1. Quand la Machine recontre un Dieu

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Les deux frères parcoururent le Pont des Ases, ce pont mythique aux couleurs aussi ardentes que chatoyantes. Le voyage ne dura que quelques secondes pourtant un univers les séparait de l'endroit d'où ils venaient.

Le Bifröst les déposa sur le toit de la Tour « Stark ». Thor admira la vue imprenable qu'il avait sur New York, le soleil honorait les toits de la ville déjà bruyante et grouillante alors qu'il ne devait pas encore être sept heure (horaire midgardien). Les gratte-ciels, les voitures, ... L'évolution de l'être humain l'étonnait toujours alors que dire de ce que contenait la tour ! Cela le subjuguait.

Il sentit plus qu'il n'entendit le bruit caractéristique de la magie de son frère cadet. Il l'aurait reconnu entre mille ! Un mélange de férocité et de ruse. Une main de fer dans un gant de velours. Cela représentait plutôt bien Loki, l'exacte opposé de lui qui avait tendance à agir puis réfléchir, bien entendu avec toute la finesse qu'il possédait... donc celui d'un éléphant dans un magasin de porcelaine !

Loki se tenait debout sur le rebord du muret qui entourait la terrasse du toit. Il s'amusait à balancer une jambe puis l'autre dans le vide tout en fixant le soleil qui pointait son nez à l'horizon. Thor se rapprocha de lui et tira le bout de sa cape pour le faire reculer. Loki tomba en arrière et atterrit accroupi, avec la souplesse et la grâce d'un félin. Un gros félin. Avec des crocs et des griffes. Enfin de la magie et des dagues. Alors comme Loki était le meilleur magicien des neufs royaumes et excellent au maniement de la dague ... je vous laisse imaginer le félin ! On se rapprochait plus de la panthère noire mutante que du chat domestique ...

« - Ce n'est pas parce que tu es un Dieu que tu n'es pas mortel. Dit Thor plus blasé que fâché par le comportement stupide de son frère.

- Pourquoi te sens-tu constamment obligé de casser l'ambiance ? railla Loki. Je viens à peine de sortir de sous-terre alors en haut de cette tour, que d'idées me viennent ! Tu as peur que je tombe ? Je suis certain que tu serais venu me chercher avant que je ne touche le sol, mon cher frère ... »

Tout en monologuant, Loki s'était rapproché de Thor, un sourire vicieux aux lèvres et en minaudant. Quand il enroula un bras autour du cou du Dieu blond, Thor le regardait sans dire mots.

Il se rapprocha du visage de ce dernier, ses joues virèrent aux roses et lorsqu'il vit le regard humide de son frère virer sur ses lèvres, il se recula sèchement et se dirigea vers l'escalier qui menait à la terrasse faisant voler sa cape de soie émeraude.

Thor restait Thor, à savoir un guerrier né pour combattre, la victoire et la gloire mais au fond de lui, son cœur était assez grand pour aimer toutes les choses des neufs royaumes. Même pour lui, le traitre de Jotunheim, le fils ingrat d'Asgard et le meurtrier de Midgard ...

« - Pourquoi sommes-nous ici ? demanda Loki se souvenant qu'il s'agissait de l'habitation du milliardaire midgardien Antony Stark, celui là même qui l'avait combattu. Est-ce l'occasion pour moi de me venger de l'humiliation qu'il m'a fait subir ? »

Quand Loki entendit Thor se rapprocher rapidement en grognant, il se retourna les mains en l'air en montrant bien qu'il savait pourquoi ils étaient venus. Et à ce juste titre, il fit apparaître son casque. Après tout, il venait pour se racheter mais cela ne signifiait pas pour autant se mettre à leur niveau. Thor le dépassa en soufflant, ce qui fit rire à gorge déployée le jotün.

Quand les fils d'Odin posèrent un pied sur la terrasse, une voix à consonance anglaise et aux sonoritées robotiques les interpella.

« - Monsieur Thor, bienvenu. Dois-je réveillé Monsieur Stark ainsi que les autres ? ou souhaitez-vous les attendre au salon ? demanda l'I.A JARVIS.

- Bien le bonjour, ami JARVIS ! Nous allons les attendre, il est encore tôt sur Midgard.

- Souhaitez-vous un café ou un petit déjeuner, Monsieur Thor ?

- Avec plaisir ! Je meurs de faim ! »

Thor rayonnait. Il n'était pas comme à Asgard, là-bas, il gardait l'apparence du Prince, celui qui devait montrer l'exemple (même si cela restait relatif le concernant). Ici, il changeait du tout au tout. Un sourire balafrait son visage et lui donnait l'air plus jeune et surtout plus libre. Loin de toutes ses obligations !

Le grand blond s'installa à la table de la cuisine comme chez lui et bu le café que lui tendit un robot puis mangea les œufs brouillés et les viennoiseries. Vorace ! Personne ne proposa quoique ce soit à Loki mais il s'en fichait : il ne mangeait pas le matin. Alors le Dieu de la ruse se laissa couler au fond de l'un des canapés design de cuir noir et blanc. On pouvait dire ce que l'on voulait de Stark mais il avait du goût en matière d'intérieur.

Quand Loki s'aperçut que Thor le regardait amusé, il se repositionna et s'assit sur le bord du canapé, les jambes écartées et les coudes sur les genoux afin de tenir sa tête de ses mains jointes. Une posture provocatrice ... Un peu de tenu !

Les deux frères attendirent patiemment dans un silence à faire pâlir un moine quand soudain JARVIS intervint.

« - Monsieur Thor, Monsieur Stark vient de se réveiller et j'ai informé tous les habitant de votre présence.

- Avez-vous parlé de mon frère ? demanda Thor inquiet.

- Non, Monsieur. J'ai pensé que vous souhaiteriez en parler vous-même...

- Tu as bien fait JARVIS ! »

Comme à chaque fois que Thor complimentait JARVIS, ce dernier remerciait poliment l'interlocuteur mais l'on sentait que son ton devenait plus joyeux, plus fier. Mais Thor devint livide. Il avait rarement peur mais en cet instant, il n'était pas certain que tout se passerait comme il l'avait prévu. Il n'avait rien contre quelques baguarres ou querelles, mais parfois il appréciait que tout se déroule calmement, sans heurt. Autant dire que cela n'arrivait pas souvent.

OoOoOoO

Tony détestait le réveille, particulièrement quand la journée de la veille avait été démentielle. Pepper l'avait largué, jeté comme une chaussette au titre qu'elle en avait assez d'être constamment seule et inquiète du fait du comportement casse-cou voir suicidaire du milliardaire.

Il fut triste un long moment car il l'avait aimé, c'en était une certitude. Il l'avait aimé comme il n'avait jamais aimé quelqu'un d'autre. Et maintenant, il était seul. Alors la veille quand il avait découvert une nouvelle façon de mieux protéger son réacteur Ark, il avait sauté de joie. Et cette joie l'avait ennivré comme de l'alcool après un long moment d'abstinence. A tel point qu'il avait passé la soirée en compagnie de jeunes femmes radieuses et surtout ravies de passer un moment avec l'héritier Stark. Il emmerdait la vie ; mieux il la baisait comme il l'avait fait avec ces femmes durant la nuit. Une nausée lui prit la gorge quand il sentit les fragrances de parfums bon marché sur le linge de sa literie mêlés aux flux organiques des étreintes passées. Il se saisit de l'âmat de tissu et tira dessus pour découvrir le lit.

« - Monsieur, le prince Thor attend au salon. Annonça JARVIS. »

Tony eut un sursaut, on le surprenait rarement mais perdu dans ses pensées comme il l'était et aussi tôt de surcroit ... quel heure était-il ? 8h00 ... Une bonne journée en perspective ... Il entendait encore son défunt père : "La journée appartient à ceux qui se lèvent tôt !"

« Quand est-il arrivé ? demanda Tony espérant qu'il n'attende pas depuis trop longtemps.

- Il y a exactement 2 heures, 20 minutes et 54 secondes, Monsieur. Dois-je avertir, Monsieur Thor que Monsieur arrive ?

- Fais cela et prépare moi un café, j'en aurais désespérément besoins.

- Pur Arabica, moulu, corsé et sans sucre. Souhaitez-vous des gaufres ? »

Tony analysa la question et pesa le pour et le contre. Finalement, il opta pour les gaufres.

« - Tu sais toujours ce dont j'ai besoin ! minauda Tony.

- Si je puis me permettre, je suis celui qui vous connait le mieux, Monsieur. »

Si JARVIS avait eu un corps, il aurait affiché un air satisfait digne des plus grands lords anglais puisque Tony l'avait voulu tel quel. Pourquoi ? Il n'en savait fichtre rien mais au moment de sa conception, il pensait beaucoup à ses parents et surtout à son père.

Il sauta du lit et s'étira entièrement nu. Chaque muscle de son corps le tirait désespérément vers le lit. Et miraculeusement, il parvint à aller à la salle de bain privative. Sur le chemin, il attrapa un débardeur noir et un jean ainsi qu'un caleçon blanc. Il s'habilla rapidement et lorsque sa tête émergea du vêtement, il sursauta en grimaçant. Une des filles de la veille avait noté son numéro de téléphone au rouge à lèvre bien rouge et bien gras sur son miroir propre. Quelle grossièreté ...

« - JARVIS ?! tu pourras faire nettoyer ça ? et fais-en sorte qu'elle ne remette plus jamais un cheveu ici.

- Bien, Monsieur. J'en profite pour vous informer de l'arriver au salon du Capitaine Rogers, de l'agent Romanov et du Docteur Banner.

- Bien, bien, j'arrive ! Retiens-les encore quelques minutes. Pourquoi tout le monde est si matinal, aujourd'hui ?

- Bien, Monsieur. »

Il accentua la cadence, ébouriffant ses cheveux avec un peu de gel, passant sa main dans sa barbe structurée et se mettant un peu de son parfum préféré, il décida de finir par se brosser les dents. Méticuleusement, il lava chacune de ses dents pour entretenir son sourire de séducteur ... et il faillit se planter la dite brosse à dent au fond de la gorge quand un énorme bruit retentit de l'intérieur de l'immeuble. Il jeta la brosse à dent noir dans le lavabo et cracha la mousse de dentifrice. Des nausées le prirent du fond de la gorge.

« - Putain mais qu'est-ce qu'ils foutent ?! »

Une fois les nausées passées, il mit ses baskets blanches et courut jusqu'au salon.

« - J'ESPERE QUE VOUS N'AVEZ RIEN CASSE, J'EN AI ASSEZ DE TOUT REPAYER A CAUSE DE VOS CONNERIES ! »

Il accourut dans la salle et il n'en crut pas ses yeux. La veuve noire éloignait Banner qui menaçait à tout moment de prendre sa forme de "Mister Hyle" tout en lui faisait du doigt des arabesques dans la paume droite. C'était une technique qu'ils avaient découvert ensemble et qui semblait plus ou moins fonctionner. De l'autre côté de la pièce, Rogers s'énervait contre Thor et lui demandait inlassablement la même chose.

« - Tout Prince d'Asgard qu'il est, si tu ne lui dis pas de déguerpir, je peux te garantir que c'est moi qui le mettrait dehors à coup de pied au derrière ! »

Rogers avait beau être grand et fort depuis que de crevette, il était passé requin, à chaque fois qu'il tentait d'intimider quelqu'un son langage jurait avec l'expression qui se dégageait de lui. Il prenait un visage grave et bandait ses muscles mais il parlait trop poliment et ce faisant, faisait tomber la pression comme un soufflet !

« - Ami Rogers, je ne peux pas le mettre dehors, d'une part parce qu'il est mon frère et d'autre part parce qu'il n'est pas prisonnier. Tentait de calmer le Dieu. »

Steve se retourna et passa une main sur son visage. Thor lança son regard sur son frère. Quant au Dieu Loki, il s'était levé et faisait le tour du propriétaire. Il s'arrêta devant une œuvre d'art. Il s'agissait d'une tapisserie nordique qui parlait sans toutefois le nommer du Teseract. Tony entra dans le salon et fit un signe à Captain America et à Thor qui s'avançaient vers lui que dorénavant c'était lui qui gérait la situation. Après tous, ils étaient dans la Tour « A » comme Avengers soit mais surtout et avant tout comme le « A » de Stark ! Ils restèrent donc à l'écart mais surveillèrent le dieu de la malice de loin.

Loki s'était penché sur la table de verre qui recouvrait la tapisserie et semblait intéressé par le contenu.

« - Mon équipe l'a découvert au Danemark. Travail magnifique, n'est-ce pas ? ».

Loki ne bougea pas. Il l'avait entendu venir et seul son regard se mouvait dans la direction du milliardaire.

« - Monsieur Stark, le plus puissant des faibles asgardiens ...

- Le plus puissant ... j'adorerais mais le privilège de cette attribution revient au géant vert nommé Hulk. Docteur Banner si vous préférez.

- Monsieur Stark, vous apprendrez que la force physique n'est pas la plus utile. Vous possédez l'intelligence, la ruse et les moyens financiers nécessaire à accomplir n'importe quelle mission.

- Il n'y a qu'à vous regarder ... ».

Cette fois-ci, Loki ne put s'empêcher de tourner son visage en direction de celui du milliardaire. Ils se fixèrent quelques secondes puis le dieu sourit de toutes ses dents de façon malicieuse avant de se redresser et de contourner la table.

« - Vous apprenez vite, Mr Stark. Mais la flatterie ne vous mènera nulle part.

- Qui a dit que je jouais ? contra Tony. Je ne fais qu'énoncer des faits. Mais plutôt que cette joute de compliments, me diriez-vous pourquoi vous vous trouvez chez moi ? Sans invitation qui plus est. Non parce que je tiens à préciser qu'il s'agit de ma tour et si j'avais su qu'elle deviendrait un putain de moulin, je me serais abstenu de la proposer comme QG ! ».

Sans le vouloir, il avait haussé le ton mais après tout c'était son ressenti et depuis quand un Stark ne disait pas ce qu'il pensait ? Le silence s'installa et visiblement aucun des deux asgardiens ne piperait mot.

« - Je repose ma question ? continua Tony avant que le grand blond ne le coupe.

- Ami Tony, Loki ...

- Oui ? demanda l'humain exaspéré que le dieu n'aille pas plus vite. »

Il amorça un pas vers lui, ce qui attira l'attention de Thor qui semblait mal à l'aise.

« - Cela devrait être à lui de vous le dire, dit-il en jetant un coup d'œil à Loki qui s'en foutait royalement, je l'ai libéré de sa prison d'Asgard pour qu'il rachète ses fautes ici, pour père mais surtout pour lui.

- Et les victimes qu'il a assassiné ? demanda Natasha qui revenait seule. »

Thor hocha la tête plein de détermination dans les yeux.

« - Pourriez-vous cesser de parler en mon nom ? »

Tous se retournèrent vers le dieu de la malice qui s'était rapproché et qui maintenant avançait doucement au centre du salon.

« - Pour être plus précis, il semblerait que la générosité sans bornes de mon pleutre de frère ait estimé que j'avais le droit à une seconde chance. Comprenez bien qu'entre quelques temps de calvaire et l'éternité enfermé, le choix fut vite fait. »

Le commandant Rogers le regardait dégouté par ces paroles comme s'il s'agissait de serpents qui avançaient sur lui. Natasha avait fermé les yeux et contenait une remarque qui aurait déplu aux dieux.

« - Tu as confiance en lui ? »

Thor s'approcha de Tony en trois enjambées, son armure étincelant au soleil qui pénétrait dans la pièce.

« - Nous parlons de mon frère, j'ai confiance en lui plus que tout au monde, malgré ce qu'il a fait. »

La tension était à son comble. Tony regarda chacun des protagonistes en cette matinée mouvementée. Puis il soupira et parla à haute voix.

« - JARVIS ?

- Monsieur ? que puis-je faire pour vous ?

- Prépare la chambre de Thor et une autre pour son frère. Ils vont rester un petit moment.

- Bien monsieur. »

Puis il se tourna en même temps que Thor vers le dieu malicieux devançant ses amis qui sans un doute allaient protester.

« - J'espère que tu sais dans quoi tu t'embarques ! » lui dit-il de toutes ses dents, abandonnant le vouvoiement au profit du tutoiement plus amicale, plus proche et surtout plus déstabilisant pour le dieu qui n'avait certainement pas l'habitude des familiarités.

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Mais pour le moment, je dois prendre mon service, la tempête qui commence à faire rage à l’extérieur ne m’ennuie pas du tout bien au contraire, je prépare mon chariot tranquillement le temps que ma collègue arrive et nous voilà partis pour faire la première tournée de la matinée, chaque chambre a été réhabilitée lors de la réfection totale de l’hôpital il y a maintenant deux ans, en apportant des couleurs pastels, un mobilier neuf est adapté à la convalescence des patients ainsi que quelques tableaux de nature mortes pour égayer les tristes moments que certains patients subissent, mais pour nous entrer dans ces chambres c’est la promesse d’un contentement indéfinissable, on ne sait jamais ce que nous allons trouver en ouvrant la porte, nous connaissons nos patients bien sûr, mais de nouveaux arrivants durant la nuit, une perte de connaissance ou bien d’autres choses nous permets de nous demander ce qu’il va y avoir derrière la porte.
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grand-mère mettait lorsqu'elle allait se coucher, vous pensez si cela me faisait frissonner, je lui tendis la main pour l'aider à sortir de sous le lit, arrivé dans la luminosité de la petite lampe posée négligemment sur la table de nuit, je reconnus la petite fille que j'avais vu dans le couloir quelques heures plus tôt, je lui souris, elle me regardait craintivement, puis quelques minutes plus tard elle me souriait également, je l'as pris dans mes bras pour la remettre dans son lit, je la bordais doucement en lui demandant ce qu'elle avait comme maladie, elle ne me répondit pas, elle se retourna en me disant qu'elle était fatiguée et qu'elle voulait se reposer un peu, je l'as regardait un moment puis, je sortis de la chambre, j'entrepris donc de frapper à une autre porte en l'ouvrant en même temps, la même chambre que la précédente se tenait devant moi, un vieux monsieur me cria qu'il n'avait pas besoin de mes services, que je devais faire demi-tour rapidement et le laisser tranquille, puis, il me demanda sur un ton grincheux de m'habiller d'une façon plus décente la prochaine fois que j'entrerais dans sa chambre, je restais là à le regarder abasourdi, moi, une jeune femme libérée certes, mais toujours impeccable sur mon lieu de travail, je mets un point d'honneur à toujours avoir mes tenues professionnelles impeccablement repassé et ce monsieur ose me dire que m'a tenue n'est pas descente, de quel droit, alors que j'allais lui dire ma façon de penser sur son ton exécrable l'infirmière du bureau arrive en courant, elle me demande de me dépêcher de la rejoindre dans le couloir, je la suis, non sans fusillés du regard ce monsieur imperceptible, lorsque je me retrouve à ses côtés un brouhaha incandescent se fait entendre, des cris d'hommes retentissent de l'autre bout du couloir, le médecin arrive à grands pas avec une… Sœur, j'ai l'impression d'être en plein rêve, une bonne sœur avec tout son attirail chapelet et compagnie longue soutane bleu noir, avance en ouvrant chaque porte, comble d'horreur une troupe de militaire les suis et entre dans chaque chambre ouverte par la sœur, le médecin avance rapidement vers moi et me jette un tablier blanc d'infirmière en me criant de manière non audible de l'enfiler en vitesse, l'infirmière me mets un calot sur le haut de la tête en me faisant un clin d'œil, je reste droite, sans vraiment comprendre, à côtés d'elle Dans un murmure, je l'entends dire « ils vont la trouver » je l'interroge du regard, elle me montre la porte de la chambre de la petite fille je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment-là je me sens indécise je regarde ces militaires au fond du couloir entrer ma-nu milita-ri dans ces chambres en hurlant, ils sont si différents des militaires que je connais, leurs uniformes me sembles marron foncé presque passés, devant une poche à munitions , une petite musette et un béret vert, agrémentés d'une arme à répétition manuelle par verrou j'ai déjà vu ce fusil, mais je ne me souviens plus où ni de quelle marque, je suis sûr de l'avoir déjà vu mais j'ai un trou de mémoire qui me stresse énormément, mais pour le moment je pressens un gros souci avec cette petite fille, que va-t-il se passer s'il la trouve, que veux dire l'infirmière, alors que je continus à me poser beaucoup de questions en voyant les militaires se rapprocher j'entrevois la petite ouvrir doucement la porte, les larmes coulent sur son petit visage, elle me fend le cœur, sans vraiment réfléchir je fonce sur cette petite je referme la porte derrière nous personne a dû nous voir, du moins c'est ce que j'espère à ce moment précis, il me faut réfléchir rapidement alors que j'entends les militaires approchés de la porte, je m'engouffre sous les couvertures de ce lit affreux j'emporte la petite en passant en la blottissant au fond du lit, je retire en vitesse le calot mis sur mes cheveux je les ébouriffe pour sembler malade je fais signe à la petite de ne pas bouger, bien que je ne comprends rien à ce qui se passe je sens que si je ne fais rien pour elle, son futur risque de n'être que malheur, détresse et disgrâce, la sœur ouvre violemment la porte de la chambre, je retourne péniblement ma tête comme un malade le ferait, je râle, je grogne, les militaires entrent regardent sous le lit, derrière le rideau, durant quelques secondes qui me semblent passer en minutes ils inspectent la chambre visuellement, puis un signe de la tête d'un des leurs et ils ressortent comme ils sont entrés, la porte n'étant pas refermée je fais signe à la petite avec un doigt sous le lit de ne pas bouger. Je continue d'entendre les portes claquer brutalement sur les murs des chambres, puis dans un bruit énergique je revois la horde de militaires passer dans ce couloir froid, suivis de la bonne sœur et du docteur qui s'empresse de leur crier qu'il leur avait bien dit qu'elle n'était pas ici. Mais que veulent-ils, a une petite fille innocente, je bondis du lit pour regarder brièvement dans le couloir, le calme est pratiquement revenu, les malades sortis de leurs chambres discutent avec l'infirmière que déjà je vois le médecin revenir et se diriger vers notre chambre, il me remercie chaleureusement, je m'empresse de lui demander pourquoi, la soignante venue nous rejoindre dès que les patients avaient regagné leur chambre s'assit sur le lit et prend la petite dans ses bras, une explication, je ne veux qu'une explication alors que le silence pèse dans cette petite chambrée. Le médecin m'avoue alors que la petite n'est pas malade du tout ses parents ont été emmenés dans un camp de concentration et les militaires recherchent la petite pour qu'elle les rejoigne, je m'assois également, je pense qu'à ce moment précis je suis aussi blanche qu'un malade, je ne comprends absolument pas, les camps de ce genre ne sont plus d'actualités à notre époque, c'est impossible, le médecin me regarde surpris, il ne me comprend pas non plus, après un long moment de silence il se permet de me demander si j'ai reçu un coup sur la tête ou si je suis amnésique, le monde à l'envers, je ne peux m'empêcher de rire, ils sont tous revêtus de vêtements des années 50-60 et ils me demandent si je suis amnésique peut-on s'interroger sur ce qu'il se passe réellement, il me faut analyser la situation, ce n'est pas possible alors que je reste circonspect, je ne peux m'empêcher de prendre un air sérieux en scrutant le regard de mes interlocuteurs puis prise dans un élan d'éclair je me mets à m'esclaffer, un rire franc d'une hilarité hors du commun je commence à comprendre, j'étais tellement prise dans ce tourbillon quotidien criant de vérité que je n'ai pas pensé un instant que j'étais embarqué malgré moi dans une réalisation cinématographique, tout concorde, le fait que je ne connaisse pas ce couloir, ces chambres d'aspect ancien, les tenues vestimentaires des personnes qui m'entourent, j'ai vraiment été sotte de ne pas comprendre tout de suite.
Je sors de la chambre en continuant de rire franchement, faisant un petit clin d'œil au médecin, je reprends la direction du fond du couloir d'où je suis arrivée quelques heures plus tôt pour repartir dans mon service, mes collègues doivent sûrement me chercher partout. En traversant ce dédale de couloir je vois toujours les mêmes portes je ne me souviens pas d'avoir traversé aussi longuement ce couloir, en me retournant je peux voir le médecin, l'infirmière et la petite dans l'encadrement de la porte, ils me regardent interloqués. Pourtant, je n'arrive pas à retrouver mon secteur toujours les mêmes portes se profile continuellement de chaque côté je me sens perdu je n'avais pas marché aussi loin, du moins je ne m'en souviens pas, face à moi une lumière blanche scintille, elle m'aveugle presque, mais en me dirigeant vers sa direction je peux entrevoir la forme d'une fenêtre au bout de ce couloir. Je m'en approche, il fait déjà jours quelle heure peut-il être, instinctivement je regarde ma montre, 5 h 45 du matin ! impossible, il ne ferait pas jour à cette heure-ci en plein hiver, la pile de ma montre doit être arrivée en fin de course, pourtant les aiguilles continuent inlassablement de trotter, arrivé face à la fenêtre je peux me rendre compte que des barreaux orne également celle-ci, mais en regardant au travers je crois que je suis bien plus blanche que la neige qui jonche la cour qui se tient face à moi… je reste indécise, je me sens étourdie, comme une fringale, si ce n'est que je n'ai nullement faim, j'ai légèrement froid, je transpire, mes jambes sont à la fois lourdes et moites, des picotements dans les mains et sur l'épine dorsale, je plisse les yeux je ne veux pas voir, non c'est impossible, je ne peux regarder le paysage qui se tient face à moi, je ferme les yeux un instant pour faire disparaitre ce qui me semble être un mirage, je les rouvre doucement comme pour faire durer ce moment de solitude totale et finalement rien ne change, toujours le même panorama face à moi. Totalement déroutant, les habitations, les murs, le parking de l'hôpital, tout a disparu une vaste place recouverte de neige sur lequel sont garés des dizaines de voitures de camions militaires assez ancienne pour être dans un musée, un véhicule surmonté d'une croix rouge doit être une ambulance, cette place, entourée d'un muret de briques rouges lui-même surmonté de fil barbelé. Au plus loin que mon regard se perd, je ne vois pas d'immeubles, les routes elles-mêmes paraissent différentes elles sont pavées il me semble et tous ces militaires au milieu de cette place que font-ils, que gardent-ils que l'intérieur soit imaginaire c'est une chose, mais comment ont-ils fait pour l'extérieur cela ne ressemble pas à un décor de cinéma c'est beaucoup trop grand cela va beaucoup trop loin au visuel, je ne comprends vraiment pas…
J'ai le sentiment que tout m'échappe à cet instant précis, alors que je me retourne pour défier ce couloir si long, si froid, si ;;;;;;;;;;;;; , je vois à l'autre bout du couloir cette petite fille, elle est habillée, bien peignée, un manteau bleu marine, une capeline exactement elle me sourit me fait un signe de la main, je m'avance vers elle, non sans penser au spectacle de dehors qui se répètent encore dans mon esprit, j'ai beau chercher je n'arrive pas à comprendre, arrivé près d'elle je me baisse pour être à sa hauteur, elle me donne fier comme Artaban un dessin que l'on accroche sur le frigidaire pour faire la fierté de son jeune auteur, sur celui-ci une petite fille entourer de son papa et de sa maman un soleil jaune citron le sourire bien grand, de l'herbe verte tendre et au-dessous « merci » signé Blanche.
C'est ainsi que j'apprends le prénom de cette petite fille, Blanche, elle se retourne et avec un petit sourire me dit « au revoir » je n'ai pas le temps de la rappeler une coupure de courant vient encore je plie mon dessin pour le mettre dans ma poche, je commence à longer le mûr doucement à tâtons comme quelques heures plus tôt un froid glacial me traverse une nouvelle fois puis le courant revient, le bruit autour de moi me semble familier en marchant lentement je vois ma collègue au bout du couloir, je ne peux m'empêcher de lui faire signe en criant et en courant vers elle, mes patients sont là, je les vois en passant devant leur chambre. Ma collègue me demande si je me sens bien, oui, dis-je, puis-je m'empresse de lui expliquer ce que j'ai vu au bout de ce couloir, je m'excuse machinalement pour mon absence, "mais tu t'es absenté que cinq minutes, me dit-elle", non ! bien sûr que non, quand j'ai regardé par la fenêtre il faisait jour, le soleil était haut dans le ciel il devait être au moins 11 heures, "tu as pris un coup de jus" me dit-elle en explosant de rire « regarde » ce faisant elle tire le rideau d'une chambre, il fait encore noir pas possible non franchement ce n'est pas possible. Au même moment, une sirène d'urgence retentit, c'est un patient il y a un souci on se précipite dans sa chambre, une vieille dame d'environ soixante-dix ans en arrêt cardiaque je commence un massage cardiaque pendant que collègue va chercher un chariot d'urgence et un médecin lorsqu'ils arrivent je leur hurle « c'est bon elle revient » le médecin la prend en charge, un brancardier l'emmène tout de suite…
Lorsque se termine mon service je descends au vestiaire fatigué et pleine de questions dans la tête, je croise le médecin à qui je m'empresse de lui demander des nouvelles de la vieille dame, il me dit « elle va bien plus de peur que de mal », j'apprends dans le même temps que la famille vient de la faire transférer dans un autre hôpital dans une autre région pour être plus proche d'elle, en sortant du vestiaire il fait demi-tour me tend une feuille de papier plié « elle m'a demandé de te donner ça » je fronce les sourcils « à bon » lui dis-je, je l'ouvre machinalement « merci pour la deuxième fois » signé Blanche…
Après bien des tortures psychologiques pour essayer de comprendre la matinée de travail que je viens de passer, je me décide en rentrant à aller faire un tour sur le net, en faisant des recherches poussées sur les camps de concentration je retrouve un article sur une petite fille qui aurait échappées à une mort certaine grâce à une inconnue, lorsque je vois la photo de cette petite je m'aperçois qu'il s'agit de Blanche, la même Blanche à qui j'ai fait un massage cardiaque il y a quelques heures. J'approfondis mes recherches ne voulant pas vraiment croire ce que je lis et pourtant maintenant je peux comprendre d'après des chercheurs américains, que j'ai dû traverser un vortex spatio-temporel au moment de la coupure électrique, qui m'aurait emmené dans le passé. Je m'endors ce soir-là avec la certitude d'avoir été une aide essentielle à la survie de cette petite et que malgré le fait que je sois réaliste, notre destin à toutes les deux étaient surement liés dans une vie antérieure.
Extraordinaire…
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Irma
Début d'un concours jamais terminé...
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