Chapitre 0

7 minutes de lecture

Kelsey Vega

365 jours avant Alicia

Kelsey observait son professeur depuis une bonne demi-heure. En plus de sa taille hors norme, son visage sec et sévère intimidait la plupart des élèves.

Sauf Kelsey.

Elle aimait plutôt détailler sa physionomie, partant de ses cheveux grisonnants et repoussés en arrière, indiquant un faible évident pour l’ordre et la propreté, ses habits sans plis jusqu'à son alliance qui lui révéla la présence d’une famille calme et tranquille. Ses yeux plissés et minuscules lui firent comprendre qu’il ne se laissait pas berner facilement.

Mais tout ça, elle le savait depuis qu’elle avait mis les pieds au lycée. En fait, elle connaissait les défauts et les vilains désirs de tous les professeurs présents, de tous les élèves,

De la directrice,

Jusqu’au concierge.

Kelsey repoussa d'un geste délibérément long et gracieux ses cheveux châtain clair derrière son épaule et tourna son visage vers son amie, Olivia, qui frappait furieusement l'écran de son portable de ses ongles fraichement manucurés. Au bout d’une éternité, Olivia se rendit compte de son regard insistant et releva la tête. Ses pupilles vertes ombrées se fixèrent sur elle. En chuchotant, Kelsey se pencha pour lui parler.

- Regarde. Ils sont tous morts de trouille.

Son amie haussa un sourcil et observa la classe. Kelsey vit ses yeux déchiffrer, scruter et analyser les visages. Elle l'effectua si efficacement que Kelsey eut une soudaine envie de sourire. Ces deux-là étaient incontestablement faites de la même souche. Parfois, il arrivait même que certains clients de son père les confondent. Ceux qui ne les connaissaient pas assez bien pour remarquer leurs quelques différences. Pourtant, ces erreurs ne dérangeaient pas Kelsey. Elle aimait ressembler à Olivia tout autant qu'Olivia la complétait. Elles étaient pareilles à deux dagues jumelles, terriblement aiguisées et terrifiantes.

Pareilles.

- Grave. Putain, on dirait que M. Davis va se faire. Pathétique, cracha Olivia en faisant la moue.

Kelsey ricana et se redressa. Le professeur lui jeta un coup d’œil mais dès que leurs regards se croisèrent, il se détourna vers le tableau pour continuer son cours. Elle ne le releva pas. Ils avaient tous peur dès que l’une d’entre elles daignait porter leur intérêt sur leur minable visage. C’était ainsi que leur monde tournait depuis leur enfance. Le pouvoir et l’argent terrifiaient, rendaient jaloux et broyaient la plupart des humains.

Alors pourquoi leur monde devrait-il changer ?

Lorsque la cloche retentit, Olivia et Kelsey ramassèrent leurs sacs et sortirent de la classe trainant leur brillante chevelure lisse. Marchant côtes à côtes, Kelsey remarqua qu’une fois de plus, certains élèves, garçons ou filles, se retournaient, chuchotaient ou les admiraient en discrétion. Kelsey était fière de cet effet. Elle aimait sentir que personne ne restait indifférent à leur passage. Avec Olivia, un sentiment immense de joie, de fierté et d’étrange soupçon de cruauté gonflait dans sa poitrine. Elle releva le menton, toisa les filles qui s’habillaient horriblement mal, ou bien, et composa son plus beau regard sensuel.

Olivia s’arrêta à son casier, toujours pianotant sur son portable et soupira. Adossée à sa droite, Kelsey plissa les yeux.

- Tu ne cesses de mordre ta lèvre inférieure depuis 45 minutes. Ce qui est franchement du gâchis, si tu veux mon avis.

Bien loin d'être inquiète par cette remarque, Olivia jeta un regard dans le petit miroir transposé dans son casier. La plupart des personnes sur cette terre auraient trouvé ce comportement plus qu'étrange. Qui avait envie que son amie l'observe aussi scrupuleusement pendant des heures, voire des jours ? Pourtant, c'était le socle sur lequel l'amitié d'Olivia et Kelsey se reposait. Leur quotidien familial se composait de doutes et de coups bas, alors il en était de même pour leur vie de lycéenne. C'était même un des jeux les plus amusants qu'il existe pour les deux jeunes filles.

- Je n’en veux pas, merci, ironisa Olivia.

- Qui t’ennuie de la sorte ? enchaina Kelsey en ignorant sa remarque.

Olivia observa tout de même sa lèvre pour vérifier que son rouge à lèvres était bien en place et leva les yeux au ciel.

- Liam. Il veut absolument que je vienne à sa fête samedi, mais il me gonfle.

- Liam Romero ? LE capitaine de rugby, celui qui est aussi canon que le mannequin avec lequel tu es sortie l’année dernière ?

Olivia tourna la tête dans sa direction. Ses cheveux presque blonds, pareils à ceux de Kelsey, reflétèrent la lumière du soleil. Olivia était belle. Plus que belle. Elle possédait un visage parfaitement symétrique, petit et charmant. Elles avaient beau se ressembler, Olivia détenait quelque chose que Kelsey n’avait pas.

Des lèvres charnues et naturellement pigmentées.

- Oui. Celui-là même. Épargne-moi tes conseils, il m’exaspère et avec cette histoire de charité, mes parents n’arrêtent pas de me faire chier pour que je donne le bon exemple. Bref, ils veulent que je fasse ma bonne élève super désolée pour les enfants pauvres et faire genre je suis peinée.

- Mais tu ne l’es pas.

- Exactement…

Olivia releva soudain les yeux. Kelsey se tourna dans la même direction et découvrit Sasha Miller avancer au bout du couloir. Un mélange d’excitation et de crainte s’emmêla alors dans son estomac. Il y avait de cela un mois, Sasha avait eu la malchance de renverser son plat de pâtes à la tomate sur la blouse blanche d’Olivia.

Et la stupidité de l’insulter lorsqu’Olivia l’avait menacée.

D’un côté, Kelsey était restée admirative devant cette Sasha. Ce n’était pas tous les jours que des élèves osaient riposter contre deux des familles les plus puissantes de l’Etat. Les Vega et les Crawford imposaient la loi, le respect et la soumission depuis des siècles. Alors quand Sasha s’était révoltée, c’était devenu le silence le plus terrible de l’histoire de cette école. Absolument tout le monde avait retenu son souffle, Kelsey y compris. Tout le monde avait attendu le coup de grâce, la sentence qui s’abattrait sur cette pauvre élève. On avait même pu voir certains élèves qui arboraient déjà des regards désolés pour celle-ci.

Mais Olivia n’avait rien fait. Rien dit. Non, elle avait plus exactement répondu :

- Tu as raison. Ce n’est qu’une blouse. Excuse-moi.

L’anarchie avait été au rendez-vous. Sasha aussi n'avait plus su quoi dire, malgré son bref accès de courage. Depuis, on racontait qu’Olivia s’était radoucie, qu’elle avait changé, que les deux filles les plus populaires du lycée étaient devenues sympas. D’autres, attendaient le moment fatal où Olivia abattrait son châtiment.

Kelsey attendait aussi.

Elle suivit des yeux Sasha, qui hésita à leur rencontre mais qui se détendit lorsqu’Olivia lui sourit. Elle osa même hocher la tête dans leur direction. Kelsey marmonna dans sa barbe en direction de son amie.

- Tu vas vraiment la laisser s’en sortir comme ça ?

Olivia resta silencieuse et ferma son casier dans un sang-froid parfait. Pourtant, Kelsey remarqua ses poils des bras qui se hérissèrent et ses joues qui se colorèrent.

Elle est joyeuse. Impatiente. Mais…

Soudain, un cri terrible retentit. Un cri chargé de larmes, déchirant et plaintif. Immédiatement après, les élèves qui se trouvaient dans le couloir à ce moment-là se dirigèrent vers le cri en se bousculant. Kelsey les observa furtivement avant de fixer son amie.

Sans lui laisser le temps de la questionner, Olivia lui prit la main et la poussa vers ce raz-de-marée humain. Les élèves s’écartèrent pour les laisser passer. Le silence était encore plus effrayant que si tout le monde hurlait. Une fois au centre du cercle, Kelsey se retint de couvrir sa bouche de ses deux mains.

Sasha était par terre, dégoulinante de peinture rouge qui empestait affreusement l’oignon. Avec une mine de dégout, Kelsey recula pour ne pas marcher dans la flaque. Olivia elle, l’observait avec la curiosité d’un laborantin devant son rat se fichant complètement de tremper ses nouvelles chaussures blanches dans la peinture de couleur sang.

- Oh, Sasha. Mince alors ! Mais que t’est-il arrivé ? minauda-t-elle.

Elle ne faisait même pas l’effort de cacher sa joie. La pauvre Sasha tenta de se lever mais glissa et tomba au sol, éclaboussant les élèves de première ligne. Ils firent tous un bond en arrière, jetant un regard noir à la fille. Olivia éclata de rire devant la deuxième tentative de Sasha.

Les autres l’imitèrent et bientôt, Kelsey ne pouvait même plus s’entendre respirer. Alors Olivia se tourna vers le cercle et marcha autour d’eux en leur offrant son plus bel angle. Ceux-là hurlaient en levant le poing à son passage et pointant du doigt Sasha, tout en rejetant leur gueule en arrière. Olivia ressemblait à une déesse, une déesse qui venait jeter son courroux sur une pauvre petite humaine fragile et stupide. Elle cessa alors son petit tour pour s’accroupir devant la jeune fille qui pleurait désormais à chaude larme en se pinçant les lèvres.

- Tu as raison Sasha. C’était stupide de ma part de te menacer. La vengeance est tellement meilleure lorsqu’on ne s’y attend pas.

La voix d’Olivia ressemblait à une coulée de miel et de sucre empoisonné. A côté d’elle, Sasha était laide, affreuse et dégoutante. La belle blonde releva alors les yeux vers Kelsey et lui offrit le même sourire que lorsqu’elles trouvaient une nouvelle idée pour ridiculiser quelqu’un. Kelsey comprit instantanément ce qu’elle lui demandait.

Elle fouilla dans son sac et sortit son portable. La moitié des élèves avaient déjà commencés à filmer mais quand Kelsey leva la caméra vers Sasha, ce fut l’explosion de sentiments humains. De « Allez vas-y, filme ! », « Elle le mérite ! Elle a insulté les Crawford ! », « T’es la meilleure Kelsey, filme cette pétasse ! ». Ses mains commencèrent à trembler. Cependant, Kelsey se reprit tout de suite, enfouissant ses propres émotions au plus profond de son âme. Elle ne ressentait rien. Rien.

Sasha l’observa en suppliant.

Les élèves hurlèrent son nom.

Olivia lui intima de se dépêcher toujours en souriant.

Sasha pleura.

On scanda son nom.

Non.

En fait, elle ressentait peut-être quelque chose.

Oui.

Du plaisir.

Kelsey aimait ça. La puissance. Le pouvoir d’écraser. De tout démolir. De tenir quelqu’un sous sa coupe.

Et avant de se sentir effrayée par ces émotions, Kelsey enclencha la caméra.

Annotations

Recommandations

Défi
Lucian Cloud
Tourmenté par un destin qu’il ne peut accomplir et accablé par ses échecs, Kenzo n’est plus que l’ombre du héros qu’il était jadis. Sa jeunesse s’est envolée à tout jamais et la solitude gangrène son existence comme un mal dont l’issue semble être inéluctable. Mais alors qu’il pensait avoir tout perdu, ses songes vont le guider sur une nouvelle voie à laquelle il ne s’attendait pas…

--

Merci à Zarathushtradu23 pour avoir proposé ce défi.

Comme tous mes récits, cette histoire se déroule dans l'univers de Natandis Lapidem. Si elle vous intéresse, je la développerais peut-être en une histoire courte qui vous fera découvrir les origines de la détermination de Kenzo ainsi que le dénouement de sa quête.

D'avance merci pour vos précieux retours, bonne lecture :)

Lucian C.
3
9
3
4
Défi
Romane LEFEVRE

 Tu es arrivée dans ma vie en cinquième. Pendant un voyage scolaire, on devait partager une chambre avec quatre autres filles. On était pas proches, seulement des "potes". En effet, on faisait à l'époque parties du même cercle d'ami. Pour être réaliste, on ne se connaissait pas du tout. Tu étais juste pour moi la fille banale de la bande, qui parle peu et reste en retrait. En réalité, tu n'es pas du tout ce genre de fille. Tu es déterminée, grande gueule il faut se l'avouer, et surtout, tu es drôle.
 Au collège, quand on se voyait le matin, on se disait bonjour, plus par politesse que par amitié. Mais, au fil des années, je ne sais pas trop comment, on s'est rapprochées. En troisième, tu me faisait part de tes "secrets", ce que je trouvais plutôt amusant. On partageait de bons délires, mais cela ne franchissait pas les portes du collège.
 Mais, en début d'année de seconde, tu t'es ouverte à moi, sachant très bien que je n'étais pas la meilleure personne pour te réconforter. Tout le monde le sait : je suis pas douée pour ces choses là. Ce n'est pas sur moi que tu pouvais compter pour pleurer et être consolée. Je m'en rappelle très bien. Tu es arrivée chez moi en pleurant, et j'aurais du te prendre dans mes bras et sécher tes larmes. Mais je n'ai pas bougé, je t'ai seulement écouté. Tu ne m'en a pas voulu, et tu ne m'en veux pas aujourd'hui. Mais moi je m'en veux de ne pas avoir été plus présente. Quand tu m'as annoncé le divorce de tes parents, j'ai été d'abord triste et compatissante. Je partageais ta peine. Mais après, je me suis sentie heureuse, non pas par ta situation, mais par ton geste. Tu t'étais confiée à moi, et j'ai remarqué que tu étais délesté d'un poids après en rentrant chez toi.
 Portant, quand j'ai appris que beaucoup de monde savait pour le divorce de tes parents, j'ai été déçue, moi, qui me sentais "spéciale" à tes yeux. Je pensais qu'on avait perdu ce lien fort, au point même de me demander si il avait existé. Quand j'y repense aujourd'hui, je me sens minable. Minable d'avoir pu penser que parce que tu t'étais confier aux autres car tu en sentais le besoin, tu ne me considérais plus comme une "amie". J'ai été égoïste et idiote.
 Après le divorce de tes parents, tu avais perdu la joie de vivre. Je ne voyais plus le petit sourire que tu avais habituellement au coin des lèvres. Tu ne riais plus et tu étais souvent triste. C'est à cette période que j'ai commencé à moi aussi me confier. En partageant nos douleurs, on s'est rapproché et tu as repris ton rire et ton sourire.
 Et puis soudainement, je suis rentrée dans une sorte de "déprime". Je ne riais plus, je ne souriais plus et je disparaissais dans les discussions. Je ne m'impliquais plus dans mon groupe d'amis, suivant seulement le mouvement. Cette "déprime" a durée environ quatre mois. Je n'arrivais plus à m'intéresser aux gens et au monde qui m'entourait. J'avais l'impression d'être une statue dans un musée, quand la vie se déroule autour de toi et que tu n'y participe que par ta présence physique. Pendant cette période, j'ai beaucoup pensé, médité, et j'ai énormément remis en question mes choix et mes actions.
 La seule chose dont j'avais besoin pour me sortir de cette situation était de me confier. J'ai essayé de me tourner vers toi, mais sans succès. Tu savais que j'avais des problèmes avec mes amis, avec mes parents, et avec moi même. Et pourtant, tu n'as pas agi. Pendant ses semaines, tu n'étais plus là. Et c'était à ce moment précis que j'aurais aimé pouvoir tout te confier et vider mon sac.
 Certains amis ont essayé de m'aider mais en vain. Moi, je désirais qu'une chose, ton aide. J'aurais espéré pouvoir compter sur toi, mais tu manquais à l'appel. Je te reprochais ton silence. Et d'ailleurs, je te le reproche toujours. J'étais dans une période où je ne trouvais plus de bonheur. Où pour moi, sourire n'était pas naturel. Je me forçais à jouer le rôle de la fille heureuse, mais au fond de moi j'étais anéantie. Tu ne t'en doutais sans doute pas, mais le soir, après les cours, je pleurais, seule dans mon lit. Je souffrais réellement, et ton indifférence n'arrangeait pas les choses.
 Un soir, je m'en rappelle très bien, on s'était engueulées bêtement pour un travail à faire en groupe. A ce moment là, tous les reproches et les critiques ont fusé. Tu m'avais choquée. Tu me reprochais de ne jamais te parler de mes problèmes, de mes questions, de toutes ces petites choses qui sont inutiles mais qui créent des amitiés. En effet, tu n'avais pas tort, je ne te confiais pas grand chose. Mais, je n'étais pas, et je ne suis pas encore maintenant, le genre de personne qui partage et confie tout ce que tu voulais savoir de moi. Pour me connaître, il fallait faire le premier pas et me pousser à parler.
 C'était notre réelle première engueulade. On ne se parlait plus, ou seulement pour s'insulter et se crier dessus. Malgré la situation, j'ai choisi ce moment précis pour vider mon sac. Je pense que tu n'avais sans doute pas compris pourquoi je te disais tout ça, alors qu'on était en froid. Mais, là, malgré tout, tu m'as écoutée. Tu m'as ouvert ta porte. Je t'ai parlé de mes problèmes, de tout ce qui me rongeait le ventre et qui m'empêchait de dormir sans pleurer.
 Pour autant le lendemain, il semblait que rien n'avait changé entre nous. On ne se parlait toujours pas. Ce jour là, j'ai décidé d'arrêter de prétendre que tout allait bien. C'était un appel au secours. Je ne parlais plus, et pourtant, je suis très bavarde. En classe, je m'étais mise à l'écart. Quand on venait me parler, je répondais seulement par politesse, où alors j'envoyais les gens se faire voir.
 En faisant le point maintenant, je sais que je ne suis pas fière de mon comportement. Je ne le comprend toujours pas. A cette période, j'était en "déprime", et je n'arrivais pas à m'en sortir. J'en voulais à tout le monde, et à toi en particulier.
 Aujourd'hui, on est proche et j'adore chaque moment qu'on passe ensemble. Quand je repense à tout ce qu'on a traversé ensemble, je me dis que c'est dommage qu'on ait perdu tout ce temps pour apprendre à se connaître réellement. Tu a été la première personne vers qui je me suis tournée, et tu le restera. Tu corriges mes faux pas, et tu me fais devenir meilleure. A tes côtés, je me sens en sécurité. Tu as su m'accepter avec mes qualités et mes défauts. Tu comptes énormément pour moi. Je ne te considère pas comme ma meilleure amie car tu es bien plus à mes yeux. Tu me connais sur le bout des doigts. Tu égaies ma vie, sans t'en douter.
 Il est totalement improbable que tu lises cette lettre, mais je m'en fiche. Ce n'est pas pour toi que je l'ai écrite, c'est pour moi. Maintenant je me sens bien, pour avoir été sincère et honnête envers moi-même.
1
3
15
5
Défi
Marion Brugeassou

Il était un loup suffisamment solitaire
Qui venait dans le royaume de l'étrangère, 
Il avançait dans la nuit noire de ces terres
Et ces yeux s' embrasèrent d'une lumière. 


Derrière cet hiver froid, son coeur se consumait, 
Une rude solitude d'étoiles argentées
Au milieu d'un désert où l'eau se trouverait
Comme une âme meurtrie, il faudrait oublier.


Mais l'étrangère est si proche de moi, 
Mon coeur hurle mon amour aux abois
Mes larmes coulent en écoutant sa voix.


Le temps poursuit son chemin et moi là, 
À contempler cette femme pas à pas, 
Intouchable désirée rend le glas.


Je te le demande sincèrement, 
À travers mes virulents hurlements, 
Transperce-moi avant ma folie arrogante
Qui te livrerait sans doute un grand bain de sang
Tel ma nature si je pars en t'haïssant
Malgré mon infatigable amour si naissant.



5
6
2
1

Vous aimez lire walkhigh ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0