Chapitre 12

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— Allez, ne t'arrête pas, continue de bêcher, me dit Edwina.

— Je commence à fatiguer.

— Tu rigoles, Naïa, on vient à peine de commencer.

— C'est fatigant, ton idée de potager. Au début je trouvais ça sympa, mais en fait, c'est trop dur.

— Oui, mais ça fera une bonne surprise, pour Charlotte ce soir et ça expliquera ton shopping de samedi dernier. Il fallait bien trouver quelque chose et Charlotte adore cuisiner. Alors faire de bons petits plats avec les herbes et légumes du jardin, ça fera d'une pierre deux coups.

— Et même trois, car ça faisait longtemps que tu nous tannais avec ton potager. J'ai un peu l'impression que tu utilises mes jeux du samedi, pour me forcer la main.

— Écoute, samedi, je vais rencontrer Octavio et Tommy et je vais peut-être tester les petits exercices que tu as faits avec eux. Après, on sera dans le même panier et je ne pourrai plus en profiter, dit-elle en me faisant un clin d'œil.

— Tu verras, tu vas adorer.

— Mais je suis curieuse, je ne comprends pas pourquoi vous avez eu l'idée de faire ça ?

— Je ne sais pas, c'est venu comme ça, au fil de l'eau. Enfin la première fois avec Octavio. La deuxième fois par contre, on avait prévu de recommencer. C'est tellement agréable.

— Mais agréable comment ?

— Je veux te laisser la surprise.

— Oui, mais si je n'ai pas envie d'essayer ?

— C'est comme tu veux, personne ne t'oblige à rien.

— OK. Mais n'en oublie pas de désherber pour autant. Comme ça, après, on plantera les plants que j'ai achetés ce midi en rentrant du boulot. Au fait, tu n'oublies pas, c'est toi qui es censée avoir tout acheté, les plants, la bêche, le terreau et tout le reste. Mais on partage les frais, OK ?

— Je peux tout payer, tu sais.

— Non ça va aller, c'est vrai que ça me fait super plaisir. En fait, je suis comme une enfant devant un nouveau jouet.

— Et bien moi mon nouveau jouet, c'est Tommy, enfin Tommy et Octavio.

— Je croyais que c'était Octavio que tu avais déjà vu deux fois ?

— Oui, je sais, mais Tommy, c'est différent. Regarde, toi et moi on est plus proches que moi et Charlotte. C'est comme ça.

— Oui, je comprends. Bon allez va chercher les plants pendant que je continue à bosser. Et prépare-nous un thé au passage.

— Merci, t'es trop gentille.

Il faut avouer, qu'après notre après-midi de jardinage, le résultat était trop mimi. Edwina avait fait des petits carrés surélevés, entourés par de petites rehausses tressées en châtaignier. Les plants de tomates allaient grimper sur des piquets en bambou. Les salades vertes et pourpres étaient mises en quinconce, et chaque pied d'herbes fraiches, avait une petite étiquette, posée sur un petit piquet en acier galvanisé. Edwina avait même mis de petits épouvantails, pour faire fuir les oiseaux et permettre aux semis de radis de pousser tranquillement. Non vraiment, c'était une réussite.

— Attention Charlotte arrive, me prévint Edwina.

La voiture arriva dans l'allée et nous allâmes à la rencontre de Charlotte.

— Qu'est-ce qui vous arrive les filles ?

— Ferme les yeux, on a une surprise, dis-je.

Charlotte obéissante, mit ses mains devant son visage et se laissa guider jusqu'à notre surprise.

— Tu peux ouvrir les yeux.

— Oh, les filles vous avez super bien bossé, c'est trop mignon. Et toutes ces herbes ça va être super pour la cuisine.

— Ta surprise te plaît ?

— Oui, c'est toi qui as tout acheté samedi, Naïa ?

— Oui et j'ai tout caché dans le garage.

— Et bien, c'était une super idée.

— Mais c'est surtout une idée d'Edwina.

Edwina me sourit, je crois que ça lui faisait plaisir, que je ne tire pas la couverture à moi. Mais c'était une évidence pour moi, elle avait été un soutien et j'appréciais de plus en plus de partager cette aventure avec elle. J'étais si impatiente de lui présenter Tommy et Octavio. Mais maintenant, il fallait trouver un alibi pour rester seules, samedi.

— Au fait Charlotte, on voulait retourner en forêt ce week-end, tu veux venir avec nous ? demanda Edwina.

Mais que faisait-elle, elle avait pété un plomb.

— Ça aurait été avec plaisir, mais les pollens de bouleaux vont être au plus haut pendant un mois, au moins, et tu sais que j'y suis allergique. La dernière fois c'était déjà compliqué, mais là, ça sera impossible.

— C'est dommage, ça ne te dérange pas qu'on te laisse ici ?

— Non pas du tout, en plus j'ai une collègue qui m'invite à manger samedi midi.

— Bon et bien super. Et puis on sera de retour samedi soir. D'ailleurs, on pourrait se faire un ciné dimanche.

— Oui, en plus, il y a un film que j'ai trop envie de voir.

Edwina était vraiment un génie, grâce à elle, nous avions un alibi parfait et pour plusieurs semaines même. Et puis peut-être qu'après nous finirions par tout raconter à Charlotte. Mais chaque chose en son temps.

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