Niveau 10 -Training

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Alors que Marie et moi traversions le bar, Mélissa m’adressa un pouce levé. Un sourire fendait presque son joli visage en deux. Sa réaction manqua de me faire rougir de fierté. Le serveur, quant à lui, semblait se contenir à grandes peines de ne pas m’adresser un tout autre doigt. Soit ça, soit le pauvre malheureux souffrait d’une constipation surprise.
— Après vous, Madame, dis je une fois parvenu au pied de la porte de service derrière le zinc.
Marie accueillit mon numéro de grand gentleman cliché d’un sourire radieux avant de s’engager dans le petit escalier montant à la chambre prêté par la jolie goth.

Bon, autant être honnête, cet élan de galanterie vaseuse servait deux buts. Le premier, me permettre d’analyser le flux d’information qui défilait autour de la belle brune, chose difficile à faire si elle se tenait dans mon dos, et le second, pouvoir admirer ses fesses, tout simplement. Surtout que dans la pénombre de l’escalier grand d’à peine une largeur d’épaules, j’étais aux premières loges pour contempler la façon dont le tissu de sa robe s’écoulait le long des formes généreuses de son postérieur.

Comme j’avais sous ma ceinture l’expérience hautement stressante avec Amandine, j’affrontai la masse d’informations avec une certaine sérénité, non sans oublier de me rincer l’œil. La classe. Mon plan impliquait de faire décoller Marie en moins de « 10mn59s », moment où je devrai l’abandonner pour intercepter son ex, Émilie. Il me fallait donc quelque chose de particulièrement efficace. Restait à trouver quoi.

Vu que cela m’avait déjà réussi, j’appelai « montre-moi ses désirs inavoués ». Le tableau éponyme apparu.

Vide.

Chiotte. Marie ne se refusait aucune envie.

Cette idée me chauffa un instant les reins, mais elle ne m’arrangeait pas. Pire, même ses pratiques favorites – cunnilingus des deux côtés de l’acte pour ceux d’entre vous qui voudraient se culturer – ne surpassaient qu’à peine le reste. Il n’y avait bien le très sympathique « Bondage » et ses prometteurs 57%, mais n’ayant ni cordes, ni menottes à disposition, ça me faisait une jambe d’une beauté capable de rivaliser avec des tops modèles.

Rhâ, mon plan n’allait quand même pas se buser sur la ligne de départ !

Mes doutes se nouèrent dans ma cervelle. Arrivée sur le petit palier, devant une porte couverte de posters auquel je ne prêtais guère attention, Marie me toisait de son regard noir de jais, magnétique, chargé de sex-appeal. Des deux mains, elle saisit les bretelles de sa robe et les repoussa le long de ses épaules. Le léger vêtement chuta comme au ralenti. Les pointes dressées de ses tétons semblèrent vouloir retenir le tissu, en vain. L’ensemble tomba à ses pieds, et mon sang se lança dans un solo de batterie à mes tempes.

Oh oh. J’avais vu juste. Marie ne portait strictement aucun sous-vêtement. Vive mes talents de reluqueurs.

— Enfin, soupira-t-elle. Je n’en pouvais plus de cette robe.

Placé en contrebas dans les marches, mon regard remonta le long de ses jambes galbées par les talons de petites sandales. Une épaisse toison brune se nichait dans le V de ses cuisses, remontant haut sur son ventre. Malgré son aspect sauvage, il était clair qu’elle en prenait grand soin, comme une haie de jardins royaux. Je distinguais à peine les grandes lèvres de son sexe légèrement entrouvertes, même placé ainsi les jambes jointent. Contrairement à ma patronne et Amandine, son ventre s’évasait, sans muscle seyant, donnant à ses hanches une douceur plantureuse.

Sa respiration s’intensifiait sous mon regard, poussant en avant ses délicieux seins. Ils semblaient avoir été génétiquement conçus à la taille de mes mains. De longs tétons, véritable appel à les sucer, surplombaient de larges mamelons rose très clairs qui se ridaient déjà de désir. Contrairement à ma patronne, son bronzage était absolument intégral. Pour faire simple, Marie était l’image même de la vénus du tableau de Botticelli, en brune, et après des vacances sur une plage naturiste.

— Tu aimes ? demanda-telle, la tête penchée sur le côté et les mains posées sur ses hanches.

Comme si, avec mon air béat, la question méritait d’être posée. J’acquiesçai malgré tout, la bouche sèche, incapable d’arracher mon regard de ses formes. J’appelai « Lecture de pensée. »

« Il bave tellement devant moi » résonna la voix de Marie. « Il a vu mes petits tétons pointer ? Bien conservée hein ? En plus, n’importe qui pourrait ouvrir la porte et nous voir, là, maintenant. Peut-être même qu’ils voudraient participer. »

La jauge rose bondit aussitôt à 10%, et le texte « Exhibitionnisme – 65% » brilla en vert. Cela expliquait son goût pour l’économie vestimentaire. Avec une robe en tissu aussi léger pour toute protection, elle appréciait offrir sa silhouette aux regards. Ce n’est pas moi qui allais me plaindre d’un tel sens du partage.

Je tentai de projeter mentalement < J’ai très envie de jouer avec mes seins >.

Sans même un instant d’hésitation, elle agrippa les deux pointes dures et les étira sans ménagement. Yes ! L’efficacité du pouvoir suggestion dépendait donc bien de l’état du cœur ! Sans cesser de se peloter, elle me fixa, une canine plantée dans sa lèvre inférieure, et laissa échapper un gémissement proche du ronronnement. Mon excitation creva le plafond.

Je ne résistai pas une seconde de plus et me jetai sur elle avec la délicatesse d’un tractopelle. Nos bouches se percutèrent, cherchant à s’embrasser avidement. Les rares baisers que j’avais échangés jusqu’à présent l’avaient été sous l’effet de l’alcool. La pleine conscience démultipliait le plaisir de ce contact particulièrement intime.

Une vague mélancolique doucha un instant mon enthousiasme. Je partageais mon premier vrai baiser passionné avec une femme que je désirai, mais que je n’aimai pas vraiment. Cela teintait l’expérience d’une certaine amertume.

L’intensité de l’excitation de Marie lava mes regrets fugaces. Elle dardait sa langue entre mes lèvres entrouvertes avec une ardeur presque bestiale, et je tentai de faire de même, sans faire le poids. Nos salives se mélangeaient, nos langues jouaient à se nouer, caresser, lécher. Dans ce duel d’escrime buccal, elle me battait à plate couture, pour mon plus grand plaisir. Sans cesser de me régaler de sa bouche, mes mains rejoignirent les siennes contre sa poitrine. Grande reine, elle me laissa la place dans un petit rire complice qui ne fit qu’accentuer mon désir.

J’agrippai ses seins avec voracité, comme pour faire taire ma frustration de n’avoir pu faire de même avec la poitrine d’Amandine. Je pressai leur chair douce contre son torse, savourant la dureté de ses tétons au creux de mes paumes. Ils étaient certes un peu petits à mon goût – Bon sang, l’Interface me transformait vraiment en sale snob – mais leur incroyable sensibilité compensait amplement. La moindre de mes caresses lui provoquait des frissons, le plus infime pincement un gémissement. La tête arquée en arrière, les yeux mi clos, la belle brune savourait chacune de mes caresses, aussi maladroites et avides soient-elles.

« 8mn 36s ».

Crotte ! Comparée au temps passé dans une salle d’attente de médecin, celle d’un pelotage passait environ dix mille fois trop vite. Je ne pouvais pas perdre mon plan de vu. Surtout que sa jauge de plaisir n’avait grimpée qu’à 30% en presque cinq minutes. Ces seules caresses ne suffiraient.

Refocalise toi mon gars !

Presque désespéré, je fouillai une nouvelle fois l’avalanche d’informations à ma disposition. Mais je devais me rendre à l’évidence, rien de transcendant ne sortait du lot. Marie aimait à peu près tout de manière quasi égale. Pour ne rien arranger, une échelle avec « Homosexualité » en haut et « Hétérosexualité » en bas m’indiqua que la superbe brune, bien que bi, penchait plus pour les charmes féminins que masculin. Forcément, je ne partais pas gagnant.

Je pensai un instant aller à l’encontre de mes principes sur l’orientation sexuelle, et utiliser mon pouvoir d’Inversion pour m’offrir un avantage… avant qu’une pulsion encore plus perverse ne prenne forme dans mon cerveau.

Oh oui mon cochon !

Un sourire carnassier aux lèvres, j’adressai à l’Interface « Liste des pratiques détestées ? Tu aurais ça dans un coin ? »

Un tableau avec une dizaine d’entrées apparu. Je passais sur toute une série d’actes que même la mafia trouverait illégaux avant de tomber sur une à ma portée. En première position, loin devant « Sexe anal » si j’en croyais la longueur de la jauge rouge à ses côtés, apparaissait : « Fellation. »

Mon excitation explosa toujours plus, aux limites du douloureux. Dans une même pensée, j’appelai « Inverse son dégoût des fellations » suivi de < J’ai terriblement envie de sucer sa queue, de l’engloutir complètement. >

L’effet ne se fit pas attendre. Marie fit la moue, le nez froncé comme si elle venait d’avoir vent d’effluves nauséabondes. La seconde d’après, elle pantelait, ses lèvres humides entre-ouvertes, et me dévorait d’un regard de louve affamée.

Elle se lova en silence à mes genoux, dans le minuscule espace du palier, et s’attaqua avec sauvagerie à mon pantalon. Ma verge surgit, brûlante de désir. J’allais connaître ma véritable première « vraie » fellation, et d’une bouche normalement récalcitrante auquel probablement aucun homme n’avait eu droit. La perversion de la chose me laissait tremblant d’anticipation.

Sans une seconde d’hésitation, elle goba mon sexe avec une voracité qui donnait l’impression qu’elle voulait violer ses propres lèvres. Sa petite bouche s’écartela autour de mon gland. Elle poussa un long soupir qui vibra le long de ma verge, comme si m’avoir en elle satisfaisait une faim proche de la famine. Je l’accompagnai d’un profond gémissement et manquai d’exploser, là, tout de suite, au fond de sa gorge.

En panique totale, je repensais à une technique lue je ne sais trop ou dans les bas fonds de l’internet. Pour endiguer son excitation, il fallait penser à des trucs coupe-chique, comme une tranche de gigot d’agneau ou des chiens moches. C’est alors que la tronche échevelée de Gandalf le dégueulasse m’apparut brutalement à l’esprit, en deux flashs successifs, comme une image qui aurait mieux fait de rester subliminale. L’effet fut immédiat. Je jugulais ma hâte fiévreuse et repassais du bon côté de mon point de non-retour.

Purée ! Je n’avais pas de certitude, mais c’était comme si l’Interface avait interprété mes pensées et activé mon pouvoir de suggestions. Sur moi. Cela voulait dire que je n’étais pas immunisé à mes propres effets ! Intéressant.

Les bruits de succion, et la chaleur humide le long de ma verge, ramenèrent mon attention sur Marie. Son regard de braise ne me lâchait pas. D’une main, elle caressait mes testicules tout en m’enfonçant un peu plus en elle. Sa langue glissait autour de mon gland, en caressait l’urètre, le frein. J’en frissonnai de plaisir. Oh bon sang. Comment une chose aussi délicieuse pouvait être légale et bonne pour la santé ?

Quel dommage qu’avec un don pareil, elle appréciait si peu la chose. Quoique. C’était probablement parce qu’elle détestait autant cela que son enthousiasme débridé rendait sa bouche si irrésistible. Une perte pour les autres, un gain pour moi en somme !

« 5mn 25s ».

Déjà ?

Ses va-et-vient le long de ma verge faisaient monter la jauge rose en cadence. 55%, 57%. Elle glissa une main entre ses cuisses à la recherche de son sexe dont j’apercevais la toison totalement moite. Un goutte à goutte s’écoulait sur le palier sous elle. Deux phalanges plongées profondément entre les replis de ses lèvres, elle se caressa, d’abord doucement, puis de plus en plus fébrile. Le remplissage de la jauge s’accéléra, propulsé à 62%.

— T’aimes ça avoir ma queue dans la bouche ? lâchai-je

La jauge rose sombra violemment à 50%. « Humiliation » clignota en rouge. Elle extirpa mon sexe d’entre ses lèvres, et me foudroya du regard.

Merde ! C’est pas possible d’avoir autant les fils qui se touchent ! Plongé dans mon excitation, la scène m’avait rappelé ma patronne, et les mots m’avaient échappé.

— Oh…euh… non… mince… désolé, bafouillai-je. C’est juste que tu es très doué, et… euh… tu as l’air de vraiment apprécier, et c’est… hum… super sexy ?

En parallèle, j’envoyai < Il a juste voulu me faire un compliment maladroit, bien sur que je suis doué, je suis irrésistible. >

Je retins un soupir soulagé lorsque son éclatant sourire retrouva le chemin de son visage. Elle m’engloutit de nouveau, un peu réticente au début, mais très vite, une main serrée à la base de mon sexe, elle m’aspirait presque encore plus goulûment qu’avant. Bien qu’elle détestait que je l’exprime à voix haute, elle adorait avoir ma queue dans sa belle bouche humide de suceuse.

La vulgarité de cette pensée me fit décoller encore plus. Presque trop.

« 4mn 10s ».

Et punaise ! J’avais beau avoir rattrapé le coup, ma bourde ruinait mon timing. Il fallait que j’augmente les effets de cette fellation si je voulais parvenir à mes fins dans les temps.

À la voir ainsi, à mes pieds, entièrement dévouée à mon sexe, le plantant aussi loin que possible dans sa bouche je remarquai alors que Marie avait placée une main à la base de ma verge. Cela limitait la longueur de ses va-et-vient.

Une illumination éclaira ma caboche !

J’agrippai une poignée des tresses qui battaient sa croupe dans chaque main, et la tirait en arrière pour l’empêcher de me reprendre en bouche. Elle m’adressa aussitôt un regard déçu, presque affamé, qui manqua de m’obliger à ré invoquer l’image du clodo.

A la place, je projetai mentalement, aussi fort que possible < J’ai tellement envie de l’avoir en moi, aussi profondément que possible au fond de ma gorge, que mon réflexe nauséeux ne se déclenchera même pas. >. Puis j’imprimai un lent mouvement à mon bassin. Dès qu’elle comprit ce que je faisais, elle poussa un soupir de soulagement qui se changea en gémissement étouffé lorsque l’extrémité de mon gland atteignit l’orée de sa gorge et que je sentis les prémisses d’une résistance autour de mon gland.

La voir avaler mon sexe avec délectation, c’était une chose, mais la diriger le long de ma verge, haletante, à ma merci, une autre complètement. Sa langue avide me chatouillait délicatement tendit que ses lèvres ourlées se serrait juste ce qu’il fallait à mi-chemin de ma verge. Dans son regard, aucune appréhension, uniquement de l’envie. La jauge rose avait bondi à 65%.

Incapable de résister à mes pulsions perverses, je basculai encore plus mon bassin pour pousser mon sexe par delà la barrière de sa gorge. De mes poings serrés dans ses tresses, je l’empêchai de reculer. La pression contre mon gland s’intensifia. La belle brune hoqueta. Ma verge s’enfonça un peu plus, accompagnée par un souffle paniqué contre mon pubis. Les hoquetements s’intensifièrent. En une fraction de seconde, le regard de Marie passa du désir à la panique. Elle tira la tête en arrière, plaqua ses mains contre mes cuisses. Poussa de toutes ses forces pour s’arracher à ma poigne.

En panique, je lâchai prise. Elle manqua de basculer en arrière, retenue seulement par le battant de la porte dans son dos. Une main devant sa bouche, elle toussa. Un léger filet de bave s’écoulait sur son menton.

— Merde ! jura-t-elle entre deux respirations saccadées. J’y arrive pas. Je ne peux pas.

Chiotte. Le pouvoir de suggestion ne permettait pas d’outrepasser les limites physiques. Même convaincue de ses capacités à me faire une gorge profonde, si le corps ne suivait pas, le mental n’y pouvait rien. Il n’y avait bien que dans les scénarios de films porno qu’un tel acte se réussissait au premier coup.

Presque pour se faire pardonner, Marie me reprit doucement dans sa bouche et m’avala à petits coup de gorge qui la cabrèrent de la nuque aux reins.

« 3mn 40s ». Sa jauge gisait à 60%. Autant dire que la situation sentait sous les bras. C’est alors que mes yeux glissèrent sur la robe en tas au sol, et les propos de Mélissa me revinrent à l’esprit « … à moins que tu préfères que je vienne mater ».

Mais oui ! La solution était si évidente que je l’avais ratée. Je repoussai Marie par les épaules et lui prit la main pour l’aider à se relever.

— Tu n’aimes plus ce que je te fais, dit-elle déçue.

— Bien sur que si, mais… tu vas voir, fais-moi confiance.

Je poussai la porte de la chambre de Mélanie. Marie sur mes talons, je ne pris même pas le temps de détailler la petite pièce aussi surchargée que le bar du rez-de-chaussée. Je n’avais d’yeux que pour la large fenêtre qui l’inondait de la grisaille extérieure. Je l’ouvris en grand. Un souffle d’air frais me saisit, accompagné du brouhaha des passants et du vrombissement des voitures en contrebas. Les yeux fenêtrés d’un immeuble en brique nous toisaient de l’autre côté de la rue.

Je déglutis. Autant être entendu ne me dérangeait pas, autant être vu m’angoissait. Mais le chrono ne patientait pas après mes états d’âme. Je saisi Marie par les épaules et la poussait de nouveau à mes pieds. Lorsqu’elle comprit ce que je comptais faire, c’est avec un gémissement de contentement qu’elle avala mon sexe. La jauge « Exhibe » affichait 78% en vert foncé, et sa jauge de plaisir atteignit aussitôt 70%.

— Je suis sûr que tous les voisins peuvent voir à quel point tu es magnifique, dis-je, la bride serrée sur mes envies de vulgarité.

Sans que je ne le lui demande, la belle brune se plaça de biais, une main caressant sa petite poitrine, les cuisses écartées pour offrir à la vue des fenêtres en surplomb la fente humide de son sexe. Risquée d’être vue lui plaisait, car elle se masturbait avec ardeur renouvelée. J’admirai sa dextérité. Du pouce, elle taquinait son clitoris, et de l’index et du majeur, pénétrait profondément son vagin. Bon sang. Elle assurait carrément le show. « Lecture de pensée. »

« Ils doivent tous être en train de se toucher ces pervers à voir à quel point j’avale bien sa queue. »

Oh purée, que c’était sexy.

Je ne sais pas si ma parano me jouait des tours, mais je crus apercevoir du mouvement derrière un rideau en face, et je me demandai si les badauds sur le trottoir en contrebas pouvaient nous voir s’ils levaient les yeux. Ce stress avait au moins l’avantage de me permettre de mieux contrôler mon excitation. Et j’en avais besoin, car Marie redoublait d’effort, son regard alternant entre mon visage, et les fenêtres.

Je saisis à nouveau ses tresses et, en faisant attention – à regret – à ne pas aller trop profond, je pistonnais les lèvres gourmandes en un rythme de plus en plus effréné. 55%, 65%, 75%, 80%

« 2mn 05s ».

Avec l’énergie de l’excitation, je déliai mes gestes. Je ressortais mon gland aux limites de sa bouche, étirant ses lèvres poissées d’humidité avant de replonger d’un coup sec. Ses halètements se faisaient de plus en plus puissants. 85%. 90%

Presque !

Les phalanges plongées profondément dans la fente de son sexe, ses mouvements se firent plus spasmodiques. Elle n’avait d’yeux que pour moi, soumise au rythme que je lui imposai. 93%, 94%.

Son bassin ondulait en rythme pour amplifier l’effet de ses caresses. 95%, 96%.

Son corps entier commença à se tendre. 97%. 98%.

D’un coup sec, je lâchais ma poigne sur ses tresses pour lui saisir les mains. Je les écartais brutalement de sa vulve. Avant qu’elle n’ait le temps de me lancer un regard étonné, je me plantai dans sa bouche et y explosai, inondant sa gorge de mon sperme. Je sentis mon sexe pulser longuement, lâchant filament après filament de ma semence en elle. Elle avala tout, déglutissant bruyamment, caressant mon sexe de sa langue dans la manœuvre. Le plaisir fût si brutal que je m’arquais, tête en arrière dans une longue inspiration presque douloureuse.

98%… 95%…80%. Sa jauge de frustration clignota violemment à 100% ! Yes, j’avais réussi à l’arrêter pile à la limite pour un maximum d’effet ! Le risque valait le coup.

« 1mn 15s ».

Si le temps ne pressait pas à ce point, je me serais affalé contre elle pour reprendre mon souffle. À la place je me retirai. Après avoir toussé et essuyé un restant de mon sperme écoulé de ses lèvres du plat de la main, elle me lança un regard à fendre de l’acier.

— Si tu tiens à la vie, tu n’as vraiment pas intérêt à me laisser comme ça.

— Je n’oserais pas, dis-je. Mais tu vas devoir patienter un peu. J’ai quelque chose de très spécial prévu pour toi. Crois-moi, tu ne le regretteras pas.

< Il l’air sincère, et je suis sur qu’il me réserve le meilleur orgasme de ma vie. >

Ses lèvres se pincèrent et je crus que ma suggestion ne fonctionnait pas. Mais comme l’avait dit Mélanie, l’excitation a le don de rendre très malléable, et Marie était très très excitée maintenant.

— Oh, dit-elle, presque en ronronnant. Quel genre de chose ?

Je récupérai la robe qu’elle avait laissé tomber sur le palier.

— Comme c’est une surprise, susurrai-je à son oreille. Je vais te demander de patienter, et pour que tu ne triches pas…

Je nouai sa robe en un masque improvisé autour de sa tête. Je notai avec délice le frémissement qui la parcourut et qui fit danser sa petite poitrine aux tétons plus que jamais tendus de désir. Je la poussai sur le lit double drapé d’une couette noire, pièce maîtresse de la minuscule chambre. Elle y serait plus à l’aise pour m’attendre. Je me remémorais alors un détail, et une idée me vint.

J’extirpai ma ceinture de mon jean et la fit claquer entre mes mains avant de saisir les poignets de la belle Marie allongée sur le lit. Elle dû comprend mon intention puisque la jauge « Bondage » me gratifia d’un clignotement vert.

J’improvisai un nœud qui lui maintenait les bras dans le dos. Ainsi, elle ne risquait pas de régler ses petits soucis de frustration par elle même. J’espérai cependant que la fin du pouvoir d’inversion ne la ferait pas paniquer, comme cela avait été le cas pour Amélie. Avec un peu de chance, le fait que je l’ai séduite avant de me servir de cette capacité atténuerait le choc. De toute façon, je ne pouvais pas vraiment m’inquiéter de ça maintenant.

« Mission – Pause »

Je me précipitais dans les escaliers. Le premier pion de mon jeu d’échecs du cul en place, au tour du second !

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Du grain de sel au grain de sable
                  
01 – La plage.
Il y a tellement longtemps que je n'ai pas pêché dans cette petite anse du massif de l'Estérel.
Pour être perdue, cette petite plage, elle est perdue, discrète et difficile d'accès.
Ce n'est pas la plage propre qu'on aménage pour les touristes. Elle est encombrée de bois flottés, de vieilles tongs dépareillées, de bouteilles en plastique, de débris de filets de pêche, d'algues qui fermentent en se décomposant dans une odeur de pourri salé, en bref, un vrai désastre écologique.
Je suis là, dans ce petit vent froid et salé, sur une langue de rochers, au cœur des bruits répétitifs des petites vagues qui viennent mourir sur le sable ou s'écraser sur les rochers. Il y a aussi le son incongru de l'air poussé et compressé par la mer dans une petite grotte sous-marine qui souffle un râle surnaturel.
Je suis seul devant l'immensité de la mer et du ciel, une canne palangrotte à la main qui s'immerge dans un trou d'une dizaine de mètres sous les rochers. Mes sens sont aux aguets en attente d'une touche, prêts à réagir immédiatement pour ferrer.
Cela ne pite pas beaucoup, comme on dit ici, il n'y a pas de touche franche.
Je surveille de temps en temps l'accès à la plage, j'ai un rendez-vous avec un gros poisson de la pègre. Il veut me consulter pour avoir mon avis, et sûrement me proposer un coup.
J'ai toujours travaillé seul, discrètement, je ne sais pas comment ni pourquoi, il a besoin de moi.
Je n'ai fait que deux gros coups dans ma vie, ce qui me permet de vivre tranquillement, discrètement, sans flamber, je travaille de temps en temps, en tant qu'artisan électricien pour donner le change et être couvert socialement. Je choisis des chantiers faciles parce que je commence à devenir vieux.
Ah, une touche ! Je ferre. Je sens au bout de la ligne le poids d'un poisson qui se défend, il a l'air beau et lourd. C'est un beau sar qui sort de l'eau. Je tourne la tête, un homme descend vers la plage, avec une canne et un seau à la main. C'est peut-être mon rendez-vous qui arrive.
Il me regarde, porte son index droit sur la bouche en signe de silence. Il s'installe à l'opposé de l'endroit où je suis. Il sort un petit carnet vert et écrit quelque chose dessus. Il se déshabille, se met en slip de bain, puis met ses vêtements en boule. Il vient vers moi après avoir déchiré une feuille du carnet vert. Il refait le signe de silence et me tend le papier. Il retourne à sa place, déplie sa canne à pêche, accroche son bas de ligne et appâte l'hameçon. Je suis interloqué. Je finis par lire son mot. « Mettez-vous en slip, je suis sous écoute, faite comme si vous l'étiez aussi. Rendez-vous loin des portables contre la falaise. Merci »
Il fait froid, je vais attraper la crève avec ses conneries. Il doit se cailler aussi. Je me presse de me déshabiller et de filer au lieu-dit.
Dans quelle merde, je me mets ?
C'est un violent ce type, il faut s'en méfier, obéir et respecter ce monsieur, j’y suis obligé.
Je vais essayer de refuser poliment ses propositions.
Il me rejoint sans sourire après avoir fouillé dans son seau. C'est un petit homme maigrelet et chauve. Il doit être très intelligent et violent pour être un chef de la pègre. Il doit avoir des appuis pour savoir qu'il est sur écoute.

— bonjour Astri,
— bonjour Monsieur.
— appelle-moi Eugène, faisons vite, je me pèle.
— oui Eugène.
— je vais monter un coup, j'ai besoin d'un bon électricien pour le préparer et agir. Plus qu'un électricien, un électronicien et un bricoleur de génie. Tu ne risques rien dans ce coup, si tu ne laisses pas de trace. Tu n'es jamais tombé, tu n'es pas répertorié pour sur ADN, ni sur tes empreintes. C'est ta force, et notre force.
Tu auras les plans et instructions dans une boîte aux lettres. Tiens voilà la clef, l'adresse est sur l'étiquette.
— je touche combien ?
Si ça réussit, tu auras un demi-million d'euros, sinon rien.
— pourquoi m'avoir choisi ? Comment savez-vous que j'ai fait un coup ?
— c'est mon secret, et tu as fait deux coups. Tu vois, tu ne me balades pas, je suis bien renseigné.
— je veux bien étudier la faisabilité. Je donnerais ma réponse après. Ne me dites pas où ça se passe. Je ne veux rien savoir.
— c'était prévu. On communiquera que par courrier, à l'ancienne, une enveloppe, un timbre, l'adresse du nom écrit sur la boîte aux lettres. Ce sera toujours la même boîte aux lettres.
— ok, Eugène.
—le courrier doit se relever le lundi à 5 heures du matin. Les flics dorment ou sont repérables à cette heure. J'ai confiance, tu n'es jamais tombé parce que tu es prudent, discret, très méfiant. Et ça me plaît.
—combien de gens seront au courant de mon existence.
—personne, si on se débrouille bien, il n'y aura que moi. Ce sera mon dernier coup.
—ok, Eugène. Le demi-million sera payé comment ?

Eugène me regarde, se met à ricaner, me tape sur l'épaule.
—l'argent est déjà dans un paradis fiscal. Tu auras un compte informatique et tu auras des bitcoins. Tu les vendras pour les transférer sur un compte à toi.
C'est là que tu peux te faire coincer. À toi de bien jouer.
Bon, je te laisse, j'attrape la crève à poil. Ciao Astri. Ne perds pas la clef, passe lundi à la boîte aux lettres à 5 heures. Soit rigoureux, et pas de téléphone pour aller à la boîte.
—ciao Eugène, merci. Je te tiens au courant. Je jouerai serré.

Eugène va se rhabiller et continue sa pêche. Je fais de même de mon côté en rangeant bien la clef de la boîte aux lettres. Je me repasse la conversation, pour ne pas oublier un détail.
Il ne s'appelle pas Eugène cet animal, je ne dois même pas penser à son vrai nom, pour ne jamais me couper plus tard, on ne sait jamais. Il faut que je me renseigne pour ces bitcoins, j'y comprends rien à ce truc, j'ai lu quelque part, que la pègre s'en servait pour blanchir de l'argent ou pour transférer des fonds sans trace.

Bien, je vais laisser venir, et savoir ce qu'il veut que je bricole en électricité. Que puis-je faire de miraculeux en électricité, en électronique ou en bricolage ? Pas aller au compteur et le couper bêtement pour un demi-million d'euros. Non, il y a un truc. C'est quoi l'embrouille ?.
Tient, ça pite, hop ! Une girelle sort de l'eau. Dommage, il fait trop froid, il n'y a pas de daurade au bord. C'est une jouissance à pêcher cette bête, quand on la ramène, il semble au pêcheur, qu'il remonte un fer à repasser.
Je ne pêche pas souvent, alors que c'est bien sympa. Dommage que cette plage soit si sale, et ce souffle de cette grotte finit par lasser et irriter. J'en ai marre, je vais rentrer, je n'ai même pas acheté à manger pour pique-niquer ici.
Mais avant je vais tester ma nouvelle trouvaille, mon invention. Je prends mon téléphone, je compose un numéro, j'attends de passer sur la messagerie, et je raccroche. Normalement dans les cinq minutes, un autre téléphone va me rappeler, me dire des phrases enregistrées, je vais répondre et dire tout haut que j'arrive de suite.
ÇA devrait bien marcher, je teste ce mécanisme depuis une semaine.
Je laisse mon téléphone sur la boîte de pêche, je relance ma ligne. Il suffit d'attendre 5 minutes et je pourrais partir avec une excuse valable.
Voilà ça sonne, c'est bien le numéro de mon téléphone robot. Je parle fort pour que monsieur Eugène entende. Je raccroche et je range ma canne et je m'en vais, sans un regard au soit-disant Eugène.
C'est beau le massif de l'Estérel, en couleur chaude, en végétation, en odeurs, en silence. C'est sauvage, grandiose, beau comme un premier matin du monde.
Je roule doucement pour rentrer chez moi, j'ai faim, mais je prends mon temps pour réfléchir. Je n'ai pas pu dire non, quand il m'a parlé du demi-million d'euro. Ma cupidité a été la plus forte.
Devenir demi-millionnaire en Euro, je n'y avais jamais pensé. J'étais multimillionnaire en francs. Mais, depuis les euros, j'ai perdu le titre de millionnaire. Bon, on va voir et peser la faisabilité de ce coup, ne nous emballons pas.
Trouver une affaire, c'est toujours un coup de chance, ou de hasard. Là, ça me tombe du ciel sans raison. Comment a-t-il su pour mes anciens coups ?
Je ne vois qu'une fuite de la banque, j'ai toujours travaillé en solitaire, la seule faiblesse, c'est de blanchir l'argent pour le remettre dans le circuit légal. C'est incompréhensible qu'il soit au courant.
Je vais rentrer, cuire et déguster mon sar. Il y a longtemps que je n'en ai pas mangé. Celui-là, je sais d'où il sort. Même s'il n'y aura pas grand-chose à manger, le plaisir de la pêche doit finir devant une assiette pour la récompense.
Dans un plat allant au four, un peu d'huile d'olive et des tranches fines de tomates au fond, on met dessus le sar vidé truffé de basilic, on décore de tranches de citron, on verse un grand verre de vin blanc au fond du plat. On arrose le poisson d'un filet d'huile d'olive et hop ! 25 à 30 minutes à four chaud.
Je n'ai pas de vin blanc, ni de belles tomates, ni de citrons non traités. Il faut que je m'arrête en route.
La girelle sera pour le chat.
Mais à quelle heure ça va me faire manger tout ça ?

Au fait, lundi, c'est dans cinq jours, cinq jours de vacances avant les emmerdes. Profite de ces cinq jours Astri… Profite !
Je n'ai aucune idée de ce qui m'attend, ma cupidité va me mettre dans de sales draps, mais un demi-million d'euros cela ne se refuse pas.
Jamais deux coups sans trois, l'adage se vérifie.
Putain, ça me rajeunit, et ça me donne un coup de jeune cette affaire.
 
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