Donbar - Mur de silence

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Donbar était assis à son bureau, pensif. Cela faisait déjà plusieurs années qu'il s'était fixé pour mission de retranscrire ses aventures mais encore une fois, l'inspiration lui manquait. Il se leva et se mis face à la fenêtre, il était tard dans la nuit et la cité des hommes était encore silencieuse. Il aimait ces moments calmes et paisibles, où seule la douce lumière des étoiles venait troubler la quiétude de ses yeux. Depuis toutes ces années, Donbar n'avait jamais réussi à être satisfait de ses écrits. Ceux-ci terminant bien trop souvent dans la cheminée. Cette nuit encore, son histoire n'avancerait pas.

Une chouette hullula et vint se poser sur le rebord de sa fenêtre. Il sourit et caressa affectueusement la tête de l'animal qui reprit son envol.

- Ainsi, mon vieil ami, tu es en route pour me retrouver, se dit-il à haute voix.

Il regarda au loin, vers les forêts environnantes, les montagnes et leurs murailles naturelles et l'océan quon apercevait à l'horizon sous le scintillement des étoiles. Il se coucha et s'endormi, bien plus rapidement que toutes ces dernières années.

                      ***

Donbar était attablé à l'auberge de l'étang vert, un des plus vieux établissements du Bas de la cité. L'auberge avait bonne réputation et était surtout une des seules de la ville où les non-humains étaient réellement les bienvenus. C'est donc sans hésitation que Donbar imaginait retrouver son vieil ami içi.

Il commanda une choppe qui lui fut servie avec un ragoût des plus savoureux. Il s'était installé de manière à faire face à la porte mais dans un coin de l'auberge afin d'être au calme pour discuter. Il commencait à s'impatienter, cela faisait désormais trois jours de suite qu'il venait ici, attendre. Il esperait ne pas s'être trompé et que son ami allait venir. Il finit sa choppe et s'appreta en à commander une autre lorsque la porte de l'auberge s'ouvrit pour laisser entrer trois nains. Il sourit et suivi la petite troupe du regard. Ils se dirigèrent vers le comptoir et le nain à leur tête demanda :

- Bonjour tavernier, une table pour trois, au calme avec des choppines bien pleines, c'est possible ?

- J'ai plus de table libre mon brave nain, va falloir rester au comptoir ou vous faire des amis, répliqua le ventripotent propriétaire de l'établissement depuis une minuscule chaise derrière le bar, prête à craquer.

- Ou rejoindre la table d'un ami, tout simplement, lança Donbar.

Les nains firent volte-faces et un grand sourire se dessina sur deux des visages nains.

- Donbar ! Dirent-ils en coeurs.

- Dainknut, Dimaz, cela fait si longtemps ! Il les serra dans ses bras et fit de même avec le dernier nain.

- Voici Ber'rin, fils de Belch'rin, le lui présenta Dainknut, c'est sa première visite à Grymnoria.

- Bienvenue jeune guerrier nain, c'est un honneur, dit Donbar solennellement. J'ai pu combattre au côté de votre père qui était un fier un redoutable guerrier. Je suis heureux de rencontrer aujourd'hui sa descendance.

- L'honneur est réciproque, Dain m'a beaucoup conté vos aventures communes, répondit poliment Ber'rin dans la langue des hommes qu'il maîtrisait à merveille.

- Bon, mon vieil ami, j'ai soif, asseyons-nous ! reprit Dainknut tout en faisant signe d'apporter de quoi boire à leur table à la serveuse de la salle.

Une fois installé et les soifs partiellement étanchées, les vieux amis échangèrent sur le passé et sur leurs aventures respectives depuis leur dernière rencontre, des années auparavant. Les nains parlèrent du travail toujours rémunérateur de caravanier. Leurs talents étaient souvent sollicités par les cités des hommes mais également dans les diverses cités du monde. Leurs contrats les avaient même souvent conduit vers le sous-monde avec ses habitants et coutumes des plus barbares.

Donbar, lui, conta son rôle de précepteur auprès des jeunes nobles de la cité. Devenu maître d'armes, il expliqua la complexité de transmettre la violence et l'imprévisibilité des combats à de jeunes privilégiés. Les nains se moquèrent de lui en l'imitant tel un donneur de leçon :

- Leur as-tu parlé de tes bottes secrètes ? demande Dainknut, complètement hilare.

- Je ne peux tout de même pas tout leur révéler ! se défendit Donbar.

- Tu as au moins du leur parler de ton mouvement unique et inimitable en guise de dernier recours : la fuite à toutes jambes ! renchérit Dimaz.

Les nains explosèrent de rire et même Donbar sourit. Ber'rin manqua de s'étouffer avec sa bière qu'il recracha quasiment entièrement sur la table, redéclenchant une salve de fou rire parmi la tablée.

- Non, plus sérieusement, je leur parle de combats armés, tous ces jeunes sont formés à la magie. Ils apprennent à la maîtriser. Tout cela est nouveau pour moi et de toute manière, je n'ai jamais trop aimé ces pratiques. Donbar avait repris plus sérieusement son discours et les nains l'ont tout de suite senti.

- La magie pratiquée dans la cité me semble bien différente de celle que l'on voit dans ce monde, n'est-ce pas, le questionna Dainknut.

- Oui... Cela remonte à plusieurs années maintenant, mais là cité a changé. Les primarques ont changés. Ils ont commencé à gagner de nouveaux pouvoirs. Depuis, la soif de pouvoir s'est encore fait plus forte. La cité n'a cessé de croître ces derniers temps, il est vrai. Et la vie dans la cité est des plus tranquille. Mais j'ai de mauvais pressentiments sur ce qu'il se passe en dehors des murs de la ville. J'ai entendu beaucoup de récits, des on-dit certainement, mais beaucoup concordent. La neuvième cité des hommes étend son pouvoir.

Les trois nains avaient laissé parler Donbar mais leurs mines déconfites n'étaient pas pour rassurer le pauvre homme. Il espérait, entre autre, apprendre de son ami des nouvelles du monde extérieur, il reprit donc :

- Dain, toi qui parcours le monde, as-tu vu des choses ? Entendu des rumeurs ?

- Je ne suis sur de rien, ce que je sais ce qu'il ne serait pas prudent d'évoquer ce genre de choses dans l'enceinte de la ville... Rejoins-nous cette nuit à notre campement, nous sommes à l'extérieur de la ville. Nous pourrons discuter en paix.

- C'est entendu, conclut Donbar, je retourne à mes appartements et vous retrouvent à votre camp. Qui se trouve d'ailleurs ?

- A la sortie de la ville, suit les odeurs de loups. Tu ne pourras pas nous manquer, dit joyeusement Dainknut. Et en ce qui concerne ta missive, tu m'as fait venir ici dans un but précis ?

- Ce soir, à ton campement, je te dirais ce qu'il en est, termina Donbar.

Il se leva et alla serrer les nains dans ses bras. Il les salua et leur signifia qu'il les retrouverait ce soir.

                      ***

A la lumière des bougies, Donbar finissait de sangler son épée lorsque l'on frappa à sa porte. Cela ne pouvait être une coïncidence, il ne s'apprétait jamais à sortir de nuit et pourtant, c'est justement là qu'on venait le déranger. Trois nouveaux coups furent donnés dans la porte avant que Donbar n'aille l'ouvrir. Sur le seuil se trouvait Alastor, lame ombre de la primarque Zaa.

Les lames ombres donnaient la chair de poule à Donbar. Leurs yeux vides et pourtant si effrayants, le glacait d'effroi à chaque fois qu'il était confronté à l'un des individus de cette espèce.

Alastor lui tendit une lettre scellé du sceau de Zaa. Il la saisit et l'ouvrit. Il releva la tête et dit simplement à l'ombre :

- Non merci, tu peux aller d...

Il n'eu pas le temps de finir sa phrase. Alastor penchait sa tête sur le côté et plus il la penchait, plus il devenait difficile pour Donbar de respirer. Il lui fit subir se traitement encore quelques secondes avant de lui asséner un coup de poing dans le ventre. Donbar s'écroula sur le sol. Il avait l'impression que ces entrailles venaient d'être transpercées. Lorsqu'il put relever la tête, l'encablure de la porte était vide. Alastor était parti, seul la lettre reposait sur le pas de sa porte. La lettre et deux gardes de la cité qui gardait désormais son seuil.

- Alors, c'est ainsi, les mines.Une mission d'exploration dans les mines d'Argonat. C'est là que mes services m'auront finalement conduits.

Il prit un papier et rédiga une lettre qu'il scella aussitôt via sa marque officiel. Il s'apprêta à sortir mais les gardes se mirent immédiatement en travers de son chemin.Il soupira et fit appeler un coursier qui arriva promptement.

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