Jeudi 6 juin / 2

3 minutes de lecture

Charlotte

Une assiette ? Pour manger un croissant ? Et pourquoi pas un couteau et une fourchette !

— Julie… détends-toi. Les miettes me font pas peur et sauf erreur les oiseaux aiment bien les manger après mon passage.

— Oui, et les fourmis aussi. Tim a horreur des fourmis. Tu prends plutôt du lait ou de la crème dans ton café ?

Tim ! Toujours Tim. Est-ce que c’est lui qui aime l’ordre à ce point, ou se sert-elle de lui comme excuse à sa maniaquerie ?

— Juste un peu de lait, c’est parfait.

Julie verse le café alors que j’admire la bouture d’une plante.

— Tu as la main verte. Chez moi, il n’y a que les mauvaises herbes qui se plaisent, plaisanté-je.

— Oui, j’aime beaucoup jardiner. Ça me vide la tête. Je te montrerai quelques astuces, si tu veux.

— Excuse-moi Julie… c’est pas pour te vexer, mais personnellement… je préfère quand c’est un peu plus le bazar. C’est joli chez vous, mais je me sens plus à l’aise dans mon capharnaüm.

Je la vois plisser les yeux, observer autour d’elle, puis se concentrer sur la pointe de son croissant.

— Tim a du mal, si tout n’est pas à sa place.

— Il va devenir dingue chez nous, rigolé-je pour détendre l’atmosphère.

— Ah mais non. Ne t’inquiète pas. Ailleurs,il ne remarque pas ce genre de choses, c’est seulement… ici.

— Et à toi, ça te plait ?

— Si on range un peu chaque jour, c’est pas si pénible.

— Tu ne réponds pas à ma question, Julie.

Elle penche la tête, me scrute intensément avant de s’excuser et de rejoindre le salon. Je me lève, craignant l’avoir blessée, mais elle revient rapidement sur ses pas, un album de photos entre les mains.

— J’ai toujours vécu dans cette maison et regarde…

L’image qu’elle me plante sous les yeux ressemble plus à mon jardin qu’au sien. Des jouets éparpillés, des serviettes, du linge qui sèche sur les dossiers des chaises mises aléatoirement un peu partout, une table qui semble être prête à s’effondrer tant elle est remplie et Julie qui m’explique :

— Mes parents étaient comme toi, j’ai grandi dans le désordre et j’ai mis du temps à me faire à la maniaquerie de Tim. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas par amour ? rigole-t-elle. Je dirais qu’aujourd’hui, ça me plait parce que je suis fière du résultat, et que j’en ai bavé pour y arriver. Mais au fond de moi, mon âme de fillette se plait davantage dans un jardin plein de vie. C’était plus difficile lorsque les enfants étaient petits, aujourd’hui ils m’aident et…

— Et Tim ? Il t’aide aussi ?

— Différemment, m’avoue-t-elle.

Julie

C’est bien la première fois que j’avoue à une amie que j’aimerais mieux vivre différemment. Tout le monde pense que c’est moi la maniaque, que Tim l’est devenu en ma présence, sauf ses parents, évidemment qui sont encore pire que lui. Mais jamais encore je n’avais mentionné cette différence entre Tim et moi à une copine. Je suis surprise par mon attitude et je crains soudain qu’elle n’en parle et que ça remonte aux oreilles de Tim.

— J’ai pas l’impression qu’il t’aide beaucoup. J’ai même l’impression de revoir mes grands-parents. L’homme de la maison dirige, se fait servir, apporte la pitance et la femme… subit, obéit, travaille…

— Je ne suis pas soumise, objecté-je.

— Ou alors tu aimes tout contrôler ?

Je marque un temps d’arrêt, essayant de me souvenir de ce qui s’est passé pour qu’elle ait un tel avis sur nous. Elle semble vouloir revenir sur ses paroles et sa gêne me réconforte.

— Tim s’occupe effectivement de tout ce qui est masculin à ses yeux… bricolage, chargement de la voiture, itinéraire des vacances, l’argent pour la famille et…

J’ai failli dire : sexe. Moi qui ne parle jamais de mon intimité… Je m’interromps et Charlotte en profite pour répéter :

— Et ?

— Sous la couette, murmuré-je.

La pauvre, elle s’étouffe avec son croissant. Je me lève et cours chercher un verre d’eau le temps que sa toux s’estompe. Elle me remercie d’un regard, avale rapidement la boisson fraîche avant de s’exclamer :

— Tu plaisantes !

Je secoue la tête en rougissant.

— Tu veux dire que jamais…

— Non, jamais. Tout comme il ne s’occupe pas de la vaisselle, la lessive ou les courses. Les tâches sont bien définies.

Je sens qu’elle veut rebondir sur la réplique plus intime, mais parler sexe me gêne, même entre filles. Je me dépêche donc de changer de sujet :

— Cette année, vous partez en vacances ?

— Tss Tss Tss, Julie… Les vacances ne sont pas le sujet ! Tu veux dire que jamais… C’est jamais toi qui sautes sur ton homme ?

Annotations

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thalina4
- Je suis un paradoxe ambulant, rétorqua Daisy.

- J’avais remarqué. Le jour où tu as parlé de Coco Chanel et de Sun Zu dans un même sujet, j’ai été bluffé. Encore plus en remarquant que ta playlist va d’Ariana Grande à Metallica en passant par Aerosmith, répondit Matt.

- Comme le disait en effet cette grande dame que je respecte tant, Coco Chanel : « pour être irremplaçable, il faut être différente » ajouta-t-elle.

- Ça tu l’es, ma belle. Et c’est cela qui fait ton charme.


Etudiante en droit et fashionista dans l'âme, Daisy Nod, vingt-ans est une bourgeoise au tempérament bien trempé des beaux quartiers de Manhattan.

Issue de parents très conservateurs et un brin snob, ses relations sont conflictuelles avec ses derniers qui peinent à ce qu’elle se conforme au moule de la petite fille parfaite.

Quand elle rencontre Matt Keller, la pop star internationale aux multiples conquêtes, elle ne s’attendait pas à cette collision amoureuse ni au tourbillon dans lequel il allait la transporter. Leur attraction est immédiate. Leur amour rapide. Peut-être même un peu trop.

Mais leur idylle ne sera pas de tout repos.
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XiscaLB
On dit "jamais deux sans trois", ça vaut aussi pour nos récits ;)
Bienvenue à vous sur ce nouveau 4 mains !
Lecossais et moi vous souhaitons une bonne lecture !
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Rien ne les destinait à se rencontrer.
Militaire de carrière, Julia est caractérielle, indépendante et prête à tout pour se faire respecter.
Responsable Financier d’une ONG, Arthur est rêveur, utopiste et déteste tout ce qui porte une arme ou un treillis.
Le destin les réunit sur le terrain, au milieu des bombes et des réfugiés. La guerre fait rage en Silvanie et ils vont devoir travailler ensemble, mettre de côté leurs différences. Leur objectif commun : sauver le plus de réfugiés possible et leur offrir un espace où vivre et survivre en attendant la fin de la guerre. Et c’est sans doute le seul point sur lequel ils s’entendent.
Malgré une rencontre mouvementée et un contact électrique, il l’énerve autant qu’il l’attire, elle l’agace autant qu’elle l’hypnotise. Elle résiste à tout prix, quand lui ne veut qu’une chose : qu’elle craque.
Tous deux sont bien loin de se douter qu'au-delà de leur attirance mutuelle se joue bien plus. C’est le sort du pays tout entier qui est en jeu, c’est l’avenir de la Silvanie que leurs actions vont influencer. Leur relation survivra-t-elle à tant de pression ?
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Lina2402
Réponse à Feuille blanche

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