Chapitre 21

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Rune dormit comme un bébé ! Elle s’endormit très vite. Néanmoins, le réveil fut plus compliqué avec le garde qui venait la tirer du lit brutalement. Pour commencer son plan machiavélique, elle fit un clin d’œil à l’homme qui attendait devant sa porte. Son sourire prouva qu’il était intéressé. C’était dans la poche !

Une fois habillée, elle le suivit pour reprendre son boulot. Jakam n’était déjà plus à l’intérieur de sa chambre. Elle n’avait plus qu’à attendre le bon moment. Elle se lança dans la difficile épreuve du nettoyage, mais c’était beaucoup trop compliqué et pointilleux. Elle jeta un œil derrière elle. Toujours surveillé, son gardien la reluquait encore.

Un sourire machiavélique se dessina sur le visage de Rune. Elle fit exprès de faire tomber une chaussette par terre, puis elle la ramassa en se dandinant lentement. Elle entendit l’homme se racler la gorge et détourner le regard. Rune s’approcha de lui d’une démarche déhanchée, puis passa le doigt sur son torse musclé.

– Dis-moi, beau gosse, t’as pas envie de t’amuser un peu ? Je m’emmerde ici…

L’intéressé ouvrit grands les yeux. Il vérifia que personne ne les regardait, inquiet de se faire pincer par son boss. Après tout, seul lui avait le privilège de dompter ses servants.

– Hum… Je ne pense pas pouvoir, vous savez…

– Aller… je sais que t’as envie ! lui susurra-t-elle à l’oreille.

Elle le fixa de ses pupilles saphir. Elle se mordit les lèvres en descendant lentement sa main.

– Prends-moi par terre si tu veux ! Je veux un vrai mec, pas ton chef ! T’en fais pas, je ne lui dirais rien.

L’homme acquiesça finalement.

– Ça marche, on y va !

Il agrippa le poignet de Rune et la tira dans le salon. Il l’allongea sur la table basse puis se mit à sa hauteur. L’homme plaqua la main sur sa fesse, poussant Rune à réagir vite.

– Hé au fait, déclara-t-elle.

– Quoi ? demanda-t-il.

– Quand on me fesse, j’ai un réflexe murmura-t-elle.

L’homme sourit de toutes ses dents.

– Ah ouais ? Comme ça ? demanda-t-il en réitérant son geste.

Rune lui mit brutalement un coup de talon dans l’entre-jambes. Le souffle coupé, l’homme se tordit de douleur avant de se laisser tomber. Rune ramassa la matraque électrique pour l’électrifier, puis elle prit soin de le menotter et de le bâillonner. Elle récupéra le pistolet qu’il avait à la ceinture et les quelques grenades.

Elle se cacha derrière un meuble, près de l’entrée de l’appartement. Elle attendit un long moment avant que Jakam ne se décide de rentrer. Lorsqu’il vit le garde, il s’élança à sa rencontre sans faire attention à l’intrus dans sa demeure. Rune arriva derrière lui en silence, puis l’électrisa à son tour.

Elle le porta jusqu’à son lit, puis l’allongea sur le dos. Elle fouilla les tiroirs des commodes et tomba sur des jouets sexuels et de la corde. Un gout charmant…

Rune prit le soin d’attacher chacun de ses membres avant de tenter de le réveiller. Elle ne pouvait pas attendre plus longtemps, Chloé devait être vendue aujourd’hui. Elle lui mit des claques de plus en plus fortes, jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux. Alarmé, il tenta de se défaire de ses liens sans y parvenir.

– Bordel, tu fous quoi toi ? s’emporta-t-il.

Rune posa le canon de son arme sur son entre-jambes. Il grimaça de dégout avant de la supplier de ne rien faire.

– Bon, dis-moi ce que je veux savoir. Où est Chloé EXACTEMENT ? et où se dirige le Saint Ordre Félin ?

Jakam éclata de rire.

– Tu peux me faire ce que tu veux, après tout, je peux me faire soigner facilement, ou même poser des prothèses.

– Ah oui ?

Rune rangea son arme puis retourna dans la collection de chaussettes.

– Attends, cria Jakam. Tu fais quoi là ?

Rune scruta avec attention sa collection, jusqu’à découvrir un piédestal dans un coin. C’était la seule paire à être déposée dessus dans une vitre sécurisée. Un sourire aux lèvres, elle brisa le verre d’une balle avant de sortir le vêtement.

Elle fouilla maintenant l’appartement, et surtout le minibar.

– Bordel, mais qu’est-ce que tu fous ?

Jakam essayait de se libérer, mais Rune connaissait des nœuds qu’il ne pourrait jamais défaire. Elle dénicha un briquet, puis retourna face à Jakam. Elle tendit une chaussette et mit le briquet en dessous.

Des sueurs froides perlèrent le long des joues de Jakam.

– Non ! Pitié ! C’est ma préférée !

– Alors ? Tu ne veux toujours rien me dire ?

Jakam s’énerva une dernière fois en tirant de toutes ses forces, mais rien ne céda. Lorsqu’il vit Rune rapprocher la flamme de la chaussette, il hurla de toutes ses forces.

– Personne ne va venir, ricana Rune. Si tu fais des orgies dans ta chambre, personne ne doit entendre de l’extérieur, non ?

L’esclavagiste se mit à pleurer. Le désespoir s’empara de lui.

– D’accord… Je vais tout te dire, mais pitié. Éteins ce briquet…

Rune obtempéra.

– Prends l’ascenseur du fond jusqu’à l’étage 4. Tu y trouveras le cabaret où elle travaille… Sa chambre est la 140. Et pour le Saint Ordre Félin, ils vont sur Terre, mais aucune idée d’où exactement, je le jure…

Rune sourit.

– Et comment on e barre d’ici vite et facilement ?

Jakam soupira.

– Il y a un vaisseau sous mon appartement. La trappe est sous le lit…

– Merci pour ta coopération.

Elle retourna chercher plusieurs paires de chaussettes sales pour lui fourrer dans la bouche avant de le bâillonner aussi. Un coup de matraque électrique pour lui faire perdre connaissance, et elle se mit en route pour retrouver son amie.

En traversant le couloir des domestiques, Rune ouvrit chacune des portes. Elle hurla à tout le monde de quitter le vaisseau le plus vite possible avant qu’elle ne le fasse exploser. Elle prit l’ascenseur avec tout le monde, mais descendit au quatrième étage.

Effectivement, elle se retrouva dans un univers différent. Une faible lumière sortait des quelques néons en forme d’ancien lampadaire, dévoilant un comptoir en forme de cercle devant elle. Les quelques gardes s’approchèrent d’elle d’un pas menaçant, mais Rune sortit son pistolet pour les abattre d’une rapidité surprenante.

La personne en charge de la réception prit peur. Il voulut fuir, mais c’était sans compter les réflexes de Rune. Une balle dans la jambe et c’était réglé. Il hurlait de douleur en se trainant au sol. Visiblement, il essayait d’atteindre un bouton rouge clignotant sur le mur du fond.

Rune lui mit un coup de pied dans le dos pour l’en empêcher.

– Excuse-moi, mais, où se trouve la chambre 140 ? Celle de Chloé Payet.

Il se mit à pleurer.

– Couloir de droite, étage supérieur. Pitié ne me tuez pas, j’ai rien fait…

Rune l’assomma à coup de crosse et continua sa route. Les détonations avaient alerté les soldats proches. Sans parler des acteurs qui fuyaient leur chambre comme des dingues, hurlant à tout va.

Les gardes mirent Rune en joue, essayant de ne pas tuer les employés. La pirate fit de même, mais elle tira en premier et tua les quelques soldats qui se présentaient à elle. Elle dénicha un escalier qu’elle s’empressa de monter tout en bousculant les personnes qui le dévalaient.

Deux trois gardes pointèrent le bout de leur nez, mais dans la panique générale, Rune arriva facilement à les mettre hors d’état de nuire. Elle récupéra un fusil d’assaut au passage, prête à faire un carnage.

Dans le prochain couloir, elle trottina jusqu’à la porte notée 140. Elle l’ouvrit à la volée. Chloé était là, assise dans un coin de la pièce. Vêtue d’un pantalon noir et d’un haut blanc avec une épaule dénudée, elle sanglotait Rune referma la porte et courut la rejoindre.

– Hé, Chloé, je suis là ! Viens, on se tire !

Son amie pleurait sans bouger. Rune la secoua gentiment, mais elle refusait de se mouvoir.

– Il ne faut pas… Il me retrouvera et ce sera pire cette fois. Laisse-moi…

– Mais…

– Il ne faut pas partir…

Impossible de lui faire entendre raison. Chloé était trop terrifiée par son geôlier. Derrière la porte, les cris des gardes se mêlèrent au brouhaha des comédiens qui couraient partout. Elle n’avait pas le temps !

Elle n’avait qu’une solution !

Rune prit le visage de Chloé entre ses mains et posa ses lèvres sur les siennes. Elle l’embrassa tendrement avant de reculer. Chloé la regardait avec stupéfaction.

– C’est bon, t’es avec moi là ? demanda Rune.

– Euh… Oui. Mais…

– Il faut qu’on se tire Chloé !

– Mais…

Elle allait replonger dans le désespoir et la peur, mais Rune sut comment la motiver.

– On se tire d’ici, et tu fais de moi ce que tu veux pour une nuit ! déclara-t-elle avec sérieux.

Elle savait qu’elle allait regretter sa proposition, mais au moins, Chloé allait se motiver. Et ce fut le cas ! La jeune femme eut des étoiles dans les yeux. Un grand sourire aux lèvres, elle demanda confirmation de ce qu’elle venait de dire. Rune acquiesça d’un hochement de tête.

Chloé se redressa brutalement et frappa du poing dans sa paume.

– Alors, allons-y ! cria-t-elle.

Rune retrouvait enfin son amie ! Elle se leva aussi, fusil d’assaut prêt, et quitta la chambre. Dès la sortie, elle tira sur les gardes qui fouillaient chacune des pièces. Chloé récupéra elle aussi une arme et les deux femmes firent marche arrière. Elles devaient rapidement rejoindre les appartements de Jakam.

Les gardes couraient comme des dératés pour finir criblés de balles. Lorsqu’elles arrivèrent à l’entrée du cabaret, les deux femmes durent se cacher derrière le comptoir face au comité d’accueil. Lorsque la rafale de tir s’arrêta, elles se couchèrent chacune d’un côté et tirèrent sur tout ce qui bougeait.

Les soldats n’étaient pas entrainés, ce n’était que de la chair à canon inexpérimentée. Jakam ne savait pas s’entourer…

Une fois débarrassées de leur poursuivant, elles prirent l’ascenseur dans laquelle jouait une petite musique classique.

– Merci d’être venu, lui avoua Chloé.

– De rien.

– C’est quoi le plan ?

– Y’a un vaisseau sous le lit de ton pote Jakam. On met le feu et on se tire.

Chloé sourit.

– Parfait ! J’adore ton plan !

Lorsque l’ascenseur s’arrêta, les portes s’ouvrirent sur le couloir des domestiques, où régnait un silence de mort. Le personnel avait quitté les lieux et seuls les cadavres des gardes jonchaient le sol. Rune et Chloé avancèrent avec prudence. Rune sentait que quelque chose n’allait pas.

Alors qu’elles avançaient, des portes s’ouvrirent à la volée et vomirent des troupes embusquées. Par réflexe, Rune activa les grenades et les lança droit devant elle. Tandis que Chloé défonça une porte pour pousser Rune à l’intérieur. Les deux amies se jetèrent au sol, alors qu’une explosion ravagea une partie du corridor. Des cris de douleur retentirent, puis se fut de nouveau le calme plat.

Rune et Chloé se redressèrent et reprirent leur souffle.

– Tu crois qu’il en reste ? questionna Chloé.

– Aucune idée… Je n’ai pas l’impression.

Rune jeta un rapide coup d’œil dans le couloir. Il ne restait plus personne. Elles continuèrent jusqu’aux appartements de Jakam, qui essayait de se libérer de ses liens.

– Tu dors plus ? demanda Rune en retournant vers la collection de chaussettes.

Chloé se mit face à lui, arme en main. Elle avait une folle envie de lui tirer dessus, mais Rune l’en empêcha.

– Attends, y’a mieux à faire. Va chercher le lus d’alcool possible.

Son amie ne comprenait pas pourquoi, mais elle obéit. Jakam hurlait dans son bâillon en voyant Rune jeter les chaussettes au milieu du passage. Absolument tout fut rassemblé en un tas énorme. Chloé arriva avec plusieurs bouteilles. Rune les récupéra et les vida sur le monticule de vêtements.

Jakam hurlait de rage. Il pleurait. Il voyait toute sa collection noyer dans ses alcools. Puis Rune donna le briquet à Chloé.

– À toi l’honneur, ma belle.

Chloé récupéra le Zippo, mais scruta Rune.

– Ma belle ?

Rune haussa des épaules. Les deux filles regardèrent Jakam. Les yeux exorbitaient et le visage rouge de fureur, il continuait de hurler de toutes ses forces. Chloé lâcha l’objet qui mit le feu à toute sa collection. L’esclavagiste pleura toutes les larmes de son corps en voyant ses précieuses chaussettes finir en cendre.

– On fait quoi maintenant ? demanda Chloé.

– On file. Y’a une trappe vers son vaisseau sous son lit. Faut juste le détacher…

– Pourquoi ? demanda Chloé.

Elle fila jusqu’au lit et s’apprêta à le soulever.

– Tu m’aides ?

– Ouais, ouais ! répondit Rune en la rejoignant.

Une fois à ses côtés, elles soulevèrent le lit sous les cris étouffés de Jakam. Elles le renversèrent brutalement, dévoilant ainsi la trappe qui se trouvait en dessous. Chloé l’ouvrit et descendit l’échelle. Rune la suivit de près, et elles se retrouvèrent dans une petite pièce.

Les lumières s’allumèrent automatiquement. Elles étaient derrière le cockpit, où se trouvaient un lit et quelques placards. Il y avait à peine de la place pour deux dans ce vaisseau. Chloé s’installa au poste de pilotage, mais elle n’était pas très douée pour conduire un bâtiment.

– Laisse-moi conduire, proposa Rune.

Chloé tapa sur ses genoux pour lui faire signe de s’assoir. Rune soupira, mais obtempéra. Une fois installée sur les cuisses de Chloé, elle alluma l’engin. Les moteurs grondèrent sur les ailes, puis le vaisseau s’élança dans l’espace.

Chloé tapota sur des touches sur le côté.

– Qu’est-ce que tu fais ? demanda Rune.

– Juste un petit truc à régler.

Une voix électronique prévint les pilotes qu’un missile était lancé. Rune observa sa trajectoire via un écran puis vit l’explosion produite à l’impact sur l’appartement de Jakam.

– Voilà, il ne me fera plus chier celui-là !

Rune ricana. Effectivement, Jakam ne risquait pas de revenir un jour. Alors que le silence et le vide de l’espace s’offraient aux jeunes femmes, Rune s’occupa d’appeler Ornella. Elle chercha les communications, quand les mains de Chloé lui agrippèrent les seins. Elle hoqueta de surprise et un cri sortit sans qu’elle le veuille.

– Arrête ça, je conduis ! s’énerva Rune.

– C’est pas vrai ! Tu as mis le pilotage automatique !

– Oui bah... Arrête quand même.

– Mais je peux faire ce que je veux, tu es à ma merci… railla Chloé.

– Peut-être, mais si tu continues j’annule ce que je t’ai proposé tout à l’heure.

Chloé sursauta, outrée.

– Ah non, non, non ! Tu m’as promis que je pourrais faire n’importe quoi de toi une nuit !

– Je regrette déjà…

– Oh non, pas encore…

Rune sourit. Le cœur battant, elle se demandait ce que lui réservait son amie. Et puis, elle ne regrettait même pas d’avoir proposé ça. Au contraire, elle était presque contente de passer la nuit avec elle. Mais qu’est-ce qui lui arrivait ? Elle ne savait plus où elle en était. Elle s’était jurée de ne plus retomber dans les bras de quelqu’un, alors pourquoi continuait-elle à jouer au chat et à la souris ?

– Oui ? Qui est à l’appareil ?

La voix d’Ornella dans les haut-parleurs du vaisseau la ramena à la réalité. Rune expliqua à sa cheffe tout ce qu’il venait de se passer depuis leur mission sur Nadundou. Ornella avoua n’avoir aucune nouvelle des autres, mais elle lui promit d’appeler la république de Karos et d’envoyer sa flotte sur Terre pour se débarrasser du Saint Ordre Félin.

Après la discussion, Rune resta de marbre. Plein gaz, le vaisseau traversait l’espace à grande vitesse pour rejoindre la Terre le plus rapidement possible.

– Rune… murmura Chloé.

– Ouais ?

– Merci de m’avoir sauvé.

– De…

– Non ce n’est pas rien. Tu m’as aidé à affronter mon passé et à m’en défaire. J’ai complètement perdu mes moyens quand il nous a faites prisonnières. Mais tu as été là. Alors, merci.

Rune hocha simplement la tête. Elle ne pouvait rien rajouter à ça.

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