Règle #5

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Règle #5 : Simplifiez. Restez synthétique, centré. Combinez les personnages. Évitez les détours. Vous penserez y perdre, mais vous en serez libéré.

→ Tuez vos darlings ;-)

Encore une fois, l’analyse que fait Bugaj de cette règle remet l’ensemble dans une perspective plus modérée. Surtout, dit-il, il ne faut pas simplifier à outrance ou employer cette règle pour réduire des arcs tansformationnels de vos personnages, ni supprimer de sous-intrigues qui donneraient de la profondeur à l’ensemble. Une histoire doit respirer, il ne faut pas en faire une suite de séquences d’action. Trouver le juste équilibre demande des essais, et c’est en faisant des essais qu’on arrive à une histoire intelligente, pas une mécanique sans âme truffée d’astuces scénaristiques ;-)

La simplification a pour but de séparer le superflu de l’essentiel, mais il n’est pas toujours facile de faire la part des choses. Surtout qu’en fonction du type d’histoire qu’on écrit, ces éléments ne seront pas les mêmes. Il y a des récits qui se nourrissent d’une grande densité de personnages (Cf. le trône de fer ou le Seigneur des Anneaux – la fantasy en général), d’autres qui sont plus dans le contemplatif et assument un rythme posé. Le ton et le rythme sont liés à la thématique et au style de l’auteur. Il n’y a donc pas de recette, juste l’évidence qu’un travail de relecture / réécriture est souvent nécessaire pour atteindre le bon équilibre.

Je terminerai sur une citation de Bugaj :

Même si vous écrivez dans un style un peu plus « baroque », vous trouverez sans doute énormément de bénéfices dans le processus de simplification. Car ce style « baroque », la plupart du temps superflu, porté sur la surenchère et construit sur une écriture très « ornementale », implique souvent un certain gâchis, s’il ne correspond à rien de pertinent par rapport au propos de votre histoire. Votre défi en tant qu’auteur consiste à faire en sorte que tout dans votre histoire soit pertinent. Même de façon très subtile. Dans cette perspective, il est effectivement intéressant de conserver les meilleures scènes et les meilleurs personnages, en fonction de leur capacité à refléter la véritable essence de votre histoire. Qu’il soit question de la thématique, ou de l’intrigue. Par conséquent, et dans l’idée de rendre cette règle encore plus utile, je me permets de conclure par ce critère spécifique aux séquences et aux personnages :

« Si un élément (séquence ou personnage) n’apporte aucune nouvelle information, aucune nouvelle perspective intéressante, rien de pertinent par rapport à l’arc transformationnel des personnages, ou encore par rapport à l’intrigue et la thématique qu’elle porte… alors enlevez-le ! »

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Lilth <3
Voici une réecriture d'un texte écrit lors d'un moment en train , écrit il y'a maintenant 4 ans.

Histoire bizzare mais rapide , sympas à lire?
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Elliott héducy

Où quand les monstres ne sont pas ceux que l'on croit.

Camille zigzaguait à pas feutrés. Elle ne voulait pas être surprise par la bête, d'autant plus qu'elle avait entendu que pour certaines raisons l'animal avait la nuit en horreur, moment où il se montrait encore plus farouche et vicieux.
Se déplaçant d'ombres à ombres, elle évitait les grandes zones où elle avait plus de chances d'être repérée à son insu. En se dirigeant vers l'abri où elle pourrait se terrer, Camille se remémorra toutes les légendes parlant du monstre.

Les anciens disaient de cette entité qu'elle n'avait ni nom ni identité. Elle apparaissait le plus souvent aux yeux des jeunes filles imprudentes, de celles qui trouvaient que les légendes et autres avertissements ne valaient pas la peine d'être écoutées.
L'on raconte aussi qu'elle ne tuait pas ses victimes, mais notre héroïne n'avait pas tellement envie de vérifier si ce dernier point était vrai.

Atteignant le corner entre deux maisons, Camille réalisa qu'une rue principale la séparait de son objectif, et qu'elle allait devoir la traverser en passant sous un lampadaire allumé.
L'espace d'un instant, elle se recroquevilla dans un coin, derrière une poubelle, se donnant un instant pour avoir peur et pour réfléchir. Elle songea rapidement à ses parents, à son frère, son chien, avant de s'élançer pour sa vie.
Elle s'efforça de réguler des inspirations qui risqueraient de la condamner. Au moment où elle commençait à se penser en sécurité, la masse, énorme , difforme, prédatrice et dégoulinante de tristesse, chargea depuis le côté gauche.

Un premier détail à parvenir aux narines de Camille fut son haleine putride et fétide, dont les effluves renvoyaient un mélange d'alcool à brûler et de sang de vierge.

La pauvre se jeta en arrière et l'esquiva de justesse. Elle eut à peine le temps de se relever que la bête s'apprêtait à la frapper de nouveau, grisée par la découverte d'une victime supplémentaire qui complèterait sa liste. Camille se précipita en avant avec toute la force qu'il lui restait.

Le désespoir de la situation avait noyé toute bonne perspective. Mais le fond de son âme persistait à croire qu'il y aurait une fin heureuse. Pendant un temps, la créature lui laissa un peu d'avance. Puis elle la poursuivit avec une rage incontrôlée, s'en référant aux bruits de sprint pour ne pas perdre sa trace.

Malgré tous les slaloms, la créature retrouvait sa piste systématiquement. L'on aurait crû qu'elle jouait à la manière d'un chat, narguant sa proie avant l'acte final. Elle allait rattraper Camille quand celle-ci rentra de plein fouet dans quelqu'un.
Il s'agissait d'une autre jeune fille, au regard brisé et au souffle coupé. Celle-ci tomba et fut relevée malgré elle. Le monstre l'avait saisi, et l'on savait déjà que pour cette dame là il n'y avait plus d'espoirs.

Il fallait profiter de l'occasion pour détaler, et c'est ce que Camille fit. Elle entrevoyait l'espoir de revoir ses proches. Elle se demandait lequel d'entres eux se réveillerait en premier, lequel serait le premier à la prendre dans ses bras au moment où elle passerait la porte saine et sauve. Elle aperçut alors l'objet de son salut, l'abri anti-atomique de ses rêves, une terre promise au milieu des Maures.

On l'empoigna par la cheville, ce qui la fit tomber à la renverse et perdre pied. Une force tristement majestueuse la serra par l'épaule, la forçant à se relever. La créature dominait Camille de toute sa taille, et lui imposait le respect. La jeune fille baissa les yeux.

L'horreur commença par la lacérer de façon violente, sanglante, ne laissant voir à chaque passage que quelques lambeaux de peau et de vêtement. Elle l'atomisa de part sa puissance, mordant chaque partie du corps qu'elle pouvait jusqu'à même atteindre l'os sur certains recoins.
Avec une mandibule qu'elle faisait actionner depuis sa tête longue, hideuse, rouge de haine et de massacre, elle découpait, tranchait, dévorait, déchiquetait , et détruisait. Le monstre vibrait de bonheur, à l'idée de voler une vie.

L'horreur fut repue. Elle s'allonga un instant car il fallait qu'elle se remette de la beauté de son carnage. Elle s'efforça de ramener son pouls à un battement convenable, afin de réduire sa tension artérielle et de calmer sa respiration accélérée.
Puis la bête décida de se lever, bête, bête et belle dans sa laideur. Il était grand temps pour elle de rentrer au bercail.

Camille resta recroquevillée sur elle-même. Son corps immaculé dominait l'asphalte sombre par sa blancheur atroce. Elle pleurait silencieusement et se posait un tas de questions sur son avenir. La première fut toute simple.

Elle se demanda si l'on retrouverait un jour le mec qui venait de l'attoucher.





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Floriane

Je suis parti bien avant vous, 
Trop vite, trop tôt, trop tout ;
Vivre sans moi vous paraît flou,
Trop vide, trop noir, sans goût.


Mais je suis toujours là,
Quelque part dans vos pas ;
J’essuierai à jamais vos larmes
Pour apaiser un peu vos âmes.


Ne soyez pas trop tristes
Dans vos cœurs toujours j’existe ;
Dans un battement, dans un souvenir,
Dans un élan, dans vos sourires.


Je suis parti bien avant vous,
Trop vite, trop tôt, trop tout ;
Mon seul souhait je vous l’avoue
Est que vous surviviez malgré tout.


2016 © Floriane Aubin

Source photo : http://www.myculturalbabychic.com
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