Niveau 7 - Escape Game

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Ma situation sentait des pieds, du genre à avoir mariné dans des chaussettes trop épaisses pendant un marathon dans des égouts. La beauté tatouée, et ses évidentes envies de meurtre, me barrait l’accès à l’unique porte de sortie.

— On avait un marché, tentai-je. Indique-moi juste la photo de la femme dont tu m’as parlé, celle qui a l’air de connaitre le clodo, et je te promets que tu ne me verras plus jamais.

Je m’agrippai à son smartphone comme à une branche au bord d’un gouffre empli de lave. La soudaine nécessité d’être en impro totale me terrifiait. Il ne m’avait vraiment pas fallu beaucoup de temps pour reposer presque entièrement sur l’Interface. Son absence - ou plutôt son inutilité puisque les 3 réponses négatives qu’elle me proposait continuaient de me narguer - laissait un vide immense.

— Oh, vraiment ? dit-elle, un rictus sur le visage. Pour que tu ailles raconter à tout le monde ce qui vient de se passer ? Le marché tu peux te le foutre dans. (Elle marqua une pause et plissa les yeux de colère.) Rien à foutre de ce marché. J’étais pas dans mon état normal. J’aurais jamais accepté un deal pareil autrement.

— Je te promets que je ne raconterais rien de tout ça à personne, plaidai-je en reculant lentement, les bras levés devant moi comme pour apaiser une meute de vélociraptors. De toute façon, à qui je pourrais bien en parler ? Je connais même pas ton nom, ni qui tu fréquentes.

— Putain mais c’est encore pire, cracha la belle tatouée. Tu me connais pas. Je te connais pas. T’es pas du tout mon putain de type, et surtout je suis pas le genre de salope à filer son cul au premier venu comme ça. Qu’est-ce que tu m’as fait bordel ?

Je reculai toujours, lentement, direction le bureau en inox calé au fond de la pièce. Remise de ses émotions, mais probablement encore groggy par la puissante vague de plaisir qu’elle venait de connaitre, la jeune femme chancelait vers moi, ses yeux réduits à deux fentes. Passé le choc, elle ne se souciait plus de dissimuler son imposante poitrine à ma vue, mais j’étais bien trop terrifié pour admirer son physique à couper le souffle. Surtout que j’aurais besoin de tout mon oxygène si je devais courageusement appeler à l’aide !

Mon talon percuta quelque chose de dur et je me tétanisai. Faites que ce soit ce que je crois, faites que ce soit ce que je crois. La beauté assassine n’était plus qu’à un pas de ma face. Impossible de vérifier avec elle si près. Il me fallait une seconde d’inattention, rien de plus.

— C’est moi, Vladimir, tentai-je. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé, mais je te jure que c’est la vérité.

Elle se figea et m’observa, les yeux écarquillés, et la mâchoire légèrement tombante. On était deux à se demander ce que j’avais bien pu fumer pour raconter des énormités pareilles. L’absurdité de mes propos avait au moins le mérite de la prendre à contre-pied.

— Le miroir, dans ton sac, continuai-je en indiquant la sacoche au sol dans son dos. Si tu regardes mon reflet, tu verras que je dis la vérité.

N’importe quoi ! Mais secouée par l’étrangeté des évènements, la belle tatouée hésita un instant et se tourna vers sa sacoche avec l’air de se demander si tout cela était du lard ou du cochon.

Pas besoin de plus.

Je plongeai au sol. Ma main caressa les contours d’un petit objet rectangulaire que je brandis aussitôt vers mon agresseuse. J’étouffai un soupir soulagé lorsque je constatai qu’il s’agissait bien du taser qu’elle avait laissé tomber pendant son orgasme, et pas je ne sais quelle brosse à récurer.

— N’approche pas ou… ou je te tase… s’il te plait.

Whoâ, magnifique numéro de gros dur. En même temps, vu ma carrure, passer pour un caïd crédible, c’était un peu comme Moise voulant ouvrir en deux la mer rouge dans un monde ou le seul vrai dieu est Ra : impossible !

— Enfoiré de fils de pute syphilitique de merde…

Mon cerveau censura la suite de la litanie d’horreur qui se déversait de la jeune femme. Probablement pour protéger ma santé mentale. Qu’une personne aussi jolie contienne des insanités aussi atroces offensait l’univers. Enfin, au moins pendant ce temps-là, elle ne faisait plus mine de m’approcher.

Les mains tendues devant moi, l’une tenant son téléphone, l’autre le taser, je fis un pas en avant. Elle recula aussitôt. La sadique n’était pas maso.

— Indique-moi la photo et on oublie tout.

— Plutôt crever enculé de…

Nouvelle censure mentale. J’aurai tenté.

— Dans ce cas bouge, ordonnai je.

Je balayai l’espace devant moi et activai le taser qui crépita violemment, projetant sa lumière bleutée dans toute la pièce. Instinctivement, la jeune femme percuta l’étagère dans son dos, les bras levés sur son visage. Je n’hésitais qu’une seconde et je bondis jusqu’à la porte que j’ouvris en grand.

Sans un regard en arrière, je courrai à en battre des records – de courses d’éclopé, certes, mais ça compte quand même. Oubliée ma fatigue, oublié le poing de côté qui lancinait après quelques mètres seulement. Oublié mon souffle qui me brûlait la gorge et les plaintes des quelques badauds dont je percutai les épaules. Seule comptait la distance que je mettais entre elle et moi.

Après je ne sais combien de détours et de couloirs, je me retournai. Personne. Je poussai un long soupir et m’arrêtai, les mains sur les genoux, pour reprendre ma respiration. D’instinct je m’étais retrouvé aux pieds des escaliers menant à la sortie de la station, non loin du squat du clodo magique.

Mon cœur rata un battement, et, je me plaquai à toute vitesse contre une des parois carrelée du couloir. Aussi prudemment que si je caressais la tête d’un serpent avec mon zgueg, je lançais un coup d’œil à l’angle du mur.

Deux personnes fouillaient les cartons du SDF, comme moi il y a peu. En soit, rien de dramatique, sauf qu’ils me laissaient une sale impression au fond du bide. Quelque chose clochait sévèrement. Déjà, que faisait ce « couple » sapé, l’un en costume trois pièce sur-mesure et qui semblaient couter plus que douze fois mon livret A, l’autre en tailleur strict non moins onéreux, les deux pieds dans des détritus ? Ensuite, pourquoi l’homme, un grand brun, portait une casquette de rapper ridicule vissé sur son crâne ? Et pourquoi la femme, une blonde non moins verticalement avantagée et aux airs de reine de glace, avait au poignet une montre en forme de gros cœur rose que même Barbie trouverait too-much ? D’ailleurs, en parlant de cœur, ni l’un ni l’autre ne se baladaient avec la désormais familière icône au-dessus de la tête. Pourtant, l’Interface fonctionnait encore puisque ce bug n’affectait pas le reste des passants.

Qu’est ce que c’était encore que ce truc ?

Lorsque le brun fit mine de se retourner dans ma direction, je regagnai ma planque, le souffle court et le cœur cognant violemment contre ma cage thoracique. Du calme, c’était rien qu’un couple chelou avec une passion pour les poubelles. Mais dans ce cas pourquoi l’interface ne marchait pas sur eux ? Et pourquoi fouillaient-ils le squat du clodo ? Ça ne pouvait pas être un simple hasard. Peut-être qu’il pouvaient m’expliquer ce qui m’arrivait ? Mais une peur tenace dans le creux de mon estomac m’empêcha d’aller leur poser la question.

Je lançais un nouveau coup d’œil à l’angle du mur. Les deux inconnus avaient décampé. Une vague de soulagement inattendue me submergea. Punaise, avec ces ascenseurs émotionnels, mon cœur allait finir par lâcher.

Je m’assurai de la disparition des deux cheloux puis, en faisant bien attention de ne pas être suivi par la tatouée, j’émergeai de la bouche de Métro. Après toutes ces angoisses, l’air vicié de la ville me parut aussi rafraichissant qu’une virée à la campagne. J’en aspirai de grandes goulées.

Quelque peu rasséréné, je trottinai en direction des bars au bout de la rue, ceux mentionnés par la tatouée. J’en choisis un au pif. Une odeur de café froid flottait dans le petit établissement tellement sur-meublé que s’y déplacer donnait l’impression de s’y faufiler. Je me vautrai sur une chaise face à la porte pour éviter toute surprise, et relâchai un peu de la tension qui me tenaillai. Pour la première fois depuis le début de cette journée, j’avais l’impression de prendre les choses en mains, et pas simplement me laisser porter par les évènements, ce qui apaisait un peu mes nerfs à vif.

Je remarquais alors que mes doigts se crispaient encore autour du taser. Histoire de ne pas faire flipper les autres pochtrons, je le rangeais dans la poche vide de mon pantalon.

Vide ?

Je tâtais frénétiquement mon jean de tout côté à la recherche de la familière bosse – pas celle-là bande de pervers – sans succès. Et merde de crotte d’étron ! J’avais paumé mon portefeuille. Je déglutis une bile amère.

Pas paumé, volé.

Je n’y avais pas prêté attention sur le moment, mais lorsque j’avais fouillé dans le sac de la jolie tatouée, j’en avais extirpé un portefeuille. Mon portefeuille. Elle me l’avait probablement subtilisé pendant qu’elle m’étranglait, et je n’avais rien remarqué.

Un frisson me saisit les reins. Cela voulait dire que cette dangereuse connaissait désormais mon identité, et très certainement mon adresse. De quoi grandement faciliter sa vendetta. Bon sang ! Mes origines poissardes parvenaient à pourrir même le pain bénit qu’était l’Interface.

Je m’assurai de ne pas également avoir paumé mon téléphone. Ouf, il occupait toujours la poche arrière de mon pantalon. Je le sortis. Trois messages m’attendaient, et même pas des pubs. Jour de fête pour mon âme d’asocial.

Le premier provenait de ma meilleure amie et m’expliquait en substance que, comme je l’avais anticipé, elle et son copain Derreck – foutu Derreck – s’étaient réconciliés, probablement à coup de langue au fond de la glotte. Un pincement de jalousie m’étreignit, mais je le chassai. Si elle était heureuse, tant mieux. Le second message provenait d’un numéro inconnu :

« Hey, c’est Sandra. Faut absolument qu’on parle. J’ai vu que tu avais pris ta journée, mais c’est vraiment urgent, tu reviens quand ? »

Mince. Je répondais « Je suis un peu occupé pour l’instant. Qu’est ce qu’il se passe ? ». Même si je me doutai du problème, je ne pouvais que temporiser, j’avais beaucoup trop de trucs sur le feu dans l’immédiat. Le dernier message provenait lui aussi d’un numéro inconnu.

« J’ai eu vent de certaines rumeurs qui me déplaisent fortement. Tu as des explications à me fournir si tu veux que notre petit arrangement tienne - Natacha Kirichenko. »

Oh mais c’est pas vrai !

Je me saisit la tête à deux mains et plaquait mon front contre la surface froide de la table en tek, soudain prit d’une furieuse envie de me rouler en boule et dormir dix ans. Minimum ! L’Interface m’avait permis de coucher - plus ou moins - avec trois femmes toutes plus magnifiques les unes que les autres, mais cela m’avait à chaque fois couté une merde supplémentaire à empiler sur la précédente, comme un magnifique jeu de Jenga aux étrons. Ajoutez à ça la mystérieuse transmission, les deux inconnus qui enquêtaient comme moi sur le clodo, le fait que j’étais moins informé qu’un anti-vaccer analphabète, et le tableau de ma situation ressemblait plus à une croute qu’à un chef-d’œuvre.

Merde. Un peu de nerf mon gars. Comme disait Shun-Tzû, un grand pouvoir implique de grandes emmerdes, enfin, je crois.

Je saisis le téléphone de la tatouée. Si je fouillais dans ses photos, je trouverais peut-être dans quels bars elle avait trainé et, avec de la chance, je repérerais la femme dont elle m’avait parlé et qui semblait connaitre le clodo magicien. Elle avait mentionné qu’elle avait un style un peu goth. Ça ne devrait pas être si dur à repérer.

Je ne sais pas ce que j’avais fait pour offenser le dieu de la simplicité, mais le smartphone de la jolie tatouée était verrouillé par un code. Bien sur ! Invoquant l’intégralité de mes compétences de pirate, je pianotai : 1234.

Échec. « Essais restant 2/3 »

Merde. Si j’avais eu un clavier, j’aurais pu appuyer sur les touches à toute vitesse, ça avait l’air de fonctionner dans les films de hacker. À la place je tentai : 1111.

« Essais restant 1/3 »

Plus qu’une tentative avant de voir s’envoler mon unique piste. La photo de la tatouée sur l’écran en train de tirer la langue semblait se moquer de moi. C’est alors que je remarquais le signe qu’elle faisait avec ses doigts. Par le pouvoir des clichés : 6666.

Le téléphone se déverrouilla. Je chantonnais mentalement la musique de victoire de Final Fantasy pour fêter ça comme le bon gros geek que j’étais.

Dans un accès de curiosité, je survolai rapidement sa messagerie. La jolie tatouée se prénommait Amandine. Je ne sais pas pourquoi, mais cette information m’étonna. Je l’avais imaginé porter un nom comme Furiosa, Valkyrie ou encore Ripley. Mais peu importe. D’un doigt tremblant, je pressai l’icône « galerie ». Un flot d’images se déversa sur l’écran. J’appuyais sur la première et commençai à les parcourir une à une.

La plupart n’avaient pas grand intérêt. Ici des selfies à moitié flous, là des restes d’un petit déjeuner ou d’un groupe de filles. Il y avait toute une série prise dans la pénombre d’une boite de nuit enfumée, une autre d’une soirée entre amis dans je ne sais quel appartement. Rien qui ressemblait de près ou de loin à un bar. J’insistai pourtant et, après quelques secondes de recherches supplémentaires, je déglutis nerveusement et relevai la tête pour vérifier que personne ne regardait dans ma direction. Les dix pelés du bar s’intéressaient plus au fond de leur verre qu’à moi. Tant mieux. Malgré tout, je pris soin d’orienter le téléphone vers mon torse pour m’assurer que personne ne surprenne ce que je fabriquai en descendant l’allée centrale.

Au fond de moi, je le savais, ce que je m’apprêtais à faire puait grave des aisselles éthiquement parlant, mais ça ne faisait qu’ajouter à mon excitation.

Sur la photo, Amandine se tenait assise au bord d’un lit, entièrement nue. Elle avait posé ses pieds sur le montant et ouvrait grand les cuisses. D’une main elle jouait avec le piercing d’un des tétons de son opulente poitrine, lui imprimant une forte torsion, son autre main, les doigts en V, écartait les lèvres touffues de sa vulve, ne laissant strictement rien de son appétissant sexe à l’imagination. L’amateurisme cru de la photo, couplée à la pose des plus indécentes, rendait l’ensemble profondément érotique. Le goût d’interdit épiçait encore plus la chose.

La suite la montrait de dos, à califourchon, en train d’abaisser ses fesses pour s’empaler sur le sexe du photographe hors champ, de plus en plus profondément d’une image à l’autre. Elle avait un postérieur aussi magnifique que ses seins, surtout cambré comme ça sur la verge qui fendait les replis de son vagin. Une photo montrait même l’auteur des images crochant une de ses fesses pour en révéler complètement le délicat anus qui m’avait fait découvrir les plaisirs d’une pratique qui me faisait flipper. Son bras musclé s’ornait d’un long tatouage de serpent qui s’enroulait du dessus de sa main jusqu’au pli de son coude. Sur une autre, Amandine, les bras en arrière, griffait jusqu’au sang le torse de son amant. Cette pratique semblait tout à la fois terrifiante et excitante, en particulier avec une beauté pareille enfoncée sur soit en même temps. J’en frissonnai d’envie avant de soupirer. Vu les termes dans lesquels nous venions de nous quitter, Interface ou pas, ça ne risquait pas d’arriver.

— Qu’est-ce que vous prendrez ? me demanda un serveur avec un air blasé proche de la constipation.

Complètement obnubilé par ma séance diapo cochonne, je sursautai et manquait de lâcher le téléphone.

— Deux paires de cafés, s’il vous plait, bafouillai-je.

Le type m’observa avec les yeux ronds, haussa les épaules et passa à la table suivante. Il fallait vraiment, vraiment, vraiment, que j’arrête de penser avec ma bite bon sang.

Assez perdu de temps. Je passai rapidement sur la collection de photos souvenirs sexy, qui s’achevait sur une superbe image de la belle Amandine allongée sur le dos, du sperme étalé sur son ventre qui me fit énormément d’effet !

MAIS LAISSE-MOI TRANQUILLE LIBIDO à la fin !

Je ne sais pas si l’Interface m’influençai à ce niveau, mais je ne me souvenais pas avoir une énergie sexuelle aussi inextinguible. En même temps, je n’avais pas franchement l’habitude de côtoyer autant de tentations irrésistibles.

Cette petite séance d’espionnage de l’intimité d’Amélie me faisait presque reconsidérer l’idée d’acquérir la capacité « voyeurisme ». D’ailleurs, maintenant que j’y pensai, j’appelai « Tu peux me montrer la liste des compétences, s’il te plait merci ».

« Voyeurisme – Niveau 1 – Débloquer : 100 Xp »

« Lecture pensées – Niveau 2 – Débloquer : 400 Xp »

« Inversion – Niveau 2 – Débloquer : 500 Xp »

« Suggestion – Niveau 1 – Débloquer : 300 Xp »

« [Compétence inaccessible] – Niveau 1 – Débloquer : 500 Xp »

« [Compétence inaccessible] – Niveau 1 – Débloquer : 1000 Xp »

Avec mes 300Xp je pouvais débloquer une nouvelle compétence au nom qui me plaisait d’avance. « Description Suggestion. », demandai-je.

« Suggestion – Niveau 1 : Cette compétence permet d’implanter une pensée dans la tête du sujet cible qu’il prendra pour la sienne. Cette compétence n’est pas une injonction, et le sujet peu accepter ou refuser d’agir suivant cette pensée. Durée de la suggestion maximum : 5s. Temps de recharge par cible : 1 minute. »

Oh, intéressant. Les limitations de cette capacité m’apparaissaient un peu vagues, mais ça mériterait quelques essais à l’occasion, pour m’en assurer.

Je chassais le menu des compétences d’une pensée. Rien de tout ça ne me permettrait de trouver des réponses. Je devais rester concentré.

Je repris mon examen du téléphone d’Amandine. Après une série d’images bien moins vivifiantes pour ma circulation sanguine, je m’apprêtai à croire que toute ma misérable enquête n’était qu’une vaste blague et que je ne trouverai rien de plus intéressant que du matériel de masturbation. C’est alors que je tombai sur plusieurs selfies. Pris de nuit, ils montraient Amandine et un groupe d’amis attablés à la terrasse d’un bar. Le bar dans lequel j’étais entré par le plus grand des hasards ! Après toutes mes mérdouilles, le destin avait décidé de m’aider à nouveau.

Je parcourrai la dizaine d’images festives, toutes plus similaires les unes que les autres, avant de trouver ce que je cherchai. À l’arrière-plan d’une des photos se tenait une jeune femme habillée d’une élégante robe noire et de longs gants tout aussi sombres. Installée derrière le zinc, elle agitait un shaker devant plusieurs clients accoudés.

Je me levai comme si un chalumeau venait de s’allumer sous mon siège et m’avançait vers le bar. Yep, c’était bien pile le même que la photo. Seule différence, mais de taille, la gothique avait été remplacée par un vieux monsieur dont le crane semblait avoir poussé plus vite que les cheveux. Le cœur qui flottait au-dessus de lui était aussi vide que ceux du reste de la clientèle.

— Vos cafés sont en train d’être préparés, monsieur, dit-il d’une voix pâteuse.

— La barmaid, sur la photo, dis-je en lui collant le téléphone sous le nez. Vous savez ou je peux la trouver ?

L’homme extirpa une paire de lunettes de la poche de sa chemise, les chaussa et plissa les yeux. Il se tourna vers la porte derrière lui.

— Mélissa ! beugla-t-il. Un… (Il marqua une courte pause pour me détailler) client demande à te voir.

Après un moment de flottement, l’intéressée débarqua. Bien qu’habillé de manière plus décontractée, avec un simple jean et un tee-shirt noir à manches longues, je la reconnus aussitôt de la photo. Avec son mascara noir très étudié, ses lèvres fardées de noir également – il y avait comme un thème - elle était on ne peut plus jolie. Mais ce n’était pas cela qui me coupa le souffle.

Aucun cœur ne flottait au-dessus de sa tête !

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