Chapitre 68. L’adoption, par toute la petite famille

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L’avocat du couple s’occupa des détails juridiques de l’adoption de Ninon par Rachel ; déclaration devant le juge de paix, homologation par le tribunal etc. Le procureur du Roi donna un avis plus que favorable à cette demande, au vu de la situation de l’enfant et de l’intérêt pour ce dernier de faire partie d’une famille unie, avec son père biologique. Il ne demanda pas d’enquête sociale ; le contenu des enquêtes sur le couple, par rapport à l’affaire « Ambre Decis », était plus que complet.

— Voilà, les papiers sont en ordre, vous pouvez ramener votre fille chez vous.

— Merci Maître, merci d’avoir fait cela si vite !

— Vous savez, au vu du contexte, le procureur n’a pas traîné… Et la déchéance des droits parentaux de Mme Décis a aussi ramené de l’eau à notre moulin, si je puis me permettre. Elle n’a pas rechigné pour signer les papiers d’abandon que lui ont proposé les délégués aux droits de l’enfance ; à la base, c’était pour l’adoption de Mme Adams, mais comme elle a finalement décliné l’offre, vous étiez en quelque sorte « prioritaire » en tant que père et votre femme a pu l’adopter sans problème.

Louis lui serra la main, un grand sourire aux lèvres. L’avocat ajouta,

— Au fait, vous et Mme Leblanc avez droit à six semaines de congé d’adoption, vous pouvez les prendre dès maintenant.

— Ah, oui, nous n’étions pas surs de la durée, six semaines alors ! Bien, je vais lui donner la bonne nouvelle, en espérant que cela fonctionne avec le boulot.

— Je l’espère pour vous deux et je vous souhaite bonne chance pour cette aventure, pour le reste, dès que j’ai des informations, je vous contacte.

Louis envoya un message à Rachel, qui était à son travail, pour la prévenir des dernières nouvelles, ce qui la rendit toute joyeuse. Elle en fit part à sa hiérarchie,

— Voilà Geneviève, je suis officiellement la mère de Ninon !

— Ah, ça veut dire que tu as droit à ton congé d’adoption alors ?

— Oui… Mais elle est encore en néonatologie pour quelques jours… Tu penses que cela pourrait être possible ?

— Oui, j’ai déjà contacté la direction… Vous êtes connus « en haut » ; depuis l’incident des escaliers lorsque tu étais enceinte !

Geneviève rigola, Rachel sourit,

— Oui, enfin, il y a d’autres moyens de se faire connaître.

— Attends, cela leur a donné l’occasion de recadrer la firme pharmaceutique qui les employait ; Denis le « harceleur », Ambre la « dingue » ; il fallait réagir en hauts lieux pour l’image de l’hôpital aussi. Je crois que ce congé ne posera aucun problème.

— Tant mieux, cela me laissera le temps de m’acclimater avec la petite.

— Et les autres enfants ? Ils l’ont adoptée aussi ?

Rachel sourit et lui raconta la première rencontre des enfants dans le service de néonatologie.

Elle s’en souvenait bien de cette journée ; Louis et elle, avaient pris congé et avaient gardé les trois enfants à la maison. Louis leur avait expliqué,

— Les enfants, aujourd’hui nous allons tous rendre visite à votre petite sœur qui est à l’hôpital.

En gigotant sur place, Maddy avait crié,

— Tite sœur !

Les jumeaux, en revanche, n’en avaient eu cure ; ils continuèrent à jouer à deux.

Amusée, Rachel avait décidé,

— Bon, allons-y, Adrien et Clément changeront peut-être d’avis en voyant Ninon.

Une fois sur place, Louis avait demandé aux enfants de rester calmes pour ne pas réveiller les bébés qui étaient dans les petits lits de l’unité.

Rachel s’était approchée du lit de Ninon, Maddy l’avait suivie, en tenant sa mère par la toile de son pantalon et en étant très attentive à ce que cette dernière faisait.

Rachel avait pris Ninon dans ses bras puis s’était agenouillée pour mettre le bébé à hauteur des yeux de Maddy qui avait scruté consciencieusement la dénommée « tite sœur ». En se collant à sa mère, Madeleine lui avait soufflé au creux de l’oreille,

— Elle est petite !

— Oui, elle est petite.

— Elle va manger ?

— Oui, elle va manger et elle grandira pour devenir une grande fille comme toi.

En hochant négativement la tête, Madeleine s’était écrié,

— C’est un bébé !

— Oui, mais tu vois, tes petits frères, ils ont grandi depuis qu’ils sont nés, tu te souviens ?

Maddy avait alors regardé ses frères qui jouaient dans les bras de Louis, sans se soucier de l’endroit où ils étaient, Louis les surveillant tout en jetant des coups d’œil vers Rachel et Maddy. Cette dernière avait pris tout d’un coup un air très sérieux et avait dit à sa mère ;

— Elle doit manger tes nénés !

Rachel avait rigolé, ce qui avait secoué Ninon qui s’était mise à gémir, Maddy s’était alors approchée d’elle en tenant un doigt devant sa bouche en lui disant,

— Chut bébé, pas crier !

Puis elle avait tendu le doigt qu’elle avait devant sa bouche pour toucher Ninon et lui caresser le front et la joue, Maddy avait rigolé à chaque fois qu’elle avait touché sa petite sœur et que Ninon avait suivi son doigt du regard. Finalement, Maddy avait fait comme elle avait l’habitude de le faire avec ses frères, elle lui avait pris la tête entre ses mains et avait donné un petit bisou sur le front de Ninon puis s’en était allée voir ce qu’il se passait chez son père.

— Voilà, je crois que pour Maddy c’est bon !

Rachel avait écrasé la larme qu’elle avait senti poindre au coin de l’œil.

— Oui, j’ai vu ça, c’est génial… Par contre, pour ces deux-là, ça ne leur fait ni chaud ni froid !

— Écoute, je vais m’installer dans le petit coin de jeu prévu pour les enfants en visite, ils pourront jouer pendant que je l’allaite.

— Oui, faisons comme ça, on verra bien leurs réactions.

Alors que Louis était occupé à montrer les jeux disponibles aux deux garçons, Rachel s’était installée à son aise dans un fauteuil bas puis avait mis Ninon au sein, qui avait tété immédiatement ; la transition au lait maternel avait été plus facile que ne l’avait craint Rachel.

Perdue dans ses pensées, Rachel n’avait pas capté que les jumeaux avaient arrêté de jouer et la regardaient, en gardant la bouche en « o ».

Maddy avait alors déboulé à côté de Rachel et avait expliqué à ses frères,

— Tite sœur mange les nénés de maman !

Louis qui avait observé la scène éclata de rire, Rachel aussi.

— Ah, en très raccourci, c’est bien ça !

— Regarde la tête d’Adrien et Clément !

— Je ne sais pas trop ce qu’ils pensent, mais ils sont littéralement bouche bée tous les deux !

— Je crois que je sais… Ils se souviennent qu’ils tétaient encore, il n’y a pas si longtemps que ça.

— Tu crois ?

— Attends, regarde…

Elle changea Ninon de sein, Clément s’était approché d’elle en disant,

— Maman… Tété ?

— Oui, va-y Clément, mais tu es grand maintenant.

Il avait tété, debout contre sa mère… Enfin, il « tétouillait », observant Ninon qui était accrochée à l’autre sein.

Elle entendit un soupir de la part de Clément, qui avait lâché son sein et s’était penché vers Ninon qui le tenait à l’œil. Il avait tendu un doigt pour toucher son pied qu’elle bougea un peu à son contact.

Déboulant à hauteur de la tête de Ninon, Madeleine avait dit à Clément en donnant un bisou sur la tête de Ninon, tout doucement ;

— Comme ça, regarde !

De son côté, Adrien avait lui aussi commencé à téter le sein libre de Rachel et avait regardé, sceptiquement, son frère et sa sœur puis en regardant sa mère, demanda,

— Bébé ?

— Oui Adrien, c’est un bébé, ta petite sœur.

Il finit par lâcher le téton de sa mère pour s’approcher, lui aussi, de Ninon.

Louis avait tout filmé, il ferma sa caméra et plongea vers eux en disant,

— Eh bien, tout cela m’a l’air d’aller, non ?

Il avait embrassé le front de Rachel, elle lui avait attrapé la tête en lui indiquant qu’elle désirait un autre type de baiser, il le lui avait offert puis s’était installé par terre avec les enfants avant de recevoir Ninon dans les bras, lorsque Rachel eut fini de l’allaiter.

À cet instant précis, Rachel avait pris le temps de les observer, tous les cinq. Là ils étaient vraiment une famille nombreuse… Ils allaient devoir penser à déménager lorsque les enfants grandiront.

Pour le moment, il restait encore un peu de place dans la grande chambre, mais cela n’allait pas durer ; Maddy grandissait vite, elle allait bientôt entrer en maternelle.

Rachel songea alors à recontacter Audrey.

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