Chapitre 1

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NB : pas d'inquiétude je sais compter ^^ je corrige et "sépare" actuellement les chapitres pour qu'ils soient moins long, si vous passez du chapitre 2 au 3 ou je ne sais quoi, sachez que vous ne perdez rien dans l'histoire ^^

La jeune fille aux cheveux auburn regardait par la fenêtre le paysage qui défilait, ce n’était plus l’étendue de sable qui représentait le désert mais le paysage d’Opartisk qu’elle connaissait bien. Plus précisément le paysage de la partie des classes moyennes et pauvres d’Opartisk. L’environnement était composé de grands immeubles, parfois des maisons, et la surdouée avait aperçu deux immeubles détruits. Ces décombres étaient souvent entourés de roses blanches et roses pâles, synonyme de deuil à cause des nombreux morts que cela avait faits. Puis elle tourna la tête et fit un sourire triste au brun installé à ses côtés. Puis elle regarda l’agent de l’association qui conduisait la voiture. L’adolescente n’avait pas voulu prendre place à l’avant de la voiture, c’était un autre garçon brun, plus jeune que l’autre et plus petit qui était devant. C’était Lilian. Sandra était du côté de la portière et regardait par la fenêtre comme Iris auparavant. Maxence et Maxime, les deux petits jumeaux dormaient tranquillement derrière. Pour Iris, les jumeaux étaient vraiment trop jeunes pour vivre ce qu’ils venaient de vivre, mais ils n’avaient pas vraiment le choix.

Iris, la plus intelligente des surdoués ferma les yeux un moment. Elle pensa à Maryline et Kendra. Ses deux amies étaient maintenant prisonnières des conseillers de l’État. Iris n’avait pas du mal à imaginer Maryline qui essayait de garder son calme pour ne pas affoler la petite Kendra et ne pas paraître intimidée par les adultes. Kendra devait sûrement pleurer, elle devait sûrement nager dans un océan de peur. Certes, il y avait Maryline avec elle, mais il n’y avait personne d’autre. Les autres surdoués étaient dans un autre endroit en Opartisk. Dans un endroit éloigné d’elles. Iris s’en voulait. C’était plus fort qu’elle, à chaque fois qu’il arrivait malheur à ses amis, elle se sentait responsable. Pour elle, tout était toujours de sa faute. L’image d’un blond aux yeux marron s’afficha dans le noir de sa vue. Kilian. Un goût amer monta à la bouche d’Iris. Son meilleur ami l’avait trahie… Non. Ce n’était plus son meilleur ami, elle ne pouvait plus le considérer comme tel. Même plus comme ami. C’était peut-être dur de la part de la surdouée, mais elle espérait qu’il ne soit plus jamais dans sa vie. Mais au fond, elle savait qu’un jour elle allait finir par le retrouver. Ne serait-ce que parce qu’ils habitaient la même ville. Et Cassandra… Iris se demandait si son ancienne meilleure amie s’était contentée de suivre Kilian et les autres garçons, ou alors avait choisi elle-même. Ses anciens amis de longue date lui avaient clairement dit qu’ils préféraient les conseillers car leur vie était menacée par la maladie comme tous les autres mineurs non-surdoués dans le monde. Était-ce vraiment à cause de cela ? Ou il y avait une autre raison qu’ils ne lui avaient pas révélée lors de leur ultime échange ?

La surdouée aux cheveux auburn rouvrit les yeux et tordit avec ses doigts un papier de bonbons qu’un des agents de l’association lui avait donné. C’était dans ces moments-là qu’elle aurait aimé voir Kilian près d’elle. Un meilleur ami, un confident qui l’écoutait sans la juger et qui cherchait à l’aider, ou alors, qui ne cherchait pas mais qui ne faisait qu’écouter, pour après la serrer dans ses bras pour apaiser sa douleur. La jeune fille ne savait pas si elle en avait toujours. Elle allait revoir Marin, mais Iris ne se confiait pas souvent à lui, c’était surtout Cassandra et Kilian qui le faisaient, elle, non. La surdouée se confiait essentiellement à Kilian. Et savoir que toute sa vie, tous ses secrets étaient détenus par l'égal d’un inconnu la rendait plutôt malheureuse. Iris jeta un regard de côté pour observer Samuel qui discutait avec Lilian. Le jeune homme finit par remarquer qu’Iris le regardait et sourit à la jeune fille. Cette dernière lui répondit par un sourire toujours aussi triste avant d’appuyer son bras contre la portière de la voiture. Samuel était vraiment devenu un bon ami. Depuis le début il s’entendait bien, et il était là pour elle. Il ne la jugeait pas, et s’opposait à elle quelques fois pour la remettre dans le bon chemin. C’était à lui qu’elle avait tout raconté sur Kilian et son erreur. C’était lui qui l’avait empêchée de retourner dans le bâtiment pour récupérer leurs amies car il savait qu’elle n’en ressortirait pas. Il l’avait laissé pleurer la disparition de Maryline et Kendra en paix, mais sa présence l’avait aidé. La présence de Samuel apaisait beaucoup Iris. Il était mature et compréhensif. Iris était heureuse de l’avoir rencontré. Il ne remplaçait pas le vide que Kilian lui laissait dans son cœur, mais il commençait doucement à en prendre une partie, et c’était plutôt un signe favorable pour la jeune fille. Elle avait besoin de quelqu’un de confiance qui lui servait de pilier. Elle n'en avait pratiquement plus. Celui qui avait été le plus cher dans son cœur l’avait complètement trahie et meurtrie.

La voiture s’arrêta sans qu’Iris n’ait eu le temps de réaliser que le trajet était déjà terminé. Ils étaient loin du désert, des bâtiments, de la plupart des conseillers et des projets de l’État. Les surdoués ne se faisaient pas d’illusion, en entrant dans une association secrète hors-la-loi, en s’échappant des bâtiments et en blessant un haut dirigeant de leur clan, ils allaient avoir des avis de recherches à leur nom. Ils étaient devenus des hors-la-loi parmi tant d’autres. Sauf qu’ils allaient être beaucoup plus recherchés. Ils deviendraient les plus recherchés, car c’était eux que les conseillers voulaient. Ils seraient traqués dans tout l’Opartisk, peut-être même dans les clans alliés. Ils ne pourront plus sortir des bâtiments de l’association. Les conseillers promettront certainement une très grosse somme d’argent et tout le monde mettrait leur tête à prix. Iris savait d’avance que les conseillers ne laisseraient jamais tomber. Dire que ses amis les avaient rejoints… Cassandra et Kilian étaient dans le camp adverse désormais. Ils ne pouvaient pas revenir. Ils ne voulaient pas revenir. L’adolescente devait se résigner. Elle ne pourrait plus jamais tenter de les raisonner. Les deux autres avaient forgé leur propre avis qui était extrêmement différent du sien. Cela lui faisait mal, d’autant plus qu’elle avait beau essayer, elle n’arrivait pas à le comprendre. Quelques mois auparavant, Iris n’aurait pas imaginé sa vie sans Cassandra et surtout Kilian. Maintenant… Elle avait du mal à imaginer sa vie avec eux. Elle ne les reverrait plus. Elle essayait de s’en convaincre, en vain, mais elle continuait de l’espérer car cela l’aidait à optimiser et à rendre son moral moins lourd.

Iris ouvrit lentement la porte du véhicule. Elle fit quelques pas sur le sol Opatiskain. Son clan, son environnement lui avait cruellement manqué. Elle ne regretterait pas le désert. Iris humait l’air libre. Bien sûr, elle y avait goûté au désert, quand ils étaient sortis du bâtiment, mais l’Opartisk, c’était différent. C’était une odeur familière et étrangère à la fois. Il y avait quelque chose de changé en plus des bâtisses détruites par les attaques ennemies. L’impression de liberté qu’avait innocemment ressentie Iris à l’époque avait disparu. Tout cela paraissait froid. Mais elle reconnaissait le danger et la peur quand elle allait dans les quartiers les moins sûrs de sa ville. Rectification : elle se trouvait actuellement dans l’un des quartiers les moins sécurisé de sa ville… Cela voulait donc dire qu’elle était proche de ses parents et de Marin. La surdouée fut prise de la douloureuse envie d’aller les voir, mais elle ne pouvait pas. Elle essaya d’envoyer valser au loin cette envie dévastatrice avant de se focaliser sur les plans : suivre l’association. La jeune fille observa l’agent de l’association qui était en train de faire le tour de sa voiture. Certaines personnes avaient cette manie agaçante. Cet agent-là était brun et âgé d’une quarantaine d’années. Iris inspecta les environs. Il n’y avait personne dans cette rue et les murs étaient remplis de nombreux tags noirs et blancs gothiques. Cela donnait une ambiance sombre et angoissante qui fit à l’Iris l’effet d’une ambiance familière. La jeune fille avait déjà traîné dans des quartiers mal famés de sa ville avec Cassandra, Kilian et Marin. Elle ne se souvenait pas d’avoir été dans celui-ci, mais il lui plaisait bien, il semblait agréable et très déserté.

Bien… Vous allez rencontrer notre cher chef ! déclara l’ancien infiltré de l’association d’une voix qui se forçait à être neutre.

Iris et Samuel échangèrent un regard avant de lui emboîter le pas avec les autres. Iris eut envie de lui demander ce que faisaient ses acolytes et où ils étaient partis. Elle se ravisa, avec le temps, elle avait compris que trop de questions tuaient les réponses. Elle ne devait pas se laisser envahir par les questions qui l’obsédaient depuis son entrée dans le désert. Ni par ses objectifs personnels d’ailleurs. Le petit groupe bifurqua dans une petite ruelle étroite où ils durent progresser en file indienne, après avoir descendu quelques marches de grandeurs et largeurs inégales, ils arrivèrent devant une porte grise virant vers le kaki. L’homme sortit un objet de sa poche. Un badge. Il le passa devant un petit écran qui était accompagné de touches enfoncées contre le mur. Il tapa un code qu’Iris mémorisa immédiatement. 8SD6CD1GI-CI61GISSAMAREC. La plus intelligente des surdoués avait l’impression que le code avait un sens ou une signification précise. Elle y réfléchirait plus tard, le moment était mal venu pour deviner la signification d’un code. L’homme poussa la porte et ils pénétrèrent dans un couloir mal éclairé et à peine plus large que la ruelle. Puis ils arrivèrent, dans une salle plus vaste où beaucoup d’écrans tactiles étaient posés. Cette salle-là, circulaire, était très bien éclairée. Une grande table rectangulaire qui soutenait un écran, était posée à la verticale au centre de la pièce. Plusieurs écrans de surveillances et de recherche les entouraient. Quelques personnes tapotaient sur des tablettes tout en regardant de temps à autre l’écran en face d’eux.

Voici la salle centrale de notre QG. C’est la salle principale, elle permet d’annoncer les missions, de rassembler les groupes qui travaillent ensemble pour faire le point sur certaines choses. Certains écrans sont fixés continuellement sur les chaînes d’information en continu. Certains de nos informaticiens travaillent sur des techniques pour localiser n’importe quel conseiller où qu’il soit. Ce n’est pas gagné, mais cela avance doucement. Bon, le bureau du chef n’est pas la pièce la plus proche d’ici, et je suis certain qu’elle est très pressée de vous voir.

Samuel et Iris se lancèrent un regard avant de suivre l’homme tout comme les autres. Ils descendirent un escalier et traversèrent la salle sans se faire arrêter par quiconque. Tous les agents de l’association devaient être au courant de leur venue. Ils tournèrent à droite dans un couloir assez large pour tenir côte à côte. Ils débarquèrent dans une salle plus sombre que celle principale. Au milieu de la salle un énorme cylindre gris possédait des tiroirs coulissants. L’agent leur expliqua que c’était l’endroit où ils accédaient aux armes. Ils montèrent un escalier en verre et marchèrent sur une parcelle de la même matière en tournant à gauche. Ils entrèrent dans un couloir plus sombre et descendirent un nouvel escalier. Puis ils furent face à une porte marron. L’agent toqua trois fois à la porte et Iris en eut un frisson. Elle se rappelait les trois coups à réguliers qui furent frappés plusieurs fois avant que Lilian endorme le conseiller Christian avec une balle qui le permettait. Au début, elle l’avait cru mort, mais finalement, il ne l’était pas.

Entrez !

L’agent ouvrit la porte et fit signe aux surdoués de passer avant lui. Iris ne redoutait pas le moment où elle découvrirait l’identité du chef de l’association. Au contraire, elle sentait l’excitation monter en elle, car la jeune fille n’avait qu’une envie : connaître le chef. Le bureau de ce dernier ne donnait en aucun cas l’allure d’un bureau de quelqu’un possédant un haut statut. Bien évidemment, légalement, être chef de l’organisation secrète ne représentait absolument rien. C’était même repoussant, pour les conseillers et les citoyens qui les suivaient, oui, mais pas pour le reste du peuple. Le bureau était d’une teinte marron et rose pâle. Il n’y avait qu’une lampe éteinte et des feuilles de papier vierges sur le bureau en bois, et la seule fenêtre permettant un éclairage naturel était bouchée par un rideau. Iris fixa son regard sur le siège tournant qui ne leur faisait pas face. Le chef avait l’air d’aimer jouer avec les nerfs des autres… L’homme ferma la porte et écarta les surdoués pour se retrouver face au bureau et au centre. Pleins de suppositions passaient dans la tête d’Iris. Homme ou femme ? Bruns, blonds ou roux ? Vieux ou jeune ? Est-ce qu’elle le connaît ? L’avait-elle déjà vue ? Cela pouvait être n’importe qui à part les conseillers. Qui était le genre de chef à mettre du rose dans leur pièce ? C’était une couleur affreusement horrible pour la décoration d’après Iris.

Ils… Quatre n’ont intentionnellement pas voulu venir, et deux autres filles ont été attrapées. Nous n’en avons que six avec nous. Vous avez ordonné aux autres de partir à la frontière avec Dheas, ils sont partis comme prévu.

Bien… Cette mission n’était pas totalement un fiasco finalement. Pourriez-vous partir ? J’aimerais m’entretenir seule avec les surdoués, déclara la cheffe.

Iris respira une bouffée de chaleur. Elle connaissait cette voix, elle la connaissait très bien même, mais elle n’osait pas y penser. La jeune fille croisa les doigts pour que ce soit cette personne. L’agent leur fit au revoir d’un signe de la tête avant de sortir de la salle. Iris se décala et sentit son bras contre celui de Samuel. Le siège se retourna laissant apparaître une vieille dame.

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