Chapitre 7 - Soliloque équestre

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Les premiers temps, le convoi traversât les plaines à zombis. Des territoires désolés. De loin en loin, nous croisions la route de zombis retournés à l'état sauvage et qui nous regardaient passer, des débris d'yeux dans leurs faces ravagées. Ils avaient dévoré depuis longtemps toutes les créatures qui s'étaient risquées sur ces terres, et leurs mouvements incessants avaient fait reculer jusqu'à la végétation. Il ne poussait plus ici que des lichens et des mousses. Des structures de fonges gorgées d'humidité.

Les nécromants refusaient de le reconnaître, mais ces mousses étaient les vrais maîtres des plaines à zombis. La seule créature qui tirait profit de leur présence, et qui les rongeait avant même qu'ils ne s'effondrent. Les êtres vivants qui l'approchaient tombaient, victimes de germes et d'infections inconnues de la médecine. C'était une barrière naturelle qui protégeait le domaine des nécromants, aussi infranchissable qu'un glacis.

Faire traverser un tel endroit à une troupe de vivants aurait été un calvaire. L'obligation de s'arrêter tous les vingt kilomètres pour bâtir une nouvelle forteresse, avec le risque de ne jamais pouvoir repartir si une horde de zombis venait se masser contre ses portes.

La conversation d'Eisenkopf devenait vite lassante. Assis au bureau installé en équilibre sous l'affût du canon, il passait son temps à étudier les plans de bataille que lui avaient confié les nécromants; Pus, quand le besoin de compagnie finissait par se faire sentir, il venait parler du paysage qui défilait sous nos yeux. "Voyez-, Elsa, si un groupe de cavaliers surgissait de cette combe – méthode idéale pour une embuscade en ce lieu – je ferais pivoter l'attelage pour mettre le canon en travers de leur charge. Ainsi les hommes seraient à l'abri et les cavaliers obligés de manoeuvrer pour s'approcher d'eux. Par contre, si quelques tireurs s'étaient perchés sur les arbres que vous voyez là, il faudrait que vous et moi nous en occupions. Mes hommes seraient désarmés contre des cibles qu'ils ne pourraient atteindre. Pour approcher sans dommage, nous utiliserions les pavois que j'ai pris soin de faire placer sous la litière des chevaux. .."

Il pouvait continuer ainsi des heures, sans lassitude apparente, et sans même se soucier que je l'écoute ou pas. J'étais plus à mon aise à chevaucher en avant de la caravane. Plus utile, aussi.

C'est là que je découvre les premiers êtres vivants. Lointains et qui s'enfuient à l'arrivée de notre troupe. La guerre est en cours, et les nécromants n'ont pas encore exterminé toute vie sur leurs nouveaux territoires. La vie est coriace. Je me demande quels zombis feront ces paysans qui s'accrochent à leur terre, sans aucun espoir de victoire et dans le danger permanent. Je n'aime pas cette idée.

Eisenkopf, lui, ne perd pas de temps en questions. Au premier signe de présence ennemie, il a revêtu son armure et, debout sur le canon, il crie les monosyllabes qui orientent les zombis de l'escorte. Eisenkopf le maître de guerre fait avancer son convoi.

A la longue, c'est fatiguant.

Il ne s'est calmé qu'à la vue des murailles d'Hoheraumheim. Mais là, il y avait tellement de zombis qu'on ne craignait plus les embuscades.

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