Chapitre 13.2

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Un sommeil sans rêve, sans vision, sans symbole. Pas le moindre son ne brisait ce silence. Il n'y avait aucun pré ni aucun soleil, seulement un immense bien-être tendu sur un noir infini. Ni tout à fait mort, ni tout à fait né, on s'y sentait aussi étrangement protégé que dans le ventre d'une mère. Cette absence de pensées constituait un état de félicité ultime que rien ne venait gâcher.

Mais qui dit sommeil dit invariablement réveil. Face à un plafond qui l'observait comme un grand œil blanc, Valgard ouvrit les paupières. Ni ses bras ni ses jambes ne le faisaient plus souffrir. Lorsqu'il quitta sa couche, il réalisa que le mal qui lui vrillait la nuque avait également disparu. De plus, quelqu'un l'avait débarrassé de ses haillons pour le vêtir d'une tenue soignée.

Treize longues années avaient beau s'être écoulées, elles n'avaient pu lui faire oublier les moments qu'il avait passés ici, dans cette chambre, à élaborer des plans pour s'échapper du château sans éveiller les soupçons. Sur un vieux parchemin, et à l'aide d'une plume gorgée d'encre noire, il dessinait des schémas qui fixaient la marche à suivre pour prendre la poudre d'escampette. Dehors, il allait rejoindre Garm, son vieux camarade. Ensemble, ils jouaient "au monstre et au héros" en des parties mémorables. Quels souvenirs délicieux !

Un grand fracas retentit soudain dans la tête du demi-dieu. Les voix des damnés venaient de se réveiller. Les aigus de leurs plaintes gonflaient à mesure que les graves de leur colère se mêlaient en une cacophonie caverneuse. Une fois de plus, ils hurlaient leur misère, de peur qu'elle soit oubliée. C'était le legs de Nidhogg : mourir et renaître chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde.

À la recherche d'un peu de paix, Valgard quitta son lit précipitamment. Dès qu'il eut laissé ses quartiers, il se dirigea vers la salle du trône. Plusieurs personnes l'y attendaient. La fille de Loki se tenait debout, au centre de la pièce, ses mains serrées autour d'un bagage étrange. À ses côtés, sept silhouettes, petites et épaisses, piétinaient d'impatience. En s'approchant, Valgard en reconnut six : il s'agissait des nains de Svarinshaug dont le convoi s'était arrêté sur Giallarbru.

« Voilà donc le fils de notre hôte, dit l'un d'eux, incliné révérencieusement. Sans vous, nous croupirions peut-être parmi les infortunés qui viennent s'entasser dans les douves du palais. Nous vous devons beaucoup. Mon nom est Veig, et ma gratitude vous est acquise, demeurez-en certain. »

Valgard se contenta de lui adresser un discret signe de tête. Avant de traverser le pont d'or, le forgeron avait déclaré rejoindre le château afin de redonner vie à une épée maudite qui avait précipité l'exil de son peuple. À en juger par son apparente faiblesse, cette tâche lui avait sans doute demandé des efforts qu'il avait failli ne pas pouvoir fournir. Cinq de ses compagnons arboraient des traits aussi tirés. Un sixième affichait un air paisible et livide, comparable à celui des serviteurs désincarnés de Hel.

« Tu as bien meilleure mine, intervint celle-ci. Ganglot a veillé sur toi. Avec l'eau de Hvergelmir, elle a nettoyé ton corps souillé par la poussière et le sang. Sur mon ordre, elle t'a revêtu de nouveaux vêtements, habits qui siéent à merveille au prince que tu es.

— Mère, j'ai l'impression d'avoir dormi des mois, voire des années.

— Chaque nuit, le Murmure du Destin t'a visité. Maintenant qu'il t'a quitté, tu goûtes au repos que tu mérites. Si on rajoute à cela l'incroyable fatigue que ton enveloppe de chair a accumulée...

Veig trouva opportun d'ajouter :

— Cependant, profitez-en tant que vous le pouvez. Dormir d'un sommeil trop lourd n'est guère profitable pour un guerrier, même si le Wyrd n'a plus de secret pour celui-ci. Nombre de héros ont perdu la vie sans pouvoir la défendre durant leur sieste.

Le nain aurait voulu poursuivre, mais la magicienne l'interrompit. Elle laissa fureter son regard d'ambre sur le paquet qu'elle tenait avec fermeté, comme si elle avait peur qu'il s'échappe soudain.

— Mais allons directement à l'essentiel. Pendant que tu suivais ton entraînement, des informations m'ont été révélées. Ainsi, j'ai appris que la vieille épée qui t'avait accompagné dans le Niflhel était... particulière.

Le jeune guerrier se rappela.

— C'est l'artefact légendaire dont m'ont parlé les nains, fit-il.

— Quand tu l'as brandie face aux serpents, elle renfermait dans sa lame un pouvoir trop grand pour le petit garçon que tu étais alors. Cela dit, des années plus tard, tu t'es montré capable de vaincre Modgud, une valkyrie de qui peu de champions auraient triomphé. Ta lecture du Wyrd est prodigieuse, et ce, même pour un dieu. Je savais que la gardienne du pont ne te laisserait aucun droit à l'erreur. J'ai donc pris le risque qu'elle mette fin à ta vie pour le cas où tu te serais montré indigne de son enseignement. En parallèle, j'ai fait appel aux héritiers des nains forgerons qui avaient créé Bloddrekk et ses trois sœurs. Ils t'ont rencontré, et comme je l'avais prédit, c'est toi et toi seul qui as décidé de les laisser venir à moi.

— C'était donc une sorte d'exercice ? Vous ne nous aviez volontairement rien dit, de sorte à ce que la décision de les accueillir ne relève que de mon fait ?

Valgard sentait ces révélations gâcher la douceur de leurs retrouvailles.

— Le Destin a choisi d'appuyer mes plans en laissant le récit de ces voyageurs te convaincre. Face à ce choix, tes pas ont suivi ce que j'avais cru entrevoir : il n'y a que toi qui puisses manier une telle arme.

— Je vous rappelle, mère, qu'elle a essayé de me tuer !

— Et elle cherchera encore à le faire, crois-moi. Tout, dans ton parcours, porte à croire que tu peux la manipuler sans qu'elle te vide de tes forces. Cela dit, il se peut que nous fassions fausse route. Si c'est le cas, tu rejoindras Midgard sans elle. Peut-être même périras-tu, dévoré par sa forme nouvelle. »

Valgard se crispa. Mourir ne lui avait jamais fait peur : le plus troublant, en vérité, était d'entendre sa propre mère lui proposer cette drôle d'épreuve sans que la moindre once d'émotion ne transparaisse dans sa voix.

Hel se contenta de délivrer de sa gaine de tissu l'objet qu'elle avait entre les mains. Ensuite, elle le tendit à son fils. L'épée n'avait plus grand-chose à voir avec son ancienne apparence : elle paraissait plus courte et plus légère, plus maniable aussi. Sa lame était rentrée dans un fourreau constellé d'écailles noires et de runes d'argent qui, mises bout à bout, disaient : « Une fois morts et deux fois nés, le sang pour seule liberté ». Le cœur du héros battait la chamade. Et puis il y avait cette voix au timbre étrange qui s'adressait à son âme, cette voix qu'il avait entendue une première fois alors qu'il n'avait que six ans.

Viens, saisis-moi ! Je ne suis pas à l'aise dans les mains de cette sorcière !

Était-ce courage ou pure inconscience ? Était-ce parce qu'il se sentait pressé par ces yeux qui le regardaient avec excitation ? Le fils de Hel savait mieux que quiconque à quel point le démon enfermé dans l'épée pouvait être assoiffé. Pourtant, sans qu'il puisse expliquer pourquoi, il accepta de s'emparer de l'arme, l'ôtant délicatement des mains blêmes de sa mère.

Aussitôt, il se sentit submergé par une vague de rage et de violence comparable à celle qui avait failli avoir raison de lui à l'issue de son duel contre Modgud. Des champs de bataille s'imprimèrent à l'intérieur de son esprit. Des montagnes de cadavres lui apparurent de façon si réelle qu'il eut presque le sentiment de pouvoir les toucher. Dans un ciel écarlate, dansaient des créatures ailées dont les pattes crochues tenaient des guerriers décapités ou éventrés. Des femmes et des enfants couraient à perdre haleine à travers de vastes champs de ronces, puis finissaient dévorées par des monstres difformes qui surgissaient de terre. Devant ce spectacle, les pensées de Valgard manquèrent de s'embraser. Ses pupilles se dilatèrent. Autour de lui, on crut que son esprit n'avait pas été assez robuste pour supporter cette nouvelle attaque de l'objet. Veig et les siens s'empressèrent de demander l'aide de Hel, mais cette dernière préféra ne pas intervenir.

Et pour cause : Valgard avait gagné.

« Comparé à la partie la plus sanguinaire de mon être, l'appétit de cette épée n'est rien de plus qu'un simple creux au ventre, fit le demi-dieu. Elle m'a montré ce qu'elle désirait, je lui ai dit qu'elle n'y aurait pas droit. Pas de cette façon.

Le regard de Veig croisa celui de la iotun.

— Il a... réussi... balbutia-t-il. Il est parvenu à résister à la folie contenue dans la lame !

— Nidhogg avait vu juste. Bloddrekk et Valgard sont liés depuis qu'ils ont parcouru ensemble les plaines gelées de Niflheim, lui répondit discrètement Hel. »

Une petite moue de satisfaction illumina le visage harassé des autres nains. Ces jours, ils n'avaient pas quitté leur forge des yeux pour mettre dans la création de cette arme tout leur savoir-faire. Si le champion désigné par les trépassés s'était montré capable de dompter leur œuvre, leurs efforts s'en trouvaient grassement récompensés.

« Elle a cherché à me plier à sa volonté, poursuivit Valgard. Elle m'a demandé de la nourrir jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus rien avaler. Puisque je ne me suis pas laissé faire, elle a cherché à s'en prendre directement à moi mais elle m'a très vite reconnu. En essayant de me voler mon énergie, elle s'est rendu compte qu'elle me connaissait déjà et qu'à l'époque, nous nous étions mutuellement servis.

— Elle est à toi, à présent, lâcha la gardienne des lieux. Du moins, le sera-t-elle vraiment dès que le verrou aura été posé...

— Le verrou ? » demanda Valgard, surpris.

À peine avait-il posé cette question qu'à nouveau, l'épée repartit à l'attaque. Cette fois, une multitude de nerfs noirs et squameux jaillirent de la garde de l'arme, se jetèrent sur l'avant-bras de son porteur pour y creuser des trous minuscules. La souffrance causée par ce nouvel assaut était telle que Valgard imagina que les muscles de son bras droit se déchiraient de l'intérieur. Des tentacules grouillants étaient en train de remuer sous sa peau, occupés à aspirer tout le sang qu'ils pouvaient trouver afin de nourrir l'entité qui les avait fait naître.

« Que sont ces choses ? hurla-t-il, se pressant le poignet avec violence.

— N'ayez crainte, laissez-vous faire ! s'écria Veig.

— Par les pis d'Audhumla⁴⁰ ! Y a-t-il quelqu'un pour me dire ce qui m'arrive ? C'est en train de me dévorer le bras !

Veig avait placé ses mains derrière son dos. Il observait la scène d'un œil attentif, presque scientifique.

— Ce dispositif vise à faire de vous le seul et unique utilisateur de Bloddrekk, fit-il. Actuellement, elle prélève un peu de votre sang afin de vous identifier. »

Valgard rugit alors que les féroces appendices remontaient le long de son épaule.

« Grâce à cela, personne ne pourra récupérer votre épée et l'utiliser contre vous, enchérit Veig. Quiconque essayerait de le faire verrait l'écaille de serpent dont la garde a été façonnée lui arracher le bras. Pour être honnête, il m'est arrivé de rencontrer bien des surhommes, mais peu d'entre eux survivraient à ce genre de... mutilation. »

Au terme de deux ou trois secondes, Bloddrekk parut se calmer. Les tentacules retournèrent se loger dans la poignée de l'arme. Le bras totalement endolori, Valgard lâcha l'épée qui alla rebondir sur les dalles de marbre gris.

« C'était un mauvais moment à passer. Je suis ravi de constater que nous ne nous sommes pas trompés dans les dosages de poudre de vie et de sang de dragon, lança l'un des forgerons, soulagé.

— C'est évident ! Une pincée ou une goutte de plus, et l'épée se serait montrée plus gourmande », approuva un second avant de ramasser Bloddrekk par son fourreau et de la redonner à son maître.

Le guerrier accepta de s'en emparer à nouveau, non sans craindre une nouvelle ruse de la part du petit groupe qui semblait lui cacher encore des choses. Par curiosité, il retira l'arme de son écrin. Le fil de métal émit un petit cliquetis à peine perceptible. La lame, à présent, n'avait plus rien de commun avec celle de jadis. Si par le passé, elle avait été à la fois longue et à larges bords, elle paraissait cette fois à peine plus grande qu'un bras et moins épaisse que le bâton d'une lance. Légèrement incurvée vers l'intérieur, elle arborait un forgeage de grain fin et un trempage des plus délicats. De gracieuses cannelures dansaient sur sa surface argentée. D'imperceptibles reflets, couleur de sang, ne laissaient aucun doute quant à sa nature démoniaque.

À l'instar de son étui, la poignée était recouverte d'écailles pareilles aux plus profondes ténèbres et s'achevait sur une éclatante pierre rouge entourée de minuscules crocs d'argent. De chaque côté de la garde, un globe protégé par une étrange pellicule noirâtre paraissait palpiter légèrement, comme si quelque chose, au-dessous, revenait peu à peu à la vie. Avec effroi, Valgard comprit enfin quel genre d'abominations pouvaient se cacher sous ces insolites membranes qui, en réalité, n'étaient autres que des...

« Des paupières ! Il y a un œil jaune et visqueux qui me dévisage ! s'exclama le héros, retournant son arme pour réaliser que de l'autre côté, une horreur semblable était apparue.

— Les reconnais-tu ? lui demanda Hel.

Ces gros globes jaunes et gluants. Comment aurait-il pu les oublier ? À l'époque, ils appartenaient aux serviteurs de Nidhogg, ce monstrueux serpent que les dieux mêmes se gardaient d'approcher. Une autre partie de l'épée venait donc de révéler son origine. Horreur.

— Des yeux de serpents du Niflhel ! Et cette écaille, ne me dites pas que... ?

— Tu es perspicace, mon fils. Pendant ton exil auprès de Modgud, un visiteur inattendu a fait irruption dans la pièce où nous nous trouvons. Bien qu'il ait usé de magie pour changer son apparence, je n'ai eu aucun mal à le démasquer.

— Nidhogg ! Ce maudit, ici ? Vous a-t-il fait du mal ?

— Le seigneur des reptiles a beau être l'une des créatures les plus puissantes qui soient, jamais il n'aurait commis la folie de s'attaquer à moi.

La maîtresse des ombres marqua un léger temps d'arrêt. Elle prit une profonde inspiration.

— Il est venu me proposer une sorte d'alliance contre de mystérieux ennemis dont il a préféré taire le nom. Selon ses dires, il trouvait amusant de voir le fils d'une iotun partir en guerre contre le dieu borgne. C'est lui qui m'a parlé pour la première fois de Bloddrekk et de son véritable pouvoir. Il m'a également donné de quoi la fortifier afin que tu puisses la brandir un jour.

— Conformément au souhait de votre mère, nous avons créé un fourreau et une poignée avec l'une des écailles du roi serpent, précisa Veig. Tant que la lame reste dans son étui, elle est capable de se régénérer pour le cas où elle serait ébréchée. Le manche peut également s'animer et détruire le bras étranger qui tente de s'emparer de lui.

Et un autre nain de compléter :

— Quant à ces yeux, ils sont ceux d'une des créatures rampantes qui peuplent le premier monde. En étudiant ces boules visqueuses, nous avons compris que bien que particulièrement hideuses, ces choses possédaient en elles un très grand potentiel magique – même s'il nous a été impossible d'en déterminer précisément les applications. Nous savons, du moins, que doter votre épée du sens de la vue la rendra capable de prévenir le danger. Évidemment, nous sommes ici dans la théorie, non dans la pratique, et il se peut qu'elle mette un certain temps à s'habituer à cette nouvelle capacité. Il est possible aussi que d'autres effets liés à ces deux artefacts apparaissent au fil du temps, nous ne pouvons présumer de rien.

Valgard était incrédule.

— Vous êtes en train de me dire que vous avez incorporé à cette arme des composants dont vous ignorez les véritables pouvoirs ? s'inquiéta-t-il. Qui me dit que l'essence de leur ancien propriétaire n'est plus à l'intérieur ?

Hel posa sa main gantée de métal sur l'épaule de son fils.

— Tu n'as pas à te faire de souci. En matière de sorcellerie, mes pouvoirs sont grands. Or, ils ne m'ont pas permis de déceler en ces présents la moindre menace pour le porteur de l'épée, le rassura-t-elle.

— Mère, je vous rappelle que c'est ce monstre qui m'a jeté dans Hvergelmir ! Que pouvons-nous attendre de lui ? Il a voulu ma perte ! Comment pourrais-je accepter qu'il me vienne en aide ?

D'un geste plein de rage, Valgard envoya l'épée s'écraser au pied du macabre trône de sa mère. Le fourreau ne tarda pas à la suivre.

— Ces personnes ont fait un long voyage, lança Hel, un doigt pointé vers les individus présents dans la pièce. Et toi, tu choisis de ne pas accepter leur aide ? Est-ce bien ce que tu veux, Valgard ?

— Ce n'est pas la main qu'ils me tendent que je rejette, et vous le savez, mère. Qu'importe si cette arme est capable de me rendre meilleur. Puisqu'elle est en partie l'œuvre de Nidhogg et de ses serpents, je refuse de m'en servir ! C'est sans elle que j'irai trouver Alfadr et sans elle que je restaurerai l'équilibre !

Le vieux Veig fut saisi d'un hoquet de surprise.

— Vous devriez y réfléchir à deux fois, fit-il. Odin est protégé par une lance que nos cousins de Svartalfaheim considèrent comme l'une de leurs plus grandes réussites. On dit que Gungnir, une fois projetée, est capable de parcourir les neuf mondes jusqu'à revenir se loger dans la main de son maître ! Les légendes racontent qu'elle est quasiment indestructible et que seul Miollnir serait capable de faire jeu égal avec elle. Jadis, nos ancêtres ont forgé quatre armes dont la valeur n'avait rien à envier à celles de Thor et de son père. Aujourd'hui, nous avons réussi à sauver l'une d'entre elles. Elle seule peut désormais ébranler les fondations d'Asgard ! Êtes-vous prêt à la bouder, sous prétexte qu'un ancien ennemi a participé à sa renaissance ? »

Le pouvoir des dieux d'Asgard venait de leur önd, de leur extraordinaire lecture du Wyrd, mais aussi de leur formidable équipement. Néanmoins, Valgard préférait mille fois tomber de nouveau dans Hvergelmir plutôt que se servir d'une chose, aussi redoutable soit-elle, souillée par Nidhogg et les siens.

La blanche souveraine l'observait sans mot dire. À n'en pas douter, l'attitude de son fils la décevait. Qui donc pouvait refuser une telle source de puissance, si ce n'était un enfant gâté dont l'orgueil n'avait d'égale que son ignorance ?

« Attendez ! insista Veig alors que, déjà, Valgard tournait les talons pour quitter la pièce. Sans Bloddrekk, vous échouerez ! Vous ne réussirez pas à vaincre Odin et tous nos efforts auront été vains !

— Vous ne parviendrez pas à me faire changer d'avis. Demain, j'emprunterai Helveg, Giallarbru, et la route de Midgard. Je libérerai ceux à qui j'en ai fait la promesse.

Sous sa longue tresse de cheveux bruns, le nain sentit une brise glaciale lui râper la base du cou. En se retournant, il réalisa que Hel s'était glissée derrière lui.

— Laissez-le. Si le champion dit ne pas vouloir manier cette arme, nous devons respecter sa volonté. Je le déplore, mais chercher à le convaincre ne nous mènera à rien. Puisque c'est là son souhait, Bloddrekk restera ici, à Eliudnir. »

Les nains ne purent s'empêcher de manifester leur mécontentement. Ils tapèrent du pied sur le sol, fermèrent les poings avec colère et croisèrent les bras. De son côté, Valgard était sorti le cœur lourd et serré. Il avait presque honte.

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Lexique :

40 - Audhumla : forme simplifiée du nom Auðhumla (Richesse de la vache sans corne). Gigantesque vache laitière qui naquit, à l'instar d'Ymir, des glaces noires de Niflheim. Elle permit au iotun de survivre en le laissant boire à ses mamelles.

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