Chapitre 42 Leadership - Partie 1

6 minutes de lecture

 En sortant de la pièce en massant ses côtes endolories, Hank demanda à Sin fo :

- Tu es bien sûre qu'il n'y a personne en bas ?

- Évidemment que j'en suis sûre. J'ai fouillé toutes les pièces, et aucun djaevel n'y a jamais mis les pieds. Tout est parfaitement propre et rangé, si l'on excepte la poussière. C'est comme si les habitants de cette maison avaient disparu par magie.

- C'est le cas. Ils ont été remplacés par des démons.

- Comment ces djaevels ont-ils pu arriver en haut sans laisser de traces au rez-de-chaussée, demanda Tabatha.

- Ce sont probablement les occupants de cette maison qui se sont transformés. Le colosse était sûrement le chef de famille, et quand il a vu les autres se transformer, il les a enfermés pour éviter qu'ils ne blessent ou ne tuent quelqu'un.

- Je vois mal ce gros monstre en bon père de famille, répliqua Hank. À mon avis, il était déjà infecté et il les a attaqués chez eux. Ils ont dû se réfugier dans la chambre, mais l'un d'eux avait dû être mordu, et ils se sont entre-tués.

- Quoi qu'il en soit, tout a dû se dérouler très vite. Et tant mieux pour nous, car nous allons pouvoir récupérer des choses utiles à notre voyage. Je n'ai pas pris le temps d'ouvrir les placards, mais l'idéal serait de trouver de la nourriture, car c'est ce qui risque de nous faire défaut.

- On s'occupera de ça plus tard. Il faut d'abord s'assurer que ces pièces sont vides.

- S'il restait des djaevels, ils nous auraient déjà attaqués.

- C'est ce que je pensais tout à l'heure, avant que le gros monstre nous attaque.

- Très bien, fouillons les autres chambres, mais restons groupés cette fois.

 Ils commencèrent par la pièce en face de celle qu'ils venaient de quitter, et dont la porte pendait sur ses gonds. Ils en déduisirent que c'était là que le gros djaevel était enfermé, et qu'il avait défoncé la porte en sentant la présence d'êtres humains. La pièce était dans le même état de délabrement que celle d'en face, alors que le djaevel y était seul. L'odeur même semblait aussi forte, et ils se couvrirent le nez pour rentrer. Ils jetèrent un œil rapide, soulevèrent les rideaux et regardèrent derrière les meubles pour s'assurer qu'il n'y avait aucun djaevel, et ils ressortirent en vitesse. Les trois dernières pièces avaient été épargnées par les djaevels, si bien qu'ils n'y passèrent que quelques minutes. Alors que Hank s'apprêtait à redescendre l'escalier, Sin fo le retint par l'épaule et lui demanda :

- Où vas-tu ?

- On a fini ici, alors je sors.

- Nous ne fouillons pas les placards ? Je t'ai dit tout à l'heure que...

- Je sais ce que tu as dit, mais il n'y a pas que cette maison. Nos compagnons sont là-dehors, et ils ont peut être besoin d'aide.

- Laisse-les se débrouiller un peu, s'emporta Sin fo. Tu n'as pas à être toujours derrière eux. Tu leur as donné des consignes, à eux de les suivre.

- Pourquoi est-ce que tu le prends comme ça, s'étonna Hank.

- Excuse-moi, je ne voulais pas m'énerver contre toi. Je suis simplement agacée par l'hypocrisie de tous ces gens. Ils se sont moqués de nous, ils ont bafoué notre autorité, et ils ont été jusqu'à nous insulter pour certains d'entre eux. Tout cela s'est déroulé il y a moins de huit jours, et tout le monde fait comme si rien ne s'était passé. Toi surtout, tu fais comme si rien ne s'était passé, et cela m'étonne beaucoup de toi.

- Tu crois que j'ai oublié ma fierté, c'est ça ? Je n'ai pas oublié que tous les habitants de Ts'ing Tao nous auraient volontiers laissé mourir pour préserver leur sécurité et leur confort. Je croyais que ces gens étaient mes amis et la plupart m'ont trahi. Si ça ne tenait qu'à moi, je les planterais tous là et j'irais vivre ma vie. Mais j'ai au moins un ami qui ne m'a jamais trahi.

- Maxou, intervint discrètement Tabatha.

- Exactement. C'est pour lui que je me bats. Et si ça implique de ravaler mon orgueil, je le ferais. Alors je sais que je ne leur dois rien, et que dans cette guerre chacun doit faire sa part, mais si je fais un peu plus que ma part, on arrivera peut être un peu plus vite à la capitale pour sauver Maxou.

- Nous n'y arriverons pas si nous n'avons rien à manger.

- Je n'ai pas envie de me battre avec toi Sin fo, soupira Hank. Tabatha, à toi de trancher.

 Après quelques secondes de réflexion, la jeune fille se tourna vers Sin fo et lui dit :

- C'est vrai que la nourriture est importante, mais que ferons-nous si des djaevels arrivent alors que nos affaires sont surchargées ? Nous devons d'abord éliminer tous les djaevels, c'est la priorité je crois.

 Sin fo s'apprêta à répondre à son amie, mais elle croisa le regard de Hank et se ravisa. Elle l'interrogea d'un froncement de sourcils, et il lui répondit d'un mouvement de tête presque imperceptible. La jeune femme se contenta donc de soupirer, et après avoir posé sa lame nonchalamment sur son épaule, elle désigna l'escalier et dit à Tabatha :

- Très bien, dans ce cas nous te suivons.

 La jeune fille descendit l'escalier, ses deux amis sur les talons. Elle traversa le couloir sans s'arrêter et sortit de la maison. Sin fo profita de ce moment pour fermer la porte derrière elle et retenir son mari à l'intérieur.

- Très bien, je veux une explication immédiatement.

- À propos de quoi ?

- Je ne plaisante pas Hank. J'ai vu tes signes. Tu m'as demandé de me taire, d'accord. Mais je veux savoir pourquoi.

- Je sais ce que je fais, fais-moi confiance.

- Toi aussi fais-moi un peu confiance ! Je t'aime Hank, mais je ne peux pas toujours te suivre aveuglément. Pourquoi as-tu refusé de suivre mon plan ?

- Ce n'est pas du tout ça. Je me serais rangé à ton avis si Tabatha l'avait fait aussi. Ce que je veux, c'est que ce soit elle qui prenne les décisions.

- Mais pourquoi ?

- Parce que c'est son rôle. Elle est la princesse, c'est normal qu'elle donne les ordres.

- Nous sommes ses amis, pas ses soldats, s'insurgea Sin fo.

- Je sais, mais si elle ne peut pas nous donner des ordres à nous, comment fera-t-elle pour diriger toute une armée ?

- Ne crois-tu pas qu'elle est trop jeune pour assumer cela toute seule ?

- Nous serons là pour l'aider bien sûr, mais elle doit apprendre à se débrouiller. Imagine qu'il nous arrive quelque chose.

 À ce moment-là, la porte s'ouvrit en grand et la lumière des soleils les éblouit. Tabatha se tenait dans l'encadrement et les regardait en fronçant un sourcil.

- Qu'est-ce que vous faites ? Je vous attends dehors depuis cinq minutes.

- Une simple discussion entre mari et femme, éluda Sin fo.

 Tabatha soupira en secouant la tête.

- Vous êtes incroyables. Vous choisissez toujours les pires moments pour vous bécoter. Je vous rappelle qu'on a du travail.

- Je t'assure que nous étions seulement en train de parler.

- À d'autres, je vous connais.

- Tu ne penses vraiment qu'à ça, tu es pire qu'un garçon, intervint Hank.

- Excuse-moi, mais ce n'est pas moi qui montre mes fesses à tout le monde.

- Je n'ai pas fait exprès de... Je croyais qu'on avait décidé de ne plus en parler ?

 Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire.

- Il n'a pas l'air comme cela, mais c'est un homme très prude.

- Écoute, je ne sais pas comment se comportaient les garçons dans ta jeunesse, répondit Hank en rougissant, mais à mon époque on nous apprend une certaine retenue.

- À ton époque, répéta Sin fo en pouffant. Fais attention mon chéri, tu commences à parler comme un vieillard.

- C'est vrai qu'il n'est plus tout jeune, railla Tabatha.

- Je ne discute plus avec vous, vous êtes trop méchantes quand vous êtes ensemble.

 Hank donna un coup dans la porte et s'éloigna en feignant d'être énervé, sous les rires de ses deux amies.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0