Chapitre 14 Fantômes du passé - Partie 1

4 minutes de lecture

 Une odeur plus fétide encore que la chair en décomposition s'échappa de l'ouverture pratiquée par Sin fo.

– Une chose est sûre, il ne s'est pas noyé...

– Mais que lui est-il arrivé ?

 Le spectacle offert par le corps était proprement effrayant. Tous les organes, ainsi que les muscles et les chairs les entourant, étaient carbonisés, presque réduits en cendres, comme dévorés par les flammes.

– C'est impossible, dit Sin fo en secouant lentement la tête. Sa peau ne porte aucune trace.

– Pas tout à fait. Regarde dessous, répondit Hank en pointant son index sur l'épaule droite du défunt.

 Sin fo souleva le corps pour examiner l'épaule.

– D'accord, mais cela n'a aucun rapport, c'est une morsure. Les morsures ne s'attaquent pas à tout le corps.

– Un venin peut-être, proposa Hank.

– Crois-tu qu'un venin puisse être corrosif au point de brûler les chairs comme cela ?

– Honnêtement, je ne sais plus quoi croire.

 Ils restèrent tous deux silencieux quelques instants, puis Sin fo demanda à Hank :

– Donne-moi ta veste, s'il te plaît.

– Bien sûr, répondit-il en ôtant le vêtement et en le tendant à la jeune femme. Tu as froid ?

– Non, c'est pour lui. Nous ne pouvons pas le laisser dans cet état. Il mérite un peu d'égards, quoi qu'en pense le seigneur Iaevr.

 Elle disposa l'habit de sorte à dissimuler toutes les blessures, puis Hank lui offrit son bras pour l'aider à ressortir du trou. Elle remit ensuite la terre en place grâce à son pouvoir, d'une façon plus égale que ne l'avaient fait les revanis.

– On devrait lui mettre une pierre tombale, intervint Hank.

– Nous ne connaissons même pas son nom, que veux-tu y inscrire ?

– Au moins la date, suggéra-t-il en haussant les épaules, pour qu'on sache qu'il est là.

 Hank ramassa donc une grosse pierre non loin de la tombe et entreprit d'y graver la date avec son couteau, taché du sang brunâtre de l'inconnu. Sin fo comprit que son compagnon avait besoin de le faire lui-même, c'est pourquoi elle ne lui proposa pas de la sculpter avec son don.

 Lorsqu'il eut fini, Hank enfonça la pierre dans la terre, puis les deux jeunes gens improvisèrent une prière au dieu Yembet devant cette stèle sommaire. Après une minute de silence, Hank se retourna et s'éloigna. Sin fo s'apprêta à le suivre, mais elle s'interrompit en posant le regard sur la pierre. Elle s'accroupit pour mieux lire l'inscription à la lueur de la lune, et fronça les sourcils.

– Mon amour, je crois que tu t'es trompé avec la date.

– Quoi, demanda Hank par dessus son épaule. Ah oui, c'est possible, j'ai perdu un peu le compte des jours quand on a quitté Vadkraam, mais ensuite j'ai calculé les mois qui passaient. Une erreur de quelques jours, ce n'est pas si grave, conclut-il en tournant ses mains vers le ciel.

– Non je ne te parle pas des jours, insista Sin fo, il y a une erreur sur les années.

– Vraiment ? Pourtant ça fait bien cinq ans qu'on est là, je ne me trompe pas ?

– C'est bien cela, mais tu as écrit 2429, dit-elle en pointant la pierre tombale du doigt.

– Et bien oui, j'avais vingt-quatre ans quand on s'est rencontrés, calcula Hank en plissant les yeux, c'est ça.

– Ne te moque pas de moi.

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

– Nous ne sommes pas en 2429 ! C'est impossible, s'exclama Sin fo en se redressant.

– Mais qu'est-ce qu'il t'arrive, s'inquiéta Hank en revenant vers sa compagne.

– Comment pourrions-nous être en 2429 alors que je suis née en 2899 ?

– Quoi ?!

 Elle tira une chaîne de sous son gilet.

– Regarde mon médaillon ! Il m'a été offert par ma mère à ma naissance. Regarde la date, s'écria presque Sin fo. Le vingt-cinq Yembë 2899 ! Ma mère me disait toujours que les personnes qui naissaient avant la fin d'un siècle étaient destinées à accomplir de grandes choses.

– J’ai toujours cru que ton médaillon s’était abîmé avec le temps, observa Hank, et que c’était pour ça que je n’arrivais pas à bien lire la date.

– Ne me prends pas pour une idiote, je sais bien quelle année m'a vue naître !

– Ne t'énerve pas, j'essaie de comprendre ce que tu me dis !

– Si Reg'liss était là, il te dirait que j'ai raison !

– Pourquoi tu me parles de lui, répliqua Hank du tac au tac. Tu préférerais qu'il soit là à ma place, c'est ça ?

– Ne me fais pas dire… , commença Sin fo en baissant légèrement la voix.

– Et bien manque de chance, la coupa Hank, c'est moi qui suis venu te chercher. Lui a préféré te laisser là, et c'est peut-être ce que j'aurais dû faire aussi !

 Les yeux de Sin fo s'embuèrent et l'espace d'un instant, Hank crut que des larmes allaient perler, mais elle fronça les sourcils et lui assena une gifle mémorable, avant de s'éloigner d'un pas rageur vers le temple. Le jeune homme resta hébété quelques secondes, puis il reprit contenance et siffla pour appeler Vaen.

 Le cheval cassa quelques branches en se posant dans le jardin, qui n'était pas prévu pour les atterrissages. Hank grimpa sur son dos rapidement et lui dit d'une voix sèche de le ramener chez lui. L'animal lui lança un regard noir mais prit quand même son envol. Il descendit la falaise en piqué et se stoppa à quelques centimètres du sol. Il claqua ses sabots et secoua la croupe pour faire descendre Hank. Dès que ce dernier eut posé les pieds au sol, le cheval fit mine de le mordre et hennit bruyamment pour exprimer son mécontentement. Il trottina ensuite quelques pas et s’éleva vers le ciel, laissant Hank se débrouiller pour la suite du chemin.

 Hank lâcha un juron, plus à sa propre adresse que contre le cheval. Il enfonça les mains dans les poches et se mit en route en maugréant. Lorsqu'il arriva chez lui une heure plus tard, ce fut pour découvrir que Sin fo n'était pas rentrée. Il s'effondra dans un fauteuil et se prit la tête dans les mains. Comment une journée qui avait si bien commencé pouvait-elle se terminer de la sorte ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0