Chapitre 16 Une rencontre inattendue- Partie 1

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 Sin fo était très fatiguée. Elle venait de marcher pendant plus d'une heure, et elle avait eu une matinée plus qu'éprouvante. Heureusement, elle était maintenant assise à l'arrière d'un chariot, confortablement installée contre un sac de semis. À ses côtés se trouvait Reg'liss. Lui aussi était épuisé, et l'inquiétude se lisait sur son visage, mais il parvint tout de même à lui sourire lorsqu'elle le regarda. Reg'liss lui souriait toujours, et chaque fois son cœur palpitait. Ces derniers jours passés uniquement en sa compagnie avaient été bien plus agréables qu'elle aurait pu le croire.

 Soudain, la jeune femme ressentit un changement dans l'atmosphère. C'était comme si un voile venait de tomber sur le monde. La lumière s'était atténuée, les couleurs étaient ternes, et les bruits ambiants s'étaient presque effacés. Elle les percevait comme venant de derrière une fenêtre, sauf un bruit de sabots, d'abord lointain, puis de plus en plus proche, de plus en plus fort, et de plus en plus oppressant. Inconsciemment, elle accorda sa respiration au rythme de leur martellement sur le sol. Tout à coup le bruit s'interrompit. Sin fo retint son souffle. Reg'liss lui fit signe de ne pas faire de bruit. Il s'approcha doucement de la bâche pour pouvoir regarder au dehors. Soudain la toile s'ouvrit en grand. Devant eux se tenait un soldat à la cotte de maille étincelante. L'éclat des soleils empêcha Sin fo de voir son visage.

 Avant que les deux jeunes gens n’aient pu esquisser le moindre geste, le soldat brandit son arme et l'enfonça dans le ventre de Reg'liss, qui lâcha un hoquet sinistre et s'effondra. Sin fo ne pouvait pas le croire. Elle cria le nom de son ami. Le soldat releva la tête vers elle et lui sauta dessus. Il la plaqua au sol en la maintenant par les épaules. La jeune femme se débattit et continua de hurler, terrifiée par son assaillant. L'homme la secoua pour la faire taire. Elle ferma les yeux un instant, et quand elle les rouvrit, elle distingua enfin le visage au dessus d'elle. C'était Hank. Il la secouait par les épaules et lui disait :

– Sin fo réveille toi ! C'est moi, c'est Hank !

 Sin fo s'arrêta de crier et cligna des yeux.

– Hank ?

– Oui c'est moi. Tu as encore fait ce rêve.

 La jeune femme éclata en sanglots. Hank la prit dans ses bras et lui passa doucement la main dans le dos.

– C'est fini, je suis là, c'est fini.

– Je n'en peux plus Hank. Toutes les nuits depuis que nous sommes revenus, je fais ce même cauchemar.

– Ça ne veut rien dire, ce n'est qu'un rêve.

– Et si c'était plus que cela ? Cela à l'air tellement réel. J'ai peur qu'il soit arrivé quelque chose de grave à Reg'liss.

– Même si c'était le cas, on ne peut rien faire pour lui, on ne sait même pas où il est, rappela justement Hank.

– Ce rêve doit bien signifier quelque chose, dit Sin fo dont les sanglots s’étaient calmés. J'ai l'impression que je connais le soldat.

– Tu as vu son visage cette fois ?

– Toujours pas, mais il me semble familier.

– Bien sûr, tu le vois toutes les nuits depuis deux semaines. D'ailleurs je suis un peu jaloux, je préférerais que tu rêves de moi.

 Sin fo sourit et l'embrassa sur la joue.

– Tu es mignon. Mais cela continue à m'inquiéter.

– Tu dois arrêter d'y penser, ou bien tu vas continuer à faire ce rêve toutes les nuits. Ce n'est pas ce que tu veux, n'est-ce pas ?

 Sin fo ne répondit rien. Hank se détacha d'elle, la regarda dans les yeux en fronçant les sourcils et répéta en haussant le ton :

– N'est-ce pas ?

– Non bien sûr !

– Sin fo il faut que tu me promettes que tu ne vas pas tenter de finir ce rêve. Je vois dans quel état ça te met, et il n'en sortira rien de bon.

– Je te le promets, mais je ne fais pas exprès de faire ce cauchemar affreux, se crispa-t-elle légèrement.

– Bon n'en parlons plus. Tu veux essayer de te rendormir un peu ? Les soleils ne sont pas encore levés.

– Non, autant reprendre la route puisque nous sommes réveillés tous les deux.

 Nos deux héros ramassèrent leurs affaires, éteignirent le feu et levèrent le camp. Ils marchaient en silence et sans se presser, économisant leurs forces, car la journée serait longue jusqu'à la nuit. Ils ne se le disaient pas, mais ils étaient tous les deux inquiets. Depuis près de deux semaines qu'ils étaient de retour à Vadkraam, ils n'avaient rencontré aucun être humain. Ils avaient pourtant accosté sur une île continent, une des plus grandes du royaume, et ils avaient parcouru plusieurs villes, mais elles étaient toutes désertes, vides de toute âme qui vive.

 Lors de leur arrivée dans la première ville, le silence y régnant les avait interpellés. D’abord sereins, leur inquiétude s’était faite croissante à mesure qu’ils remontaient les rues sans croiser personne. Ils étaient rentrés dans les maisons, les cafés, les boutiques, ils avaient appelé, s'époumonant pendant des heures, mais ils n'avaient obtenu aucune réponse. Trois jours durant, fouillant toutes les maisons de la ville, ils n'avaient rien trouvé qui indique où tous les habitants étaient partis.

 Ils avaient fini par reprendre leur route, et avaient traversé trois autres villes depuis, toutes désertes. Ils ne s'y étaient pas attardés, ne prenant que le temps de se ravitailler pour les jours suivants.

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