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Le soleil brillait déjà haut quand les deux adolescents entrèrent dans la gare. Une voix féminine les accueillit dans le hall.

Le tableau d’affichage indiquait les nombreux convois en partance tandis qu’un encadré orange annonçait une grève le lundi suivant. Kaylee compara l’heure de son téléphone à celle du panneau. Le rendez-vous était prévu dans moins de vingt minutes.

Elle jeta un coup d’œil circulaire, mais personne ne semblait leur prêter attention. L’endroit restait assez fréquenté, surtout en ce samedi matin, et ils eurent quelques difficultés à se frayer un chemin à travers les voyageurs, leurs valises et leurs parasols.

L’adolescent lui indiqua le Starbucks sur sa droite.

— La file n’est pas bien longue, dit-il. Et on a le temps de prendre quelque chose à boire non ?

Kaylee se rendit compte qu’elle mourrait de soif.

— Bonne idée !

Quelques minutes plus tard, ils étaient assis en bas de l’escalier à savourer leurs cafés glacés. Le trajet pour la côte prévu à la voie trois était annoncé avec dix minutes de retard. Ils patientèrent donc encore un moment en bas.

L’excitation courait dans les veines de la jeune fille. Elle avait passé une matinée extraordinaire. Mirco était gentil et semblait l’apprécier. Pour la première fois, elle se réjouissait de se trouver en compagnie de quelqu’un. Jacob allait sans aucun doute leur faire relever d’autres défis fantastiques. Elle n’avait jamais quitté sa petite vie bien rangée et, aujourd’hui, elle participait à une course poursuite dans la ville.

Un chuchotement paniqué interrompit brusquement ses réflexions.

— Regarde… Là…

L’adolescente balaya la foule dense pour chercher ce qui avait alerté son compagnon, et dut prendre sur elle pour ne pas sursauter. Elle les repéra immédiatement, trois hommes d’âge moyen aux longues capes beiges. Ils étaient accompagnés d’une fille plus jeune vêtue de rouge. Les autres passants s’écartaient de leur chemin sans même remarquer leur présence.

Kaylee réprima un frisson. Les mêmes que de tout à l’heure ? s’alarma-t-elle. Ici ? Cela ne pouvait pas arriver par hasard. Ils doivent être venus à cause de Mirco et moi.

— Il est passé onze heures, murmura-t-elle. Et si on montait ?

— Non, on ne bouge pas. Ils ne nous ont peut-être pas remarqués…

Pendant un instant, elle espéra que le garçon ait raison. Puis la blonde croisa son regard. Kaylee la vit avec horreur attirer l’attention de l’un des hommes.

— Trop tard ! s’exclama-t-elle.

Ils grimpèrent l’escalier quatre à quatre pour se retrouver mêlés au monde qui embarquait une fois arrivés sur le quai.

— Où va-t-on maintenant ? s’inquiéta-t-elle tandis qu’ils se glissaient entre les passagers.

Mirco l’entraîna derrière l’escalator qui menait à la passerelle. Personne ne les regarda. Kaylee essaya de se dégager. Elle ne pouvait plus voir ce qui se tramait dans leur dos. Et l’embarquement était quasiment terminé. Dans quelques secondes, ils allaient se retrouver coincés sur un quai vide !

— On ne peut pas rester là !

— Chut ! Je sais ce que je fais…

Des voix étouffées leur parvinrent de quelques mètres plus loin.

Où sont passés ces gamins ? Lys, es-tu certaine qu’ils sont venus par ici ?

Mais oui, Maître, répondit la fille. Ils sont peut-être sortis.

Non, regarde, on voit à plus de cinquante mètres de cet endroit. Ils n’auraient pas pu parcourir cette distance en si peu de temps.

Cette maudite Confrérie m’exaspère ! Toujours à nous filer entre les doigts ! Qu’est-ce qu’ils nous préparent cette fois-ci ?

Calme-toi, Darren ! Ce n’est pas comme ça qu’on retrouvera les enfants. Ils ne sont pas là-haut ni sur les quais, il reste le train. Allez !

J’aimerais vraiment savoir ce qu’il a bien pu leur raconter pour qu’ils nous fuient ainsi…

L’accompagnateur siffla.

Le long bip de fermeture des portes recouvrit la fin de la conversation.

Mirco préféra se dissimuler encore quelques instants. Son amie lui tourna le dos, les yeux rivés sur la silhouette beige dans le wagon qui quittait la gare. L’homme l’aperçut et frappa un coup sur la vitre, contrarié. Kaylee sourit tandis qu’elle regardait la locomotive bleue disparaître dans un virage.

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