Qui ne tente rien...

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*** PDV Jérémie ***

Arthur est tellement prévisible, ça en devient ennuyeux. On était à peine rentrés à son appart', il s'est tiré dans sa chambre et en est ressorti deux minutes plus tard, seulement vêtu de sa chemise Desigual et ... d'un jockstrap ! Je me suis très vite dit qu'il améliorait son temps à chaque fois ... Je n'ai rien contre le style de sous-vêtement, sauf qu'il a fini par faire cliché gay absolu, puis pas trop élégant. C'est pas ça, le principe est intéressant, il expose l'avant et libère l'accès à l'arrière, sauf que l'arrière d'Arthur m'intéresse moyen. Par contre, lui, le mien ...

- Tu es toujours habillé ? D’hab’, je te dis ‘sexe’ et tu es à poil en 15 secondes. On perd du temps, là, j'ai envie de toi, moi !

Bonjour la poésie, mais soit, ma faute, je l'ai trop habitué à ce que j’attende les assauts de son corps dans le mien, et limite, à les mendier sans trop de dignité. J'ai passé quelques secondes à me souvenir d'où me venait ce besoin de presque soumission à un sexe masculin pour en revenir au premier, Jérôme, et autant j'avais peu apprécié le traitement, autant je n'avais eu cesse de reproduire l'effet en mieux, sur tant de queues.

Dont celle, maintenant mi-molle d'Arthur, qui pendouille dans sa poche de tissu ...

J'ai secoué la tête, et le souvenir du membre glorieux de mon copain m'a motivé à virer mes fringues, mais cette fois, pour le contrarier, très lentement, histoire de voir son désir monter. Puis pas que son désir, en fait... A chaque vêtement abandonné, ses yeux brillaient plus fort, les ailes de son joli nez palpitaient, son ventre se creusait et son bassin s'avançait, le jockstrap laissant apparaître une tache humide de precum, signe d'une excitation programmée à l'idée de me posséder, mais je ne souhaitais rien d'autre, ne fut-ce que pour ajouter une énième couche de plaisir animal sur le souvenir de Jérôme, ce que je n'avais peut-être jamais cessé de chercher tout ce temps, avec tous ces garçons ...

Il a vite brisé mon moment d'introspection en virant sa chemise à demi-boutonnée et son jockstrap pour exposer son corps désirable, et son sexe qui l'était plus encore.

- Tu es propre ?

- Hein ?

- T'es clean, là ? En bas, quoi ...

- J'ai passé la nuit ici, j'ai pris une douche … approfondie et j'ai pas déjeuné, qu'est-ce qui pourrait être dans le chemin, Arthur ?

- Ah ouais, pas faux, donc je pourrais me passer de capote, comme dans les porns de BelAmi.

- Sauf qu'on n'est pas dans un porn de BelAmi, no glove, no love. Après, j'ai pas trop souvent fait du hors-piste, et ouais, ok, j’admets que c'est meilleur, mais bon ...

- Ta confiance est juste assourdissante, là.

- Arthur, je soupçonne que tu baises avec Thomas, on se parle, tu vois ? Tu fais ce que tu veux avec lui, et nous on se fait plaiz', mais entre l’anus qui gratte et la trithérapie, pour moi c'est clair, latex forever !

- J'aimerais bien voir mes petits têtards buller en sortant de toi, un jour ...

Pour le romantisme, il repassera en septembre, mais bon, j'ai trop envie ! Je me suis calé dans une pose trop ridicule, sur le dos, les jambes repliées et serrées dans mes mains, et je me suis offert à ses caresses sur mon intimité, au point, après un temps indéterminé, de ne plus trop bien faire la nuance entre les passages de sa langue et ses doigts agiles.

Cependant, j’ai vite réalisé que si la première n'y accédait forcément pas, les seconds ont lentement commencé à exciter ma prostate, et les spasmes incontrôlables de mes sphincters ont assez vite persuadé Arthur de ma réceptivité à son bâton de plaisir.

Dans cette position, je pouvais voir le torse d'Arthur s'enfler alors qu'il me possédait, et j'étais devenu obsessionnel de la position du missionnaire, c'est dû en partie au plaisir ... disons ... cérébral de voir le mec bouger au-dessus de moi, ses réactions, puis surtout son plaisir au moment où il jouit, son sexe aussi palpitant que mon rectum qui l'accueille, mais le latex fera toujours partie de ma vie, je me dis. La faute à ...

Jérôme.

Mais pourquoi je pense à lui, alors qu'Arthur s'effondre sur mon torse ? Il est beau, de la tête aux pieds, il est parfait sur 1m70, il est sur moi ... en moi ! Et je pense au mec qui m'a baisé comme un moins que rien il y a six ans, alors quoi ?

- C'est quoi, le problème ? a dit Arthur.

- Quel problème ?

- Jérémie, c'est juste que tu gémis quand on fait l’amour, et ça m'excite à crever que tu couines, mais là, rien ! Puis d’hab tu te touches et tu te fais plaiz' et t'as trop zappé le truc ! J'avais trop l'impression de me branler dans une chaussette.

Sympa, merci, excuse-moi d'avoir gardé mon cerveau actif pendant que tu bourrais, mais bon ...

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