CHAPITRE 77 : « Imperia » « Antonin »

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CHAPITRE 77 : « Imperia » « Antonin »

Quelques rires épars par-ci par-là de ceux qui comprennent l’allusion à l’appétit sexuel dévorant du « Kannn », laissent le temps nécessaire au grand chambellan pour peaufiner sa stratégie.

- N’interviendrait-il pas justement s’il la sentait en danger ?
- Tu voudrais qu’on se serve du « Kinnn » comme d'un appât destiné à leurrer le « Kannn » pour qu’il détruise l’armada ennemie ?
- C’est en effet l’idée !! S’il ne la détruit pas entièrement, au moins y fera-t-il suffisamment de dégâts pour nous laisser le temps de sortir nos nouveaux armements des chantiers navals.

Le grand amiral intervient alors, l’idée lui semblant bonne mais non dépourvue de risques.

- Que ferons-nous si l’un des deux, voire les deux sont gravement blessés ?
- Devons-nous alors continuer à sacrifier nos vaisseaux et nos planètes ? Le facteur risque fait largement pencher la balance vers ma proposition, mais ce n’est pas à moi de décider j’en conviens et il y a ici suffisamment de généraux dans cette salle pour étudier cette stratégie parmi celles qu’eux-mêmes pourraient proposer.

L’empereur ne dit mot, se contentant d’observer autour de lui pour se faire une idée précise de ceux qui ne seraient pas contre de pouvoir utiliser la puissance du « Kannn ».

Sa décision se prend alors, acceptant le plan de défense du grand chambellan mais en y apportant toutefois une modification de taille.

- Je vais envoyer le « Kinouuu » comme appât, il est hors de question de perdre le « Kinnn » !!
- Parce que le « Kinouuu » oui ??

Des murmures mécontents commencent à se faire entendre venant essentiellement des ministres, les généraux pour leur part ne retenant que le bénéfice apporté par l’éventualité de l’attaque du « Kannn » sur l’armada ennemie.

- Ne commencez pas à déformer mes intentions je vous prie !!
- Pourtant il me semble qu’elles sont très claires et…
- Silence !! Je ne tolérerais de la part de personne le fait de mettre mes intentions en doute !! J’ai juste pris en compte que le « Kinnn » est irremplaçable alors qu’il se pourrait bien d’après les derniers rapports qu’un autre « Kinouuu » voie le jour. Ce n’est pas pour cela que je sacrifierais le premier enfant du « Kannn », juste que cette perte si elle devait se produire ne serait pas irrémédiable. En tant qu’empereur je dois prendre en considération l’ensemble et non pas me laisser aller au sentimentalisme.

Thomas voit bien que ses paroles ont marqué les esprits, la contestation disparaissant petit à petit des visages pour amener cette fois l’intérêt de connaître la suite à donner.

L’empereur après un temps de réflexion reprend la parole pour cette fois donner les ordres qui conviennent.

- Bien !! Dès que le « Kannn » sera entièrement équipé et prêt pour sa mission, j’enverrais le « Kinouuu » dans la zone des combats !! Un système d’amplitude mentale sera installé qui devrait être largement suffisant pour que le signal soit capté depuis l’espace Kallanien, nul doute que le « Kannn » réagira s’il sent la peur ou la douleur de son fils. Je table sur l’instinct paternel pour que tout se passe au mieux, faites-en sorte de relayer mes ordres au plus vite aux personnes concernées !! Je ne voudrais pas qu’il parte avant que nous soyons prêts à mettre en place notre piège.

Thomas se lève pour quitter la salle du trône, faisant un signe au grand chambellan lui signifiant de le suivre discrètement et ce n’est qu’une fois dans les appartements impériaux, que son masque d’apparat tombe pour redevenir le Thomas naturel qu’Antonin aime plus que tout, à part peut être l’unique.

- Tu vas vraiment envoyer le « Kinouuu » alors que ses défenses ne sont assurément pas suffisantes ?
- Il ne devra pas s’approcher de trop près, j’enverrais mes instructions dans ce sens au commandeur « Mistieee ». Je ne voudrais pas qu’il lui arrive quelque chose parce qu’elle aussi est unique et ce serait une grosse perte que de la sacrifier.
- Tu as raison, j’avoue m’être obnubilé sur le « Kinouuu » sans penser au commandeur, je m’en excuse.

Thomas sourit devant la bouille honteuse du petit blond toujours aussi craquant, le fait de penser de cette façon lui amène une toute autre idée et la vision d’une troisième personne s’impose alors à lui.

Lorgan depuis son dernier séjour sur « PENN » est devenu comme un nouvel amant, complètement différent de ce qu’il avait toujours été jusque-là envers lui, c’est-à-dire des plus réservés quant à ce sujet.

- Tu sais où se trouve Lorgan en ce moment ?

Antonin réagit avec surprise à la demande avant d’en comprendre la raison et de répondre en appuyant bien sur le fait qu’il ne compte pas être mis à l’écart, l’envie de prendre le jeune Elfe dans ses bras se faisant subitement ressentir.

- Pourquoi donc cette question hors sujet ? À moins que tu… bonne idée ça… nous pourrions oublier un peu nos ennuis en profitant d’une soirée entre nous.
- Nous ??
- Bien sûr !! Pourquoi donc ? Pensais-tu me mettre à l’écart ?

Thomas en a les yeux qui brillent, quand il lui répond juste histoire de le taquiner encore un peu plus.

- J’ai connu une époque pas si lointaine où c’était ton vœu le plus cher il me semble ?
- Hum… oui… bon !! Les choses ont évolué depuis et il m’avait semblé que tu étais loin de t’en plaindre.
- C’est bon, c’est bon !! Je n’avais de toute façon pas l’intention de te mettre de côté, donc cette conversation n’a pas lieu d’être, occupe-toi plutôt de voir avec lui s’il est partant !! Je dois encore m’occuper de quelques affaires d’État avant cela.

***/***

« Quelques heures plus tard, chambre impériale. »

L’immense lit à baldaquin grince de la façon rythmique significative des pratiques auxquelles se livrent les trois amants, les corps nus s’en donnant tant et si bien, qu’il résonne jusque loin dans les couloirs des appartements impériaux.

Lorgan ayant perdu toute timidité sur la question et Antonin appréciant de plus en plus la perte de sa monogamie maladive, ils se retrouvent tous les trois au diapason pour les plaisirs des sens.

Alternant chacun leur tour dans les différents rôles et positions, jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus et qu’ils s’endorment dans les bras les uns des autres, se retrouvant dans des situations que d’aucuns trouveraient inconfortables, mais dans lesquelles pourtant ils ronflent comme des sonneurs de cloches.

***/***

« Maison des invités, chez le gouverneur de Kallania. »

Toshio sort de la douche et s’approche par-derrière de son chéri qui a comme bien souvent le nez collé à la baie vitrée dévoilant les merveilles de la cité Kallanienne.

- Nous sommes ici depuis plusieurs semaines et tu sembles toujours aussi émerveillé, on croirait un enfant devant les mille et une nuits ! Hi ! Hi !

Tomoya se laisse aller la tête en arrière dans les bras qui l’enlacent, appréciant ces instants de pure douceur qu’ils s’octroient loin de la vue des autres, sans doute pour préserver leur pudeur et les derniers signes de l’enfance, signes qui pour Tomoya ne sont encore pas si éloignés que ça.

Pourtant il doit reconnaître que les paroles de son chéri reflètent bien son ressenti à la vue de toutes ces merveilles, ayant l’impression de plonger dans un univers féerique de fiction comme dans certaines sagas chères à son cœur.

- C’est beau pas vrai ?
- J’imagine que chaque monde révélerait des merveilles différentes si nous pouvions les visiter tous !!
- Tu as raison, mon vœu le plus cher est que nous arrivions à une telle harmonie.
- J’avoue que je préfère la Terre et sa nature encore sauvage, ici nous sommes éblouis par la nouveauté mais je pense que la lassitude arriverait vite d’avoir toujours ces lignes épurées devant les yeux chaque matin.

Tomoya se dégage avec douceur et souplesse de l’étreinte de son chéri, pour le prendre à son tour dans ses bras et sentir l’odeur de frais de sa chevelure hirsute que le plus sophistiqué des peignes ne saurait en venir à bout.

Un coup d’œil vers la chambre où deux corps encore endormis sont toujours au travers du lit, plongés dans un sommeil profond et espérons-le pour eux, réparateur.

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