis absenté deux heures pour voir le spectacle de Tom, un collègue me remplace. Je n'ai jamais loupé un seul des tiens ma choupi :). Mon père faisait des smileys. Okay. Tout allait bien. Je voulais montrer mon téléphone à Sophie mais elle écoutait d'un air détendu et attendri les petits chanter et faire un spectacle. Elle paraissait bien pour la première fois depuis des semaines. Surtout avec ce qu'elle m'avait dit avec les problèmes de son père. Je me replongeais dans la contemplation du spectacle. Je devais avouer que Tom avec ses grands yeux bleus et ses cheveux bruns était très mignon habillé en indien. Peu de temps avant la fin du spectacle, je me retournais vers mon père, il jouait avec son alliance d'un air pensif et il prit la main de Mary avant de lui murmurer quelque chose dans l'oreille. Je jetai un coup d'œil à Brian derrière moi, lui aussi regardait nos parents. Il tourna ses yeux vers moi et hocha la tête. Je ne savais ce qu'il venait de me dire de manière silencieuse. Aussi je regardais de nouveau la scène, alors que les enfants saluaient et que les parents applaudissaient leur progéniture. Le rideau se baissa. Mon père fit craquer son cou et se tourna vers ses beaux-parents pour les saluer. J'entendis mon père dire qu'il saluait Tom et retournait à l'hôpital pour sa garde.

-C'est très gentil d'être venu pour Tom, sourit Madame Miller.

-C'est normal, répondit mon père en souriant. Je vais essayer de le trouver avant de retourner travailler, j'ai une intervention dans 2h.

-Je viens avec toi, j'ai un truc à te demander, lâchais-je.

J'abandonnais Sophie derrière moi et mon père posa son bras sur mes épaules.

-Tu vas vraiment me laisser en territoire hostile ? Je peux venir à l'hôpital faire.. heu.. du bénévolat ce soir ? S'il-te plaît ?

-Les parents de Mary t'aiment beaucoup, ils lui ont dit. Ils trouvent, à raison, que tu es une fille bien élevée...

-Je peux aller chez Eric ce soir ?

-Non. Tu es la représente des McAllister ce soir. Fais moi honneur.

-Mais..

-Pas de mais. Tiens c'est Tom !

Mon père lui fit signe et le fils de Mary courut jusqu'à mon père qui le souleva dans ses bras, comme s'ils étaient seuls au monde. Mon père faisait ça avec moi jadis.

-Tu es venu !!

-Je ne voulais pas manquer ça, mon garçon. Par contre, je te ramène à ta mère et je file à l'hôpital.

Tom semblait touché et super content que mon père soit venu juste pour lui. Ce petit garçon avait besoin d'un père et le mien jouait ce rôle à la perfection, je devais bien l'avouer. Il le ramena dans ses bras et le lâcha un mètre avant de rejoindre le reste de la belle-famille.

-Courage Choupi. Tout va bien se passer.

Sophie parlait avec Brian. Elle ne remarqua même pas que j'étais revenue. Je posais ma main sur son épaule et elle se retourna en souriant, mais je voyais à ses yeux que le cœur n'y était pas. Elle n'avait pas envie de rentrer chez elle. Elle se pencha au niveau de Tom et je vis Brian sourire.

-C'était super Tom. Je suis contente d'avoir vu ça.

Elle l'embrassa sur les joues et le petit garçon devint rose.

-Je vais y aller, sinon je vais me faire hurler dessus. Je vais dire au revoir à Mary.

-Si tu en as marre de ta famille, viens squatter.

-Oui, carrément. Viens squatter demain, ça coupera les repas interminables où on a pas le droit de boire parce qu'on est trop jeune et qu'on est trop vieux pour partir sans demander la permission.

-Je verrai ce que je peux faire. Passe un bon Thanksgiving Brian. Oh, et rappelle-moi de te ramener ton T-shirt, un de ses quatre. Je vais pas le garder, même s'il me va à la perfection.

Ma copine se pencha pour poser ses lèvres sur la joue de Brian et je la fixai d'un air effaré. Ensuite, elle posa sa main dans le dos de Mary qui parlait encore à mon père.

-Je vais y aller. Passez un bon Thanksgiving. Vous êtes venu en voiture John ou en taxi ?

-Taxi. Ça allait plus vite.

-Je vais vous déposer à l'hôpital alors, j'ai un truc à vous demander. Passez un bon Thanksgiving, je passerai peut-être demain pour la balade digestive.

-Tu es toujours la bienvenue à la maison ma chérie, répondit Mary. Tu salueras tes parents de ma part.

-Je le ferai. Ça a été un plaisir de vous revoir monsieur et madame Miller.

Ma copine était vraiment trop bien élevé. Je voyais à la tête de Madame Miller que clairement, avoir une petite fille comme Sophie ne lui déplairait pas. D'ailleurs, un coup d'œil vers Brian m'apprit qu'il avait pensé la même chose du regard lancé par sa grand-mère à Sophie.

-Je vais ramener Sarah et Tom, Maman, Grand-père m'a dit que je conduisais comme un taré et que plus jamais il ne monterait en voiture avec moi.

-Tu roules à toute vitesse, le réprimanda Monsieur Miller.

-On était en retard, se justifia mon quasi-frère en levant les mains en signe d'innocence, je roulais à une vitesse normale... quand il ne pleut pas. Et on est encore vivant que je sache.

-Je n'aimerai pas que tu tues quelqu'un sur la route surtout quand elle est détrempée.

-Je ne pense pas que Brian mettrait la vie de Tom et la mienne en danger sciemment. Je lui fais confiance.

Je ne savais pas pourquoi j'avais dit ça. Peut-être à cause du regard que lançait le Colonel Miller à son petit fils qui moi m'aurait fait probablement fait vomir de peur. Brian me regarda le sourcil droit levé légèrement Le Colonel me sourit et le regard qu'il jeta à Brian se radoucit.

-Soit. Allez-y.

-Tommy, tu viens..

-Je préfère rester avec grand-mère, répondit le petit garçon.

-Okay. Sarah, on y va tout de suite avant que les gens ne partent en masse.

Il me tira par le bras vers la sortie. Il prit mon parapluie de mes mains et le tint au dessus de nous deux. Il pleuvait énormément. Il marchait vite et il m'ouvrit ma portière avant de la claquer et de faire le tour pour aller à sa place de conducteur. Il posa le parapluie par terre.

-Je propose qu'on fasse une trêve pour ce soir et demain, lâcha-t-il avant de démarrer.

-Ça veut dire que tu ne me fais pas payer cette fois-ci pour rentrer à la maison ? Wow, y'a du progrès.

-Je ne fais pas ça pour toi mais uniquement parce que mon grand-père sait tout et je n'ai pas envie d'un sermon parce que je me comporte pas en gentleman avec toi. Voilà pourquoi. Alors en ce qui me concerne, je fais une trêve et je ferai comme si je t'adorai et que nous avions une relation for-mi-da-ble.Mais soyons bien clair, ce que je t'ai dit l'autre jour est toujours d'actualité.

-Ça me va. Faisons plaisir aux parents. En fait, merci pour le devoir d'algèbre. J'ai une la note maximale.

-Évidemment. Je t'avais prévenu.

Il roulait rapidement. Tant mieux, plus vite je serai à la maison, plus vite je me sentirais à l'aise. Il avait mis la radio et il sifflotait. Il ne voulait pas me parler, trèèès bien. Je pris mon téléphone et je jouais à Angry birds. Il sifflota jusqu'à ce qu'il s'arrête brusquement. Tellement brusquement que j'avais dû me rattraper au tableau de bord. Tellement brusquement que sa voiture se tourna et que nous nous retrouvions entre les deux voies.

-Non mais ÇA VA PAS LA TÊTE ? Ton grand-père avait raison, t'es un fucking danger public ! Tu vas où ?

Brian avait retiré sa ceinture de sécurité et il sortait. C'est alors que je vis le souci en voyant un visage poupin me regarder à travers ma vitre. Brian se pencha vers le garçon. Je me détachais et j'ouvrais ma portière.

-Tu vas bien ? D'où est-ce que tu sors ? demandait Brian.

-Je suis perdu.

Il était vraiment tout petit. 5 ans, pas plus. La route était détrempée mais au moins il ne pleuvait plus. Le petit garçon par contre, lui, était trempé.

-Sarah, prends mes clefs et rentre à la maison.

-On devrait l'emmener au commissariat.

-Il est venu à pieds. Donc il habite dans le coin. Si on marche, ses parents ou peu importe nous verrons forcément. Sauf que je vais pas laisser ma voiture là alors..

-Je ne veux pas aller avec toi. Maman dit qu'il ne faut pas que je parle à des étrangers.

-Okay.

Brian prit son téléphone et le porta à son oreille mais il finit par raccrocher. C'est alors que je vis la voiture de police qui s'arrêtait. C'était un quartier résidentiel et nous bloquions le passage. Brian se dirigea vers eux et il se mit à parler à un policier en désignant le petit garçon. Je vis le policier hocher la tête et lui parler à son tour.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Rien chaton. Ça fait longtemps que tu es perdu ? lui demandai-je.

-Je ne sais pas. Je suis fatigué.

-Sarah ? Tu peux bouger la voiture, les clefs sont sur le contact ! me lança Brian qui parlait toujours avec la police.

Je pris la main du petit garçon que j'emmenais à côté de la voiture de police et je bougeais la voiture. Je n'avais pas conduit depuis la Ferrari de mon oncle. Je n'avais même pas mon permis sur moi. Je la garais juste un peu plus loin et je vis Brian ouvrir la portière de mon côté.

-Bouge. Tu attends quoi ?

-Un mot de politesse ?

-Bouge ton gros cul, s'il-te-plaît.

Il me poussa sans ménagement et comme je n'avais pas mis la ceinture de sécurité, je tombais sur le siège passager. Je grommelais et me rassis sur mon siège. Brian roula beaucoup plus doucement jusqu'à ce qu'on ait dépassé le commissariat de police. Il finit par rire.

-Je peux savoir ce qu'il y a de drôle ?

-On va se faire défoncer par ma mère.

-Je répète, je peux savoir ce qu'il y a de drôle ?

-C'est nerveux en fait. Tu devrais l'appeler, elle va s'inquiéter sinon.

Il avait raison. Mary était soulagée de m'entendre et quand nous fûmes à la maison, elle nous prit dans ses bras.

-Je me suis inquiétée, le petit garçon va bien ?

-Oui je pense, il était avec la police quand on est parti. Ton frère est pas là ?

-Non. Il ne peut pas venir finalement. Vous arrivez à temps pour le dîner...

-Je vais poser mon sac dans ma chambre et me changer, Mary. Mon jean est mouillé.

-Tu n'as qu'à me descendre ton linge sale si tu en as Sarah, je vais faire une lessive.

Je montais les escaliers et je croisais la grand-mère de Tom qui sortait de la chambre du garçon. Je lui souris et je rentrais dans la mienne. Il y avait des Millers partout. Je mis de la musique pendant que j'enlevais mon jean. Je pris une douche rapidement et quand je sortais Brian entrait juste.

-Le dîner est prêt. Ah. Tu n'es pas prête du tout.

-J'arrive dans deux minutes. Tu peux sortir le temps que j'enfile un truc ? Ou tu comptes me mater pendant que je m'habille ?

-Encore faudrait-il que tu aies les cojones suffisantes pour te mettre à poil devant moi.

J'allais ouvrir ma serviette de bain et la laisser tomber au sol mais quand il comprit ce que je comptais faire. Il éclata de rire et sortit de ma chambre. Abruti. J'enfilais une robe et une culotte. J'avais la flemme de mettre un soutien-gorge. Je descendis les escaliers et sautais par dessus la rambarde pour les dernières marches. Je me rendis dans la salle à manger où déjà j'entendais la belle famille de mon père rire.

-Vous êtes vraiment très jolie Sarah dans cette robe.

-Merci madame Miller. Tu as besoin d'aide Mary ?

-Non c'est bon ma chérie.

Je m'asseyais et je me retrouvais en face de Brian. Les parents de Mary parlaient de la vie au Texas. Sauf que Brian n'écoutait pas du tout. Il me regardait bizarrement et soudainement, il détourna les yeux. Je remarquais que son grand-père était fixé sur lui, l'air un peu pincé.

-Tom, mon chéri, tu vas aller te laver les dents et te coucher.

-Mais Maaaamaaaan ! Je ne peux pas rester un tout petit peu ?

Mary pencha la tête sur le côté alors que son fils faisait des yeux ronds.

-Tom sois...

-Tommy, l'interrompit son fils aîné. Va te mettre au lit, il est tard.

Brian venait de parler d'un ton qui ne laissait pas voix au chapitre à son petit frère et je pouvais voir que ses grand-parents étaient abasourdis. Tom arrêta son regard de chien battu. Il sourit à sa grand-mère et lui demanda si elle voulait bien venir le border. Brian se leva pour débarrasser la table et une fois qu'il se rendit dans la cuisine, le Colonel se tourna vers Mary.

-Je ne comprendrais jamais l'éducation que tu lui as donné.

-Je te demande pardon ?

-Tu laisses toujours ton fils donner des ordres à son cadet à ta place.

-Sarah, tu peux aller me préparer une tisane ?

-Oui.

Je me levais précipitemment et je me rendis dans la cuisine où Brian sifflotait en rangeant les plats dans le lave-vaisselle.

-Tu.. veux de la tisane toi aussi ?

-De la tisane ? Qui t'a demandé de la tisane ?

-Ta mère.

-Ma mère boit du thé vert après le repas. Jamais de la tisane. Elle boit de la tisane l'après-midi.

-Je crois que ton grand-père est entrain de passer un savon à ta mère parce que tu as dit à Tom d'aller se coucher alors qu'il ne voulait pas obéir à Mary.

Brian cessa de siffloter. Il fronça les sourcils et sortit de la cuisine. Du moins, il essaya parce que je le retins par le bras.

-Non. Laisse-les parler un peu entre adulte. Si tu y vas, le seul truc que tu vas réussir à te faire, c'est te faire engueuler.

-Mais..

-On a fait une trêve pour Thanksgiving. C'est normal de s'entraider quand on est une vraie famille. Ne pointe pas le bout de ton nez avant une bonne dizaine de minutes.

Je cherchais les filtres à thé dans le placard au dessus mais je ne les trouvais pas. Je me reculais et sifflais. Quelqu'un les avait encore mis sur l'étagère du dessus. Je commençais à grimper sur le plan de travail quand je sentis une présence derrière moi. Je vis le bras de Brian récupérer les filtres avant que je le fasse. Je le remerciais en me remettant sur mes deux pieds. Je me retournais, il n'avait pas bougé lui, tant et si bien que je me retrouvais entre la cuisine et lui. Il plissa des yeux.

-Je n'avais pas remarqué que tu étais aussi petite en fait. C'est moi qui les ai posé là, je ferai gaffe la prochaine fois pour ne pas que tu montres plus qu'il ne faut de ton anatomie. Elle est vraiment courte cette robe. Tu devrais la porter plus souvent. Au lycée, par exemple. Bon bien sûr, faudrait que tu mettes un soutif mais.. Elle te va bien. Vraiment. Bien.

-Qu'est-ce que..

-On a fait une trêve, non ?

Il s'approcha encore plus de moi, presque à me frôler, et il prit le pot de sucre et le plateau. Je le regardais préparer le thé que sa mère m'avait demandé.

-Tu pourrais aller en porter une tasse à ma grand-mère ? Elle doit encore être avec Tom.

J'y allais et en redescendant, j'entendis Brian parler à son grand-père et quand il me vit, il arrêta.

-Tu veux du thé Sarah ?

-Oui, je veux bien. Merci Brian. Je voulais me faire un marathon de série, ça vous dérange ? Parce que sinon, je vais dans ma chambre ou dans le bureau de Papa, il a une télé.

-J'accepte uniquement si tu mets la dernière saison de Homeland.

-Je voulais marathoner en regardant Hostages.

-Version israelienne ?

-C'est la meilleure version.

-Je fais du popcorn et je te rejoins.

-Vous voulez regarder avec nous monsieur Miller ?

-C'est gentil de proposer mais nous avons fait un long voyage et je pense que je vais me reposer.

Je lui souris et je retournais dans ma chambre pour aller chercher ma couverture tricotée à la main. Elle était d'une douceur incroyable. Je l'adorais. J'enclenchais Hostages et Brian vint s'asseoir juste à côté de moi avec un gros saladier de popcorn. Son téléphone sonna et il décrocha.

-Hum.. hum.. Écoute Alex, je suis occupé là, on a qu'à se rappeler demain. Oui. Oui. Salut.

Il venait de parler avec un ton détaché et froid. Il devait sûrement avoir quelques griefs contre elle après ce qu'elle avait à Sophie.

-Tu vas au bal de Thanksgiving demain soir ?

-Non. J'ai un match important le lendemain et je préfère dormir un maximum. j'imagine que tu n'y vas pas, toi.

-Non. Alexandra va tirer la gueule si tu n'y vas pas.

-J'ai les moyens de me faire pardonner.

-Ah ? Je pensais que tu étais fauché en ce moment ? Ce n'est pas pour ça que tu m'as réclamée 15$ l'autre jour ?

-Je ne pensais pas à ce genre de moyens.

Je ne savais même pas pourquoi je lui avais posé la question. Sérieusement. Il avait désormais un air pervers sur le visage. Il me regarda avec le rire sur les lèvres.

-T'es con ! lâchais-je en ramenant ma couverture sur moi.

Au bout d'une petite demie-heure, je me tournais vers Brian qui avait posé ses pieds sur la table basse.

-Tu as pas envie d'une demie-bière avec moi ? Genre, ils sont tous couchés.. personne ne le verra..

-Tu as envie d'une bière ? Toi ?

-Oui, mais comme je ne suis pas sûre d'aimer ça, y'aura pas de perte.

-Okay. On finit l'épisode et je vais t'en chercher une.

Il se leva et apporta deux verres et une bière. Il la partagea en deux et m'en tendit un, tout en se réinstallant entre les coussins du canapé. Elle était très fraiche.

-Alors ?

-C'est étonnant comme goût mais c'est pas mal.

-On s'habitue au goût à force d'en boire.

-Tu en bois depuis longtemps ?

-2-3 ans. J'avais 13 ans, la première fois que j'ai goûté. J'étais avec mon oncle. J'ai trouvé ça dégueulasse. Vraiment. Et après, à force d'en boire avec des potes et faire comme si j'aimais ça, j'ai fini par apprécier réellement.

-Je ne me souviens pas trop de ton oncle.

-C'est ma mère en homme. Ils sont hyper semblable. Lui et moi, on est pareil, ajouta-t-il avec un sourire sur les lèvres.

-Ça veut dire que ta mère et toi vous êtes pareils ?

-Tu l'avais pas encore remarqué ?

-J'envie la relation que tu as avec ta mère.

Il se retourna vers moi, il était super surpris.

-La mienne me manque. Je le remarque maintenant que je vis avec une autre femme. Ma mère me manque...énormément. Ton père ne te manque pas à toi ?

-Non. Pas du tout. J'ai vécu plus longtemps sans lui qu'avec lui. En ce qui me concerne, je considère que je n'ai pas de père.

-Est-ce que ça te fait bizarre d'avoir mon père ? Je veux dire.. ici. De vivre avec mon père.

-Heu.. contrairement à toi, où ton père, ne ramenait personne pour ne pas te choquer, j'ai vécu avec les petits amis de ma mère, moi. Alors non. Maintenant. Ça me fait bizarre d'avoir quelqu'un qui se soucie de moi. Je ne sais pas si c'est réel, mais.. ça me fait du bien, d'avoir une figure masculine stable qui n'est pas du même sang que moi.

-Mon père tient à toi. Tu es le fils qu'il n'a jamais eu.

J'avais parlé d'un ton plus aigri que je l'aurai voulu au départ.

-Ton père t'aime plus que tout. Toi tu le vois pas, mais à chaque fois qu'il pose les yeux sur toi, c'est flagrant. Il y a toi et le reste du monde. Il prendra toujours ton parti. Il te laisse absolument tout passer. Tu te barres de la maison, il te laisse partir pendant des jours. Moi je me fâche et il me ramène à la maison, alors que tout ce que je voulais c'est rester tranquille et seul. Tu as de la chance d'avoir un père pareil. J'aurais donné n'importe quoi pour avoir un père comme le tien. Tu comptes laisser sur pause ? Je pensais qu'on faisait un marathon.

Je remis la télé. Je n'avais jamais eu une conversation aussi sérieuse avec Brian et ça me faisait bizarre. Je retournais à ma série, mais j'étais un peu chamboulée. Faire une trêve avec Brian ? J'avais l'impression que pour une fois, on aurait pu être ami. On parlait sérieusement, il se confiait, et moi aussi. C'était une impression étrange. Je m'endormis sur le canapé à un moment donné et quand je me réveillais le lendemain, j'avais ma tête sur lui. Il avait sa tête en arrière, la bouche légèrement entrouverte. Lorsque je bougeais, il grommela mais il ne se réveilla pas. Je me glissais en dehors de ma couverture et me rendis dans la cuisine. La grand-mère des garçons était avec sa fille et elle faisait de la pâte à pancakes.

-Bonjour Mme Miller, salut Mary.

-Salut Sarah ! Tu as bien dormi ? Mon fils est suffisamment confortable ?

Je rougis violemment et Mme Miller se mit à rire.

-Vous étiez tellement paisibles, je n'ai pas osé vous réveiller. Tu peux aller te recoucher si tu veux ma chérie.

-Je vais aller me laver et je vais aller chercher des viennoiseries.

J'entendis un borborygme derrière moi. Je me retournais c'était Brian. Il se fit craquer les articulations et embrassa sa grand-mère et sa mère. Il allait faire la même chose avec moi mais il s'arrêta au dernier moment.

-Tu n'es pas obligée ma chérie, me disait sa mère alors qu'il prenait place à côté de moi.

Je ne répondis pas tout de suite, un peu abasourdie de voir Brian prendre la tasse que sa mère venait d'abandonner et avaler une gorgée.

-SI si j'insiste. J'y vais en courant. J'ai envie de remettre au sport. Ça fait longtemps que j'ai pas couru.

-Parce que tu cours ?

-Oui. Pas depuis que vous avez emménagé mais.. oui je cours à la base. Avec mon père. Ensuite on va à l'appart', on fait un peu de rameur et on revient.

-J'ai pas compris cette histoire d'appartement ?

-Mon père a racheté un appartement à un de ses amis et pour le moment il en a fait une salle de sport. C'est tout. Bon je file.

-Tu vas où en courant ?

-Chercher des viennoiseries, à la Petite boulangerie.-Elle est à 5km d'ici.

-Bah oui justement. C'est l'idée.

-Hum...Douée comme tu es, tu risques de te faire écraser en y allant. Je viens avec toi. Ce sera plus prudent.


Avant que je puisse lui dire non , il se leva et fila. Je regardais Mary pour qu'elle dise quelque chose. Mais elle se contenta de sourire.

-Je ne peux rien dire, il ne changera pas d'avis. Il est très buté quand il veut. Laisse-le aller avec toi, il en a envie et en revenant, tu le laisses porter toutes les affaires. Prends de l'argent dans mon porte-monnaie.

-Non, c'est ma contribution à Thanksgiving. On a besoin de pains ou de choses comme ça ?

-Tu es adorable, mais j'ai commandé le pain dans la boulangerie du quartier.

J'acquiesçai et je montais prendre une douche rapide. J'enfilais mes habits de sports et je rejoignis Brian qui m'attendait en riant dans la cuisine.

-Bon on y va McAllister ? Qu'est-ce que tu es lente ! Allez !

Il était assis sur le plan de travail et il sauta avant de prendre son téléphone et de le mettre dans sa brassière.

-Bon, je cours vite, tu arrives à me suivre, tant mieux pour toi, tu n'y arrives pas, tant pis, me fit-il alors que je refermais la porte de la maison.

-Au cas où tu l'aurais oublié, j'ai été élevé par un homme. Mon père ne m'a jamais attendue, c'est moi qui l'attendais. ne sois pas surpris si j'arrive avant toi.

Il leva les yeux au ciel et il commença la course. J'aimais courir. Cela me permettait de me vider la tête. Je courais juste à côté de Brian, j'avais mis mes écouteurs. Il courait bien. Clairement à un kilomètre de la boulangerie, je n'en pouvais plus. Cela faisait des mois que je n'avais pas couru. J'avais mal aux mollets, mais je ne pouvais pas m'arrêter, montrer ma faiblesse à Brian. Lui semblait bien.

-Bah alors ? Fatiguée ?

Il éclata de rire et il accéléra le rythme comme pour m'achever. Il allait plus que bien. Mais je n'allais pas le laisser gagner, j'accélérais moi aussi et je sprintais au dernier moment pour avoir le plaisir d'arriver à la porte avant lui.

-Bravo banane, je te rappelle qu'on est censé revenir chez nous après et tu es crevée. Et si je reviens pas avec toi, je vais me faire défoncer.

-Je ne t'ai rien demandé, c'est toi qui t'es incrusté dans ma course.

J'ouvrais la porte de la boulangerie et quand je ressortais Brian était entrain de parler au téléphone, il avait l'air énervé.

-Je t'ai dit non hier, disait-il. Alexandra. Je n'aime pas me répéter. Je.. Oui. Okay. Je n'irai pas à ton bal demain, un point c'est tout. Je peux savoir ce que Sophie vient faire dans notre conversation ? Écoute, si tu n'es.. pardon ? Tu sais quoi ? Je vais raccrocher avant de devenir vraiment méchant. Salut. Et pour info, si tu te ramènes chez moi aujourd'hui pour venir me faire chier, tu peux considérer que notre relation est terminée.

Il raccrocha et se tourna vers moi. Il prit les sachets et marcha sans dire un mot.

-Est-ce que je peux te demander un truc Sarah ? Pourquoi quand on dit non à une fille, elle ne comprend pas et elle insiste ?

-Tu parles de quoi exactement ?

-De l'esprit féminin.

-Alexandra essaye de te forcer à aller à son bal de merde ? Elle veut juste ne pas se retrouver toute seule, elle a dû dire à toutes ses amies qu'elle allait réussir à te faire changer d'avis. Clairement elle ne te connait pas. Tu es borné comme mec. Je couche pas avec toi, mais moi je le sais.

-Borné ? Non. Quand je dis quelquechose je n'aime juste pas me répéter. Et elle commence sérieusement à me faire chier. Putain, j'avais super bien commencé ma journée et elle a réussi à me mettre de mauvaise humeur.

Son téléphone sonna. Il décrocha sans regarder.

-Quoi ?? aboya-t-il. Ah, oui on arrive maman. Ouais on est pas loin. Oui. Oui. Salut. Grand-père ne va pas tarder à arriver par là. Apparemment, il veut qu'on soit rentré plus rapidement. Tu es bien la seule à..

-À quoi ?

-Rien. Je passe chez le fleuriste, je vais prendre un bouquet pour ma mère.

Son grand-père nous trouva sur la route. Il nous ramena à la maison et je trouvais cela bizarre parce qu'il regardait Brian d'un air soucieux.

-Monsieur Miller, je peux vous poser une question ?

-Oui bien sûr.

-Est-ce que c'est vrai qu'au Texas, tout le monde porte des bottes de cowboy ?

Il éclata de rire. Brian aussi. Nous étions tous les deux à l'arrière de la voiture et Brian se pencha en deux de rire.

-Non, pas du tout, c'est un vrai cliché, mais quand vous viendrez à la maison Sarah, vous le verrez par vous même. Nous aurions adoré vous avoir avec nous la fois dernière, vous êtes une fille tellement bien élevée. Très loin des filles que fréquentent mon petit fils habituellement.

-Merci, je prends ça pour un compliment.

-Ça l'est. Mon petit-fils a tendance à trainer avec des jeunes femmes de mauvaises..

-Sauf votre respect, mon Colonel. Je couche avec qui je veux, et je ne crois pas qu'en parler avec la fille de mon beau-père changera la donne.

Le Colonel Miller lui lança un regard tellement froid dans le rétroviseur que j'en frémis.

-En tout cas, ça me ferait plaisir de venir dans le Texas. Surtout que j'ai cru comprendre que vous aviez des chevaux ?

-Absolument. Si vous aimez galoper en toute liberté, vous n'arriverez plus à partir de chez nous.

-Je n'ai jamais fait de cheval. Je trouvais ça glauque de faire de l'équitation en dehors de grands espace où la bête pouvait.. être libre. Alors j'ai toujours refusé. Je sais que ma mère était une cavalière émérite.

-Tu n'as jamais fait de cheval ? Sérieusement ? Wow. C'est impressionnant.

-Tout le monde n'a pas un cheval Brian, tu sais.

-Avait. Est-ce qu'il a souffert ?

-Non Brian. Je suis resté avec lui jusqu'à la fin parce que je sais que c'est ce que toi tu aurais fait. Il n'a pas souffert et il n'était pas seul.

Brian avait tourné la tête et regardait dehors. Il ne dit rien du tout pendant les deux minutes qui nous séparaient de la maison. Pendant le petit déjeuner, il essayait de ne pas regarder son grand-père.

-C'est quoi le plan pour aujourd'hui Maman ? Tu as besoin que je prépare quoi en particulier ?

-Tu t'occupes des desserts avec Tom. Maman, Sarah et moi on va s'occuper de la garniture et Papa, tu t'occupes de la dinde ? John ne devrait pas tarder de toute façon.

-Il m'a envoyé un message cette nuit, il va rentrer vers 10h50 finalement.

-Cette nuit ? sursauta Madame Miller.

-Oui, il m'a envoyé un message, mais je dors rarement avec mon téléphone allumé et il le sait. Il fait ça pour me tenir au courant de ce qu'il faut, pour me dire quand il rentre ou ce genre de choses. On a toujours fait ça depuis.. que j'ai un téléphone. On se donne de nos nouvelles.

-Vous êtes très proche de votre père, c'est bien, les filles sont toujours très proches de leur père ! sourit Mme Miller.

-Elle n'a pas eu trop le choix non plus, répondit Brian. Bon, je vais aller m'habiller. Ta famille arrive à quelle heure ?

-Heu.. je crois que mon oncle doit aller chercher sa fille à l'aéroport, je pense qu'ils vont venir dans la foulée.

-Juste sa fille ?

-Oui, Giulia. Mais.. c'est un sujet tabou. Sa femme l'a largué quelques jours avant que ma mère ne meure alors, on en parle pas. Évitez de lui poser la question.

Ils hochèrent la tête d'un air entendu. Juste après le petit déjeuner, le commando des forces spéciales Thanksgiving s'installa dans ma cuisine. Mary donnait des directives d'un ton sec. Je vis Brian, Tom et le Colonel tirer la même tête. S'ils avaient pu, ils seraient partis de là. Rapidement. Ma belle-mère me demanda d'accomplir LA tâche ingrate, à savoir éplucher et couper des oignons. J'étais en larmes, ce qui faisait beaucoup rire Brian. On sonna à la porte et ce dernier se leva. C'était Paul McDust. Il portait un jean, un T-shirt et une veste de costume.

-Bonjour ! Joyeux Thanksgiving !

-Merci à toi aussi ! tu vas bien Paul ?

-Oui oui bien sûr Mme McAllister. Ma mère a fait des pots et des pots de gelée de canneberge, elle m'a demandé de venir vous en porter quelques pots.

-Tu remercieras ta mère Paul. Tu es venu en voiture ?

-Non, à pieds, il fait super beau dehors, et puis ce n'est pas comme si je ne connaissais pas le chemin pour venir. Quand on était petit avec Sarah et Sophie on pouvait pratiquement faire le chemin en courant, tu t'en souviens ?

-Ouais. On le faisait en vélo aussi. Et en rollers. Tu te souviens quand tu t'étais ouvert l'arcade sourcilière parce que tu roulais trop vite ?

-Je me souviens surtout de ta mère entrain de me recoudre dans la cuisine.

-Je vais te ramener, tu seras rendu plus vite chez toi mec !

Brian me fit un clin d'œil et moi j'avais juste envie de lui balancer mon oignon dessus.

-Brian ! En passant, tu vas chercher le pain à la boulangerie, il est déjà payé.

-Oui Maman.

Le regard qu'il me lança me fit frémir. Non pas de honte, mais de colère. Il avait trouvé le moyen d'échapper à la corvée de la cuisine et sa mère ne semblait pas le voir. Mais pas du tout. Je ne savais pas jusqu'à quel point, il n'avait pas prévu le truc avec Paul. D'ailleurs je captais un sourire de Paul. J'étais certaine qu'ils l'avaient fait exprès. Ils étaient malins. J'aurais dû prévoir la chose avec Sophie. Quand mon père arriva, j'étais entrain d'éplucher des légumes et Brian n'était toujours pas revenu. Mon père paraissait heureux. Tom lui courut dans les bras et il le souleva dans ses bras pour l'embrasser. Il serra la main de son beau-père, embrassa sa belle-mère sur la joue et reposa Tom au sol. Mon père m'embrassa tendrement sur la joue et me força à le regarder. Il compatissait à ma douleur de commis de cuisine. Il se retourna vers sa femme et l'embrassa sur les lèvres avec amour.

-Tu as pu te reposer un peu ? Sinon, tu peux aller..

-Non, c'est bon. J'ai réussi à dormir un peu entre deux opérations. Je vais aider Sarah à éplucher les carottes. Brian s'est défilé ?

-Oui. Il est parti raccompagner Paul y'a 45 minutes. Apparemment, il s'est arrêté pour prendre un café. 

-Tu te souviens du petit Malcom Dernic ?

-Ça me dit quelque chose.. Ah ouuuui, je jouais avec lui à l'hôpital quand j'étais petite. C'était mon ami de l'hôpital. Il avait un cancer, c'est ça ? Qu'est-ce qu'il a ? Il est mort ?

-Non, pas du tout. Son cancer est en rémission complète. Il va guérir totalement. Et tu sais ce qu'il m'a dit ? Il m'a dit qu'il t'avait vu l'autre jour dans la rue et il voudrait que je te donne son numéro de téléphone.

-Sérieusement ? Qu'est-ce que tu attends ?

-Je fais de la rétention d'information là.

-Mais Papa, c'était mon ami, je serai super contente de le revoir ! On jouait aux explorateurs dans l'hôpital quand il passait des semaines entières là-bas. Je prenais sa perf' et on courait dans le service de pédiatrie. Tu te souviens ?

-Oui, je me souviens que tu avais organisé une course de fauteuil roulant avec lui chez les dermato. Je m'étais fait hurler dessus mais je dois avouer que tout le service de chirurgie était plié en deux de rire.

Je souris. Moi aussi je m'en souvenais. C'était dans la bonne période de ma vie. Lorsque Brian revint, il portait du pain. Il avait l'air excédé.

-Y'avait un monde de folie à la boulangerie. La seule bonne nouvelle clairement c'est que la fille devant moi était ma-gni-fi-que et que j'ai récupéré son numéro. Salut John, ça va ?

-Tu as récupéré le numéro d'une fille ? Encore ? Tu n'es pas censé avoir une petite amie toi ?

-Si, et ?

-Je dois vraiment te le dire ? Ça fait au moins le second numéro que tu récupères en 4 jours !

-Bah écoute, ça flatte mon ego. Et la fille du supermarché, ça ne compte pas, c'était une française perdue. Je me devais de l'aider. Je t'ai dit que j'avais un faible pour les filles en détresse. Enfin bref.. Maman, qu'est-ce que je peux faire ?

-J'espère au moins qu'elle était jolie ! lâcha le Colonel, parce que tu as mis du temps pour aller chercher le pain !

Brian sortit son téléphone et l'envoya sur son grand-père.

-J'ai attendu 30 minutes. Y'avait une queue de folie.

-C'est une belle fille, sourit le Colonel. Pas aussi jolie que Sarah, mais très jolie.

Je regardais le Colonel en rosissant furieusement, Brian leva un sourcil, puis l'autre et récupéra son téléphone en secouant la tête. J'avais hâte que mes oncles arrivent et ils ne tardèrent pas. Quand ils sonnèrent à la porte, je me levais et je leur ouvris la porte en une minute. Ma cousine Giulia avait grandi. Je ne savais pas depuis quand je ne l'avais pas vu mais elle me sauta dans les bras.

-Qu'est-ce que tu as grandi ! Va dire bonjour à Papa, il est dans le salon.

La petite fille se précipita dans le salon et bientôt j'entendis la voix de mon père. Je me retournais vers Eric. Il avait l'air heureux. Bien plus heureux que la dernière fois que je l'avais vu. Il me serra dans ses bras et Elijah, lui me souleva. Il était affreusement sexy dans son costume. Comme Eric d'ailleurs. Je me sentais enfin chez moi avec mes oncles à mes côtés. Le côté de ma famille était enfin là, nous n'étions plus en sous effectif.

-Tu vas bien ? Qu'est-ce que tu fais en jean ? Alors que c'est Thanksgiving ?

-On faisait de la cuisine, je vais aller me changer. Vous pouvez aller dans la..fosse, ajoutais-je après avoir vu ma cousine et Tom courir dans la chambre de ce dernier. C'est quoi ce que tu tiens ?

-Du turròn.. je sais que tu adores ça, quand je suis revenu d'Espagne, j'en ai ramené des kilos. Alors.. je me suis dit que pour le dessert.. ce n'est pas traditionnel.

-On a aussi préparé d'autres trucs, vous vous en occupez les nains ? Je vais saluer John !

Eric nous abandonna et se rendit dans le salon.

-Tu penses que je peux prendre juste un tout petit morceau de turròn ?

Elijah dévoila sa dentition parfaite, et prit quelque chose dans sa veste avant de me le tendre.

-Tiens, j'avais préparé le coup. Je t'en ai coupé un morceau.

-Je t'aime.

Il m'embrassa la joue. J'adorais le turròn. Ça me rappelait mon enfance, ma mère m'en achetait toujours. Je devais bien avouer que celui-là était tout à fait excellent.

-Il est artisanal. Quand tu viendras avec moi en Espagne pendant tes vacances..

-Tu veux que je vienne pendant les vacances de Noël ?

-Pas forcément à Noël mais pendant tes grandes vacances ou pendant les vacances de printemps. Ça me ferait vraiment plaisir. J'y suis resté 3 ans et j'ai pas été foutu de te prendre un billet d'avion pour que tu viennes, je veux me rattraper.

-Okay. Évidemment que je suis d'accord ! Faudrait être folle pour refuser..

-Refuser quoi ? Bonjour Elijah ! Vous allez bien ?

C'était Mary et elle était entrain de mettre des graines pour les oiseaux.

-Rhoooo ! On s'est pris une cuite à notre première rencontre, je pense qu'après ça, on peut se tutoyer, non ?

-C'est vrai !

-Et pour information, je vais excellement bien et je disais à Sarah, que je l'emmènerai en Espagne avec moi, un jour prochain.

-C'est tellement un beau pays, je sais que tu vas adorer.

-Tiens, tu peux venir nous aider ? Elijah a cuisiné des trucs.

-Je me suis dit que cela ne se faisait pas d'arriver les mains vides, et comme je sais que John et Sarah sont des adeptes du sucre.

-Non c'est pas vrai ! m'exclamais-je.

-J'ai fait des desserts européens, continua mon oncle sans prendre en compte mon intervention.

-C'est vraiment très gentil. La dinde est entrain de cuire, il reste environ 1h de cuisson. On ne va pas tarder à prendre l'apéritif. Sarah, si tu voulais te changer, c'est le moment.

-Mon Dieu, ça fait 3 ans que j'ai pas fêté Thanksgiving, fit Elijah en fermant les yeux et en inspirant l'odeur de la cuisine. Ça fait du bien d'être de retour chez soi. Vraiment.

Je regardais mon oncle et ma belle-mère rentrer dans la maison. Depuis qu'il m'avait dit qu'il était bisexuel, il m'arrivait d'imaginer Elijah avec une femme et là clairement, avec son costume taillé à la perfection, il faisait plus hétéro que jamais. Mais cela me faisait bizarre. Je rentrais dans la maison et filais dans ma chambre pour reprendre une douche. J'enfilais la parure que m'avait offert Mary quand on avait été faire les boutiques toutes les deux pour me chercher une robe pour le Dragon Fly. Je ne savais juste pas quelle robe mettre. On frappa à ma porte.

-Oui ?

-Tu es genre à poil ou en serviette ? me lança la voix de Brian.

-Nan mais..

Il poussa ma porte de chambre. Je ne pensais pas qu'il allait le faire cet idiot. Il ne me regardait même pas en fait.

-J'arrive pas à mettre l'un de mes boutons de manchettes, tu peux m'aider ?

Il releva les yeux et il me regarda de la tête au pied. J'enfilais rapidement mon peignoir et je m'enroulais dedans.

-Tu en as pas assez de débarquer dans ma chambre quand je suis en soutien-gorge ?

-Je te trouve pas attirante sexuellement alors.. je m'en tape. Tu peux m'aider ?

Je m'approchais de lui en grommelant que c'était un con.

-Soit dit-en passant, tu portes de la très belle lingerie, Petit Bâteau.

Ma main se mit légèrement à trembler mais il ne pouvait pas le voir parce qu'il me regardait droit dans les yeux.

-Dommage que personne ne puisse en profiter.

-Je le fais pour moi, moi j'en profite.

-Hum. C'est toujours ce qu'on dit. Merci.

Il allait partir de ma chambre quand il se retourna sa mèche lui tombant devant les yeux.

-En tout cas, ça change de la brassière en coton dégueulasse. Tu ressembles presque à une femme comme ça.

-C'est bon dégage.

Il ferma la porte. Il était con. Voilà ce qu'il était. Mais ne le savais-je pas déjà avant ? Je coiffais énergiquement mes cheveux lorsqu'on refrappa à la porte. C'était mon père.

-Entre Papa, c'est ouvert.

-Tiens, je voulais te donner ça..

Il me tendit une boîte et s'assit sur mon lit le temps que je l'ouvre. C'était un bracelet avec des émeraudes dessus entremêlé de diamants.

-C'est.. wow. C'est magnifique. Papa, il ne fallait pas...

-Il appartenait à ta mère. Je l'ai retrouvé il y a quelques jours... Je lui avais offert le jour de ta naissance. Je voulais te le donner pour une occasion un peu spéciale.

-Merci. Tu peux m'aider à le mettre ? je sais exactement la robe qu'il faut pour aller avec.

J'avais eu raison de faire confiance à mon instinct. J'avais enfilé une robe verte émeraude sans décolleté mais très fluide avec une ceinture noir et des collants noirs. Je mis une couche du rouge à lèvres que m'avait offert Mary et les boucles d'oreilles pendantes en diamant qui étaient dans la boîte à bijou de ma mère. J'étais prête. Je descendis les escaliers et je croisais Brian. Il s'arrêta complètement, allait dire un truc et se ravisa.

-Je devais venir te chercher. Tu viens ?

Je pensais que le repas serait pire, mais tout le monde parlait avec tout le monde et même Brian qui faisait la conversation comme un être civilisé, avec mon oncle Eric. Ils parlaient de basket. Au moment de découper la dinde, mon père releva la tête et il avait une pointe de rire dans la prunelle de ses yeux. Il demanda au père de Mary de couper la dinde à sa place.Ce dernier refusa pour la forme, très probablement parce que quand mon père insista, il le fit. Je vis alors un regard de connivence entre mon oncle Eric et mon père, et elle dura pendant une bonne dizaine de minutes.

-Alors McAllister, tu vas recoudre la dinde cette année ?

Elijah s'étouffa avec son verre de vin et il éclata de rire. Et quand mon oncle riait, son frère riait dans la seconde et mon père finissait toujours par se dérider.

-Les frères Evans. Toujours le mot pour rire à ce que je vois.

-Heu.. private joke ?

-Pas du tout Sarah, c'est juste que pendant ses années de fac ton père s'amusait à recoudre les dindes et les poulets pour s'entrainer à faire des sutures. Et à Thanksgiving une année, j'avais parié qu'il ne réussirait pas à recoudre une dinde cuite.

-Et alors.. tu as réussi ?

-Évidemment que j'ai réussi. Et Eric s'est rasé la tête et a couru en travers du campus en caleçon si je m'en souviens.

-Le bon vieux temps..

-Attends.. comment ça se fait que tu étais en même temps que lui à la fac ? Tu as été à Yale, pas à Stanford.

-J'ai fait les deux. J'ai étudié l'économie à Yale et j'ai fait mon école de droit à Stanford. On était colocataire.

-Sérieusement ? Yale et Stanford ? s'étonna Brian. Et vous ? Vous avez été dans quelle université ? demanda-t-il à Elijah.

-Harvard. J'avais été accepté partout mais comme ma jumelle est partie à Harvard pour sa fac de médecine, je me suis dit qu'on pourrait se prendre un appart à côté. J'étais sociable mais.. je préférai la compagnie de ma sœur à toutes les autres alors.. une pierre deux coups.

-Ah ouais. Vous êtes tous des têtes alors.. tu as une pression de folie Sarah.

-Enfin tu dis ça Brian comme si toi tu n'avais pas de pression pour rentrer à la fac, lui fit remarquer sa mère.

-Je ne me fais pas de souci pour la fac, Maman. D'une parce que j'ai encore le temps, et de deux parce que je ne pense pas que je vais aller à la fac en sortant du lycée.

-Pardon ?

Le Colonel venait de parler et je vis Brian sourire innocemment.

-Je pense que je vais partir faire un tour du monde après le lycée pour.. voir du pays. Et je reviendrais après ou pas. Ça dépend de qui je rencontrerai là-bas.

-C'est une blague mon garçon ? évidemment que tu iras à l'université.

-Je n'ai pas dit le contraire Colonel. Je pense juste que je ne vais pas rester aux États-Unis. J'irai peut-être à Oxford ou Cambridge. J'ai envie d'apprendre d'autres cultures.

-Colonel ? Je ne savais pas que vous étiez dans l'armée.

-Armée de Terre.

-Quel régiment ?

-1st Calvery Division.

-Wow. Impressionnant. Si j'avais rejoint l'armée, j'aurais essayé d'intégrer cette division.

-Vraiment ?

Mon oncle Elijah avait un don pour changer de conversation. Il avait dû sentir que Brian était sur un terrain glissant. D'ailleurs je voyais Mary faire des gros yeux à son fils pour qu'il arrête.

-Oui, je voulais intégrer l'armée après Harvard mais mon meilleur ami m'en a dissuadé.

-Pourquoi cela ?

-Parce que de toute évidence, lui avait remarqué que j'étais gay quand je ne le savais pas encore. Il m'a fait comprendre que ce n'était pas une très bonne idée et finalement il a sûrement eu raison.

-Hum. J'ai personnellement trouvé qu'interdire à des jeunes gens de servir leur pays du fait de leur orientation sexuelle était une aberration. Votre ami, et c'est très regrettable d'ailleurs, vous a sûrement évité bien des désagréments.

-C'est ta position sur les gay dans l'armée ? Sérieusement ?

Brian regardait son grand-père avec un étonnement.

-Moi qui pensais que tu étais homophobe, ça me fait un petit coup. Je te savais pas du tout gay friendly.

-Tu ne m'as jamais posé la question Brian. Tu penses que je suis sûrement un vieil imbécile mais ce n'est pas nécessairement le cas.

-Je ne pense pas que tu le sois. Vraiment pas. Et votre meilleur ami, il est soldat ?

-Absolument. Du moins, il l'était. Il a été blessé en Irak et il a été rapatrié, il n'a pas pu repartir. Maintenant.. il est marié et..

-Attends Jack est marié ? s'écria mon père. Il n'a jamais pu trouver une femme pour l'épouser. C'est pas possible.

-Vous allez pas encore recommencer tous les deux, prévint Elijah en fronçant des sourcils.

-John a raison Eli, ton meilleur ami, c'était vraiment pas ça. Je veux dire.. tu es sûr qu'il est marié ?

-C'est mon meilleur ami, évidemment que je sais qu'il est marié. Et son mari est..

-Aaaaaah ! s'exclamèrent en même temps mon père et mon oncle.

-Je comprends mieux ! se mit à rire mon père. Non parce qu'aucune humaine n'aurait pu se maquer avec lui.

-Alors comme ça il est gay ? continua Eric. En fait c'est pas étonnant. J'ai toujours dit qu'il te suivait comme ton ombre parce qu'il était amoureux de toi.

-Enfin quand même, répondit mon père.. tu pouvais pas le savoir au lycée, contrairement à Eli..

-Heu.. pardon ?

-Non mais Elijah, tu coiffais Elena, tu lui faisais des tresses.

-Oui, et ?

-Aucun mec ne fait des tresses à sa sœur.

-C'était ma jumelle et je lui faisais pas de.. okay, une fois je lui ai fait des tresses, pour Halloween parce qu'elle n'y arrivait pas. Non mais je vous sens venir, en bons hommes de cromagnons que vous êtes. Tous les hommes qui prennent soin d'eux au lycée ne sont pas gays, okay ?

-En fait vous vous connaissez tous depuis le lycée ? demanda la mère de Mary qui venait de finir de parler avec Brian.

-Oui madame.

-Et vous êtes toujours ami ?

-Absolument..

-Ce sont plus des frères que des amis en fait Madame Miller, dis-je. En fait Eric, tu sais pour le truc des poulets.. y'a pas qu'à la fac qu'il faisait ça. Il le faisait aussi quand j'étais petite parce que je l'ai déjà vu faire.

-Ça m'amusait, j'apprenais de nouvelles techniques comme ça. Je faisais pas ça qu'avec du poulet d'ailleurs.

-Ah bon ?

-Parfois je prenais des cœurs de bœuf. Mais Elena détestait ça. Elle trouvait que c'était irrespectueux pour la pauvre bête qui se faisait larder de coups de couteaux. Et je dois avouer qu'avec Sarah ça l'avait fait moyennement rire.

-Qu'est-ce que j'ai fait ?

-C'était il y a 10 ans à peu près, je sortais d'une opération complexe et longue, de celle où la seule chose qu'on a envie de faire après c'est prendre un muffin et dormir. Et là, je reçois un appel de la babysitter qui me dit qu'elle y a eu un problème avec ma fille. Je rentre à la maison et je vois la babysiter avec un couteau brandi qui descend les escaliers..déjà, ça n'inspire pas trop confiance..

-Ah ouuuuui ! Je m'en souviens. J'étais entrain de jouer avec mon kit de suture et..

-Ton kit de suture ? me demanda Mary.

-Oui, quand on a des parents chirurgiens, ils t'offrent des kit de suture et des Dr Maboul. C'est normal.

-Sarah était dans sa chambre avec un poulet et elle lui avait planté un couteau en travers du corps parce qu'elle voulait le réparer comme Papa répare les poulets. Fin de citation.

Tout le monde éclata de rire autour de la table, moi y compris.

-Elle était entrain de le recoudre très calmement. Ce jour là j'ai compris d'une part que ma fille de 5 ans était capable de recoudre une plaie de manière beaucoup plus potables que certains de mes élèves et que je devais arrêter de recoudre des poulets à la maison.

-Rectification, tu m'as appris à faire des sutures. Tu me prenais sur tes genoux et tu me mettais les instruments dans les mains et tu faisais les gestes. En fait tu m'as élevée pour que je sois un chir'. Donc bon, pas étonnant que sache suturer à l'âge de 6 ans. Et soit dit-en passant, j'ai eu le droit de finir de recoudre mon poulet avant le sermon qui était quelque chose comme : Ne le refais pas si je ne suis pas là. Ou quelque chose comme ça. L'éducation à la McAllister et..

On sonna à la porte, je regardais mon père et il se leva en s'excusant. La discussion reprit et lorsque j'entendis le prénom qu'il prononça, je me figeai. Je regardais mon oncle Elijah. Il n'avait pas entendu mais Eric oui. Ce dernier sourit et se leva à son tour. Mary me fit signe de parler.

-C'est ma grand-mère maternelle.

Elle jeta un regard à Elijah qui parlait avec la mère de Mary. Elle venait de comprendre et son visage se ferma. Ma grand-mère maternelle, celle qui avait rejeté Elijah quand il avait fait son coming-out, celle qui l'avait frappé au visage en le reniant était devant ma porte d'entrée, alors que nous ne l'avions pas invité. Une invitée indésirable qui se ramène sans prévenir comme les premiers colons sur le Mayflower ? Thanksgiving, qui pourtant se déroulait normalement, venait en quelques secondes de tourner au cauchemar.


Annotations

Vous aimez lire Mellyturtle ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0