Lépante 1ère mi-temps

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Evacué de Haïfa avec le corps expéditionnaire allemand de Palestine, Don Juan de Hohenstaufen faisait sa jonction à Candie avec l’Amiral Ali Pacha qui s’offrit au futur Roi de Naples et de Sicile pur lui faire une escorte d’honneur jusqu’à Tarente.


En fait, Soliman III était alarmé par la situation en Tunisie. Seule la nouvelle de l’abdication du Cardinal Finzi était parvenue à Jérusalem et le Sultan voulait s’assurer que le traité de Gabès serait respecté par le Pape. Il avait donné l’ordre au Capitan Ali Pacha d’accompagner Hohenstaufen à Rome pour une éventuelle renégociation des accords turco-tunisiens sur le sable du Sahara.

L’imposante escadre germano-turque longeait la côte grecque vers Corfou, dernière escale avant l’Italie, lorsque devant Patras l’Amiral ottoman eut la plus étrange vision de sa carrière : droit devant, entouré d’une nuée de Scaphandriers-Cyclistes dont les casques brillaient au soleil de midi, le Bucentaure de la Sérénissime République de Venise s’avançait à vive allure, arborant orgueilleusement les couleurs léontistes de la Principauté de Tunis.

Le cap initialement fixé sur Cythère, dernière escale avant les Îles du Dodécanèse, c’est en plein milieu de la plus grande base navale turque que s’engouffrait avec optimisme le 1er Corps Maréporté du Général Amadeo Offenbach-Moltieri, pour les beaux yeux de la très belle Donatella. Tandis que l’Etat-major ottoman s’étonnait de la présence de la flotte amphibie de Moltieri en Mer Ionienne et s’interrogeait sur la conduite à tenir, une salve bruyante tirée du Bucentaure mit fin aux spéculations : Offenbach, à la vue des bâtiments ottomans rassemblés comme à la parade, avait décidé que son heure de gloire était arrivée et donnait l’ordre à ses fidèles Carabiniers d’attaquer !

Bien que fort supérieure en nombre et en puissance de feu, la flotte turque se trouvait prise au débotté. Elle n’était pas disposée en ordre de bataille, les munitions dormaient dans les soutes et les officiers faisaient la sieste. De plus, en aidant Don Juan à prendre possession des Deux-Siciles, l’escadre ottomane remplissait une mission de paix. Les soldats turcs appliquaient strictement le jeûne du Ramadan et n’étaient pas au mieux de leur forme.

De leur côté, fanatisés par les harangues du Général Offenbah, les Carabiniers-Cyclistes avaient un moral d’acier. Ils se glissaient entre les navires turcs, rendant leur artillerie inopérante sous peine d’un carnage dans leurs propres rangs. Déjà plusieurs embarcations turques étaient prises d’assaut et de féroces corps-à-corps ensanglantaient les coursives.

Le premier mouvement de Don Juan fut de prêter main forte au Général Moltieri : Ali Pacha pris à revers, l’armada turque subirait son pire désastre depuis Lépante.

Au moment d’ordonner les manœuvres en conséquence, Hohenstaufen fut rudement pris à parti par le Cardinal Michiel, Patriarche de Jérusalem et partisan du Pape Clément XV :

- Trahison, Monseigneur ! Le Bucentaure arbore les couleurs léontistes !

- Et que signifie, Eminence ? Moltieri a bien déposé Finzi et…

- Moltieri est parjure ! Il a épousé le parti de la nièce, Mons…

Les tonitruants tromblons du Général couvrirent les cris du Cardinal Michieli.


(Il nous est impossible dans ces conditions de poursuivre le récit de ces tumultueux événements)

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