CHAPITRE 19 : « Royaume de Fram » « Nok »

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CHAPITRE 19 : « Royaume de Fram » « Nok »

La voix qu’ils entendent dans leur tête résonne d’un ton tellement alarmiste que les deux novices sont soudainement pris de frayeurs et se relèvent en s’aidant mutuellement tellement ils ont encore les jambes coupées et un manque d’énergie flagrante suite à la dépense nerveuse qu’ils viennent de connaître.

Ce n’est qu’une fois devant la porte de sortie que « Nok » se retourne pour avoir la certitude qu’il s’agit bien du jeune garçon au visage tellement magnifique qui vient de leur donner cet avertissement, il capte alors l’espace d’un éclair le regard captivant de ce jeune étranger.

Un regard étrange d’un vert à la brillance d’une pierre précieuse qui le paralyse dans son geste de quitter le cabanon, ne serait-ce son ami qui le tient toujours par la main et qui manque de le faire choir en le tirant brusquement à lui.

- Qu’est-ce que tu fais !! Ce n’est pas le moment de rêvasser !! Viens !! Quittons cette pièce !!

Nam l’entraîne jusqu’au milieu de la cour avant de lâcher enfin sa main qu’il tenait toujours fermement, le prenant cette fois par les deux épaules en reprenant visiblement sa respiration.

- Tu peux me dire ce que c’était ??
- Comment le pourrais-je !!

Une humidité collante dans son pantalon ramène Nam à cet instant fulgurant où il s’est lâché sans pouvoir se retenir, les quelques mouvements de jambes gênés de cette impression d’humidité gluante pas des plus plaisantes, n’échappe pas à son copain qui du coup ressent les mêmes symptômes au niveau de son bas-ventre.

- Allons déjà nous nettoyer, il sera temps ensuite d’essayer de comprendre ce qui nous a pris.

La démarche plutôt comique avec laquelle ils regagnent leur chambre fait sourire nombre de passants qui heureusement pour eux s’imaginent une tout autre raison.

Ce n’est qu’une fois lavés et changés, qu’ils s’en retournent vers la maison marchande et aperçoivent la carriole de leur maître, la joie de son retour les amène au pas de course juste au moment où il en descend.

Le grand chaman a en les apercevant un soupir de contentement de les voir en bonne santé, il les prend tous les deux dans ses bras pour un bref instant de câlinerie paternelle qu’il ne s’autorise plus que rarement maintenant qu’ils sont plus grands.

Pourtant quelque chose dans leur façon d’être, accompagnée de plusieurs regards qu’ils dirigent involontairement vers le cabanon le titille suffisamment pour qu’un doute lui vienne.

- Est-il arrivé quelque chose durant mon absence dont vous voudriez me parler ?

Le regard que porte Nok sur son copain termine de le renseigner qu’il a vu juste, aussi les emmène-t-il vers le bureau de maître Wong pour les interroger sans ameuter non plus toute la maisonnée.

- Allez les garçons !! Dites-moi ce que c’est !!

Sachant Nam plus prolixe en parole, c’est donc vers lui que se fixe son regard jusqu’à ce que celui du garçon se perde à admirer le sol, visiblement gêné d’avoir à révéler l’aventure qu’ils viennent de vivre.

- C’est que… maître… nous…

Le grand chaman comprend alors qu’ils ont désobéi aux ordres pourtant formels de ne pas s’approcher du cabanon, c’est donc d’une voix commençant à montrer de la déception et de la colère qu’il poursuit son interrogatoire.,

- Ne me dites pas que vous êtes entrés dans le cabanon où se trouve l’étranger alors que je vous l’avais interdit ?

La mine déconfite des deux garçons le renseigne mieux qu’un aveu, se contentant de raconter la partie brève mais honteuse de leur expérience.

- Êtes-vous donc encore des enfants ? Ne puis-je donc pas avoir entièrement confiance en vous deux, que dès le dos tourné vous désobéissez à mes ordres ? Vous rendez-vous compte que vous auriez pu ne pas en ressortir vivant ?

Nam redresse la tête, visiblement étonné des paroles de son maître.

- Vous saviez donc ce qui allait nous arriver ?
- Je n’étais sûr de rien !! Juste que je ne voulais pas vous voir prendre des risques inutiles avant d’en savoir plus moi-même, heureusement que vous avez eu la présence d’esprit de quitter la pièce au plus vite.
- Heu !! En fait ce n’est pas vraiment comme cela que ça s’est passé, c’est le garçon qui nous a demandé de partir en entrant dans notre tête pour nous faire passer le message.

Au regard que lui lance le grand chaman, Nam comprend bien qu’il doit cette fois reprendre tout depuis le début en n’oubliant rien.

Ce n’est qu’une fois chose faite qu’il reste ensuite planté là à attendre la punition qu’ils savent tous deux avoir méritée, pourtant malgré sa honte et sa peur du courroux de son maître, Nok ne peut retenir sa langue pour amener la dernière chose étrange à laquelle il a été confronté juste avant de quitter le cabanon.

- Ce que Nam n’a pas vu, ce sont les yeux que le garçon fixait sur nous au moment où nous quittions la pièce.
- Qu’avaient-ils donc pour que tu en parles comme s’il s’agissait d’une chose importante, à part bien sûr le fait qu’il soit éveillé ce qui en soit est plutôt une bonne nouvelle.

La description qu’il en fait amène visiblement le trouble à son maître autant qu’à son copain qui lui ne s’était aperçu de rien.

Nok s’en aperçoit mais se trompe sur la signification, aussi s’agenouille-t-il devant son maître pour se faire pardonner leur désobéissance.

- Nous ne nous approcherons plus de cet endroit maître !!

Un geste nerveux de la main du grand chaman les congédie, ce n’est qu’une fois hors de la pièce qu’ils entendent sa dernière recommandation et stoppent net pour revenir s’assurer qu’ils ont bien entendu.

- Vous ne nous interdisez pas d’y retourner ? C’est bien ce que nous venons d’entendre maître ?

Le grand chaman fixe Nok dans les yeux, il comprend que malgré le ton surpris de la question, ce dernier éprouve une réelle joie à ne plus se voir interdire l’accès au cabanon, cabanon où se trouve celui pour qui déjà il éprouve un sentiment auquel pour l’instant il ne saurait donner de nom, mais qui l’aurait très certainement poussé à désobéir une fois de plus.

- Vraiment maître ? Nous pouvons y retourner ?
- Seulement quand vous vous serez suffisamment reposés comme il vous l’a été si bien conseillé, j’attends de toute façon d’autres novices envoyés d’autres royaumes pour aider à ce que tout se passe au mieux puisqu’il semblerait que j’ai bien interprété les écrits anciens.
- Est-ce bien nécessaire maître ? Ne devrions-nous pas au contraire mettre le moins de monde possible au courant ?
- Ce n’est que pour votre bien les garçons, voyez déjà dans quel état il vous a mis sans avoir de contact physique avec vous et alors que son corps est affaibli, son esprit heureusement semble en parfait état de fonctionnement pour qu’il vous ait donné cet ordre de partir sur le champ, mais en sera-t-il toujours capable et qu’arrivera-t-il s’il se laisse aller à sa nature première, celle qui le pousse à se nourrir de cette façon pour recouvrer ses pouvoirs.
- Ses pouvoirs ?

Le grand chaman fait un petit claquement de langue agacé en les renvoyant prendre du repos.

- Je ne peux rien dire sans en être absolument sûr et de toute façon, moins vous en saurez, moins vous parlerez !!
- Maître !!
- Allez donc vous reposez si vous voulez que je vous autorise à venir le voir avec moi ce soir, à moins que vous n’y teniez pas vraiment ?

Un sourire cette fois amusé éclaire le visage ridé du vieil homme, ses deux novices ayant disparu comme par miracle sitôt ses dernières paroles prononcées.

Pourtant et même si l’idée de ne laisser que ses deux garçons auprès de celui auquel il n’ose encore donner un nom, cette dernière est vite abandonnée en se rappelant des textes anciens parlant des nourriciers avec le signe « cinq » qui maintenant prend sa juste valeur à la compréhension du type de « nourriture » dont il semble être question.

- Cela ne va pas être évident d’en trouver encore trois de cet acabit, c’est que tu es plutôt sélectif mon garçon ! Hé ! Hé ! Tu pourrais l’être un peu moins, ce monde n’est en rien semblable à celui qui t’a sans doute vu naître.

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