CHAPITRE 24 - La nature se réveille

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Les jours s’allongeaient, la neige fondait à vue d’œil, le soleil apparaissait plus souvent, le cours d’eau avait gonflé alimenté par la fonte des neiges, la nature se réveillait en douceur. Les filles avaient cueilli les premières fleurs, des perce-neige et des primevères.

D’un commun accord, nous avions prévu de faire notre diner du samedi à la ferme d’Alberto et de Nina. Les filles s’en réjouissaient, elles ne connaissaient pas leur ferme, de même que Lola et moi.

Le samedi en début d’après-midi, nos trois voisins arrivèrent ensemble. Nous avions prévu de prendre le minibus. Il a démarré sans problème. Les routes n’étaient plus enneigées, les déplacements ne posaient pas de difficulté.

Arrivés à la ferme, Alberto et Michael nous servirent de guide pour la visite de leur propriété. D’abord les alentours de la ferme, ils avaient une belle coupe de bois, des herbages pour la pâture des animaux et de nombreux champs qu’ils cultivaient. Puis ils nous ont fait découvrir la bergerie, l’étable et le poulailler. Ils avaient une trentaine de moutons et vingt vaches, pas mal de poules et lapins. Une ferme de cette dimension représentait un travail considérable.

Nina nous fit visiter le corps de ferme, spacieux et très bien aménagé. Ils ne manquaient de rien. David emmena Simon et les filles dans sa chambre pour leur faire découvrir ses jeux.

Rassemblés tous autour de la table, nous savions que des décisions importantes étaient à prendre pour la suite et les mois à venir.

Si la situation restait inchangée, il fallait réfléchir à la nourriture. Notre stock comme celui d’Alberto nous mèneraient jusqu’à l’été, mais après, la question se posait.

Alberto nous dit qu’il avait besoin de main d’œuvre pour démarrer les semailles. Les années passées, il employait des saisonniers, mais les choses étaient bien différentes aujourd’hui. Seuls, Michael et lui ne suffiraient pas à accomplir toutes les tâches. Dans ses champs, Alberto cultivait du blé, du maïs et du fourrage pour les animaux.

D’un commun accord, nous avons décidé qu’Alfred et Julio iraient travailler avec eux. Miguel récupérera dans sa bergerie les moutons de la ferme, pour soulager Alberto et sa famille. Diego et l’ermite feront chacun un potager, celui de Diego pour notre famille, celui de l’ermite pour la famille d’Alberto et de nos trois voisins. De cette façon, chaque potager pourra nourrir sept personnes. Nous, les femmes, feront au fur et à mesure les conserves de légumes et prendront en charge les poules et les lapins. Nina avait tout le matériel nécessaire et les bocaux ne manquaient pas, il y en avait encore en grand nombre dans les maisons du village.

Alberto se proposa de retourner les terrains prévus pour les potagers avec un engin. Diego et l’ermite n’auront plus qu’à semer et planter. Diego avait une grande expérience du jardinage, il donnera ses conseils à l’ermite.

La ferme était équipée en chauffage par une chaudière à fioul et une grande cheminée, et l’électricité par un groupe électrogène.

Nina avait préparé pour le repas des poulets rôtis. Nous n’avions pas mangé de volailles depuis notre départ de la ville, c’était un vrai délice pour tout le monde. Nous n’avions pas encore consommé nos propres volailles, avec seulement dix poules, il nous fallait avoir des poussins avant, afin de renouveler notre poulailler, même chose pour les lapins.

On devait régler aussi plusieurs choses importantes. Tout d’abord, la ferme et le gite étaient équipés de fosses septiques, elles devaient être vidées. Alfred connaissait l’artisan qui faisait normalement ce travail et savait où était son entrepôt près du village. Il allait se charger de venir avec le camion spécialisé et de faire le travail. Alberto devait aussi remplir sa cuve de fioul, il pensait trouver à la station essence, le camion qui assure la livraison et pourra faire le plein pour sa ferme.

Mais des interrogations restaient à l’esprit de chacun. Nous étions isolés depuis des mois, sans aucun contact avec l’extérieur. Où en était la pandémie ? Était-elle terminée ? La vie avait-elle repris son cours comme avant ? On devait savoir. Nous avons décidé, avant de s’aventurer à l’aveugle dans une ville, d’aller aux nouvelles auprès des militaires installés au camp à une petite centaine de kilomètres. Alberto, Julio et Alfred iront leur rendre visite dès demain.

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