Prologue

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 Il fait nuit. Il pleut. Le ciel est sombre. Presque aussi sombre que votre esprit. L'immeuble est quasiment invisible dans l'obscurité brumeuse de la rue. Toutes les lumières sont éteintes, à une exception près. Une petite fenêtre laisse s'échapper une faible lueur blanche. Cette fenêtre, c'est la vôtre. Et la lueur vient de votre écran. Cet écran, c'est le seul ami que vous ayez jamais eu. Lui, il ne vous trahira pas, il ne se moquera pas, et il sera toujours là pour vous, jusqu'à sa mort. La lumière blanche qu'il émet est vide, sans âme, certes, mais c'est justement ce qui vous rapproche, ce vide intérieur. Pendant cette nuit noire, comme toutes les nuits, vous êtes assis sur votre chaise de bureau, devant votre écran, à surfer sur Internet. Vos yeux ne bougent presque pas, votre corps non plus. Vous avez les idées sombres, vous cherchez à oublier, vous cherchez à ne pas penser à la terrible épreuve qui vous attend demain. Puis, après de longues heures à fixer devant vous, la fatigue s'empare de vous et vous vous dirigez vers votre lit. Vous passez un moment à bouger dedans, le sommeil ne vient pas, même si vous êtes fatigué. Mais peu à peu, vos membres s'engourdissent, et votre pensée s'assoupit.
 Dehors, la pluie continue jusqu'à l'aube, le vent fait se frotter les feuilles entre elles. Parfois, un hibou fait résonner son chant. Ce moment angélique rythmé par le silence est de loin votre préféré, mais malheureusement, la nuit passe vite, trop vite. Il est maintenant six heures du matin et vous devez déjà vous lever. Vous ne voulez pas, vous voulez rester là, mais vous n'avez pas le choix. Il est l'heure d'aller travailler. Travailler... Ce mot à lui seul suffit à vous faire déprimer. Lentement, vous vous lavez, vous vous habillez, et vous mangez un morceau de pain rassis, c'est tout ce que vous avez. Avant de sortir, vous vérifiez l'entièreté de votre humble demeure, un simple appartement en banlieue parisienne. Vous regardez si tout est en ordre, et si rien n'est resté allumé. Une fois rassuré, vous sortez, fermez la porte à double tour puis descendez lentement les escaliers. À chaque marche que vous descendez, un peu de votre motivation s'évapore. Chaque pas vous rapproche un peu plus de cet enfer, si bien que lorsque vous arrivez dans votre voiture, sans manquer de soupirer bruyamment, une phrase sort de votre bouche, une phrase qui vient du plus profond de votre coeur, et qui traduit à la perfection ce que vous ressentez à l'instant :

  • Pourquoi il a fallu que je me réveille ?

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