« Scacciare Humanum, Promovere Diabolicum »

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Dans la masse des décrets de toutes sortes promulguées par le regretté Léon XIV, allant de la réorganisation de mode de perception de l’impôt ecclésiastique à la codification des manières de table durant le carême, il en est un qui a provoqué un certain émoi parmi la population.

La bulle « De Pionibus Clamavi » prétend régenter un point extrêmement complexe du jeu d’échecs dont les implications morales et religieuses sont évidentes : la promotion du pion.

Nul n’ignore que les rangées extrêmes sont génératrices d’une Dame surnuméraire, lorsqu’un valeureux y parvient au terme d’une lutte âpre et sans merci. Cette surprenante métamorphose du pion, pièce éminemment virile, en une figure du sexe faible – si gratifiante pour le joueur qui en profite – n’a pas manqué de troubler théologiens et hommes de foi depuis son arrivée en chrétienté occidentale.

Comment réagir à cette intrusive prolifération d’épouses du Roi ? L’Eglise était moins préoccupée par le phénomène que par ses conséquences matrimoniales, à savoir l’apologie de la polygamie, et ses répercussions aux plans moral et religieux ?

Concrètement, le décret De Pionibus prévoit d’interdire l’appoint d’une Dame excédentaire tant que la Souveraine initiale reste sur l’échiquier. Celle-occise, le Roi veuf se voit octroyer une nouvelle Reine au terme d’une période de quarante coups, laps de temps correspondant symboliquement au deuil de cour. On peut constater que ledit Roi a entretemps tout le loisir de se faire mater sans recours.

Mais si la partie est perdue, la morale est sauve et le clergé satisfait.

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