Partie 1 - 4

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 Les petits cailloux arrondis étaient les pires qu'ils soient. Ils nous faisaient perdre l'équilibre en cas de défaillance de notre attention. Nous avancions prudemment alternant phases de marche et phases de repos à l'abri des plus gros rochers que nous pouvions trouver. Ition-g a pour particularité d'avoir un relief important, avec des chaînes montagneuses imposantes. Elle semble connaître des bouleversements et une tectonique des plaques rapide. Là où les archives terriennes démontraient des déplacements importants sur des millions d'années, sur cette planète, il ne faut pas plus de cent mille ans pour connaître des mouvements de terrain considérables. Cela reste immense et insensible à l'échelle de l'humanité, pourtant, les paysages que nous traversions nous impactaient au quotidien. En conséquence, la nature itionnaise montrait son adaptation à ces changements importants.

 Nous avancions sans réel but depuis quelques heures, quand nous remarquions au loin. De là où nous venions, une légère clameur se lever. Le bruit semblait terrible et soudain. Par réflexe, nous nous réfugions à la hâte dans un renfoncement d’une des parois rocheuses la plus proche possible. C'était la première fois que nous entendions un tel bruit étrange. On aurait pu croire à des cris ou des voix étouffés. Cela ne dura qu'un instant, mais il nous choqua tous. À l’écoute de notre environnement, nous restions à attendre que le bruit se répète. Ce ne fut pas le cas. Je réagis le premier en tentant de jeter un coup d'oeil dans la direction du terrible son. Une brume légère recouvrait désormais les sommets et avançait peu à peu sur nous. Le constat était double : la visibilité serait bientôt nulle et la température proche de zéro.

 On entendait le claquement des mâchoires de certains de nos compagnons. Nous nous resserrions de plus en plus. Puis la fatigue et le stress eurent raison de nous. À mon réveil, nous étions pitoyables et affamés. Au cours d'un rapide échange avec Olas, notre décurion, nous décidions tous de redescendre dans la vallée pour retrouver des températures plus clémentes et nous ravitailler en eau et en vivres. Mais cela augmentait notre vulnérabilité en cas de rencontre une sonde ou, pire que tout, avec un robot tactique. Mais dans l'instant présent, nous préférions encore mourir sous son feu que de froid.

 Le temps était clément et la descente fut facile. La terrible angoisse semblait s'effacer à mesure où la flore itionnaise s'intensifiait. D'abord parsemée et ne représentant que quelques tiges noires ou grises rigides. Elle gagnait en couleur et en souplesse en fonction de son acclimatation à l'altitude. Nous furent bientôt ralentis par sa profusion. En contrepartie, les quelques degrés gagnés réchauffaient nous coeurs.

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Défi
Jaypee


7h15, purée, je vais encore être en retard au boulot !
Allez, je m’apprête et avec un peu de chance je pourrais être à l’heure !
- Chérie ? T’es là ? Elle est surement déjà partie…
OK, petite douche rapide, pas le temps de petit-déjeuner, de toute façon je ne le prend jamais en semaine.
Waw, les routes sont super dégagées aujourd’hui ! Mais pourquoi il n’y a personne ? J’ai dû rater quelque chose ! Attend, faut que je passe un coup de fil, ce n’est pas possible ? Pas de réseau !
J’arrives au boulot en cinq minutes, personne ! Pas un chat ! Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer ?
Un coup d’état, une catastrophe naturelle, une guerre ? Pourtant, tout autour de moi, un silence assourdissant, donc a priori, pas d’inquiétude à avoir, enfin, pas d’inquiétude, c’est vite dit, je n’ai encore vu personne depuis ce matin et toujours pas de nouvelles de ma femme !
Je vais chez mes parents, toujours personne, rien. Cela devient inquiétant. Suis-je en train de rêver, suis-je toujours en vie, suis-je au paradis ? Est-ce que tout cela est réel ?
Foutu pour foutu, il faudra bien m’occuper aujourd’hui ! Tant qu’à faire, on va faire un peu de sport. Je fonce à la maison récupérer mon maillot et je vais à la piscine.
Pas de gardien, tant mieux, ça sera donc gratuit pour une fois. Ce n’est pas mal au final pour une journée où tout tombe à l’eau, me dis-je en étouffant un fou rire.
Quel plaisir, quel silence, quelle paix ! Aucun enfant pour me casser les pieds, j’ai le bassin pour moi seul, quel bonheur !
Après une heure de nage intense, j’ai déjà un peu faim. Il est temps de rentrer à la maison. Au menu : côtes de porc avec des pates ! Je sors de ma cave un Haut-Médoc que je sirote pendant la cuisson. Les notes de musique classique que j’écoute en boucle rendent ce moment magique. Assis à ma fenêtre, je regarde les rues désertes. Qu’est-ce qui a bien pu se passer cette nuit ? Qu’est-il arrivé au monde ? Rien à la télé, rien à la radio non plus…
Aucune nouvelle de ma femme, de mes parents, de mes amis, de mes collègues. Aucun appel, aucun message, RIEN !
Je me mets à table. Je savoure mon repas autant que l’instant. En effet depuis toutes ces années, ai-je réellement eu un instant de tranquillité ? Un moment privilégié qui m’appartienne, à moi, rien qu’à moi. Je ne pense pas. Je suis toujours en train de courir, après un taxi, après une tâche urgente, après un fleuriste ou un boulanger, après un patron, après un ami, après un fournisseur, après le temps.
Et si je mettais cet instant à profit pour écrire ? Après tout, j’ai devant moi un jour, une semaine ou peut être un mois à ne rien faire. Alors, pourquoi pas rattraper le temps perdu, lire, écrire, marcher, prier, contempler le ciel, écouter les oiseaux chanter.
A ma terrasse, j’ai passé tout l’après-midi à écrire, d’une traite, sans m’arrêter. Comme pour combler un vide, comme pour vider mon sac, comme si toutes ces journées loin de ma passion avait rempli une bulle qui venait d’éclater, pour rependre de l’encre partout sur des feuilles blanches, comme pour déclencher dans mon esprit, toutes ces lettres que je tape sur mon clavier.
Quelle triste journée. Quelle belle journée ! Mon écriture a toujours eu ce côté mélancolique, mélange de joie et de peine. Je suis pris entre les deux, la joie de l’indépendance et la peine de la solitude, loin de ma femme, de celle que j’aime.
Je n’ai même pas vu le temps passer : 22 heures. Je n’ai pas vraiment faim, ni soif, car quand j’écris, je me nourris de ce vide. Pas de télé, pas d’internet. Je commence à avoir sommeil de toute façon. Les longueurs de ce matin commencent à se faire sentir. Il est temps de dormir. De toute façon, demain j’aurais encore le temps, le temps de nager, le temps d’écrire et de m’évader.
Je ferme les yeux, je m’endors dans ce silence frais, doux, cotonneux.
Soudain, une tape, une voix : « Chéri, il est l’heure de t’apprêter, tu vas encore être en retard au boulot »
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Défi
Ali Miëlla

R
M
J'ai beau remonter le temps et essayer de me souvenir, je crois bien que je n'ai jamais pris le temps de t'écrire une lettre. Je me souviens t'avoir déjà écris sur une carte mais je n'ai jamais ouvert mon cœur. Et pourtant, j'ai décidé de le faire même si c'est difficile.
Entre nous, ça a toujours était plus ou moins compliqué. J'assaye de me souvenir de mon enfance, mais je n'arrive pas à trouver un seul moment où c'était le bonheur entre nous. J'ai regardé des photos pour m'aider à me souvenir. Sur certaines d'entre elles, ont sourit, on a l'air heureuse d'être l'une avec l'autre, pourtant je ne m'en souviens pas. Ce n'est pas de ta faute. Tu as toujours fais du mieux que tu pouvais. Mais, comment donner de l'amour quand on ne s'aime pas ? Je me souviens du jour où je t'ai vu pleurer pour la première fois. Je m'en souvient très bien puisque ce jour là j'ai cru mourir. J'avais l'impression qu'on m'arrachait un membre . Te voir pleurer m'a briser le cœur. Tu pleurais encore et encore sans raison. La dépression t'a rattrapé. Et à partir de ce moment là tout a basculé. J'ai pris soin de toi du mieux que j'ai pu. Je me suis oubliée parfois, mais face à ton sourire rien n'avez d'importance. Je t'ai soutenu dans les moments les plus difficile, les plus douloureux. Tu allais mieux, et j'ai grandis. J'ai commencé à m'éloigner, à avancer. J'étais en pleine adolescence. Et j'avais envie de liberté, d'être comme toutes ces jeunes filles qui avait une mère responsable. Nos disputes ont commencés, et je t'ai menée la vie dur. J'avais mal et j'étais complexé. J'avais besoin de ton aide, mais tu n'étais pas là... Inconsciemment je te l'ai fais payer. Je me souviens qu'à ce moment là, vous vous êtes séparés papa et toi. J'avais l'impression qu'on étaient plus sur la même planète, que des années lumières nous séparés. J'ai alors mis de la distance entre nous. C'est en grandissant que j'ai compris. J'ai compris que tu avais toujours besoin de moi, tout comme j'ai besoin de toi. La dépression n'est jamais loin mais c'est à nous de faire en sorte qu'elle ne s'invite plus dans ta vie.
Aujourd'hui je voulais te dire que je ne t'en veut absolument pas. Devoir m'occuper de toi m'a fait grandir plus rapidement que les autres. Ta dépression m'a fait mûrir. J'ai pris conscience de l'importance de la vie. Je voulais te dire que je regrette ces mots durs que je t'ai dis. Je ne les pensait pas un seul instant. J'ai était difficile parfois alors que tu n'avais pas besoin de ça. Je le regretterais sans doute jusqu'à la fin de mes jours. Je ne te le dis pas souvent mais tu est la femme la plus courageuse que je connaisse. Tu est un exemple à mes yeux. Tu as réussi là ou beaucoup ont échoués. Je t'aime énormément, je t'aime comme tu ne peut pas l'imaginer. Je t'aime au point où mon cœur en est près à exploser.
Je t'aime de tout mes silences.
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Yaasu
Initialement une introduction à un projet de Roman de SF, finalement la seule partie vraiment aboutie du récit.
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