CHAPITRE 41 : « Royaume de Fram » « Tim »

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CHAPITRE 41 : « Royaume de Fram » « Tim »

Ben sursaute en envoyant une forte bourrade à son camarade, ce dernier ne s’y attendant pas se retrouve les quatre fers en l’air de façon suffisamment comique pour que le début de ce qui ressemblait fort à une dispute ne cesse aussi vite qu’elle était apparue.

Nam se relève souplement d’un simple effort de reins, comprenant qu’il a sans doute été un peu trop loin et que le ressentiment qu’il a laissé paraître, n’est en fait qu’une espèce de rancœur sans doute dû à leur refus de partager ce lien sentimental et sexuel qu’ils ont avec le maître.

Il s’excuse donc pour ses paroles qui ont blessé son ami et s’en retourne retrouver sir Timan et Tim, ces derniers rongeant visiblement leur frein de pouvoir partir sans plus attendre.

Tim devient subitement curieux du mutisme inhabituel de celui d’entre eux qui a toujours la langue bien pendue, il s’approche alors pour s’enquérir de ce qui visiblement ne tourne pas rond chez lui.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu as fait une crotte plus grosse que la queue du maître ?
- Arrête ça, tu veux !!
- Houla !! Mon instinct avait vu juste, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond ?

Un coup d’œil jeté vers les écuries et il poursuit.

- Une embrouille avec eux ??
- Non !! Enfin si, mais c’est de ma faute, je…

Nam explique à son ami ses paroles qui sonnaient comme un reproche envers leurs deux compagnons, Tim préfère rester diplomate que de dire tout haut ce qu’il en pense et du coup devoir engueuler vertement son copain.

- Ce sont nos amis, nous ne devons pas juger cette amitié en fonction de nos préférences sexuelles sinon nous allons droit dans le mur en nous renfermant sur nous-même. De plus ils nous ont acceptés sans faire de remarques déplacées quand ils ont compris notre relation avec Ale et le maître, alors que c’est nous autres les déviants.
- Déviant est un bien grand mot, nous sommes juste un petit peu différents.

Tim montre du doigt leurs deux amis alors que Nok revient vers eux avec trois montures sellées.

- Ne laisse pas pourrir la situation et va t’excuser avant que cela ne prenne des proportions qui nuiraient à notre bonne entente et du coup à la protection du maître.
- Hum !! D’accord je vais le faire, mais… pourquoi tu dis toujours « le maître » et pas Yo ou encore mieux Flo quand nous ne sommes qu’entre nous ?
- Justement pour ne pas commettre d’erreur et tu ferais bien toi aussi d’y prendre garde.
- Wouf !! Quel grincheux tu fais !!

Tim fait alors mine de s’énerver et de lui botter les fesses pour que Nam rejoigne en courant les écuries, Nok en profite alors pour venir aux nouvelles, écoutant celui devenu son meilleur ami lui faire un rapide compte rendu.
- Fallait qu’il le dise alors que je voyais bien que cela fait un moment qu’il en crevait d’envie mais c’est un peu de leur faute aussi, s’ils n’avaient pas accepté au tout début de participer à nos petits jeux de mains !!
- Bah !! Nous étions jeunes et avides de découvertes, pour ma part je ne trouve pas si mal qu’ils ne soient pas comme nous.
- Moi aussi j’avoue !! Je peux avoir des discussions autres qu’avec vous autres, bande de queutards qui finissent toujours la culotte par terre ! Hi ! Hi !
- Parce que pas toi peut-être ?
- Euh… non… pourquoi ? Ma culotte tient parfaitement, regarde ?

Nok rentre son ventre, sa culotte tombe alors en le laissant nu sans sous-vêtement, ce qui le surprend autant que Tim en ne se souvenant qu’après coup qu’il n’en avait plus de propre et que donc il avait pris la décision de s’en passer plutôt que de remettre celui de la veille.

Du coup son visage vire directement au rouge vif alors que dans la cour beaucoup s’arrêtent pour admirer le spectacle en se gaussant de lui à gorge déployée, ce qui n’arrange rien du côté du pauvre Nok qui en a les oreilles brûlantes alors qu’il s’empêtre lamentablement en se retrouvant le cul par terre à tenter de remonter son vêtement.

Tim se retient d’en remettre une couche, jugeant que son ami est suffisamment humilié comme ça et va rejoindre sir Timan qui s’était éloigné pour discuter du trajet de la journée avec le maître marchand de la caravane qui venait d'arriver pour le saluer.

Il a du mal à passer à autre chose et son fou rire reste proche d’éclater, ce qui comme de bien entendu n’échappe pas au maître d’armes qui a été comme beaucoup témoin de la scène.

- Il faut encore qu’il se fasse remarquer et en faisant l’exhibitionniste en plus de ça ? Hum !! Je me dois bien de reconnaître volontiers qu’il n’y a rien à jeter soit dit en passant ! Ha ! Ha !

Le regard que porte alors Tim sur lui le fait sourire en comprenant l’ambiguïté de ses propos.

- Ce n’était qu’un avis disons… artistique et non intéressé comme tu sembles le penser !
- Ah !!! Artistique!!!

Tim s’éloigne de sir Timan alors que ce dernier en est resté au ton du « ah » qui semblait marquer d’une forte déception, le maître d’armes sourit et monte en selle, quelque peu fier malgré tout de cette marque d’intérêt venant d’un garçon à la beauté rare et cela même si son intention n’est pas d’y donner suite.

***/***

« Quelques semaines plus tard. »

La caravane suit la piste tracée par les nombreux passages aussi bien de colporteurs que des soldats, ou encore d’autres caravanes qui comme eux depuis toujours approvisionnent en biens et nourritures, les villes et les villages du royaume.

Tim prend son tour d’éclaireur et part quelques centaines de mètres devant pour s’assurer que la garde fantôme n’a pas laissé de marques de son passage, saluant Rom au passage qui en revient et lui fait le signe familier que tout va bien.

De ne plus être au centre de la capitale et de pouvoir vivre au grand air plaît à Tim qui a toujours aimé les grands espaces vides de toute habitation et la seule trace humaine étant justement cette piste qu’ils empruntent, indiquant par ce fait qu’ils ne peuvent se perdre dans cette nature vierge à perte de vue.

Une heure se passe tandis qu’il cherche d’un œil perçant tout indice pouvant lui indiquer un quelconque danger, comprenant mieux pourquoi Flo ne les laisse sur cette mission que deux heures à tour de rôle, la lassitude venant très vite remplacer l’état de veille nécessaire pour la mener à bien.

Il s'en fait justement la réflexion quand un morceau de soie rouge lui indique qu’un danger a été écarté, un jaune aurait simplement prévenu d’être plus vigilant, le noir quant à lui les aurait fait faire demi-tour et s’éloigner à bride abattue avec le maître sans plus se poser de questions.

Heureusement cette couleur indique clairement que des mesures radicales ont été prises et que le danger n’existe plus, Tim cherchant du regard un indice lui donnant une idée de ce qu’il devait représenter.

Un écrasement des herbes en sortie de piste lui fait descendre de sa monture, suivant la trace jusqu’à un petit fossé naturel où il découvre une dizaine de cadavres allongés l’un contre l’autre, leur corps couvert de sang.

À leur habit il ne fait nul doute pour lui que la garde fantôme s’est débarrassé d’un groupe de bandits comme il y en a tant qui rançonnent et pillent les voyageurs ne pouvant se payer une place dans une caravane, ces dernières hormis celles des grands marchands se regroupant justement pour minimiser leurs frais de protection en acceptant les services de mercenaires gardes du corps.

Mercenaires qui par ailleurs sont bien souvent des brigands eux-mêmes, ou encore de pauvres hères qui s’enfuiront à la moindre alerte, ne comptant juste que sur la chance d’un trajet sans encombre pour recevoir un salaire sans vraiment avoir eu à le justifier.

Ce qui n’est heureusement pas le cas des caravanes de maître Wong et encore moins depuis que Florian en a pris la tête, Tim sait très bien que même sans la garde fantôme, les gardes noirs protégeant cette caravane n’auraient fait qu’une bouchée de ces dix brigands qui n’ont mérité que leur sort.

Un bruit léger le met immédiatement aux aguets, son épée prête à sortir du fourreau, quand un léger hululement le rassure et qu’il baisse sa garde en laissant venir vers lui l’officier de la garde fantôme, étonné quand même qu’il se découvre devant quelqu’un, même si ce quelqu’un fait partie de la devenue célèbre garde rouge de maître Lee Wong Yo.

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