2. Rencard au Shawarma

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Lorsqu'il ouvrit les yeux, Loki crut qu'il avait rêvé. Enfin, ça, c'est ce qu'il aurait souhaité.

Car ce qu'il voyait était un plafonnier de verre noir, ce qu'il sentait sur sa peau nue était de la soie blanche, et ce qui lui caressait la peau de son épaule étaient les rayons chauds du soleil de ce début d'été. Ce n'est pas qu'il en venait à vouloir revenir en cellule mais le pourquoi du fait de sa présence ici l'irritait un tant soit peu.

Qu'allait-il devoir faire pour racheter ses « erreurs » ?

La Terre était en paix depuis quelques mois et pas un ennemi n'avait pour le moment l'intention de l'attaquer ... il n'allait quand même pas faire revenir les Chitoris juste pour avoir l'honneur de les renvoyer ensuite dans leur monde ? L'humain Stark lui avait offert l'hospitalité, il allait donc en profiter. Prendre un peu de bon temps pour changer !

Loki referma les yeux pour savourer le silence. Ce n'était pas le même qu'en cellule. Celui-ci était apaisant et même réconfortant. Dire qu'il souhaitait revenir en cellule serait affreusement con en vérité. Même lui l'avouait. Quitte à vivre chez les humains autant profiter du luxe à sa saietté ! Il somnolait donc dans ce lit propre et chaud, détendant ses muscles un à un et soupirant de bien-être. Mais quelque chose clochait ...

« - Que veux-tu ? » Souffla Loki exaspéré de ne pas pouvoir profiter davantage de cet agréable moment de lassitude.

Thor était entré sans faire de bruit. Contrairement à l'image de brute qui se dégageait de lui au premier coup d'œil, il lui arrivait souvent d'être très discret quand il le souhaitait.

Il était appuyé contre le mur et le regardait depuis un moment. Loki jeta doucement un regard dans sa direction. Le grand blond avait délaissé sa tenue asgardienne au profit d'une tenue midgardienne, simple et décontractée : jean bleu délavé et déchiré par endroit, un débardeur blanc et une chemise noir et rouge ouverte. Ses cheveux étaient attachés et seules quelques mèches lui tombaient sur le visage. Un Redneck (surnom donné au texan du Texas) mais avec un petit quelque chose de ... de pas humain !

Loki se rappelait avoir souvent pensé que Thor avait beaucoup plus de charme que lui et cela depuis l'enfance. Grand, fort et charismatique. Lui était plus petit et plus mince même s'il n'était pas dénué de musculature. Il avait opté pour la magie qui selon lui permettait beaucoup plus d'option que la force brute. Sa mère, sa tendre mère la lui avait enseigné de telle façon que rapidement il l'avait surpassé. Mais à côté de Thor qui volait, maniait la foudre et Mjiolnir ... Odin, leur « père » avait fait son choix.

Thor s'avança doucement et s'assit sur le lit avant de s'y coucher à côté de son frère. Tous deux regardèrent le plafond qui avait soudainement prit un intérêt tout particulier. La poitrine de Loki se soulevait doucement, le soleil approfondissant la blancheur de sa peau glabre. Thor ne put s'empêcher de la regarder et de toucher du bout des doigts une toute petite cicatrice qui se cachait sous la deuxième côte du brun.

« - Ne te gène surtout pas ... murmura Loki. »

Thor rigola doucement.

« - Mon frère, tu as toujours été pudique ! Pourquoi te caches-tu derrière ta mauvaise humeur alors que tu vaux bien plus que ce que tu ne penses ...

- Sache que j'ai une très haute estime de moi et arrête de vouloir essayer de me comprendre, ça commence à être lassant et répétitif.

- Tu sais l'heure qu'il est ? dit Thor pour changer la discussion, sachant que le terrain devenait glissant comme d'habitude.

- Que veux-tu que ça me fasse ... répondit Loki en se levant, nu, pour s'avancer vers l'immense baie vitrée.

Thor se leva à son tour et le suivit jusqu'à se trouver dans son dos. Sur son chemin, il ouvrit l'armoire et pris des vêtements humains. Il pressa les tissus dans la courbure de rein de Loki tout en pressant son front sur l'arrière du crâne du plus jeune. Ses cheveux noirs corbeau étaient doux, frais et sentaient bons.

Thor se faisait souvent la réflexion que son frère était beaucoup plus raffiné que lui. Leur mère avait tenté de lui apprendre à l'être mais il avait préféré les armes et la guerre, la bagarre et le sport. Loki, quant à lui, était toujours resté dans son giron au grand damne de leur père. Sa magie, puissante et indescriptible, l'avait toujours fasciné. Manipuler la foudre et voler, c'était génial mais ce que faisait son frère avait le don de le faire rêver. Parfois, cela l'agacait aussi comme quand il changeait souvent d'apparence mais à côté de cela, ce n'était rien à la magnificence de son frère.

Ils étaient aussi différents que le jour et la nuit, la lune et le soleil. Même s'ils n'étaient pas du même sang, ils étaient faits du même roc.

« - Habilles-toi, mon frère. Le soleil va atteindre son zénith et sur Midgard il n'est pas courtois de faire attendre son hôte surtout quand il t'offre son hospitalité. Dit simplement Thor.

- Sors d'ici. »

Thor recula à contrecœur. Il déposa les vêtements sur une chaise et tourna les talons en direction de la porte. Lorsqu'il sortit, le silence se réinstalla. Loki était toujours debout, nu devant la baie vitrée. Son regard couvrait la ville et même si elle était insignifiante, il ne put s'empêcher de la trouver belle. Le soleil, petit à petit, couvrait son corps entier d'une enveloppe de chaleur. Il se concentra sur son reflet qui progressivement prenait une teinte bleue. Ses yeux passèrent d'un vert émeraude à un rouge profond. Son corps entier se recouvrit de lignes claires.

« - Mon frère, ton esprit est un livre ouvert. Comment peux-tu seulement imaginer qu'un jour nous puissions vivre en paix. Je suis né pour te détruire ... ».

Il haïssait cette apparence. Il recula à son tour et alors que son corps reprenait une allure plus humaine, il prit les vêtements et se dirigea vers la salle d'eau pour une douche salvatrice. Il entra dans la cabine et l'eau lava son corps comme un voile. Il prit la bouteille de plastique et huma l'ouverture. Le gel de douche était boisé, Loki préférait des odeurs plus amères mais après tout ce n'était pas mal non plus.

Il y resta un bon quart d'heure avant de sortir et de s'habiller. Chemise noire, pantalon noir. A la décharge de son frère, il connaissait ses goûts. Il finit de se préparer avant de quitter à son tour cette pièce. Il se rendit à l'étage qui faisait office de salon/cuisine et salle à manger, cette même pièce où lui et son frère s'étaient présentés la veille.

Thor était attablé et mangeait copieusement, quand il le vit, il se stoppa et attendit la réaction des autres.

Le capitaine Rogers était dans le canapé de cuir et buvait un café. Sa réaction fut un peu similaire à un point près : il le regardait de façon mauvaise. La confiance est une chose qui à défaut de disparaître facilement, prenait du temps pour s'installer, si elle y parvenait bien entendu.

Le Docteur Banner lisait un livre dans un large fauteuil club d'où il disparaissait. Il était de dos, de ce fait il ne pouvait pas le voir mais Loki savait qu'il avait senti sa présence.

Romanov qui était assise en face de lui le montrait à merveille. Elle affichait toujours le même regard neutre mais ses joues avaient palies. Ses yeux passaient du Docteur à Loki de façon rythmée puis elle se replongea dans sa discussion avec Mr Hulk.

La tension dans l'air frisait le maximum, Loki s'avança jusqu'à la table et prit le mug de café que lui tendait son frère et croqua dans une pomme verte. La chair acide lui picota la langue et le jus frais descendit dans sa gorge, ce faisant lui rappeler à quel point il était affamé. Mais ça, il ne le dirait pas. Il assouvissait sa faim quand l'hôte milliardaire arriva, couvert de saleté de la tête au pied, en jean et tee-shirt qui laissait voir son réacteur Ark logé dans sa poitrine.

Loki ne se retourna pas et ne le salua pas. Il continua de boire son café jusqu'à ce que Tony lui assène un coup de main dans le dos, ce qui eut pour effet de l'étrangler et de renverser du café sur la table. D'ordinaire il n'aurait pas broncher mais il ne s'y attendait vraiment pas.

« - Alors Princesse, enfin réveillé ? » s'exclama l'humain.

« - Semblerait-il ... murmura le dieu.

- Mais c'est que tu mordrais ! »

Loki posa sa tasse avec force sur la table et se retourna vers le concerné. Thor comprit que la situation allait de mal en pis, il se leva d'un bond prêt à intervenir. La réponse ne tarda pas à venir, Loki ayant ouvert la bouche pour répliquer. Pourtant rien ne se passa. Tony le regarda en sachant pertinemment qu'il l'avait provoqué. Il voulait savoir ce qu'il avait dans le ventre. En tout cas, il ne s'attendait pas à cette réaction. Loki s'avança vers l'humain et sans s'arrêter continua d'avancer jusqu'aux escaliers pour disparaître dans l'obscurité.

Un silence s'installa durant lequel les habitants de la tour se regardèrent à tour de rôle.

« - Et bien, ça s'est bien passé ! s'écria Tony en levant les mains.

- J'espère que tu plaisantes ! s'insurgea Rogers. L'accueillir est une très mauvaise idée. On devrait le faire partir.

- Je dirais même qu'on devrait le remettre dans sa prison, je suis certain qu'Odin serait ravi ! ajouta le Docteur Banner.

- Et je suppose que tu penses la même chose ? demanda Tony à l'intention de Natasha. »

Elle se leva et alla dans la cuisine pour se resservir une tasse de café. Après avoir bu une gorgé, elle se racla la gorge et s'appuya contre le frigo.

« - Au risque de surprendre, je ne suis pas de cet avis. »

Cette annonce eut l'effet d'une bombe. Thor se retourna tellement vite vers elle que son assiette qu'il amenait à l'évier faillit voler. Roger et Banner se figèrent dans sa direction sans vraiment comprendre. L'incompréhension se lisait sur leurs visages. Seul Tony resta impassible et attendit la suite.

« - Je ne suis pas de cet avis pour diverses raisons. La première est qu'il était là ce matin, il n'est pas parti cette nuit alors que nous devons se l'avouer : il est puissant et il peut aller n'importe où. Tout comme il pourrait détruire cette tour. Je pense et j'imagine que Thor sera de cet avis, qu'il est vraiment décidé à racheter ses fautes. Ne serait-ce que pour retrouver la liberté. De plus, je pense que nous avons tous le droit à une seconde chance, tout comme le S.H.I.E.L.D m'en a donné une. »

Un silence s'installa mais cela permit à tous de remettre la situation dans l'ordre. Oui, il n'était pas parti. Non, il n'avait pas répondu à Stark. Peut-être s'était-il fait une raison mais tout ça dérangeait l'ingénieur au plus haut point. Quelque chose clochait dans le comportement même du dieu de la ruse.

« - Faites ce que vous avez à faire aujourd'hui, je vais m'occuper de Loki. Quant à toi Thor, fais comme chez toi. ».

Chacun hocha la tête non sans inquiétude. Tony attrapa un torchon et s'essuya la figure et les mains de façon partielle. Puis il se dirigea vers une porte métallique dans le mur. Il appuya sur un bouton et s'ouvrit son ascenseur privé. Il n'allait quand même pas prendre les escaliers !

Lorsque les portes s'ouvrirent sur le toit, l'air frais lui prit la gorge et les rayons du soleil l'éblouirent. Il avança de quelques pas qui firent crisser les graviers. Puis sa vision revint progressivement. Une vision divine l'y attendait, c'était le cas de le dire.

Le dieu malicieux était assis sur le rebord du toit (exactement où Tony ne serait jamais monté sans son armure), une jambe repliée contre son torse et l'autre se balançant dans le vide. Ses cheveux volaient au vent frais dû à la hauteur de la tour.

Ce qui choqua le plus Anthony Stark, ce fut le regard de Loki. Ce regard flamboyant et orageux qu'il avait rencontré lors de l'invasion des Chitoris n'était plus. Il avait tout bonnement disparu. A la place, un mélange de nostalgie et de mélancolie avait prit racine et grangrênait ces yeux ravegeurs. Il souffrait à n'en pas douter, Tony en était certain. Car il se revoyait à la mort de ses parents, la mort de sa douce mère et de son père exigeant qu'il prenait plaisir à contredire. Il ne savait pas ce qui tourmentait l'asgardien et il ne le saurait peut-être jamais. Mais il était trop tôt pour le dire, pas sans avoir essayé.

Soudain, un murmure se fit entendre. Une voix douce et d'une tristesse incommensurable se heurta à la magnifique journée qui s'étalait sous leurs yeux. Il ne comprenait pas les paroles, d'une part parce qu'il n'était pas assez près et d'autre part parce qu'il n'en connaissait pas le parler.

Il refit un pas mais ce fut celui de trop. Loki, si depuis son arrivé était perdu dans ses pensées, reprit conscience et perçut sa présence. La mélodie se stoppa au grand damne du milliardaire et Loki tourna son visage sévère vers lui. Son expression avait changé du tout au tout. Maintenant, c'était un visage méfiant et ... il ne savait pas trop quoi d'autre. Il avait rompu ce moment et pour la première de sa vie, il était désolé d'être la cause du dérangement.

« - Quel était cette mélodie ? C'était très beau mais je n'en ai pas compris un seul mot. Ricana Tony.

- Vous êtes là depuis longtemps ? riposta Loki.

- Pas vraiment.

- C'est un chant poétique tiré de l'Edda intitulé Völuspá. Mais c'est assez long à expliquer. Vous souhaitiez me parler, Stark ?

- Oui et non. Je voulais savoir si la chambre était à votre goût.

- Vous avez des goûts sûrs.

- Avez-vous prévu quelque chose pour ... (il regarda sa montre) cet après-midi ?

- e doute que les grands Avengers aient besoin de moi et je ne suis pas coutumier de cette planète.

- Tu n'as qu'à venir dans mon atelier avec moi, j'ai besoin d'aide et mes robots ne sont pas forcément très habiles pour certaines tâches. On peut se tutoyer, non ? On ne peut pas faire plus proche que d'avoir essayé de se tuer ! »

Tony n'en pensait pas un mot, il aurait bien essayé d'ajouter une blague salace mais le moment était mal choisi.

« - Si vous y tenez. Dit simplement Loki. Je n'ai rien d'autre à faire.

- Bon et bien puisque tu n'as pas l'air très bavard, suis-moi ! Je meurs de faim et je connais un bon endroit ! Tu m'en diras des nouvelles ! Je vais juste aller prendre une douche avant ça. ».

Tony lui sourit de façon sincère. Loki se méfiait toujours mais de toute façon, qu'avait-il d'autre à faire ? Rien. Autant le suivre et si cela lui permettait de manger et bien tant mieux !

Tony fit volteface et retourna dans son ascenseur. Voyant que le dieu nordique ne suivait pas le mouvement, il se racla la gorge et fit un mouvement de bras qui l'intimait à le suivre dans l'habitacle. Tony affichait un sourire satisfait et au fond de lui, il était plié de curiosité. Oui, cette expérience allait être intéressante, très intéressante.

~ /o\o/o\~

Les regards les suivaient dans la rue. Surtout les regards féminins qu'il s'agisse de femmes d'âge mûre ou de jeunes filles. Toutefois, il est vrai qu'ils ne passaient pas inaperçu.

Le dieu tout de noir vêtu, élancé et svelte. La beauté à l'état pure avec un petit quelque chose de « pas naturel », une aura de puissance. Mais étrangement, ce n'était pas Loki qui avait le plus d'admirateur.

Anthony Stark se pavanait devant lui tel un pacha dans son palais, vêtu d'un costume gris sur une chemise bordeaux. La ville entière le connaissait et l'admirait. Les petits hurlaient « Iron Man » et sautaient partout en imitant la célèbre armure. Les adultes et surtout les femmes le dévoraient des yeux.

Les Avengers étaient certes connus et adulés comme groupe de super-héros mais le plus connu et le plus idolâtré était sans conteste l'ingénieur milliardaire. Personne ne reconnut Loki.

De toute façon, qui se souvenait du méchant ?

Derrière ses lunettes de soleil dernière génération que lui avait fourni Tony, il avait analysé tous ses regards avec une certaine fascination. Au bout de vingt minutes de marche, sous le soleil renvoyé par le bitume, le jeune milliardaire se stoppa devant une vitrine. Loki le rejoignit et lut l'enseigne rouge.

« - Shawarma ? demanda Loki.

- Je sais. Ce resto ne paie pas de mine aux premiers abords mais je t'assure que leur boustifaille est divine, si tu me passes l'expression. »

Il était vrai qu'à première vue la devanture du restaurant était quelconque à telle point que si la mention « restaurant » n'était pas indiquée, il serait passé devant sans s'arrêter. Pourtant l'ingénieur admirait la masure comme une des sept merveilles du monde. Il finit par ôter ses lunettes de soleil pour les ranger dans une poche et poussa la porte.

« - Hey ! Comment allons-nous ? demanda-t-il en jetant un regard circulaire sur la salle.

- Bonjour Mr Stark ! répondit plusieurs employés avec différents accents. Comme d'habitude ?

- Comme d'hab, Amrit. Idem pour mon invité ! (Puis se tournant vers Loki) Prends une chaise. »

Loki s'installa à une table de deux. Leurs genoux se frottèrent mais aucun des deux ne fit de remarque. Seul le bruit du frottement et le raclement des chaises lorsqu'ils reculèrent légèrement, se firent entendre.

Un malaise s'installa tout du moins chez Loki peu habitué aux contacts parce que Tony ne tiqua pas et ne cessait de regarder le dieu pour trouver une réaction. Loki s'en aperçut rapidement ce qui lui permit de reprendre le contrôle de lui-même. Tony ouvrit légèrement la bouche mais ne dit rien car les plats arrivèrent.

Silencieusement, Loki remercia les Grâces. Personne ne l'intimidait mais étrangement cet humain avait tendance à l'intriguer et à avoir un drôle d'effet sur lui. Il n'était pas lui sur cette fichue planète et il ne pouvait rien faire d'autre !!!!! Quelle situation de merde !

Les odeurs qui émanaient des assiettes étaient tout bonnement somptueuses. Le mélange d'épice faisait voyager. Même si ce plat ne rivalisait pas avec le nectar, il s'en approchait de très près.

« - Tu vas attaquer ? je te jure que c'est cent fois meilleur chaud ! rigola Tony en dévorant son plat. »

Et il avait raison. Il avait encore raison. Foutrement raison et cela devant véritablement agaçant. Le repas se passa dans un silence apaisant. Loki n'avait jamais été très loquace de toute façon.

~/o\o/o\~

Lorsqu'ils rentrèrent à la tour, l'après-midi était bien entamé et cette dernière semblait déserte. Tout du moins, Rogers, Hulk et la Veuve Noire avait envoyé un message à Tony l'avertissant que le S.H.I.E.L.D les avaient appelés. C'est pour cette raison que Loki ne se préoccupa pas de ses activités vis-à-vis des autres habitants.

Même son frère n'était pas là. Quand à Tony, il était redescendu dans son atelier tout en ôtant sa chemise invitant Loki à le rejoindre s'il voulait un tête-à-tête. Loki perçut l'ironie dans la voix de l'humain mais se contenta de se retourner et de quitter la pièce. Cet humain était écœurant. Encore plus quand son rire grave retentit dans l'escalier !

Durant cette après-midi, tout du moins, Loki s'afféra comme il put. Il regarda la télé, alla sur le toit, lut, ... Mais qu'est-ce qu'il pouvait se faire chier ! Il trouva donc plus intéressant de fouiner. Il alla dans chaque chambre et regarda partout sans ouvrir les tiroirs. Il avait un honneur à préserver ! Il se trouvait dans celle de la dénommé Sorcière Rouge, Wanda Maximoff, quand une voix l'interrompit. Il tressaillit plus fortement tant il ne s'y attendait pas. D'un coup d'œil, il remarqua que la porte était toujours fermée. Or aucun humain ne pouvait entrer et refermer sans que lui, un dieu de la malice qui plus est, ne s'en rende compte. Ce n'était pas un humain ... Cette entité émanait de la puissance. Pas autant qu'un dieu mais assez pour le défier.

« - Puis-je savoir ce que vous faites, Loki Odinson ? demanda la voix inhumaine. »

Loki se retourna lentement et s'appuya contre le bureau de façon nonchalante et provocante. L'être en face de lui avait une apparence humaine mais il ne l'était pas, il en mettrait sa main à couper ! Sa peau était rouge nervurée de lignes dorées. Ses yeux était d'un jaune perçant et du même jaune était fait la pierre qui scintillait de son front. La gemme de l'Esprit.

« - C'est à moi, ça... Murmura Loki de façon quasi-inaudible.

- Pour être tout à fait exacte, cette gemme vous a été offerte en échange d'un service puis vous l'avez perdu. Je me permets de vous reposer la question, que faites-vous, s'il-vous-plait ?

- Je m'intéresse aux habitants de cette demeure. Tu dois être le dénommé Vision. »

Vision acquiesça en un mouvement de tête. Loki le regarda de la tête au pied et remarqua la peau verte sous la chemise. Cela lui fit penser à lui et sa peau bleue. Loki se retourna vivement et passa la porte qu'il claqua. Vision le suivit en passant le mur sous forme astral. Loki le remarqua mais ne dit rien, se contentant de monter les escaliers en direction de sa chambre. Une fois dans la pièce, il se mit face à l'immense baie vitrée. Il ne se sentait pas bien. Cela ne lui ressemblait pas. Pourquoi sa peau, sa vraie peau était un problème maintenant ? Cela faisait longtemps qu'il avait dépassé ce stade. C'est ce qu'il pensait tout du moins.

« - Vous allez bien ? dit Vision derrière lui sortant du sol.

- Je vais vous demander de sortir. Murmura-t-il plus fort.

- Vous n'avez pas l'air bien. Puis-je être utile ? demanda vision.

- DEHORS !!!! hurla le dieu de la malice.

- Je sais ce qui vous tracasse, dieu Loki. Il m'arrive aussi de vouloir adopter une apparence plus ordinaire. Mais il ne s'agit là que d'un subterfuge."

Les yeux de Loki s'agrandirent d'un coup. Comment ce monstre osait-il entrer dans sa tête ?!

"- J'AI DIT DEHORS !!!! ».

Mais il était trop tard. Loki se jeta sur Vision qui modifia la densité de son corps pour que le Jotün passe au travers. Loki se retourna en se tordant comme un félin. Il se transforma tantôt en loup affamé, tantôt en un puissant tigre. Alternant entre griffes, crocs et dagues.

Il ne voulait pas que ça se passe comme ça mais après tout, c'était lui. La violence qui le rongeait de l'intérieur lui intimait de ne pas se laisser faire comme un pantin. Il se dégoutait. Des bruits de pas se firent entendre et la porte s'ouvrit sur les Avengers. Tony et Thor en tête.

Un grondement. L'orage approchait. Le regard de Loki mourut sur la troupe. Ce n'était pas comme ça qu'il allait se racheter. Mais était-ce possible ? Il lança un couteau dans la baie vitrée qui tomba en morceau dans un bruit cristallin.

« - Mon frère ... commença Thor.

- Loki ... dit Tony au même moment. »

Loki recula pas à pas vers le bord. Il leva les bras et en regardant les deux seuls hommes qui lui faisaient confiance. Il se laissa tomber en arrière. Le temps changeait et la pluie tomba du ciel, les larmes des dieux. Sa chemise colla à sa peau et ses cheveux volèrent. Quand il disparut de la vision des habitants de la tour, tous coururent vers le bord mais ne virent ni homme blessé ni dieu malin. Seul le vide et la ville en contrebas leur répondirent. Loki avait disparu.

« - Et merde ! dit Thor en appelant Mjiolnir.

- Vision, on doit parler. Déclara Tony en quittant la pièce. Tout de suite ! ».

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Mais pour le moment, je dois prendre mon service, la tempête qui commence à faire rage à l’extérieur ne m’ennuie pas du tout bien au contraire, je prépare mon chariot tranquillement le temps que ma collègue arrive et nous voilà partis pour faire la première tournée de la matinée, chaque chambre a été réhabilitée lors de la réfection totale de l’hôpital il y a maintenant deux ans, en apportant des couleurs pastels, un mobilier neuf est adapté à la convalescence des patients ainsi que quelques tableaux de nature mortes pour égayer les tristes moments que certains patients subissent, mais pour nous entrer dans ces chambres c’est la promesse d’un contentement indéfinissable, on ne sait jamais ce que nous allons trouver en ouvrant la porte, nous connaissons nos patients bien sûr, mais de nouveaux arrivants durant la nuit, une perte de connaissance ou bien d’autres choses nous permets de nous demander ce qu’il va y avoir derrière la porte.
Cette petite fille qui se profile au détour d’un couloir m’a tout de même interpellé, il est tôt et personne ne doit sortir de sa chambre pour le moment, je me dirige vers le fond du couloir en demandant à ma collègue de commencer, j’arrive à l’endroit où je l’ai vu en regardant de chaque côté de ce long couloir, personne, bizarrement j’ai l’impression qu’elle est la tapie dans un coin et qu’elle va surgir en criant pour me faire peur, pourtant il n’y a personne, je reprends la direction de ma collègue en prenant soin de me retourner régulièrement mais rien, en entrant dans la première chambre j’explique à ma collègue ce que je crois avoir vu, elle rit, il fait encore noir à cette heure de la matinée et le temps à l’extérieur ne laisse pas présager que cela va s’éclaircir de sitôt. On entame déjà la troisième chambre quand l’étage est plongé dans le noir, une coupure d’électrique sûrement dû au mauvais temps, fort heureusement les hôpitaux sont équipés de générateur de secours les coupures de l’alimentation électrique en milieu hospitalier peut avoir de graves conséquences, quelques minutes suffisent pour que le relais se mette en route, on est dans une chambre, j’entreprends de sortir pour être sûr qu’aucun patient ne panique suite à ce noir prenant pour une personne en difficultés médicales, j’avance doucement à tâtons sachant que les soignants en premier ne doivent pas paniquer dans ses moments-là, cependant, le générateur ne s’est toujours pas mis en route, il nous faut donc vérifier que personne ne sorte des chambres, même en avançant doucement j’ai l’impression de progresser dans un trou noir, je connais ces couloirs par cœur depuis le temps que je travaille ici, pourtant, ce dernier me parait d’une longueur indéfinissable.
Je suis toujours dans le couloir à tâtonner sur les murs pour me diriger, un froid glacial vient de me traverser, il doit y avoir une fenêtre ouverte quelque part, une sirène sifflante me traverse les tympans, dans le même temps la lumière revient, bien moins scintillante que d’habitude sûrement dû au générateur, mais ce son sifflant qui me donne l’impression de crier dans mes oreilles n’est toujours pas éteint, alors que je me retourne pour trouver l’origine de cette sirène, je me retrouve devant une porte verte foncée un numéro sur celle-ci attire mon regard, B36, j’ai dû m’éloigner bien trop loin de mon service car je ne connais pas cette chambre, le couloir ne me dit rien non plus toute ces portes vertes foncées, la peinture ternies ne me donne pas envies de travailler dans ce service, les murs sont d’un jaune poussin criard qui ferait fuir un enfant sur le point d’être hospitalisé, personne dans les couloirs, au moins aucun patients ne s’est aventuré le temps de la coupure électrique tout le monde est resté calme. Néanmoins, je ne suis pas vraiment tranquille, je me dirige vers le fond du couloir en regardant ces portes tour à tour, à mi-chemin j’entends du bruit vers le fond, une porte est ouverte, une discussion, quelques rires aussi, personne ne semble avoir été perturbé. En arrivant à hauteur de cette porte je vois une infirmière et un médecin bien qu’un peu proche l’un de l’autre à mon goût, la tenue de la soignante m’interpelle, une blouse bleue clair échancré avec un tablier blanc par-dessus, une petite montre ancienne accrochée à son tablier me fait penser à du Vintage, des collants blancs et des chaussures blanches également et un calot posé sur l’arrière de ses cheveux avec une croix rouge au centre de celui-ci me ferait sourire en temps ordinaire, le médecin porte une simple blouse blanche et une croix rouge est également sur le côté de son bras droit, une scène de cinéma américain des années 50-60, voilà à quoi ils me font penser à cet instant précis, je n’aurais pas pu faire autrement que prendre cela à l’ironie si le médecin ne tenta pas de faire glisser ses mains le long de ses jambes, il était bien entendu que la situation allez devenir embarrassante, je me permise donc de tousser discrètement qui eue pour effet de mettre les deux protagonistes en position droite face à moi, l’infirmière tentant de se réajuster discrètement comme prise en faute. Pourquoi ils me regardaient aussi bizarrement que moi me laissait perplexe, le médecin avança vers moi en me fixant gravement il passa derrière moi, revint devant et me demanda d’où me venait cette tenue, il commença à me faire une leçon sur les tenues vestimentaires obligatoire, c’était le monde à l’envers, je m’apprêtais à parler lorsque cette fichu sirène se remise à retentir, ils se glissèrent tous les deux sous le bureau, je restais là à les regarder stupéfaite lorsque le médecin sortit sa tête de dessous le bureau en hurlant de les rejoindre si je ne voulais pas mourir, je me précipité d’instinct, que se passait-il à cet instant précis, je me posais autant de questions que possible, que déjà la sirène recommençait à faire sortir un son strident, le médecin et la soignante se relevèrent, je fis de même.
Le médecin demanda à l'infirmière de passer dans les chambres vérifier que tout le monde allait bien avant de partir il se retourna vers moi et m'ordonna d'en faire de même en oubliant pas de changer ma tenue une fois l'inspection faite. Je ne me fis pas prier pour toquer à la première porte qui s'offrit devant moi, j'entre doucement, je me retrouve face à une chambre très sobre, un lit à barreau blanc, une table de nuit en bois blanc également, un petit lavabo dans un coin de la pièce avec une serviette, des rideaux d'un vert épinards, une couverture en laine jaune avec des rayures orange et, outre cet endroit froid comme la justice je peux voir au travers de la fenêtre des barreaux du haut en bas, mais où suis-je, je ne me souviens pas d'avoir vu cela dans les étages de mon secteur de travail, mais pour le moment je ne vois pas de patient dans ce lit froid, les couvertures sont repliées, que dis-je jetés plutôt sur le lit comme quelqu'un qui se serait levé précipitamment, je demande singulièrement s'il a quelqu'un, une petite voix frêle à peine audible me dit oui au-dessous du lit, je me penche ce qui me permet de voir une petite fille très blanche de peau avec une chemise de nuit aussi longue que celle que ma grand-mère mettait lorsqu'elle allait se coucher, vous pensez si cela me faisait frissonner, je lui tendis la main pour l'aider à sortir de sous le lit, arrivé dans la luminosité de la petite lampe posée négligemment sur la table de nuit, je reconnus la petite fille que j'avais vu dans le couloir quelques heures plus tôt, je lui souris, elle me regardait craintivement, puis quelques minutes plus tard elle me souriait également, je l'as pris dans mes bras pour la remettre dans son lit, je la bordais doucement en lui demandant ce qu'elle avait comme maladie, elle ne me répondit pas, elle se retourna en me disant qu'elle était fatiguée et qu'elle voulait se reposer un peu, je l'as regardait un moment puis, je sortis de la chambre, j'entrepris donc de frapper à une autre porte en l'ouvrant en même temps, la même chambre que la précédente se tenait devant moi, un vieux monsieur me cria qu'il n'avait pas besoin de mes services, que je devais faire demi-tour rapidement et le laisser tranquille, puis, il me demanda sur un ton grincheux de m'habiller d'une façon plus décente la prochaine fois que j'entrerais dans sa chambre, je restais là à le regarder abasourdi, moi, une jeune femme libérée certes, mais toujours impeccable sur mon lieu de travail, je mets un point d'honneur à toujours avoir mes tenues professionnelles impeccablement repassé et ce monsieur ose me dire que m'a tenue n'est pas descente, de quel droit, alors que j'allais lui dire ma façon de penser sur son ton exécrable l'infirmière du bureau arrive en courant, elle me demande de me dépêcher de la rejoindre dans le couloir, je la suis, non sans fusillés du regard ce monsieur imperceptible, lorsque je me retrouve à ses côtés un brouhaha incandescent se fait entendre, des cris d'hommes retentissent de l'autre bout du couloir, le médecin arrive à grands pas avec une… Sœur, j'ai l'impression d'être en plein rêve, une bonne sœur avec tout son attirail chapelet et compagnie longue soutane bleu noir, avance en ouvrant chaque porte, comble d'horreur une troupe de militaire les suis et entre dans chaque chambre ouverte par la sœur, le médecin avance rapidement vers moi et me jette un tablier blanc d'infirmière en me criant de manière non audible de l'enfiler en vitesse, l'infirmière me mets un calot sur le haut de la tête en me faisant un clin d'œil, je reste droite, sans vraiment comprendre, à côtés d'elle Dans un murmure, je l'entends dire « ils vont la trouver » je l'interroge du regard, elle me montre la porte de la chambre de la petite fille je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment-là je me sens indécise je regarde ces militaires au fond du couloir entrer ma-nu milita-ri dans ces chambres en hurlant, ils sont si différents des militaires que je connais, leurs uniformes me sembles marron foncé presque passés, devant une poche à munitions , une petite musette et un béret vert, agrémentés d'une arme à répétition manuelle par verrou j'ai déjà vu ce fusil, mais je ne me souviens plus où ni de quelle marque, je suis sûr de l'avoir déjà vu mais j'ai un trou de mémoire qui me stresse énormément, mais pour le moment je pressens un gros souci avec cette petite fille, que va-t-il se passer s'il la trouve, que veux dire l'infirmière, alors que je continus à me poser beaucoup de questions en voyant les militaires se rapprocher j'entrevois la petite ouvrir doucement la porte, les larmes coulent sur son petit visage, elle me fend le cœur, sans vraiment réfléchir je fonce sur cette petite je referme la porte derrière nous personne a dû nous voir, du moins c'est ce que j'espère à ce moment précis, il me faut réfléchir rapidement alors que j'entends les militaires approchés de la porte, je m'engouffre sous les couvertures de ce lit affreux j'emporte la petite en passant en la blottissant au fond du lit, je retire en vitesse le calot mis sur mes cheveux je les ébouriffe pour sembler malade je fais signe à la petite de ne pas bouger, bien que je ne comprends rien à ce qui se passe je sens que si je ne fais rien pour elle, son futur risque de n'être que malheur, détresse et disgrâce, la sœur ouvre violemment la porte de la chambre, je retourne péniblement ma tête comme un malade le ferait, je râle, je grogne, les militaires entrent regardent sous le lit, derrière le rideau, durant quelques secondes qui me semblent passer en minutes ils inspectent la chambre visuellement, puis un signe de la tête d'un des leurs et ils ressortent comme ils sont entrés, la porte n'étant pas refermée je fais signe à la petite avec un doigt sous le lit de ne pas bouger. Je continue d'entendre les portes claquer brutalement sur les murs des chambres, puis dans un bruit énergique je revois la horde de militaires passer dans ce couloir froid, suivis de la bonne sœur et du docteur qui s'empresse de leur crier qu'il leur avait bien dit qu'elle n'était pas ici. Mais que veulent-ils, a une petite fille innocente, je bondis du lit pour regarder brièvement dans le couloir, le calme est pratiquement revenu, les malades sortis de leurs chambres discutent avec l'infirmière que déjà je vois le médecin revenir et se diriger vers notre chambre, il me remercie chaleureusement, je m'empresse de lui demander pourquoi, la soignante venue nous rejoindre dès que les patients avaient regagné leur chambre s'assit sur le lit et prend la petite dans ses bras, une explication, je ne veux qu'une explication alors que le silence pèse dans cette petite chambrée. Le médecin m'avoue alors que la petite n'est pas malade du tout ses parents ont été emmenés dans un camp de concentration et les militaires recherchent la petite pour qu'elle les rejoigne, je m'assois également, je pense qu'à ce moment précis je suis aussi blanche qu'un malade, je ne comprends absolument pas, les camps de ce genre ne sont plus d'actualités à notre époque, c'est impossible, le médecin me regarde surpris, il ne me comprend pas non plus, après un long moment de silence il se permet de me demander si j'ai reçu un coup sur la tête ou si je suis amnésique, le monde à l'envers, je ne peux m'empêcher de rire, ils sont tous revêtus de vêtements des années 50-60 et ils me demandent si je suis amnésique peut-on s'interroger sur ce qu'il se passe réellement, il me faut analyser la situation, ce n'est pas possible alors que je reste circonspect, je ne peux m'empêcher de prendre un air sérieux en scrutant le regard de mes interlocuteurs puis prise dans un élan d'éclair je me mets à m'esclaffer, un rire franc d'une hilarité hors du commun je commence à comprendre, j'étais tellement prise dans ce tourbillon quotidien criant de vérité que je n'ai pas pensé un instant que j'étais embarqué malgré moi dans une réalisation cinématographique, tout concorde, le fait que je ne connaisse pas ce couloir, ces chambres d'aspect ancien, les tenues vestimentaires des personnes qui m'entourent, j'ai vraiment été sotte de ne pas comprendre tout de suite.
Je sors de la chambre en continuant de rire franchement, faisant un petit clin d'œil au médecin, je reprends la direction du fond du couloir d'où je suis arrivée quelques heures plus tôt pour repartir dans mon service, mes collègues doivent sûrement me chercher partout. En traversant ce dédale de couloir je vois toujours les mêmes portes je ne me souviens pas d'avoir traversé aussi longuement ce couloir, en me retournant je peux voir le médecin, l'infirmière et la petite dans l'encadrement de la porte, ils me regardent interloqués. Pourtant, je n'arrive pas à retrouver mon secteur toujours les mêmes portes se profile continuellement de chaque côté je me sens perdu je n'avais pas marché aussi loin, du moins je ne m'en souviens pas, face à moi une lumière blanche scintille, elle m'aveugle presque, mais en me dirigeant vers sa direction je peux entrevoir la forme d'une fenêtre au bout de ce couloir. Je m'en approche, il fait déjà jours quelle heure peut-il être, instinctivement je regarde ma montre, 5 h 45 du matin ! impossible, il ne ferait pas jour à cette heure-ci en plein hiver, la pile de ma montre doit être arrivée en fin de course, pourtant les aiguilles continuent inlassablement de trotter, arrivé face à la fenêtre je peux me rendre compte que des barreaux orne également celle-ci, mais en regardant au travers je crois que je suis bien plus blanche que la neige qui jonche la cour qui se tient face à moi… je reste indécise, je me sens étourdie, comme une fringale, si ce n'est que je n'ai nullement faim, j'ai légèrement froid, je transpire, mes jambes sont à la fois lourdes et moites, des picotements dans les mains et sur l'épine dorsale, je plisse les yeux je ne veux pas voir, non c'est impossible, je ne peux regarder le paysage qui se tient face à moi, je ferme les yeux un instant pour faire disparaitre ce qui me semble être un mirage, je les rouvre doucement comme pour faire durer ce moment de solitude totale et finalement rien ne change, toujours le même panorama face à moi. Totalement déroutant, les habitations, les murs, le parking de l'hôpital, tout a disparu une vaste place recouverte de neige sur lequel sont garés des dizaines de voitures de camions militaires assez ancienne pour être dans un musée, un véhicule surmonté d'une croix rouge doit être une ambulance, cette place, entourée d'un muret de briques rouges lui-même surmonté de fil barbelé. Au plus loin que mon regard se perd, je ne vois pas d'immeubles, les routes elles-mêmes paraissent différentes elles sont pavées il me semble et tous ces militaires au milieu de cette place que font-ils, que gardent-ils que l'intérieur soit imaginaire c'est une chose, mais comment ont-ils fait pour l'extérieur cela ne ressemble pas à un décor de cinéma c'est beaucoup trop grand cela va beaucoup trop loin au visuel, je ne comprends vraiment pas…
J'ai le sentiment que tout m'échappe à cet instant précis, alors que je me retourne pour défier ce couloir si long, si froid, si ;;;;;;;;;;;;; , je vois à l'autre bout du couloir cette petite fille, elle est habillée, bien peignée, un manteau bleu marine, une capeline exactement elle me sourit me fait un signe de la main, je m'avance vers elle, non sans penser au spectacle de dehors qui se répètent encore dans mon esprit, j'ai beau chercher je n'arrive pas à comprendre, arrivé près d'elle je me baisse pour être à sa hauteur, elle me donne fier comme Artaban un dessin que l'on accroche sur le frigidaire pour faire la fierté de son jeune auteur, sur celui-ci une petite fille entourer de son papa et de sa maman un soleil jaune citron le sourire bien grand, de l'herbe verte tendre et au-dessous « merci » signé Blanche.
C'est ainsi que j'apprends le prénom de cette petite fille, Blanche, elle se retourne et avec un petit sourire me dit « au revoir » je n'ai pas le temps de la rappeler une coupure de courant vient encore je plie mon dessin pour le mettre dans ma poche, je commence à longer le mûr doucement à tâtons comme quelques heures plus tôt un froid glacial me traverse une nouvelle fois puis le courant revient, le bruit autour de moi me semble familier en marchant lentement je vois ma collègue au bout du couloir, je ne peux m'empêcher de lui faire signe en criant et en courant vers elle, mes patients sont là, je les vois en passant devant leur chambre. Ma collègue me demande si je me sens bien, oui, dis-je, puis-je m'empresse de lui expliquer ce que j'ai vu au bout de ce couloir, je m'excuse machinalement pour mon absence, "mais tu t'es absenté que cinq minutes, me dit-elle", non ! bien sûr que non, quand j'ai regardé par la fenêtre il faisait jour, le soleil était haut dans le ciel il devait être au moins 11 heures, "tu as pris un coup de jus" me dit-elle en explosant de rire « regarde » ce faisant elle tire le rideau d'une chambre, il fait encore noir pas possible non franchement ce n'est pas possible. Au même moment, une sirène d'urgence retentit, c'est un patient il y a un souci on se précipite dans sa chambre, une vieille dame d'environ soixante-dix ans en arrêt cardiaque je commence un massage cardiaque pendant que collègue va chercher un chariot d'urgence et un médecin lorsqu'ils arrivent je leur hurle « c'est bon elle revient » le médecin la prend en charge, un brancardier l'emmène tout de suite…
Lorsque se termine mon service je descends au vestiaire fatigué et pleine de questions dans la tête, je croise le médecin à qui je m'empresse de lui demander des nouvelles de la vieille dame, il me dit « elle va bien plus de peur que de mal », j'apprends dans le même temps que la famille vient de la faire transférer dans un autre hôpital dans une autre région pour être plus proche d'elle, en sortant du vestiaire il fait demi-tour me tend une feuille de papier plié « elle m'a demandé de te donner ça » je fronce les sourcils « à bon » lui dis-je, je l'ouvre machinalement « merci pour la deuxième fois » signé Blanche…
Après bien des tortures psychologiques pour essayer de comprendre la matinée de travail que je viens de passer, je me décide en rentrant à aller faire un tour sur le net, en faisant des recherches poussées sur les camps de concentration je retrouve un article sur une petite fille qui aurait échappées à une mort certaine grâce à une inconnue, lorsque je vois la photo de cette petite je m'aperçois qu'il s'agit de Blanche, la même Blanche à qui j'ai fait un massage cardiaque il y a quelques heures. J'approfondis mes recherches ne voulant pas vraiment croire ce que je lis et pourtant maintenant je peux comprendre d'après des chercheurs américains, que j'ai dû traverser un vortex spatio-temporel au moment de la coupure électrique, qui m'aurait emmené dans le passé. Je m'endors ce soir-là avec la certitude d'avoir été une aide essentielle à la survie de cette petite et que malgré le fait que je sois réaliste, notre destin à toutes les deux étaient surement liés dans une vie antérieure.
Extraordinaire…
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Irma
Début d'un concours jamais terminé...
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