Chapitre 47 : C’était comme ça

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En avril, Paulo nous appela pour prendre des nouvelles de Marie et nous en donner de sa petite famille : Josiane était devenue responsable dans son laboratoire de chimie, et profitait du fait que ses fils soient devenus grands pour enfin faire carrière. Robert junior, justement, avait déposé un dossier de candidature pour faire un VSL[1], dans le cadre de la FINUL au Liban. Autant Paulo était heureux que son fils serve la nation – un peu comme lui l’avait fait quelques dizaines d’années auparavant –, autant Josiane était folle d’inquiétude, encore plus que quand il chassait dans la forêt amazonienne. Les deux parents furent en revanche très fiers et heureux de nous annoncer que leur second fils, Alain, avait été embauché par EDF, à la centrale de Tricastin, pas très loin de Marcoule. Au moins, ils auraient un enfant à proximité. Les quatre unités de la centrale étaient en construction, et les deux premières tranches devaient être mises en service en 1980. Alain, qui avait été embauché à la conduite en quart[2], allait passer une première année dans l’unité en charge des essais de fonctionnement. Ainsi, quand il serait amené à exploiter réellement la centrale, il en connaitrait les moindres recoins et détails. Il était destiné à être opérateur, il allait avoir également plusieurs années de formation avant qu’on ne lui confie réellement les manettes d’une centrale nucléaire.



Quelques jours plus tard, j’eus la surprise de recevoir un coup de fil d’un ancien collègue de l’ESA qui s’inquiétait de mon départ, qu’il avait trouvé un peu précipité. Je le rassurai en lui parlant de la santé de Marie. Tranquillisé, il me donna aussi les dernières nouvelles concernant le volet commercial d’Ariane :

  • Le CNES est en train d’étudier des améliorations de la fusée afin d’augmenter la charge utile. L’idée est de la passer au-dessus de deux tonnes, et aussi de pouvoir lancer deux satellites en même temps…
  • Deux satellites ? Mais c’est de la folie, ça !
  • C’est l’avenir, Robert ! Comme ça, on arrivera à concurrencer les Américains.
  • Comment vous allez faire ?
  • Le CNES a pris tout ça en charge, toutefois j’ai eu quelques informations : ce serait notamment en allongeant le troisième étage pour agrandir les réservoirs, augmenter également la pression des turbopompes du moteur Viking 2. On parle aussi d’ajouter des boosters à poudre au premier étage.
  • Eh ben, ça fuse les idées…

Je ressentais un mélange de sentiments étranges durant cet échange : à la fois la sensation que cela ne me concernait plus, mais simultanément, un léger pincement au cœur de ne plus me trouver dans ce tourbillon de réflexions, le stress de la recherche…

  • Oh oui, ça fuse, et on a embauché un tas de jeunes ingénieurs dernièrement. Ils fourmillent d’idées. Il faut même les calmer, parfois…
  • À ce point-là ?
  • Oui, rends-toi compte, il y en a même qui ont dit qu’il faudrait penser à récupérer les premiers étages dans l’océan. En les réutilisant, on ferait de sacrées économies.

C’est vrai que Philippe l’avait donné cette information déjà, mais je l’avais un peu oubliée…

  • Récupérer le premier étage ? De quelle manière ?
  • En freinant sa chute avec des parachutes.
  • Des parachutes ? Ah oui, pas bête…
  • Tu savais qu’il représente près de 45% du coût global de la fusée ? En le récupérant à chaque fois, on pourrait économiser quasiment 10% du coût du lanceur.

Mon ancien adjoint m’avait aussi donné cette information, néanmoins elle m’était un peu passée au-dessus… Cette fois-ci, j’étais complètement dépassé. Maintenant, on ne s’occupait pas seulement de technique, il fallait aussi avoir une rentabilité commerciale… Cela devenait assez loin de ce que j’avais vécu dans ma carrière.

  • Tu sais qu’on a même des objectifs de prise de parts de marché dans le lancement des satellites ?
  • Ah bon ?
  • Oui, on vise de prendre 10% du marché des satellites civils d’ici 1990.
  • 10% ? C’est énorme ! Pour un lanceur qui n’est pas encore qualifié, non ?
  • Ne nous porte pas la poisse, ça va fonctionner, on y croit tous !
  • Bien sûr que ça va fonctionner !

Cela me semblait quand même dingue d’anticiper autant que ça les résultats en visant cette part de marché. J’avais la sensation que tout allait beaucoup trop vite pour moi. J’avais sans doute bien fait de passer la main. Toute cette conversation, outre le fait qu’elle m’avait permis d’avoir des nouvelles d’anciens collègues et amis, m’avait également confirmé que j’avais fait le bon choix. Ma place n’était plus à Kourou, ni au pied des fusées, mais avec Marie, avec Vitamine, à Ouessant ou ailleurs, peu importe, tant que nous étions tous les trois ensemble. Évoquer tout cela suscitait à chaque fois un pincement au cœur mais représentait tout de même, les plus belles années de ma carrière.



Notre vie tranquille se poursuivit avec l’arrivée, tardive cette année-là, du printemps dans l’île. Les tempêtes hivernales s’étaient prolongées jusqu’en mai, limitant nos possibilités de longues balades. Rien qu’en mettant le nez dehors quelques minutes, on était littéralement trempés. Toutefois, quand on arrivait à sortir, le spectacle de la mer déchainée sur les pointes de l’île nous ravissait. Tant de force, tant de puissance ! On se sentait tout petit…

Dans ce contexte, nous apprîmes, après coup, cette intervention des soldats belges et français à Kolwesi, dans l’ancien Katanga devenu Shaba. Des rebelles, sans doute appuyés par l’Angola voisin, avaient attaqué la ville, au centre d’une zone de mines de cuivre, et retenaient quelques milliers d’occidentaux. Le Zaïre avait appelé au secours et, finalement, la Légion française ainsi que des parachutistes belges étaient intervenus pour libérer ces otages. Contre toute attente, ils avaient rencontré une résistance assez faible, la plupart des rebelles étaient partis, pouvant laisser penser qu’il y avait un autre objectif que cette ville.

  • Encore une fois, les Français et les Belges ont conforté un dictateur en place, me lança Marie en pensant à Mobutu, qui n’était pas vraiment un démocrate.
  • Certes, mais ils ont aussi libéré des otages…
  • Oui, tu as raison, cela dit je ne peux pas m’empêcher de penser que l’objectif était surtout de garantir la pérennité des mines de cuivre qui sont si utiles à l’Europe.
  • Peut-être, sans doute même, mais moi, je pense qu’il y a eu aussi autre chose, en lien avec l’URSS…
  • L’URSS ? Qui soutiendrait les rebelles ? Certainement, ce sont eux qui financent les armées angolaises…
  • Pas que ça, Marie… Sais-tu ce qu’il y a au nord de la province du Shaba ?
  • Des mines de cuivre, encore ? Ou des mines d’autre chose ?
  • Non, il y a une base de lancement de fusées…
  • En Afrique ? Les Africains en sont là également ?
  • Oh non, pas eux. Ce sont les Allemands, une boite privée, OTRAG[3], qui veut mettre au point un lanceur économique au départ du Shaba. Elle se situe presque sur l’équateur, comme Kourou.
  • Une boite privée ? Sans le moindre argent du gouvernement allemand ?
  • Ça, je n’en suis pas certain. Nos voisins jouent peut-être sur les deux tableaux, l’ESA et puis OTRAG.

Oui, les Allemands n’avaient sans doute pas mis tous leurs œufs dans le même panier, tentant quand même quelque chose en solo, en parallèle de l’ESA.

  • Tu ne penses quand même pas que les Européens ont envoyé leurs soldats pour tout faire capoter ?
  • Non, je parierais plutôt sur les Russes, via l’Angola et les rebelles zaïrois. Déjà Ariane et l’ESA, ils n’ont pas trop aimé, toutefois ils jouent l’Europe contre les USA. Mais là, c’est un outsider qu’ils ne jugent pas digne de participer à la course aux étoiles.
  • Tu crois vraiment, Robert ?
  • Je dis juste que je trouve quand même bizarre que les rebelles soient presque tous partis après avoir conquis la ville. Si ça se trouve, ils sont allés dans le nord de la province, mettre le bazar au centre de lancement Kapani Tonneo…
  • Tu crois ?
  • J’en sais rien, mais j’ai de sérieux doutes…
  • Tu me diras, personne n’a entendu parler de ce centre spatial au cœur de l’Afrique.
  • Non, il est juste connu de notre milieu assez clos.

Cela correspondait effectivement à ce qui se racontait dans notre secteur, assez fermé finalement, du spatial mondial. Les confidences d’un ami russe m’avaient laissé entendre à demi-mot la même chose, quelques mois auparavant. Les Soviétiques regardaient ce centre de lancement d’un très mauvais œil, une sorte de concurrence déloyale pour eux. Il n’y eut jamais de confirmation claire ou d’infirmation de ces soupçons, toutefois ce lieu ne tarda pas à fermer définitivement, moins d’un an plus tard. La concession avec le gouvernement zaïrois avait pourtant été conclue en 1976, pour une durée de cinquante ans[4]…



Vers la mi-mai, le temps se calma soudainement, nous faisant passer quasi immédiatement des tempêtes hivernales au début d’été avec un soleil rayonnant. Le fond de l’air était toutefois encore assez frais, et la température de l’eau empêchait toute baignade. Nous nous sommes donc concentrés sur la pêche. Une fois les travaux saisonniers de nettoyage et de réfection de l’étanchéité de la coque effectués, nous pûmes remettre le bateau à l’eau. Vitamine découvrit la navigation et ne fut jamais malade. Elle allait devenir un vrai chien marin.

En quelques semaines, Marie prit des couleurs et devint toute bronzée. Son visage resplendissait, ses yeux riaient. Je ne me lassais pas de la regarder croquer la vie à pleines dents. Le mois de juin passa terriblement vite, entre pêche en bateau, balades, baignade du bout des pieds, et courses avec Vitamine. Marie allait de mieux en mieux. Ses cheveux repoussaient, la vie était magnifique ! Ce que son cancer me semblait loin… Je l’avais même quasiment oublié.



Mi-juillet, Philippe me rappela pour me tenir au courant des avancées d’Ariane :

  • Ça y est Robert, on a reçu les trois étages d’Ariane MR à Kourou !
  • Ariane MR ?
  • Oui, il s’agit de la maquette ergols, ou la Maquette Remplissage donc MR.
  • Comment ça ?

Mince, j’étais vraiment largué… J’avais tout oublié, en seulement quelques mois.

- En gros, on dirait une vraie fusée Ariane. Elle nous sert à répéter toutes les opérations, y compris le remplissage des réservoirs, mais on s’arrête quelques secondes avant la mise à feu.

  • Ah, OK, et tout vient des Mureaux, du SIL ?
  • Oui, bien que comme tu l’imagines, le transport n’a pas été une partie de plaisir.
  • Tout a voyagé par la route, jusqu’au port du Havre, je suppose ?
  • Non, tout devait voyager en barge sur la Seine, jusqu’au port du Havre, et cela a été le cas sauf pour le troisième étage qui a été bloqué par une grève des mariniers et a dû être acheminé par la route. Il parait que la traversée de Rouen a été épique. Ils ont mis plus d’une heure pour passer un virage dans le centre-ville et, tiens-toi bien, ça ne s’invente pas, cela s’est passé au niveau de la « rue du Contrat Social ».

Quelle ironie en effet… Je ne pus m’empêcher de sourire.

  • Ensuite, le trajet a été effectué en bateau, non ?
  • Oui, en bateau depuis le Havre jusqu’au port Degrad Des Cannes de Cayenne.
  • La traversée s’est bien passée ?
  • Tu parles, personne n’avait pensé au roulis et à la houle lors d’une traversée transatlantique. Les capteurs des conteneurs ont été en alarme quasiment tout le trajet. On est en train de vérifier si tout va bien avant d’assembler la fusée.
  • Tout est dans le hall d’assemblage qui était prévu pour Europa ?

Il y avait quelques souvenirs qui me revenaient quand même.

  • Oui, tout à fait.
  • -Cet assemblage final est prévu quand ?
  • Décembre, normalement, il va falloir tout tester en vraie grandeur maintenant. Si tu veux venir voir ça, tu sais que ce sera avec plaisir, Robert. Il suffit que me tu me dises quand tu peux nous rejoindre, Marie est naturellement la bienvenue, et je vous organise ça.
  • On verra, Philippe, ça dépendra de son état de santé. En tout cas, merci pour cette invitation, ça me touche beaucoup.
  • Tu seras toujours le bienvenu. Kourou, ça restera toujours un peu chez toi.

J’étais partagé, comme lors de l’échange avec mon ami de l’ESA. Je ressentais un mélange de nostalgie accompagnée du désir impérieux de continuer à participer à cette aventure aussi extraordinaire qu’enthousiasmante. D’un autre côté, je savais bien que ma vie n’était plus en Guyane. Avais-je besoin de revoir tout ça ? Est-ce que je n’allais pas me créer encore plus de complications ? Ne serait-ce pas plus simple de considérer cette page comme définitivement tournée ?

  • J’espère que la route du port jusqu’à Kourou s’est bien déroulée, lui dis-je, sortant de mes réflexions.
  • Ben oui, toi et tes équipes avez fait ce qu’il fallait pour, non ? Vous n’aviez pas aussi fait renforcer le pont sur le fleuve Cayenne ?
  • Si, si, élargir la route et supprimer des virages également. Mais tu sais bien, comme moi, que ce n’est que quand on est face au réel que l’on voit bien si on a pensé à tout…. Et, généralement, on se rend compte que non…
  • Oui, globalement, on n’a pas eu de problème. On avait aussi l’aide d’EDF et des PTT[5] pour dévier les câbles s’il fallait. On a quand même mis la journée pour faire les 65 kilomètres.
  • Ah oui…
  • Puis, rappelle-toi, ici, on improvise et on s’adapte en permanence, tous les jours. On affronte continuellement des problèmes qui ne se sont jamais posés…
  • Oh oui, je me souviens.

J’éprouvais toujours ce mélange de mélancolie et de soulagement dans ces échanges avec mon ancien second. Arriverai-je un jour à avoir une relation saine et apaisée avec cette décision prise de tout quitter pour passer le reste de ma vie avec Marie ?



En Espagne, une catastrophe qui resta longtemps dans les mémoires se produisit. En juillet, un camion-citerne, chargé à ras-bord de propylène liquide, explosa sur la chaussée. Entre la route et la mer, il y avait un camping. Résultat, on déplora près de 180 morts parmi les campeurs sans compter les nombreux blessés. Personne n’avait rien pu faire, étant donné la soudaineté de la catastrophe.

  • Tu te rends compte, Robert, quand j’avais quinze ans, je crois, avec mes parents et Jean-Paul, on a été camper à cet endroit-là… Quelle horreur…
  • Oui, ces pauvres gens qui n’ont rien vu venir…
  • En même temps, imagine que ton dernier souvenir, ça soit toi sur la plage. Il y a plus désagréable … Enfin, quand même, un sacré coup de soleil !
  • Mouais, je trouve ça d’assez mauvais goût quand même, Marie !
  • Oui, j’avoue, désolée…me dit-elle avec un sourire ironique.

Elle ne l’était pas du tout. Je n’en revenais pas de ce qu’elle avait changée, ma Marie. Elle semblait ne plus se préoccuper de l’opinion de personne la concernant. Elle devenait terriblement naturelle et spontanée, plus aucune retenue, telle qu’elle était au fond d’elle-même. Ça me plaisait, je l’aimais ainsi, sans fard, sans voile ni masque, même si son humour pouvait être parfois surprenant.



Toujours en juillet, tomba une nouvelle qui nous bouleversa pas mal tous les deux : le 25 juillet naquit Louise Brown, le premier « bébé éprouvette », fruit d’une fécondation in vitro. Cette nouvelle toucha particulièrement Marie :

  • Oh Robert, tu sais à quoi ça me fait penser ? C’est difficile parfois…
  • Je sais, Marie…

Je partageais son chagrin, cela dit, aurions-nous pu élever correctement un enfant avec les vies que nous avons eues ?

  • En même temps, tu crois que nous aurions pu élever un enfant, avec les existences que nous avons eues et les carrières que nous avons menées ? se demanda-t-elle à voix haute.

Elle lisait dans mon esprit ? Je n’en revenais pas… Je la laissais poursuivre sa réflexion, me gardant bien d’intervenir. Souvent, le silence est d’or.

  • Il ne faut pas avoir de regret, Robert, nous avons fait ce que nous avons fait, et vécu la vie que nous avons vécu. Ne jamais rien regretter, sinon, on devient cinglé et aigri.

Je la pris dans mes bras, lui disant juste que je l’aimais follement. Bien sûr que nous n’aurions pas eu tout cela avec un enfant. Et puis, nous n’avions pas eu besoin d’être parents ensemble pour nous dire tous les jours que nous étions tout l’un pour l’autre. C’était comme ça…






[1] VSL : Volontariat Service Long qui permettait, volontairement de s’engager pour un service national jusqu’à deux ans. Le Service nationale de l’époque était d’un an.

[2] Dans les centrales nucléaires, celles et ceux qui conduisent les installations et qui sont en permanence présents, y compris la nuit, les week-ends et les jours fériés travaillent en quart ou en 3x8. Il s’agit de la Conduite. Les agents de la Protection de Site, en charge de la sécurité et des accès sur l’installation travaillent également en quart.

[3] OTRAG signifie "Société anonyme de lanceur et de transport orbital" (en allemand : Orbital Transport - und Raketen - Aktiengesellschaft). C’est une entreprise allemande de l'industrie spatiale créée en 1975 et disparue en 1987, fondée par Lutz Kayser. OTRAG fut dans les années 1970-1980 la première entreprise privée à tenter de concevoir des lanceurs spatiaux.

[4] Les Allemands seront mis dehors de leur base zaïroise en avril 1979. On parle d’une pression exercée par l’URSS.

[5] PTT : Postes Télégraphe et Téléphone, devenu ensuite Poste et Télécommunications en 1959 (en conservant le sigle PTT) puis séparation en deux entreprises de service public avec la création de France Télécom en 1988 pour la téléphonie et La Poste en 1991 pour le courrier.

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