Arthur ! Maieuuuh... nooon !

5 minutes de lecture

*** PDV Jérôme ***

Je sais même pas pourquoi j'ai gardé son numéro tout ce temps ! Bien planqué, évidemment, sous l'identifiant Jérém-Job, au cas où une de mes meufs aurait trouvé mon code ...

Et rien ne me disait que le numéro était toujours actif, mais ça m'a bizarrement intrigué, le truc de hasard, un peu, si vous voyez. Je veux dire, s'il avait fait une grosse croix sur son passé - dont moi - il l'aurait supprimé, mais s’il l’a conservé ...

Aussi, c'était pas facile comme raisonnement, non plus ! Déjà admettre que le ... l'orifice où je m'étais le plus perdu était le cul d'un garçon, c'était un peu perturbant. Mais il n'y avait pas que ça, aussi l'idée que ma plus grosse éjac’, c'était dans le cul d'un petit mec encore candide à l'époque, et autant je me souviens des litres ...mouais, bon ... centilitres ... que j'ai déversés en lui, sans dire que c'est le meilleur sexe que j'aie eu ... c'en n’est pas loin.

Sauf que je l'ai un peu forcé, faut dire. Puis il avait confiance en moi. Sauf que j'en ai abusé, de sa confiance. Et je me sens merdeux de l'avoir fait. Plus merdeux que ma queue quand je suis sorti de lui ... Non, mais c'est nul, ça ! Tu vaux mieux que ça, mec ! Et le déclencheur de ma décision, c'est un 'socially awkward penguin' sur 9gag, celui d’un mec qui admettait son plus gros ratage, et avec le petit Jérémie, je le regrettais peut-être un peu, en fait ...

Pendant que ma meuf court de la cuisine où elle fait chauffer le biberon à la salle de bain où Junior attend impatiemment le changement de couche, j'ai bien réfléchi au message idéal, parfait, qui dirait bien ce que je pense, sauf qu'au final, je sais pas trop ... Sauf que j'ai pu casser un petit mec, si je peux un peu réparer, ce serait déjà bien ...

A moins qu’une autre motivation, encore un peu inconsciente, plus basique, et surtout méchamment moins avouable …

*** PDV Jérémie ***

C'est quoi, ça ?

[JSP si ce numéro est toujours actif, t'ai vu ce matin à Galeria Inno. Tu ne te souviens peut-être pas de moi, athénée de V***, année 20**, tu m'as aidé en anglais, on s'est collés un tps puis j'ai fait le con, pour ce que ça vaut, et tu peux ne pas me pardonner, mais sorry, j'ai été nul, t'ai pas respecté, alors tu fais ce que tu veux de ce msg, et je sais bien, ça fait 6 ans, mais on pourrait en parler, quoi]

- Ça va, a demandé Arthur en ressortant de sa salle de bain ''T'en fais une tête, ta mère t'a annoncé que ta chienne est malade ou quoi ?''

- Non, je ...

- Jérémie, tu m'inquiètes, là ! Déjà il y a dix minutes, quand on a fait l'amour ... Puis maintenant, t'es tout pâle ... L'émotion, c'est pas ton truc, je me suis fait une raison, soit ... Mais t'es pas toi, là. T'as vu un fantôme ?

J'ai levé les yeux vers lui, en me demandant qui de nous deux était d'habitude le plus détaché, sinon le plus indifférent, mais sa remarque sur mon déficit d'investissement sentimental dont il avait dû faire son deuil ... Puis lentement, j'ai réalisé que j'étais injuste envers Arthur, au début, il ...

Déjà, au début, sa drague maladroite aurait dû m'attendrir, mais j'étais déjà passé de désabusé à cynique, elle m'avait seulement fait sourire ... Pourtant, mon cœur lentement endurci avait battu une ... deux dernières fois, grâce à lui.

La première lorsque j'avais découvert que, sans que je ne remarque rien, Arthur avait gratté pas mal d'informations sur moi, au point de presque tout savoir, sauf quelques détails, comme le nombre de garçons qui avaient poussé leur corps dans le mien; quand il l’a su, il avait grimacé mais finalement admis.

La seconde quand j'ai vu le sien, nu, puis senti son enthousiasme et sa volonté de me donner du plaisir.

Egoïstement, j'ai tout pris pour acquis, les orgasmes qu'il me procurait, puis les sentiments que, devant mon indifférence, il a de moins en moins exprimés, mais qui sont apparemment toujours bien présents, car son regard, à ce moment habituellement brillant et calé sur mon gland encore suintant, est plutôt inquiet, là, et vrillé dans le mien.

- Un fantôme ... un spectre, en fait.

- Attends, tu m'expliques, steup' ? a-t-il murmuré en s'asseyant à côté de moi au bord du lit, et en glissant un bras rassurant sur mes épaules.

Parce que mon passé peu glorieux me pétait à la figure, parce que la liste des garçons qui avaient rempli ma quête futile de plaisir physique traînait ... et traînerait toujours … entre nous, parce que je le lui devais bien, j'ai raconté ce que je n'avais jamais dit à personne, j'ai raconté ma naïveté relative, les films que je m'étais faits, mon avidité de petit puceau immature, mes actes manqués ...

J'ai raconté Jérôme.

- Tu peux le dire, j'ai été con, je l'ai bien cherché, je l'ai peut-être voulu, ma faute, je l'ai mérité, il m'a ...

- Baisé, le mot c'est baisé. Et personne ne mérite ça. Moi, je ne ...

- NON ! Evidemment que non, toi, tu es bien, tu es beaucoup mieux, tu me ...

- Je te fais l'amour, Jérémie.

- Je le sais bien ! Oh, c'est tellement nul de vous mettre tous les deux dans la même conversation, je suis désolé, Arthur.

- T'inquiète, je comprends.

- Tu vois, je viens seulement de réaliser que tu dis ça assez souvent, 'je comprends' ... Trop souvent.

Et c'est vrai. En fait, c'est même un paquet de trucs qui m'apparaissent clairs, son incompréhension passagère devant certaines de mes réactions, ou plutôt devant leur absence. Puis le besoin de son corps dont j'exige qu'il m'envahisse, me dévaste, et me laisse pantelant de plaisir, couvert de sueur et de ... Et enfin, la réalisation du fait qu'il offre du désir et de l'amour, et que moi, je prends juste le sexe.

Et c'est moche, un peu.

- Je suis vraiment désolé, Arthur, tu mérites tellement plus, et déjà, tellement mieux que ... ça.

- * Ça *, comme tu dis, me plait assez pour ... hmmm ... Comment dis-tu ? Ah oui, te ... faire couiner à grands coups de ma ...euh ... bite fabuleuse.

- Je regrette ça aussi, les mots, ce n'est pas moi ... pas le vrai moi, celui d'avant de ...

- Avant d'avoir été brisé par ce sale con, j'ai compris, tracasse, a-t-il dit avec un sourire rassurant ''puis je ne suis pas tout à fait insensible aux compliments, tu sais. Enfin, si c'en est un''

- J'en aurais plein d'autres à te faire, mais ça, en particulier, ce n'est pas négligeable et je ... hmmm ... Je redeviens très basique, là, puis décevant, désolé pour ça aussi.

- T'es pas si décevant, si je compare ... Je t'ai déjà parlé de mon ex ? Mon seul ex, moi, évidemment, mais bon ... a-t-il ajouté avec un sourire faussement cruel.

Parce qu'Arthur ne peut pas être cruel, c'est clair.

Sauf que ... il faudrait qu'on m'explique comment son bel esprit a pu imaginer un tel plan ...

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Recommandations

valdomar
Une histoire de famille est le récit de la vie de Diego, adolescent élevé dans une famille homoparentale. Il met en scène la découverte de sa sexualité en prenant appui sur l'année scolaire 2012/2013 qui voit l'adoption de la loi sur le Mariage pour tous. C'est une romance à destination d'un public LGBT.
3737
1040
2075
1287
yasmine-13

- Mais… qu’est-ce que je fous ici ?
La jeune fille se retrouvait seule en territoire inconnu, sans savoir comment ni pourquoi elle avait été emmenée ici. Elle se releva difficilement, une migraine l’empêchant de faire tout mouvement brusque. Il était assez facile de deviner qu’elle avait été emmenée ici contre sa propre volonté. De fait, la chose la plus importante était de retrouver ses kidnappeurs.
Mais… où était-elle, au juste ?
Le paysage était assez sobre, la terre stérile et aride, une vue étendue au loin. Presque rien ne s’y trouvait, elle était perdue en pleine nature, sans même savoir comment s’en sortir.
- Eh ! Tu vas bien ? T’es blessée ?
Un jeune inconnu était venu la secourir, du même âge qu’elle apparemment, soit entre dix-sept et vingt ans. Il semblait réellement s’inquiéter pour elle, et elle ne comprenait pas pourquoi il lui portait tant d’attention, sachant qu’il ne lui disait rien. D’ailleurs, plus aucun souvenir ne venait à elle – c’était comme si sa mémoire avait été effacée, dans le seul but de préserver son identité (ou les intérêts des personnes ayant perpétré cet enlèvement…).
Quoi qu’il en fût, sa migraine s’estompa un moment, le temps nécessaire de faire les présentations.
- Je vais bien, merci. J’ai juste… très mal à la tête. Mais… ta tête ne me dit rien, on se connaît ?
- Non. Je suis Aryan. Je me suis retrouvé ici sans savoir comment, et puis je t’ai trouvée là. Je ne sais pas qui a fait ça. Mais si on a été drogué, il faut s’attendre au pire…
Cette supposition lui avait fait froid dans le dos. Et si leurs assaillants s’étaient permis des attouchements à leur encontre ? Ou pire…
Enfin, elle n’eut d’autre choix que de retrouver ses esprits.
- Moi c’est Tara. Euh… j’ai… J’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé. C’est à peine si je sais qui je suis… Tu l’expliques comment ? Mais au fait, où on est ? Je ne reconnais pas l’endroit…
- Je ne sais pas et je ne sais pas. Il y a beaucoup trop de variables inconnues pour l’instant. Je suppose qu’on aura les réponses à nos questions un peu plus tard, le temps de retrouver la mémoire.
Et s’ils ne la retrouvaient jamais ? Je sais que le pessimisme est mal vu, mais encore faut-il qu’ils soient certains de ce qu’ils avancent ! Pour l’heure, ils n’étaient sûrs de rien. Ils ne savaient même pas s’ils étaient les seuls, ou si des personnes s’étaient retrouvées ici auparavant, ou finiraient par arriver…
En faisant le tour du propriétaire, ils aperçurent un feu de camp, ou plutôt ce qu’il en paraissait… Ils s’y précipitèrent, pensant trouver une autre personne, victime de cette mauvaise blague. Et ils ne furent pas déçus : un jeune homme de la même tranche d’âge qu’eux était présent, tentant désespérément de maintenir un feu en place. Le trait caractéristique qui pouvait le distinguer des autres, était qu’il portait des lunettes rectangulaires sur le nez – c’était sûrement grâce à ses verres qu’il put allumer ce feu, ne possédant a priori aucune qualité requise pour le faire à mains nues. Ouch… je commence à être méchant. Veuillez m’excuser, et reprenons.
- Hey… Alors comme ça je ne suis pas le seul… ? Ça fait plaisir. Dîtes-moi, vous aussi avez perdu la mémoire ?
Ils acquiescèrent, pourtant le nouvel inconnu ne baissa pas sa garde. Il se concentra davantage sur son feu que sur les personnes à interroger. D’ailleurs, il semblait ne pas s’en inquiéter plus que cela. Ce fut Tara qui prit l’initiative de prendre la parole.
- Euh… Comment tu t’appelles ?
- Kaito. Mais c’est la seule chose que je sais. De mémoire… j’ai dû voir ce nom quelque part, mais je ne peux affirmer de source sûre qu’il s’agit bel et bien de mon prénom. J’ai fait le tour des environs et n’ai trouvé aucun indice. Ils sont forts. Mais je me demande pourquoi ils iraient chercher des gars comme nous, ce n’est pas comme si on pouvait faire quoi que ce soit pour eux…
- Tu n’en sais rien. Peut-être bien que nous sommes spéciaux, genre riches héritiers, et qu’ils demandent une rançon en ce moment-même à nos familles.
- Ce serait idiot. Comment expliquerais-tu notre perte de mémoire, alors ? Pour faire une vidéo convaincante, il faut des émotions. Si nous avons perdu toute trace de notre héritage familial, comment penses-tu que nous pourrons leur en donner ?
A cet instant, Aryan intervint.
- Peut-être que la vidéo demandant une rançon a déjà été envoyée, et qu’ils n’attendent que le versement de nos parents pour nous libérer. Et que notre perte de mémoire serait comme une ultime punition à notre encontre. Peut-être qu’on a fait quelque chose par le passé qu’il nous faut payer aujourd’hui…
- Vous avez tout faux !
0
0
0
6
Défi
lala
Jeux de mots, jeux dangereux, origine douteuse...
C'est le début du marathon poétique !
10
20
0
0

Vous aimez lire lelivredejeremie ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0